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Du front missionnaires.

Du front missionnaires.
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    Du front missionnaires.

    M. Guiraud Marius 1, directeur au Séminaire des Missions Etrangères, à peine revenu des prisons d'Allemagne, a demandé à repartir pour le front. Il est maintenant infirmier au 81e d'infanterie ; et il remplit en même temps les fonctions d'aumônier auxiliaire. « J'ai déjà, nous écrit-il, fait beaucoup de ministère auprès des blessés et des mourants. Ma vie est bien plus active qu'aux Brancardiers de Corps. Naturellement, une marmite boche peut m'envoyer dans l'autre monde ; mais au moins j'ai la consolation de faire pour la France tout ce qui m'est possible ».
    De M. Courrier, missionnaire du Laos : « Je suis toujours ici, à Moudros ; mais j'ai quitté le bataillon colonial et ai été affecté comme infirmier à l'hôpital d'évacuation de Lemnos. Je soigne ceux qui sont atteints de la fièvre typhoïde. Cet hôpital a été créé dès le début de l'expédition pour recevoir les blessés et les malades des Dardanelles. Le nombre des hospitalisés est actuellement assez grand. On en évacue tous les deux ou trois jours pour la France.
    « Les gros malades, qui ne peuvent supporter la traversée, sont soignés ici, jusqu'à ce qu'ils soient en état de prendre le bateau. L'installation de l'hôpital est très simple. Les plus malades sont logés dans de grandes tentes et baraques en bois de 20 à 30 lits, et les moins malades sont couchés sur un peu de foin dans des marabouts. Il y a ici beaucoup à faire pour un prêtre sous le rapport ministère ».
    De M. Gabriac, missionnaire du Se-tchoan occidental : « En ce moment je vous écris à 5 mètres sous terre. Je suis dans un poste de secours, et aujourd'hui nous avons reçu 23 marmites dans un rayon de moins d'un demi kilomètre ; nous y sommes deux majors et cinq infirmiers ».
    De M. Monchalin, de la mission de Pondichéry ; « Le 22 octobre, j'ai eu la joie de donner une goutte de mon sang pour la France. Un éclat d'obus de canon revolver a fait une petite écorchure à côté du coeur ; le portefeuille et le papier à lettres ont été traversés ; j'ai eu une petite éraflure ; un peu de teinture d'iode, et en avant, au poste d'honneur ».

    Aspirants.

    M. Varengue a eu la consolation de baptiser deux soldats : un blanc et un noir. « En attendant les jaunes », ajoute-t-il.
    De M. L. Thomas : « Cette fois j'ai reçu le baptême de feu... La confirmation a suivi de bien près le baptême. Les fleurs n'ont pas manqué à ces deux fêtes ; elles sont tombées par milliers non loin de ma tête blonde. Vous connaissez les fleurs des batailles ; leurs noms sont divers, comme ceux des fleurs dans les beaux jardins de France, mais ils sont moins poétiques: marmites, crapouillauds, torpilles, grenades, etc ».

    1. L'intéressant volume Prisonnier des Allemands, publié grâce aux notes du P. Guiraud, vient de paraître à la Librairie LETHIELLEUX, 10, rue CASSETTE, PARIS. Le prix n'est pas de 2 fr., comme nous l'avons annoncé dans le précédent numéro de nos Annales, mais de 1 fr. 50, franco 1 fr. 65. Nous pouvons procurer cet ouvrage à ceux de nos lecteurs qui nous en feront la demande.

    1915/94-95
    94-95
    France
    1915
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