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Evêque nominé de Coimbatore

MORT DE MGR PEYRAMALE Evêque nominé de Coimbatore. Le 23 mai 1903, Mgr Denis Peyramale du diocèse de Tarbes, parti pour l'Inde en 1870, était nommé évêque de Coimbatore ; il devait recevoir la consécration épiscopale le 23 août : hélas ! Quelques jours avant cette cérémonie, le 17 août, le pieux prélat mourait au milieu des larmes et des re frets de ceux que son élection avait si grandement réjouis.
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    MORT DE MGR PEYRAMALE

    Evêque nominé de Coimbatore.

    Le 23 mai 1903, Mgr Denis Peyramale du diocèse de Tarbes, parti pour l'Inde en 1870, était nommé évêque de Coimbatore ; il devait recevoir la consécration épiscopale le 23 août : hélas ! Quelques jours avant cette cérémonie, le 17 août, le pieux prélat mourait au milieu des larmes et des re frets de ceux que son élection avait si grandement réjouis.
    Un missionnaire, M. Morin, nous a envoyé le récit singulièrement édifiant des derniers jours de l'élu ; nous nous fiai sons un devoir de le publier.

    C'est le mercredi 12 août que Sa Grandeur Mgr J.-D. Peyramale est arrivée à Coonoor. Après consultation du docteur de Coimbatore qui commandait le repos sur les montagnes, Monseigneur s'était décidé à. venir passer quelques jours à Coonoor. Le matin de son départ, il fut pris d'une faiblesse pendant la messe et dut s'asseoir. Sur ce qu'on lui disait de sa maladie, Sa Grandeur répondait : « ce n'est rien ! Accompagné du nouveau procureur de la mission, Mon seigneur est arrivé vers une heure et demie après midi au presbytère du Coonoor. Avait-il un pressentiment de sa mort prochaine, ou la sainte Vierge, la Vierge de Lourdes qu'il aimait tant, l'avait-elle prévenu de sa fin ? Ce qu'il y a de certain c'est qu'en arrivant dans son ancienne chambre qu'il avait occupée près de dix-neuf ans, il a dit : « Je ne la quitterai que pour aller au Ciel ».
    Sa Grandeur a reçu la Sainte Eucharistie d'assez bon matin le vendredi, et, quand le médecin est arrivé, il a trouvé Monseigneur beaucoup mieux, malgré la fatigue provenant de deux nuits passées sans sommeil. Pas très rassurés cependant, nous avons dit au médecin de vouloir bien revenir dans la matinée avec le docteur Anglais du poste de Coonoor, ce qui a été fait. Déjà à différentes reprises. Monseigneur avait dit : « La Sainte Vierge m'appelle, je ne me relèverai pas ». Comme plusieurs fois, il avait ainsi parlé les années précédentes, on ne faisait pas trop attention à ces paroles. Le Docteur anglais a trouvé le malade faible, il a déclaré que cette bronchite, eu égard à l'âgée.
    Monseigneur, était dangereuse, mais qu'il y avait tout espoir de le sauver. Il a commandé un régime tris-substantiel, et a voulu que Sa Grandeur fut gardée nuit et jour:par des personnes qui n'auraient que ce travail à faire. Les religieuses de Saint-Joseph de Tarbes ont été choisies pour veiller et soigner le cher élu, et elles ne l'ont pas quitté jusqu'à son dernier soupir. Oh !avec quelle attention maternelle, quelle dévotion respectueuse, elles ont soigné celui à qui elles devaient tant à Coonoor. La bonne Supérieure, la mère Anna-Marie, a été d'un dévouement sans bornes, et certes, elle a fait limpossible pour sauver notre évêque. Mais, remèdes et bons soins, tout a été inutile. Au matin de l'Assomption, Sa Grandeur, ayant reçu la Sainte Eucharistie et fait son action de grâce, nous a dit : « C'est l'anniversaire de la mort de ma sur. Elle- était une sainte et c'est pourquoi elle s'est envolée au Ciel en ce beau jour. Pour moi, je ne partirai pas encore aujourd'hui; ce serait trop beau ».
    Le dimanche matin quand on lui a demandé s'il voulait recevoir, la Sainte Eucharistie. « Non, a-t-il répondu, j'ai pris quelque chose cette nuit, mais on m'apportera le Saint Viatique clans la soirée ». Rien ne faisait prévoir que Sa. Grandeur disait la vérité. Même le médecin après un long examen a dit : « Les poumons se dégagent peu à peu, mais Monseigneur est faible. Il faut le bien nourrir ». Le médecin se rendait-il compte du danger ou se trouvait le malade ? Nous ne le pensons pas. Mais notre bon évêque, se sentant faiblir, a dit : « Il est temps de se préparer à la mort qui approche à grands pas. Apportez moi un crucifix. » Toute la journée il s'est préparé sérieusement au grand passage, bien qu'aucun danger imminent, n'ait paru. Vers huit heures et demie du soir il demanda le Saint Viatique, mais, comme personne ne voyait danger, on a envoyé chercher le médecin qui cette fois s'est prononcée clairement. Alors, on est allé chercher le Saint-Sacrement hé malade dit au Pere qui faisait la cérémonie: « Vous me donnerez tout, Viatique, Extrême-Onction et Indulgence apostolique. On ne sait pas ce- qui peut arriver ». Puis comme il n'entendait pas très-bien, il ajouta : « Prononcez plus fort, » Oh ! Avec quelle ferveur, quelles affections, il a reçu le sacrement des mourants, et avec quelle grande attention il a suivi jusqu'aux moindres cérémonies, répondant lui-même aux prières Tout étant achevé on lui a demandé de bénir la mission, les confrères, son district de Coonoor et toutes les personnes qui lui étaient chère. D'une Voix claire et, distincte il a donné sa bénédiction, puis siesté fait réciter le Te Deum pendant qu'on reportait le Sacrement a l'Eglise.

    Son action de grâces terminée, il s'est tournée vers ceux qui étaient présents et leur a dit :
    Allez-vous reposer, je vous appellerai quand le moment sera venu de réciter les prières des agonisants ».
    Cédant à ses instances nous nous retirons et profitons de ces instants pour faire avertir les confrères du voisinage de l'état grave où se trouvait notre évêque. Vers 11 heures un confrère arrive et va le voir :
    « C'est la fin, lui dit Monseigneur ».
    « Quelques instants après, il dit aux religieuses qui le gardaient:
    « Allen chercher les Pères, il est:temps de commencer les prières des agonisants ».
    Bien qu'aucun de nous n'ait cru la fin si prochaine et plutôt pour faire plaisir au cher malade, on a commencé les prières.
    « Oui, a-t-il répété, il est temps de dire les prières, car je sens que j'ai 'beaucoup de peine à tousser. Au moment où je vais cesser de tousser, la fin sera très proche, cinq minutes au plus ».
    « Monseigneur a suivi et récité lui même les prières, et quand on s'arrêtait il disait :
    « Continuez ».
    De temps en temps on lui suggérait de pieuses invocations qu'il répétait avec beaucoup de ferveur. Tout à coup, il se tourne vers les Pères et leur dit de réciter la prière. « Partez, âme chrétienne », pendant qu'avec ses mains, il essaie de se fermer les yeux.
    Quand enfin on prononce de nouveau les saints noms de Jésus, Marie, Joseph, il répond merci, mais ne peut plus articuler. Il était alors minuit 2 minutes. Depuis minuit moins une minute, il avait cessé de tousser. Nous récitons la prière : In manus tuas, et à minuit 4 minutes, il rend le dernier soupir, sans aucun effort, sans aucun trouble, comme une lampe qui s'éteint, faute d'huile. Ainsi c'est lui-même qui a tout commandé, tout dirigé, et tout est arrivé comme il avait dit. N'y a-t-il pas quelque chose d'admirable dans cette belle fin.
    Le corps a été exposé au petit salon du presbytère où une foule innombrable n'a cessé de venir le visiter toute la journée dut lundi et le mardi matin. L'enterrement a eu lieu le mardi assez tard : dans la matinée, ce qui a permis aux confrères de la plaine et à ceux de la montagne de venir rendre un dernier hommage à leur cher et vénéré évêque élu.
    Par une pensée délicate, le Vicaire général, devenu supérieur de la mission par la mort de Monseigneur muni des permissions voulues, a fait creuser la tombe dans l'église devant l'autel de Notre-Dame de Lourdes, que le cher défunt avait bâti lui-même. Les obsèques ont été un véritable triomphe. N'était-il pas juste que l'humilité du serviteur de Dieu fût exaltée dès ici-bas ? Pendant 19 ans à Coonoor Mgr Peyramale avait vécu d'une vie toute cachée, faisant le bien très modestement, et très étonné avait-il été quand le Saint-Siège l'avait choisi pour être évêque de Coimbatore. L'église ornée de tentures noires parsemées de larmes d'argent, préparées et posées avec art par les dévouées religieuses de Saint-Joseph, le catafalque orné avec simplicité mais avec goût par les Indiens, tout était bien fait pour rehausser le triomphe de celui qui tant de fois avait répété : « Et exaltait humilies ». Le Père Baslé, vicaire général de Bangalore, malgré une grande fatigue, n'a pas craint d'entreprendre 'un pénible voyage, pour venir apporter ses sympathies aux confrères de la mission de Coimbatore réunis en cette douloureuse circonstance. Les funérailles ont été présidées par le Père Rondy supérieur de la mission.
    Il repose dans l'église qu'il a embellie, le vénéré Mgr J.-D. Peyramale, aux pieds de la Vierge des Massabielle, lui l'enfant privilégié de cette Vierge, et plaise à Dieu que sa dépouille mortelle à Coonoor soit pour ce district une source féconde de grâces, de bénédictions et de conversions.

    1903/370-372
    370-372
    Inde
    1903
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