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Deux missionnaires alsaciens, deux héros Francs-Comtois

Pour L'apostolat . . . Deux missionnaires alsaciens. Deux héros Francs-Comtois. — Souvenirs du P. Baulez.
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    Pour L'apostolat . . .

    Deux missionnaires alsaciens.

    Deux héros Francs-Comtois. — Souvenirs du P. Baulez.

    Le Séminaire des Missions Etrangères a commencé une série de petites publications fort intéressantes et que nous nous faisons un devoir de signaler à nos lecteurs. Ce sont des brochures racontant la mort des martyrs ou la vie des missionnaires, dont les travaux ont mis le nom en relief et fait grandement progresser le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ ; ce sont encore des récits pleins de verve et d'esprit qui nous transportent pendant quelques instants au milieu des populations évangélisées par nos missionnaires.

    Jusqu'à ce jour trois de ces brochures ont paru. Là première : Deux missionnaires alsaciens. Ces deux missionnaires sont : Mgr Caspar qui fut évêque à Hué en Cochinchine, et rendit des services signalés à la France, lors du traité signé avec l'Annam en 1883 ; et le P. Adolphe Klingler qui baptisa des milliers d'Annamites, combattit les rebelles en vrai soldat, sauva la mission du Tonkin méridional d'un désastre presque total, et construisit la superbe église de Bao-nham.

    La seconde brochure : Deux héros Francs Comtois nous rappelle la mort admirable de courage, disons mieux et plus vrai, superbe d'héroïsme de deux martyrs : les P. P. Gagelin et Marchand déclarés Bienheureux par le Souverain Ponfife Léon XIII.

    Ils avaient bien mérité ce titre de gloire devant lequel s'inclinent et les hommes et les Anges !

    Lisez ce récit des souffrances du bienheureux Marchand :

    On lui fit alors endurer le cruel supplice des tenailles, le plus atroce qu'un prêtre des Missions Etrangères n’ait jamais subi. L'histoire de nos martyrs se déroule depuis plus de deux siècles sur les plages longtemps inhospitalières de l'Extrême-Orient; elle n'enregistre dans aucune de ses pages des tortures aussi barbares ; l'esprit traversé par cette horrible vision frémit, pendant que par un retour subit il admire le courage héroïque de la victime.

    Sur l'ordre du magistrat, deux soldats, placés à droite et à gauche, saisirent le missionnaire, un troisième lui découvrit les jambes; aussitôt le bourreau prit les tenailles rouges, les lui appuya sur la cuisse gauche, et l'on entendit le bruit de la brûlure des chairs. Les soldats, ne pouvant supporter l'odeur de la fumée, se détournèrent pour respirer. Le prêtre leva les yeux au ciel et, poussant un cri, s'affaissa sous l'excès de la douleur. Les juges laissèrent leur victime se reposer environ une demi-heure, puis le président ordonna de lui appliquer les tenailles rougies sur la cuisse droite. Le martyr leva encore les yeux au ciel et, poussant un cri, s'affaissa de nouveau.

    « Assez, murmura le mandarin, cet homme est un entêté, laissons-le, une autre fois nous verrons. Mettez-le dans sa cage ».

    Quelques jours après, le courageux missionnaire fut condamné par le roi à mourir du supplice des cent plaies.

    Le 30 novembre, à 5 heures du matin, sept coups de canon réveillent les habitants de la capitale et les appellent à l'horrible fête. On tire de sa cage M. Marchand et on l'emmène entre deux haies de soldats. On se dirige, au pas de course, vers le champ d'exécution. L'escorte arrivée, les pieux sont fixés en terre sur une seule ligne; quatre hommes entourent l'apôtre, l'un saisit les tenailles, l'autre tient en main un large coutelas, le troisième se prépare à compter les plaies, et le quatrième à inscrire les chiffres de cette sanglante addition.

    Dès que le signal de commencer l'exécution est donné, les bourreaux déchirent d'abord la peau des sourcils et la rabattent sur les yeux; puis, avec leurs tenailles, ils saisissent les chairs de la poitrine, les coupent d'un seul coup et jettent à terre deux lambeaux sanglants d'un demi pied de long. Un catéchiste, qui s'était placé en face du patient, ne lui voit faire aucun mouvement : les bourreaux le saisissent ensuite par derrière et lui enlèvent deux morceaux de chair ; la sainte victime s'agite et lève les yeux au ciel, comme pour demander la force d'En Haut ; les exécuteurs descendent au gras des jambes, et deux nouveaux lambeaux tombent. A ce moment, la nature épuisée succombe, la tête du prêtre s'incline sur sa poitrine, un léger soupir s'exhale de ses lèvres, son âme était dans les cieux.

    Dès que le missionnaire eut expiré, son corps fut fendu en quatre et porté à la mer ; sa tête, promenée dans les provinces, fut exposée pendant trois jours sur les remparts des principales villes de la Cochinchine ; elle fut ensuite rapportée dans la capitale, broyée, et la poussière fut jetée à la mer.

    Voici une note bien différente donnée par Les Souvenirs du P.Baulez, le brillant écrivain de la mission de Pondichéry ; la lecture de ces lignes amènera certainement un sourire sur les lèvres de ceux qui les liront.

    Tout le monde a entendu parler des jongleurs indiens. Il est certain qu'ils sont fort habiles. Sans boites à double fond, sans théâtre préparé d'avance, la poitrine et les bras nus, l'artiste indien fait des tours qui valent presque ceux des meilleurs prestidigitateurs d'Europe. Il met en terre un noyau de mangue, le couvre d'un mauvais panier, fait quelques simagrées, et, le panier enlevé, on aperçoit un petit arbre en miniature portant des fleurs et des fruits.

    Je vais raconter un fait qui m'est arrivé à moi-même et qui montre l'habileté de ces jongleurs, que le public appelle souvent des sorciers.

    Il y a quelques années, comme je souffrais d'un mal de dents qui résistait à tous les remèdes, un de mes voisins, païen fort riche, promit de me guérir, si je voulais suivre une prescription que lui avait apprise un médecin indigène. Sur son assurance qu'il ne s'agissait d'aucune observance superstitieuse, je consentis à me laisser traiter.

    Le guérisseur fit un trou dans la terre ; il demanda une moitié de coco, la perça au milieu et y adapta un long tuyau. Puis, ayant fait chauffer un vieux coutelas, il le plaça en travers sur le trou, versa dessus un peu de beurre et une pincée de graines d'aubergine sauvage (sotanum Jacquini), mit le coco sur le tout, le colla avec de la bouse de vache, et me dit de saisir le tuyau entre les dents, comme une pipe, et de cracher dedans sans façon. Au bout de quelques minutes, le coco fut enlevé et le fond du trou se trouva tapissé de petits vers filiformes à deux queues ! L'opérateur triomphait. — « Voici la cause du mal, s'écria-t-il, ces petits vers vous rongeaient les gencives : vous êtes guéri ». Quant à moi, j'étais abasourdi, et je ne pouvais me lasser de contempler ces petits monstres qui avaient si longtemps vécu de ma substance...

    Pendant quelques jours, je me crus guéri, car je n'éprouvais qu'un sentiment de cuisson que j'attribuai à la fumée que j'avais humée lors de l'opération.

    Mais le mal revint. Je parlai au docteur anglais du remède indien ; il me conseilla de recommencer et promit de venir lui-même assister à la séance. Le lendemain, en effet, en présence du docteur, l'opération vermifuge ou vermicide fut renouvelée. Le résultat fut le même. Le docteur Parker trépignait de joie à la vue de ces vermisseaux ; il en mit un dans le microscope et l'examina attentivement. Ses bras s'agitaient de plaisir. — Pas de doute ! Voyez donc le petit citoyen, ah ! Ah ! Ah ! — Il me pria de lui donner quelques-uns de ces petits vers, et il partit enchanter de cette merveilleuse expérience.

    Après le départ du docteur, je me mis à recueillir toutes les pauvres bestioles restées au fond du trou.

    J'en trouvai une sortie à moitié seulement de la petite graine. — Tiens, tiens, tiens ! Une idée méchante me traversa l'esprit. Je rappelai l'Indien, je le priai de recommencer l'opération, et quand tout fut prêt, au lieu de mettre le tuyau à ma bouche, je le couvris simplement de mon pouce. L'Indien se fâchait. Au bout de trois ou quatre minutes, j'enlevai le coco, selon la formule, et le fond du trou se trouva plein... de petits... vers... — Tableau — Ce fut une révélation. Je me mis aussitôt à écraser sur l'ongle des graines à demi brûlées, et chaque fois le petit ver apparaissait. Ce ver magique était tout simplement le germe que la chaleur poussait hors de l'enveloppe.

    Mon pauvre diable de païen était confondu. Je profitai de l'occasion pour lui glisser quelques bons avis sur la manière dont les chefs du paganisme trompent ceux qui les écoutent, et il s'en alla en disant : Appaditâno (c'est comme ça?).

    J'écrivis ensuite au docteur pour lui faire part de ma découverte. Le brave homme fut sans doute fort désappointé, car il ne répondit pas à ma lettre et il ne revint plus me voir.

    Ces brochures sont fort bien illustrées. Assurément l'illustration n'est pas de grand luxe, mais elle est de très bon goût, artistique même. Ne décrivons pas, montrons.

    Ami lecteur, regardez ces pages, elles vous diront plus et mieux que toute description le genre des dessins qui embellissent cette publication.

    Enfin des réflexions, des études générales, rapides mais bien documentées sur la Société des Missions Etrangères et ses missionnaires augmentent la valeur de chaque tract. Nous en citerons deux :

    Pourquoi des missionnaires ?

    Pourquoi des missionnaires? Pour faire connaître le vrai Dieu aux infidèles.

    Allez, enseignez toutes les nations... Allez dans le monde entier et prêchez l'Evangile à toute créature... Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et, jusqu'aux extrémités de la terre.

    Telles furent les paroles de Notre Seigneur à ses premiers Apôtres, et en leur personne à leurs successeurs. C'est la consigne; il faut l'exécuter.

    « Mais s'il n'y a pas de païens autour de nous, il y a de mauvais chrétiens, ne faudrait-il pas les convertir avant d'aller au loin essayer de sauver les âmes des infidèles ?

    — Quand aurez-vous converti tous les mauvais chrétiens de France, d'Italie, d'Espagne ? Tous les hérétiques d'Allemagne, de France, d'Angleterre, de Russie ? Combien d'années, combien de siècles faudra-t-il ? Hélas ! Il y a des coeurs qui seront toujours rebelles et des esprits toujours récalcitrants. Et alors les âmes de bonne volonté dans les pays païens seront perdues, faute d'avoir connu le vrai Dieu. Et alors la parole de Notre Seigneur ne sera pas obéie ; l'Évangile ne sera pas prêché à toute créature ; il ne sera pas connu dans le monde entier.

    « Si les Apôtres avaient voulu convertir tous les Juifs de Jérusalem avant de quitter cette ville, ils y seraient restés toute leur vie. Saint Pierre ne serait pas allé à Antioche et à Rome, saint Paul à Athènes, saint Thomas dans l'Inde, saint Barthélemy dans l'Ethiopie, saint Jacques en Espagne ; nos ancêtres seraient demeurés païens. Il faut aller partout annoncer la divine parole et recueillir les âmes de bonne volonté ».

    Tels furent les raisonnements de Mgr Caspar et du P. A. Klingler, les deux missionnaires alsaciens dont nous esquissons la vie.

    Mais comment faire ? Ils ne pouvaient partir seuls, sans appuis, sans ressources.

    Ils cherchaient une Société, une Congrégation, un Groupement qui leur permît de satisfaire leurs aspirations.

    On leur indiqua la Société des Missions Etrangères, vieille de plus de 200 ans, ayant un vaste champ à défricher : presque tout l'Extrême-Orient, c'est-à-dire une grande partie de la Chine, du Japon, de l'IndoChine, de l'Inde, toute la Corée, toute la Mandchourie, tout le Thibet, plus de 250 millions d'habitants.

    Cette Société avait été approuvée par Rome en 1663, et par le Gouvernement français en 1663, en 1775, en 1805, en 1815 et en 1823.

    Elle n'a qu'un but unique : procurer la conversion des Gentils. Tous ses prêtres sont sans exception envoyés en mission. Tous sont Français ; ainsi l'exige sa Constitution.

    Cette Société a une Maison Mère, un Séminaire central, c'est le Séminaire des Missions Etrangères, rue du Bac, 128, à Paris.

    Depuis sa fondation jusqu'en 1919, ce Séminaire a envoyé dans les pays d'Extrême-Orient 3.200 missionnaires, dont 2.700 sont partis depuis 1840.

    Parmi eux, 26 condamnés à mort en haine de la foi, par sentence juridique des tribunaux païens, ont eu le bonheur de répandre leur sang pour Notre Seigneur Jésus-Christ; 13 ont été déclarés bienheureux par Léon XIII et Pie X. La cause de Béatification des autres se poursuit à Borne.

    En outre, plus de 60 missionnaires de la Société, sans avoir été condamnés par sentence juridique, ont couronné leur apostolat par la mort sanglante en l'honneur de Jésus-Christ et de son Eglise.

    En ce moment, c'est-à-dire en 1919, 1.250 missionnaires secondés par 1.050 prêtres indigènes travaillent à. la prédication de l'Evangile. Chaque année, ils baptisent 30.000 à 35.000 païens, un nombre égal à la population d'une de nos villes de France.

    Ils baptisent ou font baptiser plus de 100.000 enfants de païens. Quelle moisson merveilleuse !

    Et, cependant, il n'y a guère que 10 prêtres pour un million d'infidèles.

    S'il yen avait le double, le triple même, combien plus admirables et plus consolants seraient les résultats ; combien plus nombreuses seraient les âmes de Chinois, d'Annamites, de Birmans, de Siamois, d'Indiens, qui se prosterneraient devant le Christ Jésus. Quelle gloire, quelle force pour la sainte Eglise de Dieu. Quelle belle couronne pour les apôtres qui auraient régénéré ces âmes dans les eaux du salut !

    Oh ! Prions, prions de tout notre coeur pour que Dieu fasse germer dans le coeur des enfants de nos écoles, de nos petits séminaires, dans celui des élèves des grands séminaires ou des jeunes prêtres des vocations à l'apostolat chez les infidèles, afin que la moisson qui mûrit ne soit pas perdue faute d'ouvriers pour la placer dans les greniers du Père de Famille.

    Prions, afin qu'aucun obstacle n'arrêtent ceux qui entendent l'appel de Dieu, l'appel ad Gentes, pour peupler la terre de fidèles et le ciel d'élus.

    Les martyrs et la propagation de la foi.

    En étudiant l'histoire des missions d'IndoChine où furent martyrs les bienheureux Gagelin et Marchand dont nous racontons la vie et la mort, on se prend à répéter la parole de Tertullien : « Le sang des martyrs est une semence de chrétiens ».

    En 1833 et 1835, dates du martyre de nos deux bienheureux, l'IndoChine orientale, c'est-à-dire la Cochinchine, l'Annam et une partie du Tonkin, confiée à la Société des Missions Etrangères, possédait environ 160.000 catholiques.

    Ces pays subirent pendant 30 ans, jusqu'en 1862, la persécution la plus violente qu'ait enregistrée l'histoire de l'Eglise en Extrême-Orient.

    De 1862 à 1884, la persécution légale avec ses tribunaux, ses juges, ses décrets impériaux, s'arrêta. Les massacres la remplacèrent : en 1884 et en 1885 ; plus de 30.000 catholiques tombèrent sous le fer de bandits à la solde des lettrés d'Annam, implacables ennemis du christianisme.

    Aujourd'hui, en 1919, ce pays compte près de 700.000 catholiques. C'est humainement inexplicable n'est-ce pas, qu'une doctrine, cruellement persécutée pendant si longtemps, ait pu, non seulement se maintenir, mais atteindre une telle prospérité, plus inexplicable encore que les témoins de ces hécatombes se soient agenouillés eux-mêmes devant la croix, au risque de payer cette action de leur vie, et de la vie de leurs familles ? Et cependant il en est ainsi.

    La Société des Missions Etrangères dirige actuellement en Indo Chine 7 missions, dont voici les noms avec le chiffre d la population catholique :

    Haut Tonkin . . . . . 30.600

    Tonkin occidental . . . . . 150.000

    Tonkin maritime . . . . . 104.000

    Tonkin méridional . . . . . 130.000

    Cochinchine septentrionale . . . . 65.000

    Cochinchine orientale . . . . 65.000

    Cochinchine occidentale . . . . 75.000

    Cambodge . . . . . . 55.000

    Laos . . . . . . . 13.600

    688.200



    C'est une preuve de plus que l'affirmation de Tertullien est vraie. Mais cette affirmation est incomplète. Le sang des martyrs n'est pas seulement une semence de chrétiens ; il est aussi une semence d'apôtres.

    En 1833, lors du martyre du bienheureux Gagelin, la Société des Missions Etrangères avait en tout 21 missionnaires en IndoChine. De cette époque à l'année 1888, 1 évêque et 31 de ses prêtres sont morts de la mort sanglante. Voici leurs noms, l'année de leur martyre et leur diocèse d'origine :

    NOMS ANNÉES DIOCÈSES D'ORIGINE


    Bienheureux Gagelin 1833 Besançon

    — Marchand 1835 Besançon

    — Cornay 1837 Poitiers

    — Dumoulin Borie 1838 Tulle

    — Jaccard 1838 Annecy

    Vénérable Delamotte 1840 Coutances

    Bienheureux Schoeffler 1851 Nancy

    — Bonnard 1852 Lyon

    — Néron 1860 Saint Claude

    — Cuenot 1861 Besançon

    — Vénard 1861 Poitiers

    PP Béchet 1883 Lyon

    Gélot 1884 Luçon

    Rival » Lyon

    Tamet » Lyon

    Manissol » Lyon

    Antoine » Saint-Dié

    Séguret » Rodez

    Pinabel 1885 Coutances

    Poirier » Rennes

    Macé » Luçon

    Garin » Chambéry

    Barrat » Nantes

    Châtelet » Lyon

    Sâtre » Lyon

    Guégan » Vannes

    Iribarne » Bayonne

    Dupont » Angers

    Gras 1886 Avignon

    Willar 1887 Metz

    Pédémon 1888 Toulouse

    Au récit des souffrances et des triomphes de ces martyrs, il se trouva de nobles coeurs qui tressaillirent d'enthousiasme et d'envie ; cela leur sembla si beau et surtout si bon de donner jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour Jésus, leur roi, leur Dieu, le crucifié du Calvaire ; à leur tour, ils partirent nombreux et vaillants.

    Les régions, qui en 1833 comptaient seulement 2 évêques et 19 missionnaires, sont évangélisées actuellement (1919) par 11 évêques, 348 missionnaires, et 576 prêtres indigènes. Et la raison de ce progrès n'est ni difficile à découvrir ni longue à exposer. C'est au nom de Jésus-Christ que l'apôtre s'en va vers les infidèles ; c'est le Christ qu'il porte et c'est le Christ qui l'anime ; l'esprit, la volonté, le sang même de Jésus-Christ sont en lui, en sorte que, quand il souffre et meurt, c'est Jésus-Christ qui lui inspire la volonté de souffrir, qui lui en donne la force, qui en fait germer et en recueille les fruits. Et telle est la raison dernière de la fécondité du sang versé par les martyrs : ce sang possède la vertu du Fils de Dieu.


    1920/304-315
    304-315
    France
    1920
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