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Guérison à lourdes de M. Grandmaire

Guérison à lourdes de M. Grandmaire Missionnaire du Cambodge UN de nos missionnaires, M. Grandmaire né le 20 juin 1873 à Darney (Vosges), et parti le 2 mai 1900, pour la mission du Cambodge, a été l'objet d'une faveur signalée de la part de Notre Dame de Lourdes. Malade depuis plusieurs mois, comme lui-même le raconte dans la lettre que nous allons citer, il était regardé comme inguérissable ; et son évêque, Mgr Bouchut, écrivait le 3 juillet 1912 à M. Garnier, un des directeurs du Séminaire des Missions Etrangères, ces lignes significatives :
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    Guérison à lourdes de M. Grandmaire
    Missionnaire du Cambodge

    UN de nos missionnaires, M. Grandmaire né le 20 juin 1873 à Darney (Vosges), et parti le 2 mai 1900, pour la mission du Cambodge, a été l'objet d'une faveur signalée de la part de Notre Dame de Lourdes.
    Malade depuis plusieurs mois, comme lui-même le raconte dans la lettre que nous allons citer, il était regardé comme inguérissable ; et son évêque, Mgr Bouchut, écrivait le 3 juillet 1912 à M. Garnier, un des directeurs du Séminaire des Missions Etrangères, ces lignes significatives :
    « Le P. Grandmaire a été opéré, chez le Dr Angier, de fistules ; mais incomplètement. Le Docteur a reculé devant une opération plus complète qui aurait rendu le malade infirme pour la vie. Depuis lors, la maladie s'est aggravée et nécessite une opération qui se fera peut-être en France plus facilement qu'ici. Je regarde le P. Grandmaire comme perdu pour la mission ».
    Notre Dame de Lourdes a rendu le P. Grandmaire à sa mission et à son évêque, et voici la lettre de l'apôtre heureux et privilégié, qui relate sa maladie et sa guérison.

    Paris, 7 octobre 1912.

    Vers la fin du mois de janvier 1912, je fus pris de douleurs très vives qui augmentèrent progressivement.
    Au mois d'avril, j'allai à Saigon consulter le Dr Angier qui m'examina et me déclara que j'étais atteint d'une fistule profonde avec plusieurs ramifications, et qu'une opération s'imposait d'urgence. Le 23 avril 1912, le Dr Angier m'opéra au thermocautère avec injection à haute dose de teinture d'iode.
    Mais l'opération ne fut pas complète, vu le danger de me rendre infirme pour la vie : il aurait fallu en effet couper le sphincter pour atteindre l'extrémité de la fistule.
    Je sortis de la clinique Angier le 20 mai et retournai dans mon poste à Loc-son, près Ha-tien (Cochinchine). Je continuai à évacuer beaucoup de sang, vingt ou trente fois par jour. Le mal s'aggrava ; un gros abcès interne se forma à l'endroit même où j'avais été opéré. Vers le 12 juin, j'étais à toute extrémité et je reçus les derniers sacrements. J'étais faible à ce point, que pour le moindre mouvement il me fallait l'aide de deux hommes.
    Je fus opéré de l'abcès à l'hôpital de Chau-doc (Cochinchine) par le Dr Bizolier, le 15 ou 16 juin ; il sortit de la plaie plus d'un grand verre de pus.
    Comme j'étais menacé de nouveaux abcès, je partis pour la clinique Angier, à Saigon, où je passai dix jours.
    Je m'embarquai pour la France, le 20 juillet à Saigon. A bord du bateau l'Océanien, je fus soigné par le médecin et par l'infirmier du bord. Tous les matins j'étais obligé de prendre de l'huile de ricin et le soir un lavement oxygéné. Malgré cela les douleurs étaient très vives, surtout la nuit. Cependant au bout de quinze jours de traversée, je pus cesser l'usage de l'huile de ricin.
    J'arrivai ainsi au sanatorium de Montbeton (Tarn-et-Garonne) le 17 août. Les douleurs continuèrent et je suivis le même régime qu'à Saigon et à bord. Le docteur du Sanatorium constata qu'une nouvelle fistule s'était ouverte à l'endroit de l'abcès précédent.
    J'allai à Lourdes du 12 au 17 septembre : les 14 et 15 septembre je pris deux bains de piscine par jour, mais sans obtenir d'amélioration dans mon état.
    Le dimanche 15 septembre au soir, les douleurs devinrent plus vives et je ne pus dormir de toute la nuit. Le lundi, 16 septembre, vers 9 heures du matin, après un bain de piscine, les douleurs disparurent complètement.
    Depuis ce moment, les fonctions furent normales ; il n'y a plus de sang. Le mieux s'est maintenu jusqu'à présent, quoique je n'aie pris aucun médicament. Je me suis contenté de boire chaque jour deux petits verres d'eau de Lourdes.
    Je priai le Docteur du Sanatorium de Montbeton de vouloir bien m'examiner. Il le fit et constata alors que la fistule externe était fermée et qu'il n'y avait plus trace de pus.
    Voici le certificat qu'il m'a donné ;

    Je soussigné J. Boudon, docteur médecin à Montech, arrondissement de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), déclare avoir examiné le 20 août 1912 au Sanatorium Saint-Raphaël à Montbeton, le R. P. Grandmaire Charles, missionnaire apostolique du Cambodge, et avoir constaté près de l'orifice anal un trajet fistuleux en suppuration. Le 27 septembre 1912, il n'y avait plus de suppuration et on ne voyait plus qu'une cicatrice externe.

    Montbeton, le 28 septembre 1912. Dr J. BOUDON.

    De Montbeton, je vins à Paris, où je fus examiné le samedi 5 octobre par le Dr Potherat, qui constata un état absolument normal des régions précédemment malades, et voici le certificat qu'il m'a remis :

    Je soussigné, chirurgien chef de l'Hôtel-Dieu de Paris, atteste avoir examiné aujourd'hui cinq octobre mil neuf cent douze, le R. P. Grandmaire, missionnaire apostolique du Cambodge, et n'avoir constaté rien d'anormal dans la région ano-rectale. Les tissus sont souples, sans inflammation, sans suppuration, sans plaie, sans induration N'était la présence à quelque distance de l'orifice anal d'une cicatrice d'incision ancienne on pourrait affirmer qu'on est en présence d'un état absolument conforme à la pure nature habituelle.

    Dr L. POTHERAT.

    Nous demandons à nos lecteurs de s'unir à nous pour remercier Notre Dame de Lourdes de la faveur que son admirable bonté a accordée à notre cher confrère.
    1913/18-20
    18-20
    Cambodge
    1913
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