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Diocèse d'Autun

Le Diocèse d'Autun et la Société des Missions Etrangères La nomination du T. R. Père Robert au Canonicat d'honneur de la Cathédrale d'Autun et sa prochaine installation en cette dignité nous ont paru une circonstance favorable à l'évocation des souvenirs historiques qui relient au diocèse du Sacré Coeur la vieille Société missionnaire de la rue du Bac. N.D.L.R. ***
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    Le Diocèse d'Autun et la Société des Missions Etrangères

    La nomination du T. R. Père Robert au Canonicat d'honneur de la Cathédrale d'Autun et sa prochaine installation en cette dignité nous ont paru une circonstance favorable à l'évocation des souvenirs historiques qui relient au diocèse du Sacré Coeur la vieille Société missionnaire de la rue du Bac.
    N.D.L.R.

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    Les premières vocations apostoliques dans le diocèse d'Autun datent du temps où, au monastère de la Visitation de Paray le Monial, Notre Seigneur Jésus-Christ révélait à sainte Marguerite-Marie les mystères d'amour de son divin Coeur et son désir ardent du salut des âmes.
    Dans le même temps venait d'être fondé à Paris le premier Institut uniquement missionnaire, la Société des Missions Étrangères. Soixante apôtres étaient déjà partis de la rue du Bac pour travailler à la conversion des infidèles en Extrême-Orient lorsque se présenta le premier envoyé du diocèse d'Autun.
    Philibert LE BLANC, né en 1644 dans la paroisse Notre Dame de Beaune (qui dépendait alors du diocèse d'Autun), était le fils d'un avocat au Parlement de Bourgogne. Ses études terminées, il entrait au Séminaire des Missions et, en 1678, partait pour le Siam, où il géra la Procure de la Mission. Cinq ans après il allait en Chine avec Mgr Pallu : il travailla durant treize ans dans les provinces du Sud et fut alors nommé Vicaire apostolique du Yunnan, mais sans caractère épiscopal. Il acheta à Yunnanfu un grand terrain et se disposait à y bâtir une église et un presbytère, lorsqu'un ordre de l'empereur Kanghi l'obligea à quitter la province. Il passe alors au Tchekiang, puis au Kiangsi, au Fokien. Il envoie de nombreux élèves au Séminaire que la Société a fondé au Siam. En 1718 il est nommé évêque de Troade, mais la nouvelle ne lui parvient que deux ans plus tard ; il était alors gravement malade à Canton, où il mourut le 2 septembre 1720, avant d'avoir reçu la consécration épiscopale. Son tombeau se voit encore à Whampu, près de Canton.
    Edme BELOT, né en 1651 dans la paroisse Saint-Paul d'Avallon (alors du diocèse d'Autun), ordonné prêtre en 1678, partit à la fin de cette même année pour le Tonkin. Il résida à Hanoi, parcourut la province et se fit remarquer par sa piété, son zèle et sa prudence. En 1696, il était nommé évêque de Basilée et Coadjuteur de Mgr de Bourges, vicaire apostolique du Tonkin Occidental. Les bulles n'arrivèrent au Tonkin qu'en 1700 et il ne put être sacré qu'en 1702. Dix ans après il était chassé du pays, ainsi que Mgr de Bourges et le P. Guisain. Tous les trois s'embarquèrent, escortés de trois mandarins ; arrivés à l'embouchure du Fleuve Rouge, les mandarins retournèrent à terre. Les missionnaires profitèrent de ce départ et rentrèrent au Tonkin. Mgr Bélot resta dans le Sud de la Mission. A la mort de Mgr de Bourges (1714) il devint vicaire apostolique et demanda aussitôt pour coadjuteur le P. Guisain ; mais quand la réponse à cette demande arriva de Rome en 1718, l'évêque était mort depuis un an. A cette époque, on parla de plusieurs guérisons obtenues à son tombeau.
    Jean JORET, né à Moulins (alors du diocèse d'Autun), en 1656, fit ses études à Paris ; admis au Séminaire des Missions, il partit en 1682 pour le Siam. D'abord professeur au Séminaire général de Mahapram, il y enseigna la théologie et prépara plusieurs élèves pour la soutenance d'une thèse publique devant l'Ambassadeur de France, M. de Chaumont, l'abbé de Choisy et tout le personnel de l'ambassade envoyée alors par Louis XIV au roi de Siam. Parmi les séminaristes qui prirent part à cette joute intellectuelle était Antonio Pinto, qui vint en France en 1686 et soutint avec succès une thèse en Sorbonne. En 1689, le P. Joret fut envoyé au Pégou avec un autre missionnaire, le P. Genoud. Les bonzes, jaloux du succès qu'obtenait la prédication des deux apôtres, excitèrent la dé fiance du roi de Birmanie, qui les fit arrêter et conduire à Ava. Là les deux missionnaires furent exposés pendant une nuit aux piqûres des moustiques, puis enfermés dans un sac et jetés au fleuve : c'était au mois de mars 1693. Ils sont les deux premiers de la longue liste de Martyrs dont s'honore la Société des Missions Étrangères.
    Nicolas CHARMOT était originaire de Chalon-sur-Saône où il naquit vers 1655. En 1685, il partait pour la Chine ; tout en remplissant les fonctions de procureur, il exerça le ministère à Canton et dans les provinces voisines. Dix ans après, il est à Rome, et c'est là qu'il passera le reste de sa vie, se dévouant, comme procureur, au service des missions et écrivant de nombreux mémoires relatifs à. la fameuse question des Rites chinois, qui, à sa grande satisfaction, fut tranchée par Rome dans le sens qu'il avait toujours soutenu. Il mourut à Rome en 1714, après avoir supporté courageusement, durant plusieurs années, de pénibles infirmités.
    François CORDIER, de Cuisery, fut pendant quelque temps aumônier de religieuses dans son diocèse, puis il entra aux Missions Étrangères et en 1714 il était envoyé au Tonkin. Il y subit la persécution en 1719, 1724, et dut se réfugier dans les montagnes. Le calme revenu, il dirigea un des petits séminaires de la Mission, et c'est là qu'il mourut en 1734. Son évêque, Mgr Néez, a rendu de lui ce témoignage : « Il était d'un grand secours dans cette mission, où il a travaillé avec un zèle et une fermeté infatigables, malgré une santé trop faible et des infirmités continuelles ».
    Barthélemy BOISSERAND, licencié en théologie, était directeur au Séminaire des Trente Trois à Paris, quand il résolut d'embrasser la carrière apostolique. Il était originaire de Chalon et fut du nombre des missionnaires que Mgr Pigneau de Béhaine emmena en Cochinchine en 1787. Là, comme il était habile en physique, le roi lui demandait souvent de faire à la Cour des expériences, qui provoquaient parfois des détonations. Un jour, au début de 1791, les mandarins, effrayés par une de ces expériences, se saisirent de lui et le menacèrent de mort ; il ne dut la vie qu'à l'intervention du roi. Il était depuis plusieurs années Supérieur du Séminaire installé à Tantrieu, quand il mourut en 1797.
    Claude OZANON, né aussi à Chalon-sur-Saône (paroisse Saint-Laurent), en 1763, entra diacre au Séminaire des Missions et partit en 1788 pour le Setchoan (Chine). Il y travailla durant quinze années, puis, en 1804, il quitta la Mission et la Société, rentra dans son diocèse en 1816 et mourut à Champforgeuil en 1843.
    Jean LAMBERT, né dans le diocèse d'Autun en 1766, partit pour la Mission Malabare en 1791 ; placé à Karikal, il refusa le serment à la Constitution civile du clergé. Il devint alors professeur au Collège de Pondichéry et fut, en outre, chargé de la paroisse d'Oulgaret. Il mourut à Pondichéry en 1815.
    Nicolas LEQUEUX, né à Reclesne en 1821, entra en 1847 au Séminaire des Missions, où il fut ordonné prêtre et envoyé au Siam. A peine installé comme professeur au Petit Collège de Bangkok, il dut s'éloigner à cause de difficultés survenues entre le roi et les missionnaires au sujet d'actes que ceux-ci jugeaient superstitieux. Il se rendit dans la presqu'île malaise et s'occupa dans l'île de Penang. De retour au Siam, il tenta, avec le P. Bourlier, d'évangéliser les Carians aux environs de Mergui ; mais la maladie ne leur permit pas de demeurer parmi ces populations. Devenu missionnaire ambulant à l'ouest de Bangkok, c'est dans cette dernière ville qu'il mourut, en 1860.
    Léonard LEQUEUX, né aussi à Reclesne en 1836, était le cousin du précédent. Entré sous-diacre au Séminaire de la rue du Bac, il fut ordonné prêtre et partit en 1860 pour Pondichéry. Après quinze années de ministère, il quitta la Mission et la Société, se rendit dans le nord de l'Inde, devint aumônier des troupes anglaises et mourut en 1903 à Mouttra, au Nord Ouest d'Agra.
    Hyacinthe LEFEUVRE, né à Paris en 1823, fils d'un officier supérieur, est porté sur les registres de la Société comme appartenant au diocèse d'Autun. Missionnaire de Coimbatore (Inde) en 1851, il y occupa successivement plusieurs postes. Il travaillait depuis quarante ans avec zèle lorsque, l'âge venant, ses forces déclinèrent : le 8 août 1892, il tomba sans connaissance au pied de l'autel où il célébrait la messe. Un peu rétabli, il vécut encore une année et mourut le 4 août de l'année suivante, laissant la réputation d'un missionnaire zélé et généreux.
    Bernard PETITJEAN, né en 1829 à Blanzy, fit ses études au Petit et au Grand Séminaire d'Autun. Ordonné prêtre le 21 mai 1853, il fut pendant près de deux ans professeur au Petit Séminaire d'Autun, puis de 1854 à 1856 vicaire de Verdun sur le Doubs. Nommé missionnaire diocésain en 1856, il prêcha dans de nombreuses paroisses, puis devint en 1858 aumônier des religieuses du St Enfant Jésus à Chauffailles. Le 11 juin 1859, il entrait au Séminaire des Missions Étrangères et, le 13 mars 1860, il partait pour le Japon. Mais, avant de pouvoir y pénétrer, il dut attendre deux ans dans les îles Ryûkyû. Enfin, en 1863, il s'installait à Nagasaki : il y fut professeur de français et bâtit l'église dédiée aux vingt-six martyrs japonais de 1597, qui fut inaugurée le 19 février 1865. C'est dans cette église que, un mois après, des descendants des anciens chrétiens du XVIIe siècle lui révélèrent l'existence, surtout dans les environs de Nagasaki, de nombreux catholiques qui, durant deux siècles de persécution, sans prêtres, sans sacrements autres que le baptême, avaient gardé la foi de génération en génération ; après échange d'éclaircissements réciproques, il fut reconnu par eux comme le légitime successeur des anciens missionnaires de leurs pères, et cela parce qu'il répondait aux trois signes caractéristiques du prêtre catholique : il honorait la Sainte Vierge, il gardait le célibat et il était envoyé par le Pape de Rome.
    L'année suivante, le P. Petitjean était nommé évêque de Myriophite et vicaire apostolique du Japon, et, le 11 octobre 1866, à Hongkong, Mgr Guillemin lui conférait la consécration épiscopale. Apprenant ces événements, le gouvernement japonais renouvelle les anciens décrets de persécution. Des milliers de fidèles sont arrachés de leurs villages et mis sous la surveillance de seigneurs païens, qui, par toutes sortes d'épreuves physiques et morales, tentèrent, mais vainement, de leur faire abandonner une religion proscrite depuis trois siècles. Cette persécution ne cessa qu'en 1873, et Mgr Petitjean put alors commencer l'organisation de son immense vicariat. Il choisit pour coadjuteur le P. Laucaigne et le sacre, en 1874, évêque d'Apollonie. II appelle de France des Religieuses : les Dames de Saint-Maur et les Soeurs de Chauffailles ; il fonde un Séminaire et s'applique avec zèle à la formation d'un clergé indigène. En 1876, il obtient de Rome la division du Japon en deux vicariats : celui du Nord (Tôkyô) et celui du Sud (Nagasaki), dont il reste le Vicaire apostolique. Épuisé par les fatigues d'un laborieux ministère, il mourut à Nagasaki le 7 octobre 1884, âgé de cinquante-cinq ans, et fut enterré dans l'église où, dix-neuf ans auparavant, il avait retrouvé les anciens chrétiens japonais. Le Japon tout entier comptait alors 30.000 catholiques, 3 évêques, 53 missionnaires, 3 prêtres indigènes, 2 séminaires avec 80 élèves. Mgr Petitjean a bien mérité le titre de Restaurateur de la Religion chrétienne au Japon au XIXe siècle.
    Sylvain PAGEAULT, né en 1833 à Saint-Usuge, missionnaire de Coimbatore, en 1860, y travailla durant plus de cinquante années, sans bruit, mais avec une patience infatigable. Il mourut en 1916 au Sanatorium de la Société des Missions Étrangères à Wellington (Inde).
    Jean-Marie VERCHÈRE, originaire de Chauffailles, où il était né en 1838, prêtre en 1862, fut envoyé l'année suivante à la Mission de Canton. Là il surveilla pendant plusieurs années les travaux de construction de la belle cathédrale qu'y élevait Mgr Guillemin ; puis il fut envoyé à Taiyung, à 1.200 mètres d'altitude, où il demeura trente ans, rayonnant dans tous les environs, menant la vie la plus apostolique. Son évêque, Mgr Chausse, a dit de lui : « C'était le missionnaire le plus original et le plus dévoué à ses chrétiens que j'ai jamais connu ». Il mourut en 1898 au Sanatorium de Béthanie, à Hongkong.
    Le diocèse d'Autun est en droit de revendiquer comme sien le glorieux martyr de Corée, Just de BRETENIÈRES, qui, né à Chalon le 28 février 1838, fut baptisé le lendemain dans l'église Saint Pierre, fit sa Première Communion dans la chapelle du château de Montcoy, près de Chalon. La retraite préparatoire à ce grand acte de la vie chrétienne fut prêchée par le vénérer M. Compain, curé de Saint Pierre, qui avait baptisé Just et resta jusqu'à la fin en relations avec lui. Entré au Séminaire des Missions Étrangères en 1861, Just fut ordonné prêtre trois ans après et envoyé en Corée où, à peine arrivé, il fut arrêté, emprisonné, condamné à mort, torturé et enfin décapité le 8 mars 1866, près de Séoul, en même temps que son évêque, Mgr Berneux, et deux autres missionnaires, les PP. Beaulieu et Dorie. En 1911, son corps a été rapporté en France et déposé dans l'église paroissiale de Bretenières (Côte dOr).
    Louis CARREAU, né à Épinac en 1839, entré tonsuré au Séminaire des Missions Étrangères en 1862, y fut ordonné prêtre trois ans après et envoyé dans la Mission du Thibet. Placé à Bathang, près de deux anciens missionnaires, il en fut chassé avec eux par les habitants qu'avaient excités les lamas. Il y rentra en 1875, puis fut placé à Chapa, non loin de Tatsienlu. C'est là qu'il mourut en 1883.
    François CHEMIER, originaire de Saint Racho, où il naquit en 1838, entra au Séminaire des Missions en 1862, fut ordonné prêtre en 1865 et partit la même année pour la Mission du Kouytcheou (Chine). Procureur au Séminaire de Loutsongkwan, il le défendit vaillamment contre les rebelles. Placé ensuite à Tseny, il y fut pillé et frappé. Nommé en 1870 à Kouiyang, il y mourut en 1879.
    Jean-Marie MARIN, né à Gibles en 1842, missionnaire du Japon en 1866, y travailla pendant quinze années, puis il rentra en France et passa le reste de ses jours dans un monastère trappiste.
    Claude BONIN, de Saint Didier en Bresse, né en 1839, missionnaire de Cochinchine septentrionale (Hué) en 1867, y travailla pendant cinquante-huit ans et mourut en 1925.

    Paul SIMON, né à Toulon-sur-Arroux en 1844, missionnaire de la Cochinchine Occidentale (Saigon) en 1869, fut d'abord professeur au Séminaire, puis chargé successivement de plusieurs postes qu'il fit prospérer. Il s'était quelque peu initié à la médecine et soignait avec bonté les malades et les blessés. Il mourut à Saigon en 1908, après trente-neuf années de bon travail apostolique.

    Alphonse TETU, né à Mervans en 1846, prêtre en 1872, partit cette même année pour le Setchoan Occidental en Chine. Il travailla avec succès dans plusieurs chrétientés. En 1895, la persécution le chassa de Tsonkingtcheou et, lorsqu'il y revint, rien ne restait de ses établissements ; pendant deux ans il s'employa à relever les ruines et à revivifier les oeuvres, il reconstruisit l'église sur de plus grandes proportions. Il avait à peine achevé ce travail de résurrection lorsque la mort le frappa le 4 janvier 1907.

    Pierre Marie COMPAGNON, naquit à Beaurepaire en 1859. Il fit ses études secondaires à Rimont, puis à Autun, et entra ensuite aux Missions Étrangères ; il fut ordonné prêtre en 1884 et envoyé la même année au Japon Méridional, où il arriva trois mois après la mort de Mgr Petitjean. Il n'y travailla que quatre années et fut rappelé pour être professeur au Séminaire de philosophie de Bièvres, puis directeur à Paris. Lorsque éclata la guerre de 1914, il s'engagea comme aumônier volontaire. Blessé en avril 1915 près d'Ypres, il n'attendit pas une complète guérison et repartit pour le front : il fut tué le 21 septembre de la même année au cours d'un violent bombardement. Il repose dans le cimetière de Saint Jean sur Tourbe (Marne).
    Jean GAUTHIER, originaire de Saint-Yan, où il était né en 1845, fit ses études au Petit et au Grand Séminaire d'Autun, fut ordonné prêtre en 1869 et nommé vicaire à Iguerande. Deux ans plus tard il entrait au Séminaire des Missions et en 1873 il partait pour la Mission de Canton. Il travailla dans plusieurs districts, convertit de nombreux païens, bâtit plusieurs chapelles, presbytères et écoles. Il mourut en 1902 au Sanatorium de Béthanie à Hongkong.
    Claude CADOUX, né en 1850 à Bissy-sous-Uxelles, missionnaire de Birmanie Septentrionale en 1875, fut l'un des premiers apôtres de la tribu des Katchins : après six années d'efforts il n'avait obtenu aucun résultat. Il se tourna alors du côté des Shans après avoir appris leur langue, mais il n'eut pas plus de succès. Après la conquête de la Birmanie par les Anglais (1855), il retourna chez les Katchins et il se préparait à baptiser plusieurs familles, mais la maladie l'arrêta. Il dut rentrer en France et, lorsqu'il retourna chez ses sauvages, tout était à recommencer. Il se mit cependant à l'oeuvre, mais, usé par les fatigues et par la fièvre, il mourut, complètement paralysé, en 1893, laissant le souvenir d'un missionnaire aussi dévoué que modeste.
    Pierre GUINAND, né à Bray en 1866, après ses études secondaires à Rimont, entra au Grand Séminaire d'Autun, où il reçut la tonsure avant son admission au Séminaire des Missions. Prêtre en 1890, il partit la même année pour le Tonkin Occidental (Hanoi). Il fut d'abord professeur de français, puis procureur de la Mission, fonction délicate qu'il remplit à la satisfaction de tous : on l'appelait le « procureur modèle ». Il fut chargé ensuite du district de Ngoclu, qu'il administra pendant sept ans. Après le typhon de 1903, qui dévasta la région, on le vit distribuer aux chrétiens qui n'avaient pas d'abri les dernières piastres qui lui restaient et pleurer de ne pouvoir donner davantage. Il mourut à Namdinh en 1904.
    Jean-Baptiste DEGRANGE naquit en 1867 à Coublanc, d'une famille qui a donné plusieurs prêtres au diocèse. Entré tonsuré aux Missions Étrangères, il fut ordonné prêtre en 1890 et envoyé en Cochinchine Orientale ; mais, peu après son arrivée, il contracta la fièvre typhoïde et mourut le 12 janvier 1891. Il n'avait vécu que deux mois dans sa mission.
    François VIEILLARD, né en 1866 à Roussillon, entra au Séminaire des Missions après ses études à Rimont. Ordonné prêtre en 1891, il partit la même année pour la Mission de Coïmbatour (Inde). Il fut d'abord chargé d'organiser un village chrétien sur un terrain de 300 hectares dont la Mission venait d'obtenir la concession : il fallut défricher, bâtir, catéchiser : il y mit tout son zèle, il devint même cavalier par nécessité et chasseur par devoir. Après quelques années il fut appelé à la Procure de la Mission ; le procureur est en même temps aumônier des communautés : écoles, orphelinats, hôpital. Là encore il se fit apprécier et aimer de tous. Chargé ensuite du poste important de Coonoor, puis du Sanatorium que la Société a fondé à Wellington pour les missionnaires malades ou fatigués, partout il fut « le bon Père ». Enfin, après trente-trois années d'un ministère de dévouement, il s'éteignit en 1924 à l'hôpital Sainte-Marthe de Bangalore, laissant la réputation d'un missionnaire modèle.

    Charles NAIN naquit en 1870 à Farges-les-Mâcon. Ordonné prêtre au Séminaire des Missions en 1894, il fut destiné à la Mission de Malacca. D'abord vicaire d'une paroisse de Singapore, puis à Penang, il revint à la cathédrale de Singapore, où tout en exerçant son ministère auprès des Européens comme auprès des Chinois, il fut l'architecte de la mission et rendit de grands services aux Frères des Écoles Chrétiennes, aux Dames de Saint-Maur et à ses confrères pour la construction de chapelles, d'écoles, de presbytères. Atteint d'entérite chronique, il revint en France où il passa deux années. De retour en Malaisie, il fut nommé curé de la cathédrale de Singapore, et c'est là qu'il donna toute sa mesure. Malheureusement il fut repris de son ancienne maladie et dut reprendre le chemin du pays natal. Il s'y trouvait quand la guerre éclata. Mobilisé comme infirmier militaire, il succomba à la tâche à. Vichy, le 28 juin 1916. Il repose dans le cimetière de Farges, près de ses parents défunts.

    Jean-Baptiste REMANDET, de Saint-Germain-du-Plain, né en 1867, prêtre en 1893, fut envoyé en Birmanie Septentrionale (Mandalay). Après quelques années de vicariat, il fut chargé du district de Chaungu, et c'est là que durant dix-huit années il exerça son zèle jusqu'à l'épuisement de ses forces. Il mourut le 16 août 1924. La bonté formait comme le fond de son âme, et c'est pourquoi il fut beaucoup aimé.
    Louis RUÉ, né dans la paroisse Saint-Laurent au Creusot en 1874, entra à dix-huit ans au Séminaire de la rue du Bac, y fut ordonné prêtre en 1897 et partit aussitôt pour le Kouangsi (Chine). Il s'appliqua à former des catéchistes et des religieuses institutrices. A Nanning, il collabora à la fondation du Grand Séminaire. Frappé de maladie, il mourut en 1908 au Sanatorium de Béthanie à Hongkong.

    Jacques DROUHIN, né en 1872 à Saint-Vallier, fit de brillantes études à Rimont, puis, son service militaire terminé à Dijon, entra aux Missions Étrangères : il y fut ordonné prêtre en 1897 et destiné à la Mission de Pondichéry. Il fut, dès son arrivée, chargé du cours de philosophie au Collège colonial, puis au Petit Séminaire. Curé de Cuddalore en 1904, il s'employa immédiatement à développer les oeuvres existantes et à en créer de nouvelles. Couché tard, levé tôt, pour suffire à sa lourde tâche, il y épuisa ses forces et tomba victime de son zèle. Le 26 mai 1918, il rendit son âme à Dieu, laissant comme souvenir à ses confrères l'exemple d'une vie profondément apostolique.

    Antoine RIGOULOT, né en 1873 à Germagny, fit ses études à Rimont et passa quelque temps au Grand Séminaire. Il entra tonsuré aux Missions Étrangères, y fut ordonné prêtre en 1897 et envoyé en Corée. Nommé à Ouentjou, il y mourut de la fièvre typhoïde le 17 mars 1900.

    Jean-Louis LABORIER, né en 1873 à La Chapelle-de-Bragny, après avoir terminé ses études secondaires à Rimont, entra au Séminaire des Missions, y fut ordonné prêtre en 1898 et envoyé au Cambodge. Il étudia la langue à Battambang, fit ses premiers travaux apostoliques à Tralang et à Baclieu. En 1901, il fut nommé professeur de théologie au Séminaire de Culaogieng : il y mourut de la fièvre typhoïde le 24 janvier 1903.

    Maurice DUCUR naquit en 1878 à Nanton. Ses études terminées à Rimont, il entra au Séminaire de la rue du Bac en 1896, fut ordonné prêtre en 1901 et destiné à la Mission de
    Nanning (Kouangsi). Après qu'il eut appris la langue chinoise, il fut mis à la tête du district de Sieoujenn où il fit de bonne besogne : tous les villages aux environs eurent bientôt des catéchumènes et des baptisés. A la mort de Mgr Lavest, préfet apostolique (1910), le P. Du cur fut choisi pour lui succéder. Sacré à Nanning le 4 juin 1911, en la fête de la Pentecôte, avec le titre d'évêque de Barba-lissus, il se mit aussitôt à l'oeuvre. Ses efforts portèrent d'abord sur le clergé indigène et les catéchistes, puis les écoles, les hôpitaux, les dispensaires. Durant ses dix-huit années d'épiscopat, il eut la joie d'ordonner dix prêtres chinois. Il s'appliqua au recrutement et à la formation de religieuses indigènes pour l'instruction des jeunes filles et, ne pouvant trouver secours d'une Congrégation française, il fit appel à des Soeurs canadiennes pour diriger le noviciat. Il céda une partie de sa mission au nouveau Vicariat de Lanlong, une autre aux missionnaires américains à Outchéou. Durant son épiscopat, la Mission de Nanning, difficile entre toutes, fit néanmoins de sérieux progrès. Malheureusement la santé de l'évêque ne répondait pas à son zèle : dès 1915 il se sentit frappé, mais ne put jamais s'astreindre à suivre un traitement qui eût au moins enrayé le mal. En 1924, il dut aller passer quelques mois au Sanatorium de Hongkong : il n'obtint qu'une amélioration passagère. De retour à Nanning, la maladie se compliqua peu à peu : un retour en France lui fut ordonné comme dernier espoir. La traversée fut des plus pénibles pour le malade. Le 8 juin 1929, il débarquait à Marseille ; deux jours après, il rendait son âme à Dieu. Sur sa demande il fut inhumé dans le cimetière Saint-Joseph à. Rimont.
    Sur les quarante-neuf missionnaires que, depuis la fin du XVIIe siècle, le diocèse d'Autun a donnés à la Société des Missions Étrangères, dix travaillent encore dans les missions ou dans les procures, séminaires, etc., de la Société.
    Voilà pour le passé et le présent, mais que sera l'avenir ?
    Hélas ! La crise mondiale sévit aussi en matière de recrutement sacerdotal et apostolique. Le diocèse d'Autun n'est représenté au Séminaire des Missions que par deux aspirants, l'un à Bièvres, l'autre au service militaire. Daigne le Sacré Coeur nous envoyer des apôtres pour continuer la glorieuse lignée de ceux dont nous avons rappelé les vertus et les mérites !

    L'OEuvre pontificale de Saint Pierre Apôtre pour la formation du Clergé indigène en pays de mission.

    L'oeuvre a été fondée en 1889, à Caen, par la veuve d'un magistrat, Mme Bigard, qui, après de dures épreuves, s'était entièrement consacrée, avec sa fille Jeanne, à aider les missions par la prière, le sacrifice et l'aumône.
    Émues par les appels angoissés de Mgr COUSIN, évêque de Nagasaki, ces deux femmes réussirent par leurs efforts à intéresser aux séminaires indigènes une élite de prêtres et de fidèles, et cela malgré les charges et les difficultés qui pesaient sur l'Église de France.
    L'oeuvre dut chercher un abri légal à Fribourg, en Suisse, en 1902. Après la mort de la fondatrice, en 1903, elle fut confiée aux Franciscaines Missionnaires. En 1922, elle était centralisée à Rome et proclamée par Benoît XV « oeuvre Pontificale » sous la protection spéciale de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. En 1929, elle recevait de Pie XI ses statuts définitifs.
    Sous l'impulsion des Souverains Pontifes, l'OEuvre n'a cessé, depuis cinquante ans, de progresser en tous les pays. Grâce aux 10 millions de lires recueillis annuellement dont 3 millions fournis par la France, elle soutient aujourd'hui près de 400 séminaires de missions, où se préparent au sacerdoce 16.000 jeunes gens.
    En 1889, on ne comptait que 2.700 séminaristes et à peine un millier de prêtres indigènes pour toutes les missions. En 1939, ceux-ci sont au nombre de 7.000 dont plusieurs évêques, répartis entre l'Afrique, l'Amérique, l'Extrême-Orient, l'Océanie, etc..., et la majorité sont des anciens protégés de l'OEuvre. Chiffre d'ailleurs bien insuffisant en regard de la masse immense des foules à évangéliser. Ce ne sont pas les vocations qui manquent en pays de mission, mais les ressources pour leur permettre d'éclore. Or le Clergé Indigène « est une question de vie ou de mort pour les missions ».
    « Sur lui, a dit Pie XI, reposent les plus belles espérances des nouvelles chrétientés. Le prêtre indigène, en effet, ayant la même origine, les mêmes sentiments que ses compatriotes, possède une merveilleuse puissance pour faire pénétrer la Foi dans leur esprit ; car, mieux que personne, il sait comment convaincre et, par cela même, il a un facile accès dans des maisons où le prêtre étranger ne pourrait entrer. C'est par ce seul moyen que l'Église pourra s'établir solidement dans les différents pays.
    Telle a été la constante préoccupation de l'Église depuis ses origines. Les missionnaires ne peuvent, d'ailleurs, suffire à eux seuls à la tâche. Aussi les Souverains Pontifes ont-ils instamment recommandé à la générosité du clergé et des fidèles l'adoption de séminaristes indigènes, par le moyen de l'OEuvre de Saint Pierre Apôtre, qu'ils ont enrichie de nombreuses faveurs.
    Donner un prêtre à l'Église dans les pays nouvellement conquis au Christ est un gage particulier de bénédiction divine, grâce aux prières des prêtres indigènes pour leurs bienfaiteurs.


    1939/99-113
    99-113
    France
    1939
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