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Dix années de l'histoire de la Société dés Missions Étrangères 1912-1922 (Suite 2)

Dix années de l'histoire de la Société dés Missions Étrangères 1912 - 1922 (suite)1 Faits généraux de l'histoire de la Société des Missions Étrangères, de 1912 à 1922 (suite). En 1921, une nouvelle mission a été érigée, la Préfecture apostolique de Lan-long (Hin-y-fou), comprenant 9 sous-préfectures du sud-ouest du Kouy-tcheou et 3 sous-préfectures du nord-ouest du Kouang-si.
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    Dix années de l'histoire



    de la



    Société dés Missions Étrangères



    1912 - 1922 (suite)1



    Faits généraux de l'histoire de la Société des Missions Étrangères, de 1912 à 1922 (suite).



    En 1921, une nouvelle mission a été érigée, la Préfecture apostolique de Lan-long (Hin-y-fou), comprenant 9 sous-préfectures du sud-ouest du Kouy-tcheou et 3 sous-préfectures du nord-ouest du Kouang-si.

    Pendant ce temps se passaient en Europe de graves événements qui pesaient lourdement sur la Société des Missions Etrangères et sur ses missions. La guerre éclata au mois d'août 1914. Dès le début, elle enleva au Séminaire de la rue du Bac, 5 directeurs, 103 aspirants et 2 frères coadjuteurs; aux Missions, 150 prêtres et 1 évêque. Sur 35 missionnaires, le Se-tchoan oriental compta 14 mobilisés ; Canton, 12 sur 40; Pondichéry, 16; la Cochinchine orientale, 17; Séoul, 13 sur 25. Au mois de décembre suivant, il y avait déjà parmi ces mobilisés 9 tués, 7 prisonniers, une vingtaine de blessés; à la fin de la guerre, en novembre 1918, 46 prêtres ou séminaristes avaient donné leur vie pour la France.



    1. Voir Ann. M.-E., no 145, mai juin 1922, p. 81.



    JUILLET AOUT 1922. N° 146.



    Pour assurer la visite normale des chrétientés, les évêques avaient refait la carte des districts ; eux-mêmes ou s'étaient chargés de la direction d'une ou de plusieurs paroisses, ou étaient devenus professeurs dans leurs séminaires, de sorte qu'avec un surcroît de besogne pour tous, le but avait été atteint.

    La guerre finie, les missionnaires mobilisés reprirent le chemin de leurs Vicariats où la mort avait fait de nombreux vides parmi les vétérans de l'apostolat. Au mois d'août 1914, en effet, la Société comptait 1.367 membres et seulement 1.222 en novembre 1918 : c'était donc 163 missionnaires disparus, presque le huitième du nombre total.

    En même temps, la Société et les missions avaient vu diminuer grandement leurs ressources par suite de l'élévation du change ou de la dépréciation de l'argent français. La piastre, qui, lors de l'ouverture de la guerre, valait 3 fr. 60, était montée à près de 17 francs, de sorte qu'un missionnaire à qui l'on envoyait son viatique ordinaire, soit 660 francs, recevait 38 piastres 1/2 au lieu de 184. Cette pauvreté s'était encore aggravée par l'augmentation du prix des denrées et de tous les objets nécessaires à la vie. Le prix du riz avait triplé; celui des étoffes sextuplé. Cette situation s'est peu à peu améliorée depuis la conclusion de la paix, mais elle est loin d'être bonne.

    Avec ta fin de la guerre coïncida un acte de Rome glorieux pour la Société des Missions Etrangères, l'introduction en novembre 1918 de la Cause de ses martyrs en Corée : 2 évêques, Mgr Berneux et Mgr Daveluy, 7 missionnaires, 17 fidèles, tous décapités en 1866, et celle de 20 chrétiens martyrisés en Cochinchine de 1860 à 1862.

    L'année suivante, 1919, Benoît XV jugea l'heure favorable pour exciter l'attention sur l'état des missions, et particulièrement sur le besoin d'augmenter le nombre des prêtres indigènes; il publia la lettre apostolique Maximum illud. Il avait, en 1916 et en 1917, envoyé au Japon un délégué apostolique, Mgr Petrelli; en 1920, il en envoya un autre, Mgr Fumasoni-Biondi ; cette même année, il nom ma Visiteur en Chine Mgr de Guébriant, de la Société des Missions Etrangères, Vicaire apostolique de Canton.

    Ces différents actes indiquaient visiblement la direction des préoccupations du Saint Siège : élargir et cultiver avec plus d'intensité le vaste champ des missions, y jeter plus amplement la bonne semence pour y faire une récolte plus abondante. L'union qui s'était faite, pendant la guerre, de l'Extrême-Orient avec une partie de l'Occident, avait ouvert de nouveaux horizons et créé des situations précédemment insoupçonnées.

    Pour répondre à ces situations la Société des Missions Etrangères procéda à un important changement dans son organisation. Depuis son origine, elle n'avait pas eu de supérieur général. Ses évêques, réunis à Hongkong au mois d'avril 1921, décidèrent d'en nommer un ; ils choisirent Mgr de Guébriant, qui, depuis lors, porte le titre de supérieur du Séminaire et de la Société des Missions Étrangères et en remplit les fonctions.

    Mgr Jean-Baptiste Marie Budes de Guébriant, qui appartient à une très ancienne famille de Bretagne, est né à Paris le 11 décembre 1860. Prêtre le 5 juillet 1885, missionnaire la même année au Se-tchoan méridional, provicaire en 1894, il fut, en 1910, nommé évêque d'Eurée et Vicaire apostolique du Kien-tchang, en 1916 Vicaire apostolique de Canton, et en décembre 1921 archevêque de Marcianopolis.



    Missionnaires



    Actuellement, le nombre des archevêques, évêques et vicaires apostoliques ou coadjuteurs clans la Société des Missions Etrangères est de 42; celui des missionnaires de 1.139; celui des frères coadjuteurs de 6 : total 1.187.

    Tous, sauf de très rares exceptions, sont Français, et encore ceux dont la France n'est pas la patrie ont le français pour langue maternelle. Le tableau général que nous publierons à la suite de cet article indiquera le nombre des missionnaires dans chaque Diocèse ou Vicariat.

    En 1912 ce nombre était de 1.394; depuis lors il a continuellement diminué, par suite de la guerre sans doute, mais aussi pour une cause plus lointaine et fort attristante que nous rappellerons seulement d'un mot : la guerre religieuse qui a chassé les Congrégations, enlevé aux diocèses leurs petits et leurs grands séminaires, supprimé le budget des cultes et brisé le Concordat.

    Ces faits ont eu sur le recrutement de la Société des Missions Etrangères une influence néfaste. En quelques années le recrutement est tombé de 70 à 50, puis à 30 et même à 20. Au lieu des 320 aspirants que le Séminaire des Missions Etrangères comptait naguère, il n'en a plus que 120; au lieu d'envoyer chaque année en Extrême-Orient 60, 65, 70 missionnaires, il en envoie à peine une vingtaine. La cause de Dieu et celle de l'Église, en pâtissent, et aussi celle de la France. La Revue politique et parlementaire a publié, il y a quelques semaines, sur ce sujet douloureux, un article qui relève les fautes gravement antipatriotiques du sectarisme1.



    Clergé Indigène. 1



    Dans toutes les missions, chaque année, des ordinations se font comprenant des séminaristes plus ou moins nombreux appelés au sacerdoce. En 1912, le Tonkin méridional compta 11 jeunes prêtres ; en 1916, le Tonkin occidental, 8 ; en 1918, le Se-tchoan oriental, 4 ; en 1919, le Siam, 6; en 1920, la Cochinchine occidentale, 6; en 1921, la mission de Séoul et celle du Tonkin méridional, chacune 8.

    Les missions qui possèdent le plus grand nombre de prêtres indigènes sont les suivantes :



    TONKIN TONKIN COCHINCHINE

    OCCIDENTAL MÉRIDIONAL OCCIDENTALE



    1912 106 99 81

    1915 ... 108 115 88

    1918 ... 127 120 94

    1921 135 133 92

    Le tableau ci-dessous permettra de se rendre compte des progrès du clergé indigène, selon les régions :



    JAPON INDOCHINE INDOCHINE

    ET CORÉE CHINE ORIENT. OCCIDENTALE INDE

    1912 .. 49 199 543 42 66

    1915 .. 57 220 584 50 73

    1918 .. 63 243 640 50 77

    1920... 62 251 660 60 76



    1. N° du 10 juin 1922, p. 407.



    Dans toutes les missions de la Société, en 1912, les prêtres indigènes étaient au nombre de 889; depuis cette époque jusqu'en 1921 ils ont augmentés dans la progression suivante :

    PRÊTRES

    ANNÉES INDIGÈNES AUGMENTATION



    1912 889

    1915 .. 984 95

    1918.. 1.073 89

    1921 . 1.161 88

    Augmentation totale en 10 ans . 272



    Cet accroissement, heureux en tous temps, l'a été spécialement pendant la guerre ; lorsque les missions ont été par la mobilisation privées d'environ 150 ouvriers apostoliques déjà formés, et empêchées d'en recruter de nouveaux, les prêtres indigènes remplacèrent les prêtres européens, et il n'est pas hors de propos de dire que les postes importants qui leur furent assignés ont été bien remplis.

    Parmi les prêtres indigènes morts à cette époque, citons : en 1913, au Se-tchoan oriental, le P. Joseph TONG que Mgr Chouvellon appelait le « modèle des prêtres chinois de sa mission » ; en 1915 au Tonkin occidental, le P. TRINH, curé de Hanoi pendant 35 ans, «d'un excellent esprit, d'une piété forte, d'un zèle infatigable, d'une régularité de séminariste. Il possédait à un haut degré l'estime des missionnaires, et il était très aimé de ses chrétiens qui se souviendront longtemps de ses exemples édifiants et de sa charité pour les assister dans leurs besoins ».

    En 1916, en Mandchourie, les PP. André PAI et Jacques TCHANG. Tous les ans ce dernier faisait plus de 200 lieues pour visiter les districts de Yen-ki-kang et de Toung-houa. Au Tonkin occidental, le P. HUYEN, 90 ans d'âge et 58 ans de sacerdoce ; il était le dernier prêtre survivant de la grande persécution de Tu duc, pendant laquelle il rendit de nombreux services aux confesseurs de la foi enfermés dans les prisons de Nam dinh. Très intelligent et très industrieux, il réussissait, en payant d'audace, à pénétrer jusqu'à eux pour les confesser, à leur faire porter ensuite la sainte communion, et enfin à les assister par une dernière absolution quand on les conduisait au supplice.

    En 1918, en Cochinchine orientale, le P. TIN, ancien confesseur de la foi, emprisonné pendant la persécution de 1859; en Cochinchine septentrionale, les PP. DOAN, CHANH et CHUONG ; en Cochinchine occidentale, 9 moururent de 1912 à 1916, les PP. DUONG, CHINH, NHU, TAN, DUOC, QUI, DUC, VAN, LE ; 3 en 1918, les PP. CHIEU, TRUNG, VIEN ; au Cambodge, le P. GIANG, au seuil de la carrière sacerdotale, et le P. Hoc qui avait travaillé avec zèle pendant 27 ans ; au Japon, le P. ARAYA, le premier prêtre du diocèse de Hakodaté ; en 1921, en Mandchourie, le P. Barthélemy SIA, ordonné en 1869 ; au Se-tchoan oriental, le P. Jacques Fou, à qui son frère avait légué une belle fortune dont il se servit pour établir dans la paroisse de Siu-tin un hôpital, un refuge et un orphelinat.



    CATÉCHISTES.



    En 1912 on comptait dans les missions de la Société 3.330 catéchistes, et 3.422 en 1921.

    Pour augmenter le nombre des catéchistes et leur donner une formation en rapport avec leurs fonctions, des écoles spéciales ont été fondés :

    En 1912 à Changchun, en Mandchourie septentrionale ; en 1913 pour la région Thaï, dans le Tonkin maritime; en 1915, dans la mission de Taikou (Corée), deux prêtres indigènes ont établi dans leurs districts des catéchistes femmes ; en 1916 une école de catéchistes fut organisée dans le Se-tchoan méridional, une autre dans le Kouy-tcheou ; en 1920 fut achevée à Cai-nhum, en Cochinchine occidentale, la réédification de l'école des catéchistes.

    Grâce à un recrutement considérable de catéchistes femmes, c'est, de toutes les missions, le diocèse de Nagasaki qui possède le plus grand nombre de catéchistes : 517 en 1912, et 578 en 1920. Viennent ensuite, en 1920, le Tonkin occidental avec 449 catéchistes, et le Tonkin méridional avec 215.



    RELIGIEUX ET RELIGIEUSES.



    Les religieux européens répandus dans nos missions sont tous, sauf les trappistes de Hakodaté et ceux de Hué, voués à l'instruction publique. On en compte 350. Les religieux indigènes, qui également se consacrent à l'éducation, sont beaucoup moins nombreux ; le total arrive à peine à la soixantaine.

    Les religieuses européennes se dépensent dans les oeuvres de charité ou d'éducation; leur nombre dépasse 1.000.

    Les religieuses indigènes les plus nombreuses sont dans l'Indochine orientale les Amantes de la Croix, et en Chine les Vierges chrétiennes.

    En 1912 a été fondée par un missionnaire du Se-tchoan oriental, M. Derouin, la congrégation chinoise des Servantes du Sacré Cur pour l'instruction des jeunes filles. En Mandchourie les Religieuses indigènes du Saint Coeur de Marie ont installé plusieurs couvents.

    Un Carmel a été établi à Hué en 1912 ; un autre à Phnom Penh en 1919 ; un troisième à Tchong-kin en 1920.

    En 1912, les religieux et les religieuses français et indigènes de toutes les Congrégations étaient au nombre de 4.464, et de 7.836 en 1921 ; donc en augmentation de 3.372.



    CONVERSIONS.



    Voici la statistique des conversions opérées depuis 1912 dans toutes les missions confiées à la Société des Missions Etrangères :



    ANNÉES CONVERSIONS



    1912 . 31.881

    1913 . 31.903

    1914 . 31.788

    1915.. 28.094

    1916 . 36.434

    1917.. 29.331

    1918 . 27.928

    1919.. 28.091

    1920 . 28.883

    1921 . 29.453

    Total .. 303.786



    C'est donc une moyenne annuelle de 30.378.

    L'année la plus féconde en résultats a été 1916, puisque le chiffre des conversions a dépassé 36.000. Pour en trouver un aussi élevé il faut remonter à 1904.

    Si nous décomposions cette statistique pour examiner les chiffres par Vicariat ou par groupe de Vicariats, nous trouverions que les quatre missions du Japon ont donné 15.051 conversions; les trois missions de Se-tchoan : Se-tchoan occidental 20.353, Se-tchoan oriental 25.976, Se-tchoan méridional 23.100, soit un total de 69.429. Ce sont ces trois missions qui pendant ce laps de temps ont atteint les plus hauts chiffres.



    Viennent ensuite la Cochinchine septentrionale qui a enregistré 18.115 conversions ; Séoul, en Corée, 17.481.

    Les missions de l'Inde, qui ont prospéré si rapidement il y a une quarantaine d'années, sont presque stationnaires. De 1912 à 1921, le diocèse de Kumbakonam ne compte que 3.202 conversions, soit une moyenne annuelle de 320 ; l'archidiocèse de Pondichéry 2.699, donc 269 par an. Examiner les motifs particuliers des conversions, et même les raisons générales qui les font augmenter dans certaines régions pendant quelque temps, et diminuer dans d'autres, pour prendre ensuite une marche inverse, sortirait de notre cadre.

    Actuellement plusieurs missions donnent de grandes espérances pour un avenir prochain. Le Kouy-tcheou a plus de 50.000 païens qui ont promis d'embrasser le catholicisme; dans le Kien-tchang, les Lolos, à part quelques tribus, affirment être disposés à recevoir le baptême ; au Thibet, le roitelet de Ta-tsien-lou et son fils ont été inscrits parmi les néophytes ; dans le Kouang-si, un seul missionnaire a reçu parmi les catéchumènes plus de 300 familles.

    Au Tonkin occidental, en une seule année, plus de 20 villages Thos ont été entamés ; les environs de Hanoi et de Nam dinh s'ébranlent. Dans la Cochinchine septentrionale, les provinces de Hué et de Quang-tri offrent plusieurs milliers de catéchumènes.

    Les prêtres indigènes convertissent parfois autant et plus de païens que les missionnaires ; c'est ainsi qu'en 1913 ALLYS, Vicaire apostolique de Cochinchine septentrionale, écrivait que le P. Du avait obtenu le plus beau chiffre de baptême d'adultes : 342. En 1918 au Se-tchoan oriental, le record appartenait au P. TCHANG, et en 1919 au Yun-nan au P. SIE.

    Ce que les statistiques ne donnent pas et ce qu'il faut dire, c'est que l'idée religieuse préoccupe de plus en plus les classes intellectuelles et particulièrement les jeunes gens des écoles supérieures, et que le catholicisme attire davantage leur attention.



    ABJURATIONS PROTESTANTES.



    Le protestantisme compte un certain nombre d'adeptes dans nos pays de mission, et chaque année les ouvriers apostoliques en amènent des centaines à la véritable Église. Voici la statistique des abjurations :



    ANNÉES ABJURATIONS

    1912 ... 461

    1913 ... 445

    1914 493

    1915 ... 359

    1916 310

    1917 311

    1918. 288

    1919. 223

    1920 230

    1921 417

    Total ... 3.537



    Une remarque s'impose : en considérant le nombre des catholiques actuellement dans les missions, et celui des baptêmes d'adultes, on constate que le premier devrait être sensiblement plus élevé, eu égard au second, et l'on se demande le sort d'une partie des baptisés. Auraient-ils donc abandonné la foi? Nullement. Et voici l'explication du fait que nous étudions et qui, au premier abord, paraît anormal.

    La statistique générale annuelle contient le chiffre des adultes baptisés en santé, et celui des adultes baptisés au moment de la mort.

    Or en 1912, sur 31.881 adultes baptisés, 8.866 étaient au nombre de ces derniers ; il y en eut 10.782 en 1916, et 10.545 en 1921. C'est donc plus d'un quart des baptisés qui disparaissent immédiatement pour aller recevoir la récompense éternelle. L'expatriation est la seconde raison. Beaucoup d'Indiens s'en vont à Madagascar, à l'île Bourbon, aux Antilles ; les Japonais et les Coréens passent aux îles Hawaï, en Amérique ou en Australie ; les Chinois se répandent un peu partout où ils se croient sûrs de gagner leur vie. Cet exode, auquel les missionnaires s'opposent sans grand succès, enlève annuellement plusieurs milliers de catholiques aux missions, pour les porter ailleurs. Ce n'est qu'une perte relative, quoiqu'elle puisse par fois devenir réelle, par l'absence de tout prêtre dans les régions que les expatriés vont habiter, ou par l'indifférence religieuse qui les envahit au milieu des soucis de leurs affaires.



    BAPTÊMES D'ENFANTS DE PAÏENS « IN ARTICULO MORTIS ».



    Cette moisson d'âmes pour le ciel a toujours été très abondante, grâce aux religieuses indigènes, aux sages-femmes, aux médecins. Les missions qui chaque année fournissent régulièrement les plus gros chiffres sont celles du Se-tchoan : de 40.000 à 42.000 ; celles du Tonkin, de 35.000 à 37.000. De 1912 à 1921 le total général de ces baptêmes, dans toutes les missions de la Société, a été de 1.126.111, soit une moyenne annuelle de 112.611.



    ADMINISTRATION DES SACREMENTS : CONFESSIONS ET COMMUNIONS



    Le chiffre des confessions et des communions pascales est très élevé; il représente en certains Vicariats, par exemple en Cochinchine occidentale, 67 % du nombre des adultes; en d'autres 80 % ; en Corée 95 ; c'est dire combien sérieuse est la formation des chrétiens, et vive leur piété.

    Quant aux confessions et aux communions de dévotion, leur nombre a notablement augmenté depuis les conseils du Souverain Pontife Pie X sur la fréquente communion.

    Voici un tableau suggestif fait d'après les rapports officiels des missions.



    Aimées. Population. Confessions. Communions.



    COCHINCHINE OCCIDENTALE



    1912 70.596 283.095 511.420

    1913 71.418 299.307 599.682

    1919 77.374 322.947 713.677



    COCHINCHINE SEPTENTRIONALE



    1912 58.895 193.704 324.425

    1919 65.629 235.184 437.705



    TONKIN OCCIDENTAL



    1912 141.216 470.000 1.070.600

    1913 143.500. 513.785 1.281.465



    SE-TCHOAN MÉRIDIONAL



    1917 33.248 78.333 158.295

    1921 34.106 91.097 184.000



    Si au lieu de prendre les chiffres des missions nous prenions ceux des districts ou des paroisses, nous pourrions donner des renseignements beaucoup plus détaillés et abondants. En voici quelques uns :

    Au Maïssour, 1917, paroisse Saint François-Xavier à Bangalore : 7.000 catholiques, 61.000 communions.

    A Kumbakonam, 1918, paroisse de Tranquebar : 1.120 catholiques, 3.410 confessions et 9.018 communions : Michelpatti 4.764 catholiques, 12.817 confessions et 20.075 communions.

    Au Tonkin Méridional, 1918, dans le district du haut Ngan-ca, on comptait 3.100 chrétiens ; 7.632 confessions y ont été accompagnées de 15.132 communions. Dans le district du bas Ngan-ca avec 4.500 fidèles, il y eut ,10.300 confessions et 12.200 communions. Dans le district de Vinh, avec 5.000 chrétiens, le chiffre des confessions s'est élevé à 13.600 et celui des communions à 20.700.

    En Cochinchine septentrionale, à Phu-cam qui compte 2.752 habitants, il y eut, en 1921, 10.660 confessions et 20.795 communions ; à Tho-duc non loin de Phu-cam, une moyenne de 13 confessions et de 23 communions par adulte.

    « On peut faire, a écrit un évêque missionnaire, on peut faire au sujet de ces communions et confessions fréquentes toutes les objections et réserves que l'on voudra ; il est impossible que la réception si fréquente des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie n'ait pas pour résultat général une augmentation de foi et de vie chrétienne, dans l'ensemble de la population catholique ».



    CONFRÉRIES ET ASSOCIATIONS.



    En ces 10 années, des confréries ou des associations nouvelles ont été organisées, et quelques anciennes rétablies ; pour ces travaux, les missionnaires se sont inspirés de ce qui s'accomplit en Europe. En 1912, à Siam, a été réorganisée la confrérie du Saint et Immaculé Coeur de Marie ; à Pondichéry, la Congrégation des Enfants de Marie a commencé à fonctionner.

    En 1914, au Kouy-tcheou, a été inaugurée la confrérie de Mères Chrétiennes, et un règlement leur a été fixé par le Vicaire apostolique; en Mandchourie septentrionale on a fait pour la première fois des retraites fermées.

    Pendant l'année 1916, le denier du culte a été établi clans la Birmanie méridionale ; l'adoration nocturne s'est organisée au Tonkin maritime, et les associés sont fidèles à l'heure qui leur a été assignée.

    Au Kien-tchang, sur une pieuse suggestion envoyée de Londres, a été célébrée le 26 juillet 1914, en union avec le congrès eucharistique international, une grande fête eucharistique ; en 1917 une procession du Saint-Sacrement a eu lieu à Ta-tsien-lou, résidence du Vicaire apostolique du Thibet.

    L'intronisation du Sacré-Coeur dans les écoles et les familles s'est développée en Birmanie, en Cochinchine, au Tonkin, au Japon, au Se-tchoan. Des confréries de Saint-Vincent-de-Paul se sont formées dans la Mandchourie septentrionale ; elles ont augmenté dans l'Inde; la dévotion au premier vendredi du mois et la communion réparatrice ont fait de réels progrès an Se-tchoan oriental.



    PÈLERINAGES.



    Les Pèlerinages commencent à entrer dans les habitudes de quelques, missions en particulier celui de La-vang, en Cochinchine septentrionale, dédié à la Sainte Vierge; en trois jours, les 3, 4 et 5 août 1913, on y a compté plus de 10.000 pèlerins; celui de Villapuram, au diocèse de Pondichéry, consacré à Notre Darne de Lourdes, et celui de Saint-Antoine, à Kolar, dans le Maïssour, ont été très fréquentés.



    MOYENS NOUVEAUX DE PROPAGANDE.



    Certaines missions ont inauguré des méthodes de prédication et de propagande jusqu'alors inusitées en Extrême-Orient. En 1913, en Birmanie méridionale, ont été organisées les semaines de conférences religieuses, et le Catholic Bond, association dont les membres sont déterminés à soutenir le catholicisme, a été établi; dans les Vicariats de Chine s'est répandue l'Association catholique, fondée à Tien-tsin ; son but est d'unir les catholiques entre eux, de les instruire, de leur inspirer le courage nécessaire pour qu'ils affirment leur foi devant les païens, par la parole et par les oeuvres de charité.

    A Te-tchang, dans le Kien-tchang, un prêtre chinois a pris l'initiative d'ouvrir une salle de conférences et de lecture, où les intellectuels du pays sont conviés à venir écouter des explications, prendre des renseignements sur les questions religieuses, lire des journaux intéressants et des livres utiles.

    A Tai-kou, en Corée, s'est établie la Société de la Jeunesse catholique.

    (A suivre).




    1922/122-132
    122-132
    France et Asie
    1922
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