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Dix années de l'histoire de la Société des Missions Étrangères 19121922

Dix années de l'Histoire de la Société des Missions Étrangères État général en 1912 En 1912, la Société des Missions Étrangères dirigeait 34 diocèses ou Vicariats apostoliques : 6 au Japon et en Corée, il en Chine, 9 dans l'Indochine orientale, 4 dans l'Indochine occidentale, et dans le sud de l'Inde.
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    Dix années de l'Histoire de la Société des Missions Étrangères



    État général en 1912







    En 1912, la Société des Missions Étrangères dirigeait 34 diocèses ou Vicariats apostoliques : 6 au Japon et en Corée, il en Chine, 9 dans l'Indochine orientale, 4 dans l'Indochine occidentale, et dans le sud de l'Inde.



    Deux divisions dans la province du Kouang-tong et une dans celles du Kouy-tcheou et du Kouang-si ont porté à, 37 le nombre des missions : il y a maintenant 36 diocèses ou Vicariats et 1 préfecture.



    En voici la liste :







    MISSIONS RÉSIDENCES ÉPISCOPALES







    Dans l'empire du Japon :







    I. 1. Tokio ...Tokio.



    II. 2. Nagasaki..Nagasaki.



    III. 3. Osaka ......................Osaka.



    IV. 4. Hakodaté .Sendai.



    V. 5. Séoul (Corée) ......................Seoul



    VI. 6. Tai-kou (Corée)...Tai-kou.







    MAI JUIN 1922. N° 145.







    Dans la Chine :







    VII. 1. Se-tchoan occid..Tchen-tou.



    VIII. 2. Se-tchoan orient Tchong-kin.



    IX. 3. Se-tchoan mérid.........................Su-tcheou.



    X. 4. Kien-tchang ...Ning-yuen.



    XI. 5. Yun-nan Yun-nan fou.



    XII. 6. Kouy-tcheou ..........................Kouy-yang.



    XIII. 7. Canton ...Canton.



    XIV. 8. Canton ouest et Hainan



    XV. 9. Swatow .Swatow.



    XVI. 10. Kouang-si Nan ning.



    XVII. 11. Lang-long (Kouy-tcheou, Kouang-si) Hin-y-fou.







    XVIII. 12. Mandchourie mérid Moukden.



    XIX. 13. Mandchourie septent ..Ghirin.



    XX. 14. Thibet .Ta-tsien-lou.







    Dans l'Indochine orientale :







    XXI. 1. Tonkin occid ...Hanoï.



    XXII. 2. Tonkin mérid ..Xa-doai.



    XXIII. 3. Haut-Tonkin ...Hung-hoa.



    XXIV. 4. Tonkin marit ...Phat-diem.



    XXV. 5. Cochinchine orient ..Lang-song.



    XXVI. 6. Cochinchine occid ...Saïgon



    XXVII. 7. Cochinchine septent Hué



    XXVIII. 8. Cambodge .Phnom Penh.



    XXIX. 9. Laos ..Nong-seng







    Dans l'Indochine occidentale :







    XXX. 1. Siam ..Bangkok.



    XXXI. 2. Malacca .Singapore.



    XXXII. 3. Birmanie mérid .Rangoon.



    XXXIII. 4. Birmanie septent ...Mandalay.







    Dans l'Inde :







    XXXIV. 1. Pondichéry.Pondichéry.



    XXXV. 2. Mysore (Maissour) ...Bangalore.



    XXXVI. 3. Coimbatore (Coimbatour)..Coimbatore.



    XXXVII. 4. Kumbakônam Kumbakônam.







    Avant d'esquisser les travaux de la Société, il importe de tracer à grandes lignes l'état politique, social et religieux de ces vastes pays.



    L'Extrême-Orient est trop étendu et trop varié pour qu'il soit possible de faire de sa situation une synthèse unique; il nous faut procéder par région :







    JAPON. En 1912 mourut l'empereur Meiji Tenno qui avait lancé le Japon en pleine civilisation occidentale, et en 1889, fait inscrire la liberté religieuse dans la constitution qu'il donna au peuple. Cette liberté n'avait pas profité au catholicisme autant qu'on l'avait espéré. On était loin des sentiments qui avaient inspiré le voyage du vicomte Mori, se rendant à Oxford pour y discuter avec l'orientaliste Max Muller sur l'adaptation du christianisme comme religion officielle du peuple japonais ; mais la; question religieuse se posait dans les classes intellectuelles de la société. Cette même année 1912, s'était tenue, sur l'invitation du ministre de l'Intérieur M. Hara, une conférence où se rencontrèrent des représentants de tous les cultes, et dont le résultat parut être la reconnaissance publique des droits de la religion dans l'enseignement.



    Il s'agissait de la religion en général; car lorsqu'on voulut préciser, on sentit que, la majorité songeait à la religion shintoïste, devenue plus puissante dans les esprits et dans les coeurs depuis les victoires des Japonais sur les Russes, victoires que les généraux les plus illustres, aussi bien que le peuple, voulurent attribuer à la protection des jinja, les génies tutélaires de la nation, c'est-à-dire les empereurs et les héros défunts. Ce sentiment apparut plus visible au mois de mai 1918, à la réunion plénière des dignitaires shintoïstes qui inscrivirent l'étude de leur religion au programme de l'enseignement secondaire et supérieur, comme elle l'était déjà à celui de l'enseignement primaire.



    Le culte des génies était devenu une affaire de patriotisme; et au nom du patriotisme une pression fut exercée contre les élèves des écoles qui s'abstenaient de participer aux fêtes officielles des jinja. Les chrétiens avaient refusé, jugeant leur conscience engagée dans la participation à des cérémonies qui paraissaient superstitieuses. Des païens refusèrent également au nom de la liberté religieuse garantie par la constitution. Des journaux, des revues soutinrent que l'on pouvait être en même temps chrétien et excellent patriote japonais. Un excellent catholique, le commandant Yamagata, fut député à Rome par son gouvernement pour donner des éclaircissements sur les jinja; un délégué apostolique, Mgr Petrelli, fut envoyé au Japon afin d'étudier sur place une question qui semblait à tous très importante.



    Cette double démarche du Saint-Siège et du Gouvernement japonais prouve évidemment la gravité du sujet et le désir de résoudre les difficultés en toute justice. L'étude et les pourparlers n'ont pas encore complètement abouti, mais la pression exercée précédemment s'est notablement affaiblie.



    En dehors de ce courant d'idées il en existe un autre :



    Pour un céda in nombre d'intellectuels aucune religion actuelle n'a de valeur : le bushido est mort, le shintoïsme en décadence, le bouddhisme stagnant, le christianisme sans force; et afin de relever l'édifice spirituel du Japon ils prônent une sélection des meilleurs points de toutes les religions du monde, pour en faire le fondement de la morale de la nation.



    Au milieu de cette effervescence, les catholiques, que leur situation met en évidence, sentent cependant se former autour d'eux comme une atmosphère de sympathie. Des esprits réfléchis ne refusent plus de prime abord d'examiner le christianisme ; ils comprennent qu'il est une lumière et que leur pays pourrait trouver en lui une force.



    La Corée, conquise et administrée par le Japon, se ressent de cet état d'esprit; les mêmes idées y pénètrent peu à peu, et l'application stricte des lois sur l'enseignement crée à la diffusion de l'Évangile des obstacles autrefois inconnus.



    En résumé, une estime plus grande du catholicisme et une lutte contre lui au nom du patriotisme et d'idées religieuses mal définies, telles paraissent être aujourd'hui les notes principales de la situation.







    CHINE. ― C'est l'état politique de la Chine qui doit être principalement examiné; car depuis dix ans et plus, il prime tout dans cet immense pays.



    En 1911, éclata comme un coup de foudre la nouvelle que la dynastie mandchoue avait cessé de régner sur la Chine, et que le gouvernement de l'empire du Milieu revêtait la forme républicaine. Au mois de novembre, la République fut officielle- ment proclamée dans lés provinces qu'évangélisait la Société des Missions Etrangères. Les craintes inspirées par le changement de régime administratif d'une nation aussi disparate, et aussi figée dans ses antiques traditions que l'était le royaume des Fleurs, ne se réalisèrent pas tout d'abord. La Révolution fut pacifique, et partout les chefs du nouveau gouvernement donnèrent l'ordre de protéger les missionnaires et leurs oeuvres.



    Il parut que la prédication évangélique jouirait d'une liberté plus grande. L'étiquette républicaine de la Chine la forçait à donner au moins la liberté religieuse, qui lui paraissait la moins périlleuse de toutes ; de là une atmosphère moins taouffante pour les missionnaires et plus favorable à leur action.



    Malheureusement la paix ne dura pas ; le trouble jeté dans les esprits par une transformation aussi brusque et aussi radicale engendra des désordres de toute nature : le brigandage, la diminution du commerce, la disette, le cours forcé d'assignats qui perdirent rapidement 40 % de leur valeur, et par dessus tout l'esprit d'insubordination. Le président de la République, Yuen-Che-Kai, maintint pendant quelque temps une apparence d'ordre. Son désir de devenir empereur le perdit. Plusieurs provinces se déclarèrent indépendantes de Pékin (1916). La mort de Yuen-Che-Kai augmenta l'agitation générale. L'habileté de ses successeurs ne fut pas à la hauteur de leur ambition.



    Les gouverneurs de province méconnurent l'autorité du gouvernement central ; les chefs militaires et les fonctionnaires doués d'initiative et d'audace essayèrent de soustraire leur action aux autorités provinciales ; la vénalité ne connut plus de bornes ; l'anarchie fut complète. Les armées du Yun-nan et celles du Thibet envahirent le Se-tchoan ; le Kouang-tong devint le théâtre de combats continuels entre les troupes que l'on appelait impériales et les troupes républicaines. Ces désordres eurent au moins l'avantage d'offrir aux ouvriers apostoliques l'occasion de jouer un rôle bienfaisant pour le pays et honorable pour la cause de Dieu. En nombre de villes, à la demande des populations et des autorités, voire même des belligérants, les missionnaires ont eu à négocier la paix, à ménager les réconciliations, à faire fléchir les exigences des vainqueurs, à adoucir le sort des vaincus, à épargner des désastres aux villes ou simplement à donner, par leur seule présence, une garantie morale à des pourparlers et à des accords. C'est à bon droit que dans le Kouang-tong, M. Lesaint à Nam-hiong; MM. Rossillon et Zimmermann au Loui-tcheou; M. Grégoire dans l'île de Haïnan ; M. Genty à Lim-kong; M. Mollat à Ko-chow furent regardés comme des bienfaiteurs publics. Sur la côte orientale du golfe du Tonkin, MM. Poulhazan et Rault ont été, par leur courageuse attitude, le réconfort et l'espoir de toute une population terrorisée par les pirates.



    Dans le Vicariat apostolique de Swatow, M. Rey sauva la vie à un mandarin; M. Roudière empêcha le pillage de Tchao-tcheou, et sa conduite lui valut les félicitations officielles du gouvernement français qui le décora de la croix de la Légion (l'Honneur, et celles des autorités chinoises qui lui firent ériger sur la principale de Tchao-tcheou une stèle d'honneur et de reconnaissance.



    Dans le Kouang-si, M. Caysac donna l'hospitalité au mandarin de Na-mong et aux chefs du pays ; M. Cuenot fut à Kouylin utile aux catholiques et aux protestants qui, en l'absence de leurs Ministres, avaient vu leurs établissements envahis ; partout dans cette province les résidences des missionnaires servirent de refuge à une foule de malheureux fuyant devant les massacres et les pillages.



    Au Yun-nan, la médiation de M. Salvat valut à ce missionnaire une stèle commémorative qu'on lui éleva à Hoa-pin et une médaille d'or de 1re classe.



    Au Thibet, M. Tintet préserva la vie d'un grand nombre de personnes de la ville de Bathang.



    Au Se-tchoan, des mandarins, hier encore ouvertement hostiles au catholicisme, vinrent à l'heure du danger chercher un refuge auprès des missionnaires ou leur confier ce qu'ils avaient de plus cher et de plus précieux, leur femme, leurs enfants, leur fortune.



    Même la présence de prêtres chinois fut regardée par le peuple comme une garantie de sécurité; en plus d'une localité, la Mission prit le caractère d'une institution indispensable.



    Il ne faudrait cependant pas conclure de là que les prédicateurs de l'Evangile et leurs fidèles n'ont pas eu à souffrir; et en vérité, dans une situation aussi troublée, il n'en pouvait guère être autrement.



    Au Se-tchoan, M. Cambourieu fut arrêté deux fois ; M. Dubois brutalement frappé; quatre prêtres chinois, des séminaristes en voyage, des catéchistes, des instituteurs et des institutrices battus et volés ; des chapelles et des oratoires pillés; des chrétientés rançonnées, 5 catholiques massacrés.



    En 1916, au Kouang-tong, un prêtre indigène, M. Vong, et plusieurs prêtres français, entre autres M. Etienne, furent grièvement blessés ; 3 chrétiens eurent les yeux crevés; dans le Kien-tchang, en 1919, 12 chrétiens furent tués et 30 emmenés en captivité.







    Au Yun-nan, en 1918, un prêtre indigène, M. Jean Chen, fut massacré ; en 1921, un autre prêtre indigène et deux missionnaires, MM. Savin et Mongellaz furent arrêtés.



    Notre énumération, soit des services et des récompenses, soit des malheurs et des misères, est incomplète ; mais dans un tableau général il n'y a place ni pour tous les personnages, ni pour tous les épisodes. Nous en avons cependant, croyons-nous assez indiqué pour faire comprendre la situation.







    INDOCHINE ORIENTALE. ― Dans une grande partie de l'Indochine soumise à la France, les rivalités entre lés païens et les chrétiens ont cessé; leurs relations sont faciles, les calomnies d'antan ont disparu. Depuis trente ans, les bouddhistes ont pu lire les livres chrétiens, examiner les fidèles dans l'intime de leur vie. Ils savent que le christianisme condamne les actes mauvais, ils pensent que chacun serait parfait s'il en suivait les préceptes. Ils tiennent lés prêtres en haute estime. Ils ne confondent plus la question civile et la question religieuse, et ne prennent plus les missionnaires pour des agents du Protectorat. D'excellents catholiques occupent des situations très élevées, tels Nguyen-Huu-Bai, ministre des Travaux publics en Annam. Le sentiment national n'en est pas moins vivant dans la classe toujours irréductible des lettrés, et se traduit par une hostile sourde ou déclarée contre les Français. Les victoires des Japonais sur les Russes furent considérées par eux comme le triomphe de la race jaune, et de ce chef le prestige des nations européennes fut gravement atteint. Les mécontents répétèrent aux populations qu'il serait facile, avec l'appui du Japon, de se délivrer du joug de l'étranger. Des sociétés secrètes se formèrent. Des agents furent envoyés dans l'empire du Soleil Levant, soi-disant pour y apprendre l'art de la guerre moderne, en réalité pour y comploter, pour y imprimer des pamphlets contre le Protectorat et des appels au patriotisme qui furent expédiés dans les différentes provinces de notre colonie.



    Les chefs des Comités institués en Indochine adressèrent aux catholiques des invitations pressantes de faire cause commune avec eux. « La question de race et de nationalité prime toutes les autres, disaient-ils; les chrétiens sont nos compatriotes, nos frères, de même sang que nous; ils doivent se joindre à nous. Nous les attendons ». Consulté sur cet appel, le Vicaire apostolique de la Cochinchine occidentale, Mgr Mossard, fit dire aux catholiques par les missionnaires de demeurer en paix et de ne s'inféoder en aucune manière à un parti qui s'intitulait national et ne l'était qu'en apparence. Les catholiques obéirent.



    De cette agitation naquit un parti désigné sous le nom de réformiste, dont le succès de la révolution chinoise augmenta l'audace. Quand il vit le renversement si facilement exécuté du gouvernement séculaire des Mandchoux, il se persuada qu'il était capable d'obtenir le même résultat contre les Français. Deux attentats eurent lieu au Tonkin en 1913 : l'un à Thai-binh et l'autre à Hanoi. Une répression vigoureuse et rapide ramena la tranquillité. Un léger remous se produisit en 1914 et en 1915, par suite des bruits que nos ennemis firent circuler dans le pays, de l'écrasement de la France et de l'Angleterre par l'Allemagne. Les faits démentirent ces rumeurs, et lorsque le succès eut couronné les longs efforts de l'Entente, la très grande majorité des Indochinois se joignit aux Français pour se réjouir de la victoire finale.







    INDOCHINE OCCIDENTALE. ― Dans cette région, le sentiment national s'identifie également avec le sentiment religieux chez les bouddhistes. Chacun y est libre de suivre la religion qu'il croit la vraie; mais ce n'est un secret pour personne que l'on considère et que l'on vante le bouddhisme comme la religion qui convient seule au pays, et que l'attachement à la patrie implique la fidélité à la foi des ancêtres. Les Birmans pour suivent leur propagande anti-chrétienne, soit en formant des associations, soit en ouvrant des écoles et en exerçant une pression contraire au catholicisme.



    Au Siam, en 1914, le gouvernement s'est montré, en un point important, favorable à la mission ; il l'a reconnue comme véritable propriétaire. Actuellement la question des écoles semble devoir créer des difficultés.







    INDE. ― Dans l'Inde, le nationalisme s'accuse beaucoup plus fortement ; cet immense pays veut avoir son rang parmi les nations. La jeunesse assiège les écoles, les collèges, les universités, parce qu'elle croit que l'instruction lui procurera les moyens d'atteindre son but. Elle est travaillée par des journalistes bouddhistes très hardis, et des tribuns qui lui promettent l'âge d'or. Le but des uns et des autres est, au point de vue religieux, d'avoir une Inde purement païenne, et, au point de vue politique, exclusivement indienne, Ils refusent tout ce qui vient du dehors, religions ou gouvernements, et si les croyances diverses qui se partagent l'Inde n'ont pu être unifiées, du moins se sont-elles coalisées contre le catholicisme.



    Les conclusions pratiques de ces idées sont que beaucoup d'Indiens ne veulent plus être gouvernés par les Anglais qui sont des étrangers, et qu'ils tiennent à l'écart, quand ils ne le combattent pas, le prêtre européen parce qu'il est étranger, et aussi le prêtre indigène, parce qu'il est le ministre d'une religion étrangère et travaille à sa diffusion.



    Il est nécessaire d'ajouter que certains chrétiens, séduits par les idées nouvelles, suivent le mouvement dirigé par les bouddhistes, et ne reconnaissent plus à l'Eglise qu'une vague autorité délimitée par eux-mêmes.



    Dans le sud de l'Inde, par conséquent dans les missions confiées à la Société des Missions Etrangères, s'est produite une agitation limitée à ceux qui ont reçu quelque instruction.



    Il y a près de vingt ans, grâce à la persévérance d'un missionnaire de l'archidiocèse de Pondichéry, M. Fahrer, la Catholic Indian Association fut établie pour grouper les catholiques, les empêcher de se joindre aux protestants, et leur permettre d'aider les oeuvres de propagande catholique. Tout a bien marché tant que les statuts ont été observés ; vers 1914, une brèche y fut faite pour fonder un journal, le Catholic Friend, qui est devenu l'organe des agitateurs. La première plate-forme que ceux-ci ont misent avant a été le Higher Education. Comparant ce que les missionnaires catholiques ont fait pour eux avec ce que les protestants font pour leurs adeptes, ils crurent avoir à se plaindre. Ils réclamèrent un grand collège à Matras avec un hôtel pour recevoir les étudiants, et prétendirent que la Catholic Indian Association n'était pas suffisamment laissée à leur direction. Enfin, ils voulurent s'unir aux protestants, aller à leurs réunions, devenir membres de leurs associations, et traitèrent d'étrangers les évêques et les prêtres qui s'opposaient à leurs aspirations.







    Faits généraux de l'histoire de la Société des Missions Etrangères de 1912 à 1922.







    De 1912 à 1922, trois préfectures apostoliques furent érigées au Japon : le 13 août 1912, celle de Niigata confiée à la Congrégation du Verbe Divin de Steyl; le 12 février 1915, celle de Sapporo dont furent chargés les Franciscains allemands, le 18 mars 1922, celle de Kagoshima attribuée aux Franciscains canadiens. Une quatrième, celle de Okoyama, proposée aux Jésuites allemands est en voie de formation.



    La Société des Missions Etrangères a gardé les 4 diocèses de Tokio, Nagasaki, Osaka et Hakodaté diminués des régions dont sont formées ces préfectures, dans lesquelles elle avait préparé de bonnes positions pour les progrès de l'évangélisation.



    La vaste province du Kouang-tong en Chine, qui ne formait qu'un seul Vicariat apostolique a été en 1914 divisée en deux Vicariats : Canton et Swatow. Celui de Canton, en 1918, a été de nouveau divisé en 2 : Canton et Siu-chow dans, le nord. En 1920, le Vicariat de Canton a été encore subdivisé en 2 : Canton, et Canton ouest et Haï-nan. Ces deux derniers Vicariats apostoliques, ainsi que celui de Swatow, demeurent sous la direction de la Société des Missions Etrangères; celui de Siu-chow est confié à la Congrégation des Salésiens fondée par Dom Bosco. Les Missions Etrangères d'Amérique (Mary Knoll) travaillent depuis 1918 dans le Yeun-kong, sous l'autorité du Vicaire apostolique de Canton en vue d'une division prochaine.



    (A suivre).





    1922/82-90
    82-90
    France et Asie
    1922
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