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En faveur des chrétiens Parias de Cuddalore

PONDICHÉRY En faveur des chrétiens Parias de Cuddalore LETTRE DE M. DROUHIN Missionnaire apostolique. Pour répondre à un désir que vous avez manifesté, je vous envoi ce rapport. Il s'agit d'une nouvelle oeuvre à établir à Cuddalore en faveur de, mes parias.
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    PONDICHÉRY

    En faveur des chrétiens Parias de Cuddalore

    LETTRE DE M. DROUHIN

    Missionnaire apostolique.

    Pour répondre à un désir que vous avez manifesté, je vous envoi ce rapport.
    Il s'agit d'une nouvelle oeuvre à établir à Cuddalore en faveur de, mes parias.
    Les parias de Cuddalore ont toujours servi les Européens. Tant que les Européens furent nombreux, tout alla bien. Aujourd'hui, ils ont presque disparu de Cuddalore. Les parias, hommes et jeunes gens, ont dû quitter leur pays, beaucoup l'Inde, pour continuer, à Ceylan, en Birmanie, auprès des Anglais, le travail qu'ils faisaient ici.
    Les conséquences de cet état de choses sont des plus lamentables. Les femmes et les enfants, abandonnés ici, vivent dans la misère, et parfois dans le désordre...
    J'ai voulu forcer les hommes à emmener avec eux leur femme et leurs enfants. J'ai privé des sacrements les femmes qui n'avaient pas suivi leur mari. Rien n'y a fait. Les hommes refusent d'emmener leur femme et cela pour trois raisons : les frais du voyage ; les dangers que courent les femmes dans la maison des Anglais, la plupart célibataires ; les Anglais mariés refusent de prendre des serviteurs chargés de famille .
    Voilà donc la situation. Depuis huit ans, je tourne et retourne cette idée dans ma tête. Les protestants ont voulu se faire les protecteurs de ces pauvres parias ; ils ont tenté de prendre chez eux les enfants comme internes. Ils promettaient en outre d'aider les parents. J'ai pu, avec la grâce de Dieu et la générosité de quelques bienfaiteurs, ouvrir une école. Les enfants sont en sûreté. Mais la difficulté n'en reste pas moins la même. Que faire de ces enfants ? Je pourrais me croiser les bras et laisser couler l'eau sous le pont et mes parias à l'abîme. J'ai fait tout ce que j'ai pu et ne puis faire davantage : ma responsabilité est donc dégagée. Il me semble, pourtant, que l'on devrait, que l'on pourrait faire quelque chose pour eux.
    Ici, à Cuddalore, il me faudrait d'abord enlever à mes enfants l'idée de suivre leurs anciens, il nie faudrait les retenir ici pour quelque temps. Cultiveront-ils la terre? Il ne faut pas y songer le travail manuel, le travail de journalier leur répugne. Il faut leur trouver un travail qu'ils consentent à faire ; un travail qui leur permette de mener, ici ou ailleurs, une vie honnête ; un travail qu'ils puissent faire, sans avoir à se séparer de leur famille.
    Or un travail qui va au goût et au tempérament de mes parias serait le travail d'imprimerie. Je voudrais établir une imprimerie, dans mon école, une imprimerie avec les accessoires de reliure, de machine à écrire. J'ai déjà une machine à écrire. Le 1er du mois de mars, elle entrera en fonction avec 10 élèves pour la manuvrer. J'ai pris pour enseigner ces enfants un de mes chrétiens parias. Pour faire vivre cette machine et couvrir les frais qu'elle occasionnera, j'aurai probablement à me procurer une autre machine pour les élèves externes ou étrangers à l'école. Mes enfants sont fiers de savoir qu'eux aussi pourront faire un travail qui jusqu'à présent était réservé aux gens aisés. Une machine à écrire est horriblement chère dans l'Inde : elle ne coûte rien moins que 340 francs et je ne puis me servir que de machines anglaises, toutes différentes des machines françaises.
    L'installation dans mon école, d'une imprimerie convenable, avec ses accessoires, reviendrait à peu près à 5.000 roupies ou 8.000 fr.

    Salle à construire. . . . . . . . . . 2.000 roupies.
    Machine à imprimer. . . . . . . . . 1.600
    Machine à écrire . . . . . . . . . 400
    Ameublement et fonds pour le travail. . 1.000
    TOTAL. . . . . 5.000 roupies.

    Peu à peu, d'autres travaux pourraient s'ajouter à celui-là ; je ne serais pas fâché d'avoir un petit atelier de menuiserie ; la forge, la ferblanterie pourraient aussi trouver un coin. Les élèves plus intelligents pourraient continuer leurs études dans notre collège Saint Joseph. Bref, contenter tous les goûts serait l'idéal qui pourrait occuper mes successeurs. Mes ambitions sont plus modestes, une imprimerie serait mon affaire et celle de mes parias.
    Mgr Morel, archevêque de Pondichéry, a recommandé loeuvre du P. Drouhin par la lettre suivante adressée à M. le Supérieur du Séminaire des Missions Étrangères.

    TRÈS CHER MONSIEUR LE SUPÉRIEUR,

    Inutile de vous dire que j'approuve entièrement tout ce que le cher P. Drouhin entreprend pour le bien et la conservation de ses pauvres chrétiens parias, et que je recommande très chaudement son appel.

    Nouvelles Diverses

    Pondichéry : Le P.Darras et les protestants. Le P.Darras, le missionnaire que le P. Baulez appelait, il y a vingt-cinq ans, le Charlemagne du North-Arcot, à cause des nombreuses victoires apostoliques qu'il avait remportées dans cette région, vient d'obtenir un nouveau et rapide triomphe. Voici la lettre que nous recevons de Mgr Mord, archevêque de Pondichéry.
    Il y a juste aujourd'hui 15 jours, j'apprenais qu'un gros village paria, Goudalour, du district de Vettavalam, passait au protestantisme. J'en parlai au P.Darras (il est à Pondichéry depuis le mois de juin) et quand j'eus fini, notre vénérable doyen, qui a 78 ans, me dit : « Eh bien ! Monseigneur, me voilà ! Envoyez-moi, et avec l'aide du bon Dieu, la protection de Notre-Dame de Lourdes, et de saint Joseph, le patron du district de Vettavalam, j'espère réussir à ramener ces pauvres égarés ». Il était 8 h. du matin. Je réfléchis, consultai, et à 9 h. 1/2, je dis au P.Darras: « C'est bien, partez. Le plus tôt sera le mieux ». L'énergique vieillard tire aussitôt une vieille caisse, y empile ses livres, la cloue lui-même ; idem pour une seconde et une troisième. A midi, il était prêt. Le 1er train l'emportait. Arrivé à Vettavalam le lundi, avec une réception triomphale, il apprend que, le surlendemain Mercredi, les trois ministres avec leurs catéchistes doivent être à Goudalour. Il y vole et trouve les trois prédicants en train d'inscrire les nouveaux adeptes. « Notre sou ami est ici, le P.Darras est ici ! » tel est le cri qui se répand partout, et aussitôt tous (à l'exception des chefs du village), accourent et se jettent aux pieds de leur ancien Père. « Nous n'avons plus rien à faire ici, disent les ministres protestants ». Et ils partent, pendant que M.Darras ramène à notre sainte foi les familles ébranlées par leurs promesses ».

    Un Evêque et deux Missionnaires décorés.

    Le Journal officiel du 18 février 1913 (p. 1579) publie le décret suivant :
    Par décret du Président de la République en date du 17 février 1913, rendu sur la proposition du Ministre des affaires étrangères, et vu la déclaration du conseil de l'ordre de la Légion d'honneur du 17 février 1913, portant que les nominations comprises dans le présent décret sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, sont nommés chevaliers de l'ordre national de la Légion d'honneur :

    Budes de Guébriant (Jean-Baptiste Marie), évêque et vicaire apostolique au Kien-tchang : Services rendus à la cause française. Services exceptionnels rendus aux missions françaises et notamment à celle de M. Legendre.

    En Birmanie méridionale, M.Cartreau a reçu la médaille commémorative de la guerre de 1870-1871.
    Au Coïmbatour, le vicaire général, M.Rondy, a reçu la médaille d'or 1re classe du Kaiser-i-Hind « pour services publics ». Le Gouverneur de Madras a été chargé de la lui remettre au nom du roi d'Angleterre, empereur des Indes. La cérémonie a eu lieu à Madras le 28 février dernier.
    1913/153-154
    153-154
    Inde
    1913
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