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Espérances de conversions. piété des catholiques

MISSION DU THIBET LETTRE DE M. DOUENEL Missionnaire apostolique. Espérances de conversions. piété des catholiques. Padong, 9 octobre 1916.
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    MISSION DU THIBET
    LETTRE DE M. DOUENEL
    Missionnaire apostolique.
    Espérances de conversions. piété des catholiques.
    Padong, 9 octobre 1916.
    La situation de notre mission s'améliore. J'ai de grandes espérances pour un prochain avenir. Secondé par un très bon catéchiste, maître d'école, je compte que sous peu presque tout un village va se convertir. Il y a deux ans seulement j'envoyai ce jeune homme dans un poste qui n'avait pas de chrétiens et qui aujourd'hui en compte près de 60. Depuis quelques semaines, de nouvelles familles arrivent et je constate un vrai mouvement de conversions.
    Ce jeune homme, d'une foi extraordinaire, se donne beaucoup de peine, et ses efforts sont couronnés de succès. Daigne le bon Dieu fortifier sa santé et lui permettre de parachever l'oeuvre qu'il a commencée.
    Dernièrement, un Père Jésuite, étant venu à Padong afin de m'aider, a eu l'occasion de passer deux jours chez ce catéchiste, et il me disait que dans toute la mission de Calcutta qui compte 200.000 chrétiens, il n'a pas vu un homme aussi zélé et aussi rempli de foi. Oui, je le constate moi-même, son influence est très grande, et c'est grâce à lui si mes chrétiens sont excellents. J'ai en moyenne de 20 à 30 communions chaque jour. Tous les soirs, lecture de la vie des Saints ; tous les dimanches après la grand'messe, lecture des saints Evangiles ; tous les premiers vendredis du mois, au moins 60 à 80 communions ; tous les vendredis de nombreux chrétiens vont prier au pied d'un calvaire que j'ai planté sur le sommet d'une de nos hautes montagnes. En entendant hommes, femmes et enfants chanter nos hymnes latines, il me semble que je suis à nouveau dans ma chère Normandie. Depuis quelques années, de nombreux missionnaires sont passés par Padong, et tous se demandent comment les chrétiens sont parvenus à être si bons.
    Le secret, je le connais, il suffit pour cela d'avoir dans chaque petit centre un homme de foi, et alors tout va bien ; et c'est ce que je possède maintenant. Faut-il vous montrer combien nous sommes appréciés ? Qu'il me suffise de dire que, presque chaque semaine, je reçois des lettres des missions voisines me demandant de faire faire des neuvaines pour la conversion de pécheurs ou de païens. Demain un Père des Sunderbond doit m'arriver ; il veut visiter notre mission et voir par lui-même si ce qu'il en a entendu dire est vrai. Oui, je l'avoue, ici tout va bien, seul je suis un obstacle à la conversion des peuples ; il me semble que je suis le plus mauvais chrétien de la contrée, aussi je vous en supplie, priez, priez pour ma conversion. Si j'avais été un saint, que de bien aurait pu être fait ici ? Quelques jeunes gens anglais me donnent les plus grandes espérances, mais que de temps nécessaire pour leur formation. L'année prochaine deux vont entrer en 3e au Collège des Pères Jésuites et se destinent à la prêtrise : aurai-je le bonheur de les voir parvenir au terme de leurs désirs ? Il me faut en adopter un, car il n'a ni parents ni fortune, et je me demande comment faire par ces temps de détresse. Il y a cinq ou six semaines, je recevais une lettre d'un jeune homme de Mussoorée qui est, en rhétorique et qui voudrait se faire prêtre ; je n'ai pas osé lui répondre que mes écoles absorbent toutes mes ressources, mais Mussoorée doit appartenir à la mission des Pères Capucins d'Agra, si je ne me trompe ; alors pourquoi ce jeune homme se tourne-t-il vers la mission du Thibet ? En vous disant tout cela, mon seul but est de vous montrer combien la petite mission du Thibet-Sud est parvenue à se faire connaître. Nous sommes connus, mais les ressources nous font défaut. Je me suis adressé à l'Amérique, et j'espère que Mgr Dunn pourra m'aider un peu à soutenir nos oeuvres. Si j'avais des hommes et aussi des fonds, il me semble que nous pourrions faire un bien immense.

    1917/47-48
    47-48
    Thaïlande
    1917
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