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Discours de M. Du Frénil résident de France en Annam

Discours de M. Du Frénil résident de France en Annam PRONONCÉ SUR LA TOMBE DE S. G. Mgr VAN CAMELBEKE En annonçant dans le dernier numéro de nos Annales la mort de Mgr Van Camelbeke, nous n'avons pu, à notre très vif regret, publier les belles paroles prononcées sur sa tombe par M. Dufrénil, résident de France à Qui-nhon. Nous empressons de le faire aujourd'hui en exprimant à M. le Résident notre profonde reconnaissance pour les services qu'il a rendus et qu'il rend si souvent à nos chers confrères. Révérends Pères, Messieurs,
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    Discours de M. Du Frénil résident de France en Annam
    PRONONCÉ SUR LA TOMBE DE S. G. Mgr VAN CAMELBEKE

    En annonçant dans le dernier numéro de nos Annales la mort de Mgr Van Camelbeke, nous n'avons pu, à notre très vif regret, publier les belles paroles prononcées sur sa tombe par M. Dufrénil, résident de France à Qui-nhon. Nous empressons de le faire aujourd'hui en exprimant à M. le Résident notre profonde reconnaissance pour les services qu'il a rendus et qu'il rend si souvent à nos chers confrères.

    Révérends Pères,
    Messieurs,
    Quand il y a quelques jours à peine, Mgr Van Camelbeke nous revenait si heureux de son voyage à Canton, où Sa Grandeur prenait part au sacre du nouvel évêque, j'étais certes bien loin de me douter que j'aurais aujourd'hui le douloureux privilège d'apporter ici le témoignage des regrets unanimes que sa mort laisse à tous ceux qui l'ont connu.
    Mais, Messieurs, les sentiments si pénibles guenons éprouvons chaque fois que cette grande faucheuse nous réunit devant une tombe, ne sont pas ceux que nous devons ressentir en disant adieu au digne prélat que nous voyons disparaître!
    La douleur poignante, les angoisses que nous inspirent une mère qui n'a plus de fils, une famille privée de son soutien, se changent devant ce cercueil en une impression plus douce, en une émotion sereine.
    Monseigneur s'était donné à Dieu ; il retourne à Lui après une vie de renoncement et de charité. C'est pour lui le jour de la récompense ! Comment serait-ce pour nous le jour de l'affliction?
    Les Annales des Missions-Étrangères vous diront, Révérends Pères, quelle a été l'existence du missionnaire et de l'évêque que vous venez de perdre! Vous connaissiez comme moi, son humilité, sa bonté native, et je ne veux pas, en vous rappelant ses vertus, froisser même après sa mort, sa modestie si délicate! Je me bornerai à rappeler ses 38 ans de séjour dans cette Indo Chine, où il a voulu mourir, ses 18 ans d'épiscopat, les résultats obtenus, après de longues et dures épreuves!
    Et quant à moi, Messieurs, comment pourrai-je oublier sa délicatesse de cur lorsque dans une circonstance, hélas! bien cruelle, Monseigneur avait la pénible mission de m'annoncer la mort d'une mère que je chérissais et dont le souvenir ne me quitte pas !
    J'ai pu, ce jour-là, apprécier son grand cur!
    C'est avec un sentiment de profonde tristesse que je viens ici, au nom de M. le gouverneur général de l'Indo Chine, de Monsieur le Résident supérieur de l'Annam, dire un dernier adieu au chef de la mission de la Cochinchine orientale.
    Reposez en paix, Monseigneur, au milieu de cette mission que vous avez su relever de ses ruines, dans cette jolie petite église qui est votre oeuvre personnelle. Votre caveau sera pieusement gardé par vos missionnaires auxquels vous léguez un passé qui leur servira d'exemple.
    Au nom de la petite colonie française de Qui-nhon, au nom de Son excellence le Tong-doc et des mandarins provinciaux, au nom de votre vieux compagnon, le R. P. Fourmont, qui n'a pas eu la suprême consolation de vous fermer les yeux, je vous dis adieu, Monseigneur!

    Qui-nhon, le 11 novembre 1901

    1902/106-107
    106-107
    France
    1902
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