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Dix années de l'histoire de la Société des Missions Étrangères 1912-1922 (Suite 3)

Dix années de l'histoire de la Société des Missions Étrangères 1912 - 1922 (suite) 1 Faits généraux de l'histoire de la Société des Missions Étrangères, de 1912 à 1922 (suite). A Saigon, on a, avec un succès extraordinaire, représenté la Passion de Notre Seigneur, dont le livret avait été composé et la mise en scène organisée par un prêtre annamite; à Hanoi, a été installée une bibliothèque paroissiale, qui attire chrétiens et païens.
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    Dix années de l'histoire

    de la



    Société des Missions Étrangères

    1912 - 1922 (suite) 1



    Faits généraux de l'histoire de la Société des Missions Étrangères, de 1912 à 1922 (suite).



    A Saigon, on a, avec un succès extraordinaire, représenté la Passion de Notre Seigneur, dont le livret avait été composé et la mise en scène organisée par un prêtre annamite; à Hanoi, a été installée une bibliothèque paroissiale, qui attire chrétiens et païens.

    Plusieurs revues et bulletins de propagande ont été créés : en 1912, en Birmanie méridionale, un petit journal Le Semeur, et un peu plus tard The Friend, qui ne font ni l'un ni l'autre double emploi avec The Voice, plus ancien qu'eux; en Corée, à Taikou, des bulletins paroissiaux répandent l'enseignement catéchistique, et la Revue que la mission de Séoul publie compte le chiffre fort respectable de 5.500 abonnés; à Séoul également, un bulletin mensuel inauguré en 1913, et rédigé eu latin, est envoyé à tous les prêtres indigènes du Vicariat ; cette même année, à Tchongkin, le journal La Vérité, publié en chinois, s'est accru d'un premier supplément d'enseignement destiné spécialement aux chrétiens, et d'un second contenant des nouvelles du monde catholique; peu après il a doublé son format.



    1. Voir Ann. M.-E , n°, mai juin 1922, p. 81 ; n° 146, juillet août, 1922 p 121.



    En 1914, au Tonkin, l'imprimerie de Ninh-binh a entrepris la publication de tracts dus à la plume alerte du prêtre annamite Nhan. En 1915 et en 1916, la mission du Coïmbatour a fondé le Petit Messager Paroissial, et celle de Mandchourie septentrionale un bulletin bimensuel intitulé La Recherche de la Vérité.

    En 1917, à Siam, a paru l'Écho de l'Assomption.

    En 1919, dans l'Inde où le nombre des revues éditées en langue hindoue et paraissant tous les mois est assez considérable, on a étudié le projet d'un grand quotidien catholique.

    En 1921, au Haut Tonkin, M. Hue a commencé une série de tracts très documentés sur le protestantisme.







    Églises et Chapelles



    En 1912, le compte rendu annuel de la Société des Missions Étrangères marquait 5.950 églises, oratoires ou chapelles; en 1921, il notait le chiffre de 6.498. C'est donc une augmentation de 548 constructions.

    Toutes ne sont pas des monuments de haute architecture; mais il en est de nombreuses qui honoreraient nos vieilles paroisses d'Occident. Nous nommerons par région les villes et les villages où sont les principales :



    Japon. Immamura.

    Majen.

    Otaru, église dédiée au Sacré-Coeur.

    Kameda (faubourg de Hakodaté).

    Aomori, église dédiée à N.-D. des Victoires.

    Morioka, église dédiée au Très Pur Cur de Marie.

    Urakami.

    Kanda à Tokio.

    Tabira.

    Kashiragoshima.

    Corée. Plus de 20 Oratoires étaient en construction en 1913; une douzaine en 1914; eu 1918 s'achevèrent l'église de Tutjyou et celle de Euryoul.



    Mandchourie. Siao hei-chan, église dédiée à N.-D de Lourdes.

    Leao-yang, église dédiée au Sacré Coeur.

    A-che-ho.

    Siao-ho-pa.

    Sang-che-pin.

    Hong ya hien.

    An-si-tai.



    Thibet. Ta-tsien-lou, église dédiée au Sacré-Coeur.

    Kouang-si. Koui hien.



    Tonkin. Ha-dong.

    Chan-ninh, église dédiée à N.-D. de Lourdes.

    Ça-tlai.

    Cam-lam.



    Cochinchine. Ngo-xa.

    An-ngai.

    Dao-dan.

    Xuan-hoa.



    Cambodge. Chau-doc, église dédiée à N.-D. de Lourdes.

    Pralai Méas.

    Cai-doi.

    Thanh-mau.

    Ong-chuong.

    Nang-gu.

    Kompong-cham, église dédiée à Sainte Jeanne d'Arc.



    Laos. La cathédrale de Nong-seng.

    Siam. Lam-sai à Bangkok.

    Lëm khot.

    Muong phanat.

    Tha-muang.

    Cathédrale de Bangkok, dédiée à l'Assomption de la Ste Vierge.



    Birmanie. Kyaukse.

    Syriam, près des ruines de l'ancienne église détruite en 1756.

    Maubon, église dédiée à Sainte Rita.



    Malacca. Kuala-Lumpur, église dédiée à Saint Antoine.

    Gopong.

    Johore (en ciment armé).



    Inde. Dans les quatre diocèses de Pondichéry, Mysore, Coimbatore, Kumhakonam, les évêques ont pu écrire : « Chaque chef-lieu de district possède une église convenable où l'on garde la sainte réserve ».



    Séminaires



    Toutes les missions anciennes ont un ou plusieurs séminaires. Celles qui ont été récemment créées se sont empressées d'en établir. En 1912, le Tonkin maritime, dont les élèves faisaient jusqu'alors leurs études dans les institutions du Tonkin occidental, ouvrit son séminaire; la mission du Kientchang en fit autant; en 1914, Taikou (Corée) acheva le sien qui fut classé sous le vocable de Saint Justin ; d'autres missions ont reconstruit leurs établissements sur des plans plus vastes et mieux agencés, ainsi la Mandchourie septentrionale et le Se-Tchoan oriental. Dans tous les grands séminaires, les prescriptions du nouveau droit canon sont observées, et les élèves y passeront désormais six ans : deux ans dans l'étude de la philosophie, et quatre ans dans celle de la théologie.



    En 1920, des séminaristes du Japon, de Corée, de Chine, de Cochinchine furent envoyés à Rome pour faire leurs études théologiques au collège de la Propagande.

    Le collège ou séminaire général établi à Pinang pour recevoir des séminaristes de toutes les missions comptait 74 élèves en 1919, et 97 en 1920, se répartissant ainsi par mission : Kien-tchang 9, Yun-nan 6, Kouang-si 3, Canton 15, Mission Salésienne du Kouang-tong 1, Swatow 4, Tonkin méridional 2, Tonkin maritime 5, Siam 9, Malacca 6, Birmanie méridionale 21, Birmanie septentrionale 12, Birmanie orientale 4.

    Les séminaires sont actuellement au nombre de 50, et le total des séminaristes s'est élevé de 2.443 en 1912 à 2.495 en 1918 et à 2.502 en 1921.



    COLLÈGES, PENSIONNATS, ÉCOLES



    Depuis une cinquantaine d'années, l'Extrême-Orient a été très fréquenté par les Européens; les idées occidentales y pénètrent, et au premier rang, celles qui concernent l'instruction.

    Or, en Extrême-Orient comme en Europe, pour détourner la jeunesse des écoles dangereuses, il a fallu lui ouvrir des écoles catholiques d'un égal degré d'instruction. Les missions ont marché dans cette voie. Quelques-unes ont créé elles-mêmes et dirigent de grandes institutions; d'autres ont appelé des religieux instituteurs à leur aide. Pour l'éducation des filles, toutes ont trouvé dans les Congrégations françaises des auxiliaires dévouées. En outre, elles ont fondé chez elles des Congrégations de femmes, dont quelques-unes, particulièrement dans l'Inde, sont capables de donner une éducation sérieuse et soignée, soit en français, soit en anglais.

    Examinons en détail les travaux accomplis et la situation actuelle :

    Japon et Corée. Le Japon, presque aussi avancé en instruction que nos pays d'Europe, possède des collèges tenus par des Japonais et par des Européens catholiques et protestants.

    Les cinq collèges catholiques établis à Tokio, Yokohama, Nagasaki, Osaka, Kumamoto, ont tous été fondés par les Marianistes ; ils ont près de 4.000 élèves dont plus de 850 à l'école de l'Etoile du Matin à Tokio, 800 à l'Etoile Brillante à Osaka, 500 à l'Etoile de la mer à Nagasaki. La supériorité de leur enseignement, reconnue de tous, leur amène chaque année des élèves de plus en plus nombreux, que le manque de place oblige de refuser.

    Trois ou quatre religieux de la Compagnie de Jésus sont allés, il y a près de quinze ans, s'installer à Tokio. On a dit et écrit qu'ils avaient l'intention de fonder une université catholique. Puisse ce projet réussir un jour. Actuellement, l'établissement qu'ils possèdent sous le nom d'école supérieure renferme 150 élèves ; un internat, sorte de maison de famille pour étudiants, y est annexé; il loge une cinquantaine de jeunes gens.

    De nombreuses institutions de filles sont l'oeuvre des Congrégations dont voici les noms : Saint Enfant Jésus (Dames de Saint-Maur), Sacré Coeur, Saint-Paul de Chartres, Saint Enfant Jésus (Chauffailles), Charité et Instruction chrétienne de Nevers. Quelques-unes ont fondé des cours pour les jeunes filles nobles, et leur enseignent les langues européennes et les arts d'agrément. Toutes sont soumises aux règlements officiels de l'instruction au Japon. Le nombre de leurs élèves dépasse 5.000.

    Les écoles catholiques du Japon étaient en 1912 au nombre de 37, avec 5.112 élèves ; en 1921, on en comptait 46 avec 10.617 élèves. Le bien réalisé par ces établissements a été résumé en 1919 par Mgr Bey, archevêque de Tokio : « Les débuts ont été lents et pénibles. On se demandait même si l'on ne perdait pas son temps, son argent et sa peine, en vue de résultats très problématiques au point de vue de l'évangélisation. Ces esprits timides reconnaissent aujourd'hui leur erreur. Les sérieux résultats déjà obtenus annoncent une moisson abondante pour un avenir peut-être prochain ».

    Depuis la conquête japonaise, les écoles de nos missions de Corée sont soumises à une réglementation sévère qui empêche leur développement rapide. En fondant ces écoles, les missionnaires avaient naturellement eu pour but premier l'éducation religieuse des enfants. Or, la loi de laïcité qui a été promulguée interdit d'enseigner la religion aux heures de classe, dans les écoles; et, en dehors des heures de classe, elle défend de l'enseigner dans le local scolaire. Ces écoles offrent cependant des moyens de propagande, puisque 43 % des enfants qui les fréquentent sont païens ou catéchumènes, et que l'influence des enfants catholiques et de leurs idées est absolument prépondérante.

    Le total des élèves qui, en 1912, fréquentaient les écoles catholiques au Japon et en Corée, était de 7.711 ; en 1921, il était de 15.126, soit une augmentation de 7.415, donc le double.

    Chine. Il y a dans les missions de Chine des collèges, des pensionnats et des écoles tenus par des religieuses et des religieux européens; on y donne une instruction que l'on peut appeler primaire supérieure. Pour les garçons, ce sont les petits Frères de Marie qui se sont installés au Se-tchoan, au Kouang-si, au Kouang-tong. Le collège du Sacré Coeur, dans la ville de Canton, dirigé par un missionnaire avec des Frères pour professeurs, s'est largement développé; il compte 600 élèves. Le collège Saint-Paul à Tchong-kin, dans la mission du Se-tchoan oriental, a été reconnu en 1918 par le gouvernement et a dû agrandir ses bâtiments en 1920. Les autres établissements ont eu des débuts difficiles et ne progressent qu'avec lenteur.

    En Mandchourie septentrionale, la principale école de garçons a été, en 1915, reconnue par le gouvernement comme école primaire supérieure.

    A Canton, le pensionnat du Saint Esprit, pour les jeunes filles, est ténu par les religieuses canadiennes de l'Immaculée Conception.

    Les soeurs de la Providence de Portieux tiennent des écoles en Mandchourie, ainsi que les Franciscaines missionnaires de Marie. Ces dernières sont au Se-tchoan et au Thibet ; les soeurs de Saint-Paul de Chartres au Yun-nan et au Kouang-si.

    Jusqu'à ces dernières années, les écoles de filles de nos missions de Chine ne donnaient pas un savoir considérable à leurs élèves ; elles enseignaient à lire les livres de religion, à écrire les caractères chinois, et toujours à pratiquer les vertus chrétiennes. Avec l'esprit nouveau qui agite aujourd'hui la Chine, elles ont élargi leurs programmes. Au Se-tchoan oriental, les religieuses chinoises du Sacré Coeur ont une dizaine l'écoles qui font honneur aux catholiques. Dans la même mission, une école française supérieure a été fondée à Tchong-kin en 1916, et confiée aux Franciscaines missionnaires de



    En Mandchourie méridionale, à Moukden, a été ouverte en 1916 une école d'enseignement primaire supérieur. Dans la Mandchourie septentrionale, l'école des Franciscaines a été reconnue par le gouvernement qui la subventionne. La Congrégation des religieuses indigènes du Coeur Très Pur de Marie avait en 1919 deux convents, la Maison mère à Siao-pa-kia-tse, dans la province de Ghirin; l'autre à Houlan, dans la province de He-loung-kiang ; en 1920, cette Congrégation a fourni 41 institutrices.

    Les Vicariats apostoliques confiés en Chine à la Société des Missions Etrangères comptaient, en 1912, 1.688 écoles avec 29.470 élèves ; en 1921, 1.794 écoles avec 35.364 élèves, soit une augmentation de 106 écoles et de 5.894 élèves en 10 ans, par conséquent plus de 10 écoles et plus de 500 élèves par an.

    Indochine orientale. Dans la colonie et les pays de protectorat français, les plus importants établissements d'instruction pour les garçons ont été confiés aux Frères des Ecoles chrétiennes, que l'on trouve à l'institution Taberd, à Saigon, fondée par un missionnaire, M. de Merlan ; à Mi-tho, à Soc-trang, à Hué, à Hanoi, à Phnom-penh, la, capitale du Cambodge.

    L'école Taberd avait, en 1916, 760 élèves, dont 446 catholiques ; l'école de Hanoi, en 1911, comptait 549 élèves français ou métis, et la section annamite 174 élèves ; à Hué, l'école Pélerin a dû être agrandie en 1920 ; cette même année, une école du même genre, l'école Gagelin, a été fondée à Binh-dinh. Les élèves de ces écoles, dont les succès aux examens ont été maintes fois signalés, sont employés par le gouvernement comme interprètes, secrétaires, arpenteurs, etc. Ils possèdent dans le pays une situation prépondérante, et ne pas leur assurer une éducation chrétienne aurait été un malheur irréparable.

    Les religieuses de Saint-Paul de Chartres et celles de la Providence de Portieux s'occupent des écoles de filles. Les premières ont près de 300 enfants dans leur pensionnat et leur école à Saigon, et 320 dans leur maison Sainte-Marie à Hanoi.

    Dans les campagnes, les écoles primaires de garçons ont pour professeurs dés catéchistes ou des instituteurs chrétiens ; celles des filles, des Amantes de la Croix. Ces dernières dirigent également des écoles mixtes, Elles ont, dans la mission de Cochinchine occidentale (Saigon), un programme plus développé qu'ailleurs et qu'elles remplissent bien ; il comprend la lecture de l'annamite, du français, du latin; l'écriture, l'arithmétique, l'arpentage, le plain-chant, la musique, le catéchisme, l'Ancien el le Nouveau Testament, tous les travaux à l'aiguille, la confection des fleurs artificielles, etc.

    En 1911, Mgr Mossard fit établir à Bien-hoa, sous la direction des soeurs de Saint-Paul de Chartres, une école normale pour les religieuses annamites. En 1919, il acquit une vaste maison au Cap Saint-Jacques pour y installer une autre école normale, que Mgr Quinton a ouverte en 1920 et où, en ce moment, 20 Amantes de la Croix Préparent leurs examens.

    Grâce à l'initiative d'un missionnaire de grande charité M. Azemar, il existe dans ce même Vicariat deux écoles pour les sourds-muets : l'une de garçons à Tan-dinh, l'autre de filles à Lai-thieu.



    Total des écoles et des élèves dans les 9 Vicariats de l'Indochine orientale.

    en 1919 écoles 2.118 élèves 72.148

    en 1921. 2.617 104.829

    Augmentation 499 32. 681



    Indochine occidentale. Les Vicariats apostoliques ou diocèses de cette région possèdent 317 écoles avec 28.711 enfants. Les principales écoles de garçons sont tenues par les Frères des Ecoles chrétiennes et par les Frères de Saint Gabriel ; elles renferment 4.000 élèves dans les diocèses de Malacca, plus de 2.000 en Birmanie, 1.600 dans le seul collège de l'Assomption, à Bangkok, au Vicariat de Siam ; dans cette dernière mission, un collège a été fondé à Petriu en 1919.

    Les écoles de filles y sont sous la direction des religieuses françaises : Saint Enfant Jésus (Dames de Saint-Maur), Bon Pasteur d'Angers, Saint-Joseph de l'Apparition, Saint-Paul de Chartres, et des religieuses indigènes de Saint François-Xavier.

    En Birmanie méridionale, d'après les règlements du Vicariat, tout missionnaire doit avoir, à sa résidence principale, une école de garçons et une école de filles reconnues par le gouvernement, l'une et l'autre avec pensionnat, où les enfants des villages environnants reçoivent l'enseignement religieux.

    Les professeurs de ces écoles sont formés dans l'école normale de Thonzeh pour les jeunes gens, et dans celle de Bassein pour les jeunes filles. Tous ces collèges, pensionnats et écoles tiennent le premier rang.

    Inde. Dans l'Inde le mouvement scolaire est très intense. Les 4 diocèses dirigés par la Société des Missions Etrangères possèdent 5 établissements très importants : à Bangalore, à Cuddalore, à Pondichéry, à Karikal et à Coimbatore. Le collège de Saint-Joseph à Bangalore vient en première ligne, par la supériorité des études et l'affiliation à l'Université de Madras. Il se divise en deux sections : l'une réservée aux Européens et aux Eurasiens dont le nombre atteint près de 500 ; l'autre fréquentée par 600 Indiens. On y conduit les élèves jusqu'au Baccalauréat of Arts (B. A.), qui est notre licence, en passant par le First in Arts et la Matriculation.

    Saint-Joseph de Cuddalore compte, avec son annexe Tirou-papalayour, 1.500 élèves.

    Le petit séminaire collège de Pondichéry a 912 élèves, et celui de Karikal plus de 300. Le nombre des élèves du collège de Saint Michel de Coimbatore est d'environ 4,00. Nommons encore le pensionnat de Coonoor, tenu par les Frères irlandais de Saint Patrick.

    Ces collèges ont ouvert leurs portes, avec l'autorisation de la Propagande, et en prenant les mesures de prudence qui ne laissent place à aucun inconvénient, à de nombreux enfants d'infidèles. Ils procurent au catholicisme une influence sociale que, sans eux, il ne pourrait jamais obtenir ; ils lui permettent de faire pénétrer sa doctrine dans un milieu plus élevé, de détruire bien des préjugés et des préventions, et de recruter des adeptes même parmi les brahmes.

    D'autres, institutions fort inférieures à celles-ci sont tenues par des Indiens catholiques. Beaucoup d'entre elles, comme les collèges, sont reconnues par le gouvernement anglais, qui leur distribue des allocations selon le degré d'instruction qu'elles donnent, les grades universitaires des professeurs, et les succès des élèves aux examens.

    L'instruction est donnée aux filles par 9 Congrégations dont 4 de religieuses européennes : Saint-Joseph de Cluny, Bon Pasteur d'Angers, Saint-Joseph de Tarbes et Franciscaines Missionnaires de Marie, 5 de religieuses indiennes : Saint et Immaculé Coeur de Marie, Notre Dame de Bon Secours, Saint-Louis de Gonzague, Sainte-Anne, Présentation de la Sainte Vierge. Les programmes officiels sont suivis par les unes comme par les autres. Mais en territoire anglais, les programmes sont plus étendus que dans la colonie française. C'est ainsi que les couvents de Bangolore, d'Ootacamund et de Coonoor enseignent l'anglais, le français, l'allemand, le latin, l'hindoustani, et ont des cours de sciences élevés ; ils conduisent les jeunes filles jusqu'à la Matriculation, qui, dans le système d'études anglais, remplace notre baccalauréat. Les religieuses indiennes conquièrent les certificats et les font conquérir à leurs élèves pour les High school, Middle school et Primary.

    Les Etablissements non reconnus par l'Etat sont de petites écoles élémentaires où l'on apprend, avec les vérités chrétiennes, la lecture, l'écriture, et un peu d'arithmétique et d'histoire.

    Collèges et écoles reconnus de tous les degrés, écoles non reconnues, formaient, en 1912, un total de 326 établissements renfermant 19.818 élèves, et, en 1921, 358 établissements avec 25.887 élèves.

    Enfin, si nous récapitulons les statistiques particulières de toutes les missions de la Société des Missions Etrangères, nous arrivons au total de 5.232 établissements, collèges, pensionnats ou écoles, distribuant l'instruction à 209.917 élèves.



    IMPRIMERIE



    L'instruction exige des livres : ne trouvant pas autour d'eux des imprimeries dont ils auraient eu besoin, des missionnaires en établirent.

    En 1912 il y en avait 6; deux nouvelles ont été installées, l'une à Ninh-binh, dans le Tonkin maritime, l'autre en 1914 à Ghirin dans la Mandchourie septentrionale ; l'imprimerie de Qui-nhon en Cochinchine orientale, et celle de Tchong-kin au Se-tchoan oriental se sont développées.

    S'est développée également la grande imprimerie que la Société des Missions Etrangères possède à Hongkong, et qui est la plus complète de tous les établissements similaires en Extrême-Orient. Les principaux ouvrages sortis de ses presses depuis quelques années sont : la Sainte Bible, texte latin et traduction annamite, par M. Schlicklin, 4 volumes in-4 ; la Sainte Bible, texte latin aveç l'accent tonique, 1 volume in-4 ; Plans d'instruction sur le catéchisme, par Mgr Chapuis, 3 volumes in-12; Compendium Theologiae Moralis et Dogma-ticae 5 volumes in-12, par Mgr Eloy; Praelectiones Philoso-phicae, par M. V. Martin, 1 volume. in-12 ; Praelectiones Elementariae Liturgia Sacrae juxta Decreta novissima, 2 volumes in-12, par M. Bousquet ; Dictionnaire Laocien-Français, 1 volume in-4, par M. Guignard ; Dictionnaire Latin-Thibétain, 1 volume in-4, par Mgr Giraudeau.

    On a calculé que de 1912 à 1921 sont sortis de toutes les imprimeries de la Société plus de 500.000 exemplaires de diverses brochures et près de 400 ouvrages en un ou plusieurs volumes. Cependant, durant la guerre, quelques imprimeries ont dû ralentir leurs travaux et licencier une partie de leur personnel, à cause de la hausse qui s'est produite sur le prix du papier, des caractères, de l'encre et de la main-d'oeuvre.



    UVRES DE CHARITÉ



    Presque toutes les missions possèdent des orphelinats de garçons tenus par des missionnaires ou des catéchistes, et des orphelinats de filles dirigés par des religieuses européennes ou indigènes. Aux premiers sont annexés des ateliers et des fermes, aux seconds des ouvroirs. En 1912, en comptant tous les établissements qui s'occupent des enfants et sont désignés sous les noms de crèches, orphelinats, ouvroirs, ateliers, fermes, on arrivait au total de 452, avec 24.009 enfants ; en 1920, par suite de la diminution des ressources, il n'y avait plus que 429 établissements, mais le nombre des enfants secourus était à peu près le même. Les hôpitaux, hospices, léproseries, dispensaires n'ont pas subi de diminution, mais leur nombre est demeuré stationnaire ou à peu près, puisque de 636 en 1912, il est en 1921 de 637. Ils sont ainsi répartis :



    Inde 27 Indochine occidentale 68

    Chine 356 Indochine orientale 164

    Japon et Corée 22



    La plupart de ces établissements ont été construits par les missionnaires, à leurs frais personnels ou aux frais de la mission. Les bâtiments achevés, les religieuses de Saint-Paul de Chartres, de la Providence de Portieux, les Franciscaines Missionnaires de Marie, les Petites Soeurs des Pauvres, sont allées y porter leur infatigable dévouement.

    Faute de ressources, quelques-uns ont disparu de 1912 à 1921, d'autres se sont fondés, en particulier le dispensaire d'Ayampet, dans le diocèse de Kumbakonam, un hospice au Kien-tchang, un autre en Mandchourie septentrionale ; l'hôpital Sainte-Marthe à Bangalore a été agrandi. Les anciens établissements ont fonctionné régulièrement : en 1915 au Se-tchoan, l'hôpital de Tchen-tou renfermait 400 malades, celui de Tchong-kin 200; en 1917, à celui de Soufi fou 780 malades ont passé 27.390 journées ; en 1918, le nombre des journées de malades dans l'hôpital de Kia-tin a dépassé 15.000.

    En 1919, dans le seul hôpital catholique de Bangalore, 2.350 malades ont été hospitalisés.

    Au Japon, les léproseries de Gotemba et de Biwasaki hospitalisaient chacune, en 1912, une centaine d'hommes et de femmes; ce nombre était à peu près le même en 1921.

    On sait avec quelle barbarie les Chinois traitent parfois les lépreux, témoin le massacre d'une trentaine de ces malheureux, à Nan-ning dans le Kouang-si, le 14 décembre 1913. Heureusement, il n'en est pas ainsi partout. Il suffit de rappeler la léproserie de Sheklong dirigée par un missionnaire et des religieuses, et subventionnée par le gouvernement de la province du Kouang-tong. Cette léproserie vraiment modèle, modèle non pas d'installation et de confort modernes, mais d'organisation pratique et bien adaptée, fournissait en 1921, à ses 700 lépreux, tout le bien-être matériel et moral compatible avec leur maladie, leurs habitudes et leur mentalité.

    A la même date, la léproserie de Kemmendine, près de Rangoon, hospitalisait 150 malades; celle de Saint-Jean, près de Mandalay, environ 400.

    Les dispensaires ont une clientèle extraordinaire. En une année, dans le seul dispensaire de Tindivanam, diocèse de Pondichéry, les surs de Saint-Joseph de Cluny ont donné 106.556 consultations. En 912, dans les trois dispensaires de Kumbakonam, on en a donné 95.497; au Thibet, la même année, les Franciscaines Missionnaires de Marie ont eu 25.800 visites. Au dispensaire de Tchong-kin, en 1913, on a compté 15.834 consultations ; dans le dispensaire de Tong-hing (mission de Canton), les religieuses de Saint-Paul ont donné 5.528 consultations en 1915. Dans deux dispensaires du Se-tchoan méridional, Soui-fou et Kia-tin, il y a eu, en 1917, 94.055 consultations et 122.950 dans les 85 pharmacies de la mission. En 1919, 42.975 consultations ont été données au dispensaire de Bangalore (Maïssour).

    Des asiles pour les vieillards, dirigés par les Petites Soeurs des Pauvres, existent à Canton, à. Rangoon, à Bangalore. L'asile de Rangoon abritait, en 1919, 130 vieillards, et celui de Bangalore le même nombre en 1920 ; à Hanoi (Tonkin), l'asile Saint-Joseph, sous la conduite des soeurs de Saint-Paul de Chartres, renferme une centaine de vieillards.

    En 1921, la municipalité de Canton s'est adressée à la

    mission pour l'organisation de tout un ensemble bienfaisant établi aux portes de la ville, et destiné à abriter par milliers des vieillards, hommes et femmes, des aveugles, des estropiés et d'autres infortunes encore. En présence de ces foules miséreuses il ne peut être question, au début du moins, de faire appel à des Congrégations religieuses, même spécialisées dans de telles oeuvres. Chaque. Institut a, en effet, ses règles qui délimitent la nature et l'extension de ses activités, impose des chiffres, et n'admet pas les simplifications et adaptations qu'un missionnaire est pourtant forcé d'improviser s'il ne veut perdre les plus merveilleuses occasions. Par bonheur, la petite Société des Vierges catéchistes chinoises avait un personnel utilisable, et, dans la chrétienté cantonaise, un recrutement de fortune pouvait fournir le supplément indispensable. Le dévouement du supérieur de la mission a fait le reste, et, avec un personnel tout chinois, l'oeuvre fonctionne à la satisfaction de l'autorité.

    Telle a été dans son ensemble, de 1912 à 1921, la marche générale de la Société des Missions Etrangères et de ses oeuvres. Il faut remercier Dieu du bien accompli; mais il importe de remarquer que ce bien eût été plus grand si les missionnaires avaient été plus nombreux. Hélas! Nous l'avons déjà dit, le recrutement de toutes les Congrégations a été arrêté par la séparation de l'Église et de I'Etat, par toutes les lois qui ont en France, pendant plus de 20 ans, frappé le catholicisme. Il y a quelques semaines, le P. L. Robert, assistant du supérieur des Missions Etrangères, publiait dans la Revue Politique et Parlementaire un article sur l'influence de la France en Extrême-Orient par les oeuvres des missionnaires, et, en parlant du recrutement, il écrivait ces lignes très vraies1 :

    « Suis-je trop dur en disant que le « bolchevisme » a désolé l'Eglise de France par des lois néfastes : les couvents supprimés et confisqués, les congrégations religieuses dissoutes et semées aux quatre vents, les séminaires, les églises, les presbytères soumis à des règlements anticanoniques, qui amenèrent dans beaucoup de cas la désaffectation de ces établissements; c'était la persécution violente. Est-il étonnant que la sève du sacrifice et du dévouement se soit tarie, alors que les canaux par lesquels elle circulait étaient obstrués par le sable et la boue des lois qu'édictaient des législateurs hostiles, imprudents et imprévoyants ?

    « Aujourd'hui, on comprend les fautes commises parce qu'on souffre de leurs conséquences. On demande aux congrégations d'envoyer des missionnaires français dans les pays que les congrégations allemandes ont quittés. La demande est excellente et nous nous en réjouissons ; mais son acceptation, sa réalisation, se heurtent à un très grand obstacle.

    « Pour avoir des officiers, le gouvernement ouvre des écoles préparatoires, des écoles militaires, des écoles de guerre, etc... et ne prend-il pas les mêmes mesures pour avoir des médecins, des magistrats, des auxiliaires à tous les degrés de compétence pour sa vaste administration? Et l'on voudrait que, frappant le sol, l'Eglise fasse sortir de terre des légions d'hommes spécialement formés pour un travail aussi délicat que celui qui exige une abnégation absolue, l'exil volontaire, le sacrifice de sa vie, une existence entière vécue au milieu de races différentes des leurs, avec un minimum de confort et un maximum de privations.



    1. N° 331, 10 juin 1922, p. 417



    « La politique anticléricale nous est venue, comme tant d'autres maux d'ailleurs, de l'Allemagne. Cette politique d'abandon et de destruction, on la voit nettement exposée dans la lettre que Bismarck écrivait au comte d'Arnim. Elle fut ramassée par les républicains qui ne s'aperçurent pas, en faisant le jeu de nos ennemis, parce que manquant de sens politique, qu'ils agissaient contre les véritables intérêts du pays. Nous pouvons nous en convaincre en examinant quels en sont les résultats. Voilà quinze ans que le recrutement des missions souffre. Les noviciats sont en partie dépeuplés. La guerre a encore accentué le danger, puisque la mobilisation a atteint la moitié des missionnaires.

    « Il n'est personne parmi nous qui regrette un seul instant la part qu'il a prise dans la défense de la patrie; mais, aujourd'hui, ceux qui restent s'inquiètent justement et se demandent qui prendra leur place. Ils se rendent compte que l'heure est grave. Rome ne laissera pas sans missionnaires les diocèses ou vicariats confiés aux Français, si ceux-ci ne sont plus à même, faute de personnel, de les administrer. Quelle que soit la sympathie de Pie XI pour notre pays, il sera bien forcé de donner aux missionnaires d'autres nations le champ que nous ne pouvons plus cultiver. Il le fera sans doute à regret, mais l'intérêt supérieur dont il a la charge lui dictera inévitablement son devoir.

    « L'Extrême-Orient représente plus de la moitié de l'humanité; ces peuples de vieille civilisation s'éveillent et répondent aux appels que leur adressent l'Europe et l'Amérique. La race jaune a l'ambition de vouloir égaler ses frères de race blanche, et, sur les rives du Pacifique, une nouvelle civilisation se manifeste et grandit chaque jour. Nous sommes les ouvriers de la première heure de cette évolution et nous en avons suivi toutes les phases. La France a joué un rôle très considérable et très glorieux dans ses relations avec l'Extrême-Orient. Si elle y fit entendre sa voix, à plusieurs reprises, comme représentante autorisée du Protectorat, elle le fit sans rabaisser la dignité des gouvernements auxquels elle s'adressait.

    « La protection qu'elle nous accorde à l'étranger présuppose celle qu'elle nous doit dans notre patrie, et, en supprimant ou en diminuant chez nous les oeuvres d'apostolat, elle supprimerait et diminuerait dans une mesure égale son rôle à l'extérieur. Pour que cette protection soit réelle et efficace, il est logique qu'elle existe ici et là.

    « Quand les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Italie, l'Allemagne, lancent vers l'Extrême-Orient leurs réserves d'hommes dans une large mesure, avec la pensée d'orienter vers elles l'âme inquiète des Orientaux, nous pouvons tout au moins veiller à ce que la part d'influence que nous possédons ne soit pas diminuée, et j'ai pensé que c'était un devoir patriotique de le rappeler ».






    1922/162-178
    162-178
    France et Asie
    1922
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