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District de Kouan-tcheng-tse

District de Kouan-tcheng-tse Missionnaire : M. MONNIER.
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    District de Kouan-tcheng-tse

    Missionnaire : M. MONNIER.

    Sous le rapport spirituel, je n'ai pas de gros chiffres à vous adresser parce que : 1° Le nombre des chrétiens n'est pas grand ; 2° Dans un milieu de commerce, où tous les esprits sont tournés vers le lucre et l'argent, il est bien difficile que les âmes s'ouvrent à la grâce. Il faut ajouter les préoccupations de la guerre. Par sa position, la ville de Kouan-tcheng-tse est un centre pour les nouvelles et le passage des troupes, de là une recrudescence d'anxiétés et d'émotions. Tout le reste est relégué au second plan. Aussi depuis six mois surtout, les nouveaux catéchumènes sont rares. En outre, comme la cherté des vivres augmente de plus en plus, la vie devient impossible à beaucoup de familles. C'est pourquoi, elles doivent aller chercher ailleurs les moyens de vivre. Huit sont déjà parties. Cela fait un vide appréciable parmi mon petit troupeau. Le nombre des chrétiens, cependant, n'est pas en diminution.
    Les 38 baptêmes d'adultes que j'ai administrés comblent ce vide. Je puis même constater un accroissement dans les confessions de la visite annuelle. En effet, il y a deux ans, à mon arrivée à Kouan-tcheng-tse je comptais 105 confessions d'adultes. Cette année, j'en enregistre 148, et tous de la ville, car je ne compte pas les confessions des chrétiens voyageurs, qui, venant un peu de toutes les parties de la Chine, profitent de leur passage, pour remplir leurs devoirs religieux. Même remarque pour les soldats polonais, qui se sont trouvés ici souvent en très grand nombre, à ce point que les dimanches et jours de fête, on doit ouvrir les fenêtres de l'église et, quelquefois, cent ou deux cents assistent au Saint Sacrifice de la messe, à genoux dans la sacristie ou en dehors de l'église. Je dois ajouter que ces braves soldats n'ont jamais cessé de donner le bon exemple de la piété et de la fidélité à assister aux offices divins. Entre autres, je citerai celui-ci : C'était un dimanche soir ; vers 4 heures lorsque m'arrive un soldat polonais, me priant de le confesser. La confession terminée, il se lève, allume les cierges et récite le Confiteor me demandant la sainte Communion. Il me paraissait instruit et intelligent. D'un autre côté, il me semblait que l'heure était bien avancée pour qu'il pût se trouver à jeun. Je lui demande donc s'il est à jeun. Quelles ne sont pas ma surprise et mon émotion, lorsqu'il m'assure que, retenti toute la journée par son service, il est resté à jeun dans l'espoir d'avoir le bonheur de communier. Le lendemain, disait-il, il ne serait pas libre.
    Les exemples de cette foi vive ne sont pas rares. Combien, pendant les quelques jours de séjour ici n'ont jamais manqué un seul jour de faire leur visite au Saint-Sacrement ! Aller et retour, pourtant, c'est une bonne heure de chemin, et bien souvent, avec la pluie sur le dos et les pieds dans la boue ! »
    1906/202
    202
    Chine
    1906
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