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Ehenne-Théodore odore Cuenot

En L'honneur Du Bienheureux Ehenne-Théodore Odore Cuenot ÉVÊQUE DE MÉTELLOPOLIS VICAIRE APOSTOLIQUE DE COCHINCHINE Un poète.... latin, M. Guéneau, de notre maison de Nazareth à Hong-kong, a composé en l'honneur de la Sainte-Vierge, des Saints, de nos Martyrs plusieurs hymnes très belles. Nous sommes heureux d'en publier une, avec la traduction que nous devons au même missionnaire.
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    En L'honneur
    Du Bienheureux Ehenne-Théodore Odore Cuenot
    ÉVÊQUE DE MÉTELLOPOLIS
    VICAIRE APOSTOLIQUE DE COCHINCHINE
    Un poète.... latin, M. Guéneau, de notre maison de Nazareth à Hong-kong, a composé en l'honneur de la Sainte-Vierge, des Saints, de nos Martyrs plusieurs hymnes très belles. Nous sommes heureux d'en publier une, avec la traduction que nous devons au même missionnaire.
    Nous rappelons que le Souverain Pontife, Pie X, a daigné agréer l'hommage de plusieurs des poésies de M. Guéneau, et adresser à l'auteur ses félicitations et une spéciale bénédiction1
    DE BEATO

    STEPHANO THEODORO CUENOT

    EPISC METELLOPOLITANO

    VICARIO APOSTOLICO COCINCINAE

    Pontifice et Martyre.

    Gaudet dulcisono carmine te, Deus,
    In coelis, Superum Curia tollere;
    In terraque Fideles
    Festivos sociant modos.

    Sed nos, prae ceteris gloria quos beat.
    Ad turmas liceat vertere Martyrum,
    Quorum clamat amorem
    Fusi copia sanguinis.

    Omnes per populos, saecla per omnia,
    Vox invicta sonat, magnificans Deum,
    Quam tormenta tyranni,
    Nec compescere mors potest.

    Quondam lethiferis subdita legibus,
    Plebs Annam, Dominum libera nunc sequens,
    Pastorem cote magnum,
    Qui te pavit in asperis.

    Regis dum rabies Christiadum necem
    Intendit, Dominus Pontificem parat,
    Qui virtute potenter
    Firmabit pavidas oves.

    O quales furiae ! Quantus et hostium
    Contra, Christe, tuos saeviit impetus !
    In certamine nuilis
    Parcunt artibus inferi.

    Sed qui pro Domino praelia sustinent,
    Nil diri metuunt supplicii minas:
    Per tormenta corona
    Fronti splendidior micat.

    Quot caedens gladius conficit hostias?
    Is solus numerat, qui famulis adest,
    Ut, dum vincere donat,
    Coeli det quoque gloriam.

    Dum strages populum tam gravis opprimit,
    Secretaque domo dum colitur Deus,
    Quanto corde labores
    Pastor participat gregis!

    Ad coelos lacrymans ingeminat preces,
    Vexatis animos addere nititur,
    Pro cunctisque salutem
    Arderet propriam dare.

    O Pastoris amor, curaque pervigil!
    Nex omnes populo ne rapiat duces,
    Adsint ad Sacra semper
    Instructi juvenes, jubet.

    Sub terra latebras quaeritat in die,
    Ipsa vix sinitur nocte quiescere :
    Grassans undique clades
    Mentem Praesulis obsidet.

    Sic perclucta tribus vita decenniis !
    Nunquam Martyrio victima defuit :
    Ipsi denique laudes
    Servat Martyrii Deus.

    Hune, urgente fame, turba satellitum
    Captivum rapiunt. In cavea Senex
    Clausus, more ferarum,
    Coram judice sistitur.

    Ergo, quae petiit vincula possidet !
    Os solvit Domino, quam voluit, fidem !
    Et mox ensis in ictu
    Votorum feret exitum :

    Justus sed Dominus, praelia Militis
    Consummans, properat tradere lauream :
    Et de carcere Servum
    Coelestes vocat in choros.

    Gratis nunc animis, o Pater optime,
    Laudes cum precibus plebs tibi personat :
    Omnes, morte solutos,
    Tecum cernere fac Deum.

    Patri summus honor summaque gloria,
    AEqualis Genito, par quoque Flamini,
    Cujus lumen et ardor
    Vitam cordibus innovent. Amen.

    1. L'opuscule de M. Guéneau est en vente à la librairie Gabalda, rue Bona parte, 90, Paris.


    LE BIENHEUREUX

    ETIENNE-THEODORE CUENOT

    Evêque de Métellopolis et Vicaire Apostolique de la Cochinchine

    EVÊQUE MARTYR

    Votre Cour céleste, ô Seigneur, se réjouit de vous célébrer dans ses cantiques mélodieux, et, sur la terre, les âmes pieuses s'associent à elle, dans leurs chants de fête.
    Mais, entre tous ces Saints glorifiés auprès de vous, qu'il nous soit permis de nous tourner particulièrement vers ces multitudes de vos Martyrs, lesquels vous ont proclamé leur amour en versant pour vous tout leur sang.
    Chez tous les peuples et à travers tous les siècles, elle s'est élevée, cette voix-là, pour glorifier ainsi le Seigneur : voix invincible, que n'ont pu étouffer ni les tortures inventées par les tyrans, ni la mort violente elle-même.
    O nation d'Annam, assujettie autrefois à des lois de mort, mais libre aujourd'hui de suivre le Seigneur, offre les hommages à ce Pasteur excellent qui, au sein des plus rudes épreuves, t'a entretenu la vie.
    Pendant que la rage du Souverain poursuit jusqu'à la mort les disciples du Christ, Dieu leur prépare un Pontife, qui, par sa puissante énergie, sera capable d'affermir les brebis tremblantes.
    Ah ! Quelle furie ! Quelle attaque sauvage de vos ennemis, Seigneur, contre vos serviteurs ! L'enfer, dans cette lutte, recourt vraiment à toutes les armes imaginables.
    Mais, vos combattants ne redoutent ni menaces ni supplices ; car, ils le savent bien, les tortures ne font qu'ajouter plus d'éclat à la couronne posée sur le front des Martyrs.
    Quel est-il donc, le nombre de ces hosties succombant sous le glaive ? Celui-là seul le connaît qui, tout ensemble, seconde ses soldats, les fait remporter la victoire, et comme prix, leur décerne la gloire céleste.
    Tandis que le carnage se multiplie parmi ce malheureux peuple, tandis que Dieu est réduit à n'être plus honoré que dans le secret des maisons, avec quelle âme héroïque le Pasteur partage le terrible sort de son troupeau !
    Il multiplie vers le ciel ses larmes et ses prières, il relève de tout son pouvoir les coeurs de ces pauvres persécutés ; et, pour tous, il voudrait sacrifier sa propre vie.
    Oh ! Quel amour dans ce coeur de Pasteur ! Quelle vigilance et quel souci continuels ! Pour empêcher que le glaive n'enlève au peuple tous ses chefs, il veut que toujours quelques jeunes Lévites se tiennent prêts pour l'Onction sacerdotale.
    Le jour il se cache dans les souterrains ; la nuit, il peut à peine prendre le repos indispensable ! De toutes parts des nouvelles de désastres viennent assiéger et frapper son âme de Pasteur !
    Et voilà sa vie, durant trente ans ! Non, jamais la victime n'a manqué au Martyre : mais, voici qu'enfin le Seigneur va lui en décerner la gloire.
    Pressé par la faim, il tombe aux mains d'un corps de satellites, qui l'enchaînent. Et, ce vénérable Vieillard, ils le jettent dans une cage, comme une bête sauvage, et l'introduisent dans le tribunal, pour être jugé.
    Il les a donc aujourd'hui, ces chaînes tant enviées ! Sa voix rend donc à Dieu le témoignage de sa foi, selon son ardent désir ! Et bien tôt un coup de sabre va réaliser et combler tous ses voeux !
    Mais Dieu, dans sa justice envers son généreux Soldat, se hâte de consommer son combat et de lui assurer la palme du triomphe : et c'est du sein de la prison qu'il appelle son Serviteur à entrer dans les rangs des Elus.
    O Père excellent, c'est d'un coeur plein de reconnaissance que votre peuple célèbre votre gloire et vous adresse ses prières. Faites donc que tous, après avoir passé par la mort, aient le bonheur de voir Dieu avec vous.
    Honneur et gloire infinis au Père ; hommage égal à son divin Fils ; hommage, de même, infini au Saint-esprit : que sa lumière et ses divines ardeurs renouvellent en nos coeurs la véritable vie. Ainsi soit-il !

    1910/212-216
    212-216
    Vietnam
    1910
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