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Echos de nos missions

Echos de nos missions JAPON Tôkyô. — Le nouveau Délégué Apostolique au Japon, S. Exc. Mgr Paul Marella est arrivé à Tôkyô le 20 décembre. Sacré Archevêque titulaire de Doclea, le 29 octobre 1933, par S. Em. Le Cardinal Fumasoni-Biondi, Préfet de la S. C. de la Propagande, Son Excellence a fait le voyage par l'Amérique, où, avant sa nomination au Japon, il fut pendant six ans Secrétaire de la Délégation Apostolique de Washington.
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    Echos de nos missions

    JAPON

    Tôkyô. — Le nouveau Délégué Apostolique au Japon, S. Exc. Mgr Paul Marella est arrivé à Tôkyô le 20 décembre. Sacré Archevêque titulaire de Doclea, le 29 octobre 1933, par S. Em. Le Cardinal Fumasoni-Biondi, Préfet de la S. C. de la Propagande, Son Excellence a fait le voyage par l'Amérique, où, avant sa nomination au Japon, il fut pendant six ans Secrétaire de la Délégation Apostolique de Washington.
    Le 23 novembre, Mgr Chambon a béni, à Yokohama, l'église du Sacré Cœur, que le P. Lemoine a fait élever pour remplacer celle qu'avait renversée le tremblement de terre de 1923. La nouvelle église, à l'épreuve — autant qu'on peut l'espérer, —des séismes et des incendies, peut contenir 500 personnes. Elle est surtout réservée aux Européens, les Japonais ayant deux autres églises dans la ville.
    Le Consul de France à Yokohama a remis au nom du gouvernement français, la décoration de Chevalier de la Légion d'Honneur à M. Muts-chler, Marianiste, depuis 40 ans professeur de français à Tôkyô, puis à Yokohama. On est heureux de constater une fois de plus que le gouvernement français sait apprécier à l'étranger les services de ces bons éducateurs, mais pourquoi en prive-t-il la France et compromet-il par là le recrutement de ces dévoués serviteurs du pays ?...
    Fukuoka. — Deux Sulpiciens du Canada sont arrivés à Fukuoka pour préparer les voies aux membres de la Compagnie qui doivent prendre la direction du Petit Séminaire du diocèse. Ils se préparent à leur ministère futur par l'étude de la langue et des moeurs du pays au bien duquel ils veulent se dévouer.
    Trois Soeurs de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul sont arrivées dans le même but : préparer la fondation d' oeuvres de bienfaisance, comme leur Congrégation en entretient avec un zèle admirable dans toutes les parties du monde.
    Osaka. — A Osaka également, et dans les mêmes intentions, trois filles de Saint-Vincent-de-Paul viennent de s'installer. Les gracieuses cornettes de la rue du Bac ont été accueillies avec joie par les Pères de la rue du Bac ; et non plus simplement pour des relations de bon voisinage, — il n'y a pas de rue de Babylone à Osaka ni à Fukuoka, — mais pour travailler ensemble à la grande oeuvre de la christianisation du Japon.

    COREE

    Seoul. — La réunion annuelle des Supérieurs des Missions de Corée a eu lieu au mois d'octobre dernier dans l'abbaye bénédictine de Ouensan, où Mgr Sauer, Vicaire apostolique et Abbé, a offert à ses hôtes la traditionnelle hospitalité des monastères de son Ordre.
    A l'occasion de la fête de nos Martyrs de Corée (26 septembre), des conférences sur le catholicisme ont été données dans la vaste sal-le de la Chambre de Commerce de Seoul par deux de nos prêtres. Coréens ; l'auditoire, composé d'un millier de païens et de protestants instruits, a paru suivre avec intérêt — beaucoup prenant des notes, — les explications données par les orateurs.
    La Corée est prise, à son tour, d'un véritable engouement pour les sports. Nous devons, dans nos écoles, suivre le mouvement, mais en évitant les exagérations qu'il entraîne trop souvent.

    Taikou. — Les dix missionnaires de Saint Colomban qui doivent se préparer à prendre en charge la province méridionale de la Mission de Taikou sont arrivés le 6 octobre dernier. Sauf leur Supérieur, le P. Mac Polin, tous sont de jeunes prêtres ordonnés à Noël 1932 : l'un d'eux est Américain, un est Australien, les autres sont Irlandais. Au mois de novembre, le P. Mac Polin a fait une rapide visite des postes qui lui seront confiés plus tard, y compris l'île de Quelpaert.

    MANDCHOURIE

    Kirin. — Un missionnaire de Seoul, le P. Dourisboure, a bien voulu accepter de visiter les chrétiens coréens émigrés en Mandchourie. Après avoir exercé son ministère dans la Mission de Moukden, il est venu dans celle de Kirin, et c'est surtout à Haipeitchen, où il y a une importante agglomération de Coréens chrétiens, que son zèle s'est exercé pendant deux semaines. Inutile de dire la joie avec laquelle ces chrétiens ont accueilli un Père parlant leur langue. Le missionnaire est parti, mais son souvenir reste.
    Aux environs de la chrétienté de Siaopakiatse plusieurs villages demandent à entrer dans notre sainte religion. Le missionnaire de ce district s'occupe activement de ce mouvement de conversion et plusieurs catéchistes ont été envoyés dans ces villages pour y enseigner la doctrine.
    Le gouvernement du Mandchoukouo, qui prend son, rôle au sérieux, s'est avisé de faire subir un examen aux professeurs des écoles secondaires ; or, pour plusieurs d'entre eux, paraît-il, l'épreuve s'est terminée en un lamentable échec.
    En 1928, la partie nord du Vicariat de Kirin était érigée en Mission indépendante et confiée aux missionnaires d'Immensee (Suisse). Trois ans après la Mission devenait préfecture Apostolique. Le Préfet, Mgr Imhof, a 17 missionnaires et 5.500 chrétiens. Le 8 octobre dernier a eu lieu la bénédiction de la pro cathédrale de Tsitsikar, édifice d'un style ultramoderne. Plusieurs missionnaires de Kirin assistèrent à la cérémonie et l'un d'eux, le P. Guérin, en un discours très applaudi, rendit hommage au zèle et à l'esprit d'initiative des Pères suisses.
    Il y a dix ans, la Mission de Kirin envoyait à Rome un de ses séminaristes, le jeune Yupin, pour ses études de philosophie et de théologie, comptant que, devenu prêtre, il rendrait de grands services à la Mission qui l'avait élevé dès son enfance. Hélas ! Ordonné en 1929, il fut retenu à Rome pour y enseigner la littérature chinoise au Collège Urbain de la Propagande. Tout en donnant ses cours, il continua ses études et conquit les diplômes de Docteur en Droit Canon, en Droit civil et en Sciences Politiques. Muni de tous ces titres, il s'est embarqué le 10 novembre pour la Chine, mais non pas pour la Mandchourie : il est nommé membre de la Commission synodale à la Délégation Apostolique de Pékin. Quand sa Mission de Kirin le verra-t-elle lui revenir ?

    CHINE

    S. Exc. Mgr Costantini, Délégué Apostolique en Chine depuis 1922, ayant démissionné pour raison de santé, le Saint Père a nommé pour lui succéder Mgr Zanin, jusqu'ici Secrétaire général de l' OEuvre de Saint Pierre Apôtre, qui a été promu Archevêque titulaire de Rhodope. Né à Feltre (Vénétie) en 1890, prêtre en 1913, le nouveau Délégué a travaillé activement à la fondation de séminaires en pays de mission et au progrès de l'OEuvre de Saint-Pierre.

    Chengtu. — Profitant de la guerre civile, les communistes ont progressé dans le nord du Setchoan et sont ensuite descendus dans la direction du Fleuve Bleu ; ils menacent Wanshien et Shungking. Les habitants s'enfuient devant les envahisseurs. Deux de nos missionnaires, dont les résidences sont occupées par les communistes, ont dû se réfugier dans une mission voisine. Pendant ce temps les généraux chinois n'arrivent pas à se mettre d'accord pour s'opposer à l'invasion communiste. Une dizaine de postes de mission sont occupés par la troupe, plusieurs ont été pillés de fond en comble. A Sintsin, malgré les protestations du curé chinois, la réserve de riz de l'hospice des vieillards a été confisquée.

    Suifu. — A Penchan le prêtre chinois Ambroise Wan a été arrêté par les soldats et conduit à un officier : il ne serait rendu à la liberté que moyennant livraison de 2.000 piculs (384.000 kg.) de riz décortiqué. Le picul se vendant alors 14 piastres, c'était donc 28.000 piastres (plus de 140.000 fr.) que les militaires voulaient lui extorquer. Le Père protesta qu'il ne pouvait fournir une telle quantité ; les 35 piculs qu'il avait réservés dans son grenier lui avaient même été enlevés peu auparavant par un colonel. Après cinq jours de captivité, les 2.000 piculs exigés étaient réduits à 500, mais il les fallait sur le champ, et le P. Wan fut attaché aux barreaux de la porte, les mains liées derrière le dos. Les mauvais traitements ne cessèrent que moyennant le paiement de 500 piastres. Enfin, toujours captif, le prêtre fut emmené jusqu'à Hongia, où, ayant pu emprunter 162 piastres à la mission de l'endroit, il les glissa dans la main de l'officier chargé de la surveiller et obtint ainsi sa mise en liberté.
    Dans le même temps, des brigands s'installaient à Mapien dans la maison du P. Boisguérin et la dévalisaient. Heureusement le Père était alors loin de là et échappa à leurs recherches.
    Ces quelques faits donnent une idée de l'état des choses dans nos Missions du Setchoan.

    Tatsienlu. — A la suite d'une récente campagne, le Thibet est redevenu maître de la région de Yerkalo, qui ne relève plus des autorités chinoises, mais du Dalaï-lama de Lhassa. Celui-ci autorise le missionnaire catholique à demeurer sur le territoire de Yerkalo, mais il interdit les achats de terrain à perpétuité ; quant à la protection, la Mission est sous la loi commune, Lhassa déclinant toute responsabilité. Pour circuler et faire de la propagande religieuse dans le Thibet, le missionnaire doit obtenir l'autorisation du Dalaï-lama. On devine aisément ce que signifient ces dernières clauses. La situation reste bien précaire. Pourtant les trois officiers venus de Lhassa qui transmirent au missionnaire de Yerkalo les décisions du Grand Lama étaient des hommes tout à fait « à la page », parlant couramment l'anglais, ayant fait un stage dans un camp d'instruction aux Indes, et se montrant vraiment cultivés et doués de maints « talents de société ».
    Le P. André, du consentement du mandarin local, a acheté à Sekim un terrain pour y créer un poste de chrétiens. Sekim est dans la vallée de la Salouen, là où se greffe la route qui du Loutsekiang va en Birmanie.

    Ningyuanfu. — Les troupes vaincues au Setchoan nord qui se sont retirées au Kientchang, particulièrement à Houili et à Kiangtcheou, entretiennent de bons rapports avec la Mission. A Houili, ces soldats arrivant exténués de fatigue, les pieds en sang, manifestaient une grande joie en voyant les religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie : — « Oh ! Il y a des Soeurs ici comme à Chentgu, nous serons bien soignés ! » Et la première semaine de leur arrivée, le dispensaire a eu chaque jour 400 soldats à soigner.
    La présence des Soeurs fait un bien immense. Elles peuvent aller partout, et partout elles sont reçues avec une respectueuse gratitude. Elles trouvent là déjà la récompense du zèle avec lequel, se confiant pleinement en la Providence divine, elles ont accepté de venir se dévouer jusqu'en ce fond de la Chine à leurs oeuvres de bienfaisance et de charité. Et il en sera ainsi partout où elles iront, là surtout où elles seront non pas reléguées à l'arrière, mais, au contraire, placées à l'avant-garde, comme au Kientchang, pour contribuer à ouvrir de nouveaux territoires à l'Evangile par la charité en action.
    Dans le nord de la Mission la situation demeure la même. Les résidences de Foulin et de Houanmou-tchang sont encore occupées par les militaires. A Foulin, le commandant de place a installé son tribunal à l'oratoire et le curé de l'endroit doit se résigner à entendre chaque jour l'interrogatoire et souvent les cris de douleur des accusés mis à la torture.

    Kweiyang. — Dernièrement les élèves de l'école paroissiale de Tongtcheou prenaient leurs ébats dans un ruisseau tout proche. Un petit païen — le seul de l'école, — se noie. Après de vains efforts pour le rappeler à la vie, le maître d'école apporte aux parents le petit cadavre. Les parents se lamentent et remercient. Quelques jours après, ils portent au tribunal du mandarin une accusation contre le maître d'école, qui est mis sous les verrous et n'est relâché que moyennant une somme de 100 piastres versée par le curé de l'endroit. L'affaire paraissait finie : pas du tout. Le mandarin accepte un supplément d'accusation et, en vue de parfaire son premier jugement, s'informe si le Père n'aurait pas quelque monture de valeur, cheval ou mule. Non, le Père ne va qu'à pied. Oui, mais il a, dans son école, un petit harmonium utilisé pour les classes de chant. Le mandarin veut bien s'en contenter : il le fait prendre et l'adjuge à l'école païenne du bourg. Délicatesses de la justice chinoise !
    Par contre, trois Soeurs Canadiennes se rendaient de Kweiyang à Hongkong. A Kouytin, leur 2e étape, aucun gîte disponible, la ville n’est plein de soldats. Un officier qui passe voit leur embarras, apprend qu'elles tiennent le dispensaire de Kweiyang : — « Alors c'est vous qui avez si souvent soigné nos blessures et nos maladies », et se tournant vers ses soldats : « Puisque une occasion se présente de se montrer reconnaissants, ne la laissons pas échapper : allons chercher logement ailleurs et faisons place à ces dames ». Et, après les avoir installées, il disparut.
    Il y a plaisir — trop rare — à enregistrer un fait de ce genre.

    Swatow. — La pacification se fait peu à peu dans ce coin du Kouangtong, et parfois à l'aide de mesures plutôt radicales. Dans le district de Hoilukfung, berceau du communisme de cette région, des refuges ou lieux de rénovation avaient été créés, dans lesquels ceux qui s'étaient laissé tromper par les meneurs communistes pouvaient — et devaient se convertir et redevenir d'honnêtes gens. Il faut croire que la méthode ne donna pas les résultats espérés, car, un beau matin, 500 ou 600 des occupants de ces refuges furent inopinément mitraillés jusqu'au dernier par les troupes chargées de leur surveillance. Le lendemain, on pouvait annoncer que « l'ordre règne au Hoilukfung ». Malheureusement ceux que l'on fait disparaître de cette façon, peut-être un peu trop sommaire, ne sont pas les plus dangereux : les chefs, les meneurs sont en sûreté ailleurs, tout prêts à reprendre leur propagande et leurs méfaits.

    Nanning. — Trois districts du nord-est de la province du Kouangsi ont été cédés à la Mission de Wuchow, confiée aux Pères américains de Maryknoll. La partie cédée comprend la ville de Kouylin, ancienne capitale de la province, et environ 400 chrétiens.
    Nos religieuses, canadiennes et indigènes, continuent de rendre les plus grands services à la Mission. Le nombre des consultations données dans leurs dispensaires va toujours croissant et s'est élevé, cette année, à 113.000 ; elles ont baptisé 900 enfants de païens en danger de mort.

    INDOCHINE

    Hanoi. — Le Séminaire Saint-Sulpice a commencé ses cours avec 30 élèves : 8 de Hanoi, 13 de Phatdiem, 4 de Thanh-hoa, 3 de Hunghoa et 2 de Vinh. — Deux nouveaux professeurs sont arrivés et sont plongés dans l'étude de la langue annamite.
    Les PP. Dominicains français ont ouvert leur Maison Lacordaire », le 15 septembre, à 80 élèves, en majorité Européens. C'est une « maison de famille » pour les jeunes gens qui suivent les cours des écoles de la ville : elle est appelée à faire beaucoup de bien.
    Hunghoa. — Dans la nuit du 2 au 3 octobre, un typhon a causé des dégâts considérables dans la Mission et compromis gravement la récolte. Il n'y eut, heureusement, que peu d'accidents de personnes, mais les pertes subies seront difficiles et longues à réparer.
    Phatdiem. — Après une tournée véritablement triomphale à travers l'Indochine, Mgr Tong est arrivé dans sa mission. Au Siam, à Pinang, au Cambodge, il a reçu un accueil des plus chaleureux, mais à Saigon ce fut un enthousiasme indescriptible. A Hué, Son Excellence s'arrêta pour saluer S. M. Bao-Dai et lui remettre, de la part du Saint Père, une lettre autographe et une médaille d'or ; le soir même de cette audience solennelle, un dîner eut lieu au Palais royal en son honneur. Quand on le sut proche de Phatdiem, des délégations de toutes sortes se portèrent à sa rencontre à plusieurs kilomètres de distance ; à l'entrée de la ville, il dut prendre place sur un trône que portèrent de robustes épaules et, escorté d'une garde d'honneur, s'avança ainsi vers la cathédrale sous de nombreux arcs de triomphe. Lorsque le brillant cortège passa près de son tombeau, le Père Six, le fondateur de Phatdiem, le constructeur de la belle cathédrale, dut tressaillir d'une joie intense en voyant réalisé un avenir qu'il n'eût jamais osé espérer si glorieux pour son cher pays d'Annam.
    Quelques jours après cette grandiose réception, Mgr Tong se rendait à Hanoi pour y rendre visite au vétéran des évêques du Tonkin, Mgr Gendreau, et là encore, dans la capitale, mandarins en grand costume, notables en robe bleue, chrétiens et païens en foule innombrable, firent au premier évêque annamite une ovation à la fois enthousiaste et touchante.

    Quinhon. — Mgr Tardieu a ordonné six prêtres, dont un pour la Mission de Kontum.
    Le P. Vallet, de Nha trang, et le P. Le Darré, de Phanrang, ont reçu la décoration de l'Ordre du Dragon d'Annam.
    A la léproserie de Quihoa le nouveau monastère des Franciscaines Missionnaires de Marie a été inauguré et béni par Mgr Tardieu. Il est situé, face à la mer, à quelques dizaines de mètres du rivage. Les dévouées servantes des lépreux, après leur dur labeur quotidien, y trouveront le repos et le recueillement réparateurs de leurs forces pour travailler longtemps à leur oeuvre si méritante.
    La Mission de Quinhon, qui, en 1932, avait subi deux violents typhons, dont l'un avait renversé 27 églises ou chapelles, en a subi, le 1er novembre 1933, un troisième, qui a causé des dégâts encore plus considérables.
    Le Noviciat des Petits Frères de Saint-Joseph et celui des Amantes de la Croix ont été en partie détruits : les étages se sont effrontés, écrasant 16 victimes sous leurs décombres.
    L'évêché et la procure, le grand et le petit séminaire, l'imprimerie, la léproserie, les orphelinats, ont gravement souffert, les toitures ayant été emportées ou fortement endommagées et l'eau pénétrant partout.
    Sur 110 églises ou chapelles que comptait le district de Quinhon, 40 ont été renversées de fond en comble et toutes les autres plus ou moins ébranlées et lézardées. Il en est de même pour les presbytères et leurs dépendances.
    Quant aux chrétiens, 5.000 environ se sont trouvés tout à coup sans abri, sans vivres, sans vêtements, devant leurs maisons en ruines, cherchant dans les décombres ce que l'ouragan et l'eau n'avaient pas détruit ou entraîné.
    C'est un désastre sans précédent, dont la Mission aura grand-peine à réparer les dégâts.

    Hué. — Le 17 septembre dernier, Mgr Chabanon a béni à Hué le nouvel « Institut de la Providence », maison d'éducation catholique depuis longtemps désirée par la population tant annamite que française. Le Provicaire de la Mission, le P. Lemaste, a été nommé Supérieur de l'établissement ; il a pour collaborateurs 2 missionnaires, 2 prêtres indigènes (dont l'un, le P. Thue, est licencié ès lettres) et 4 professeurs laïques. On n'a ouvert encore que les classes de huitième, septième et sixième, dont les élèves seront conduits, année par année, jusqu'au terme des études secondaires. Sur 190 demandes d'admission, 132 ont été retenues après un concours éliminatoire. Ces chiffres sont de bon augure pour l'avenir d'une maison destinée à former l'élite de la jeunesse française et annamite, pour le plus grand bien de la Religion, de la France et de l'Annam.

    Saigon. — Le trop rapide passage de Mgr Tong dans son ancienne mission a été marqué par de touchantes manifestations de respectueuse sympathie. A la cathédrale, après une allocution de bienvenue par Mgr Dumortier, Mgr Tong prononça en français puis en annamite un émouvant discours pour dire à la fois merci et adieu à sa chère ville de Saigon. Le Gouverneur de la Cochinchine, le Général, l'Amiral, le Président du Conseil
    Colonial, le Maire de la ville et de nombreux Français assistaient à cette inoubliable cérémonie. Dans son ancienne paroisse de Tandinh, à l'Ecole Taberd, au monastère du Carmel, chez les Amantes de la Croix, partout enfin le premier évêque annamite reçut les hommages empressés de ceux qui avaient bénéficié longtemps de son zèle et de son dévouement.

    Kontum. — Mgr Jannin, préparant l'avenir de sa Mission, a commencé la construction d'un probatorium, en attendant celle d'un petit séminaire et celle, plus lointaine encore, d'un grand séminaire. Ce n'est qu'après cela qu'on pensera à un évêché. Ce sont des Petits Frères indigènes de Saint-Joseph qui auront la direction de cet embryon d'école cléricale.

    MALAISIE

    Malacca. — Le gouvernement a installé à Sungei-Buloh, aux environs de Kuala-Lumpur, une colonie de lépreux, parmi lesquels se trouvaient un certain nombre de catholiques. Dans le désir de pourvoir à leurs besoins spirituels, le P. Girard, après de multiples démarches, réussit à obtenir un terrain, sur lequel il a élevé une gracieuse chapelle, dont la bénédiction a eu lieu récemment. Le médecin de la léproserie et l'infirmière en chef, bien que tous deux protestants, ont tenu à assister à la cérémonie, à laquelle assistaient aussi de nombreux païens et non catholiques.
    Cette journée de fête apporta un rayon de joie et d'espérance aux pauvres lépreux, heureux d'avoir désormais, dans leur retraite forcée, une maison de prière.

    BIRMANIE

    Rangoon. — Les Anabaptistes sont en voie de désagrégation : l'Amérique n'envoie plus d'argent. De nombreux prédicants ont vu supprimer leur traitement ; aussi des écoles ont été fermées, quantité de Bibles jetées à l'eau, des chapelles changées en étables. Il n'y a pas lieu cependant d'escompter de ce fait de nombreuses conversions au catholicisme ; les adeptes de la secte ont trop entendu ressasser toutes les accusations calomnieuses qu'un protestantisme sectaire sait lancer contre l'Eglise romaine et contre ses prêtres.
    La crise mondiale se fait aussi sentir en Birmanie : le nombre des chômeurs y est considérable et le gouvernement étudie les moyens d'augmenter ce nombre en supprimant des postes dans toutes les branches de l'administration. Une société s'est fondée, qui, avec les fonds qu'elle a recueillis, peut nourrir journellement 150 personnes. Mais combien d'autres meurent de faim !... Heureusement un vieil Ecossais vient de laisser par testament 10 millions de francs pour les pauvres de Rangoon, et, après quatre mois de laborieuses délibérations, les édiles de la capitale ont décidé de placer la somme et de n'en servir que les intérêts aux indigents.

    LAOS

    Le 15 décembre, quatre religieuses de la Congrégation des Soeurs de la Charité de Besançon, dont la maison provinciale est à La Roche sur Foron, se sont embarquées à Marseille pour le Laos, où elles vont fonder un établissement à Thakhek, sur le Mékong. Cette Congrégation a été fondée par sainte Jeanne-Antide Thouret, récemment canonisée.

    La superficie de la Mission du Laos dépasse 300.000 km2 ; il y a donc de l'espace et du travail pour de nombreux ouvriers apostoliques. C'est pourquoi les pères Oblats de Marie Immaculée — qui missionnent si fructueusement « aux glaces polaires » et « sous les feux de Ceylan », — ont été invités à se charger de la partie nord de la Mission, c'est-à-dire de ce « Royaume du Million d'Eléphants, dont les Annales ont jadis entretenu leurs lecteurs (Voir N° 208, novembre décembre 1932). Tout entière sur la rive gauche du Mékong, cette région relève du Protectorat français. Les PP. Oblats trouveront des postes de mission installés à Luang-Prabang, capitale du royaume, à Vientiane, à Paksane, à Kengsadoc, etc. La population catholique est d'environ 2.000 indigènes, laotiens ou annamites, ces derniers plus nombreux. La religion du peuple est un animisme mêlé de grossières superstitions bouddhistes. On sait que le gouvernement du Protectorat favorise activement le bouddhisme.
    Comme il est d'usage en pareil cas, les PP. Oblats demeureront sous l'autorité du Vicaire Apostolique jusqu'à ce que, s'étant suffisamment instruits de la langue et des coutumes locales, le territoire qui va leur être confié soit par Rome érigé en mission autonome.

    INDE

    Pondichéry. — La Rde Mère Eugène, Supérieure des Sœurs hospitalières de l'Hôpital Colonial, a reçu la croix de Chevalier la Légion d'Honneur. En lui remettant sa décoration, le Gouverneur de la Colonie, dans un discours plein de coeur, l'a féli.
    Le samedi des Quatre Temps, 23 décembre, Mgr le Supérieur a conféré les saints Ordres à 2 prêtres, 20 diacres, 4 sous-diacres, 20 minorés et 3 tonsurés.
    Au 31 décembre le nombre de nos aspirants missionnaires était de 151, ainsi répartis : 71 à Paris, 49 à Bièvres, 8 à Rome et 23 sous les drapeaux.

    NECROLOGE

    26. — Ernest TULPIN, du diocèse de Langres, missionnaire de Tôkyô en 1877 ; décédé le 18 novembre 1833, 81 ans.

    27. — Damien GRANGEON, du diocèse de Clermont, missionnaire de Cochinchine Orientale en 1883 ; évêque d'Utine et vicaire apostolique en 1902 ; démissionnaire en 1929 ; décédé le 21 novembre 1933, 76 ans.

    28. — François DEMARCQ, du diocèse de Bayonne, missionnaire de Saigon en 1887 ; décédé le 5 décembre 1933, 73 ans.

    1934/31-47
    31-47
    France et Asie
    1934
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