Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

De Patong à Paris 2 (Suite)

Variétés De Patong à Paris (Suite 1) L'ÉVÊQUE ÉTANT MORT L'Evêque2 précieux par la grâce divine mourut et moi, Adjroup Gumbo, je suis allé voir son corps exposé. Etant arrivé près du cadavre, je vis qu'il était semblable à un corps vivant en paix et se reposant. 1. Ann. Miss. Etr. N° 74, MarsAvril 1910, p. 101. 2. Le Cardinal Richard.
Add this
    Variétés De Patong à Paris
    (Suite 1)
    L'ÉVÊQUE ÉTANT MORT
    L'Evêque2 précieux par la grâce divine mourut et moi, Adjroup Gumbo, je suis allé voir son corps exposé. Etant arrivé près du cadavre, je vis qu'il était semblable à un corps vivant en paix et se reposant.

    1. Ann. Miss. Etr. N° 74, MarsAvril 1910, p. 101.
    2. Le Cardinal Richard.

    Beaucoup de vierges le veillaient et des milliers de Français étaient accourus de la campagne pour le voir. A la porte, il y avait beaucoup de soldats. Pendant trois jours, les chemins étaient fermés aux voitures.
    Des soldats empêchaient les visiteurs de demeurer longtemps près du corps. Dehors, d'autres soldats en grand nombre veillaient à ce que les personnes qui tombaient ne soient pas écrasées par la foule.
    Ayant vu ces choses, je ne craignis plus de mourir, et trois jours étant écoulés j'allais à l'Ecole des Prêtres 1, et, comme je les entendais chanter, les larmes tombèrent de mes yeux.

    LA MAISON OU ON RIT 2.

    A Paris, il y a une maison toute ronde où on va rire. Depuis le bas jusqu'en haut, des chefs et des hommes de toutes classes étaient assis.
    D'abord un cheval vint, portant sur sa tête le nom du roi. Beaucoup d'hommes frappaient le tambour et soufflaient dans des trompettes pour faire danser le cheval. Et le cheval marchait sur deux pieds comme les hommes.
    Puis deux hommes nus sautèrent sur la tête l'un de l'autre, et de la tête ils sautaient à terre en tournant plusieurs fois en l'air.
    Un homme, ayant mis neuf tables l'une sur l'autre, se plaça une lampe sur la tête, une lampe entre les pieds, une lampe sur chaque main. Il se mit debout sur les mains au sommet des neuf tables et tourna neuf fois sur lui-même.
    Ensuite neuf femmes de 7 ans, dont la moitié du corps seulement était vêtu, dansèrent toutes les danses de l'univers. Leurs danses n'étaient pas naturelles à l'homme. Et ces femmes n'étaient pas en papier, mais en chair vivante. Et je regardais, m'étonnant.
    Puis des hommes et des animaux ayant envahi la piste, de l'eau tomba en pluie du sommet de la maison et jaillit du sol et recouvrit les hommes et les animaux. Et de nouveau la piste se vida et se sécha.

    DIVERS

    Dans un grand marché on vend des denrées venant du monde entier, miel, sucre, sucre candi, pâtes, hydromel, choses douces et fortes, lait, beurre, crème, petit-lait, fromage, viande de boeuf, moutons, chèvres, porcs, gibier, bêtes sauvages ; volaille de terre et d'eau ; les fruits de la terre et tous les poissons de la mer.

    1. Le Séminaire des Missions Etrangères.
    2. Le Cirque.

    Ce grand marché est plus grand qu'une grande ville thibétaine.

    Il y a aussi un grand marché clos de mur comme une maison et couvert d'un toit en verre 1, où de nombreux marchands vendent toutes les choses qui s'achètent
    Comme j'étais venu acheter de la toile afin de la coudre sur un vêtement, je dépliai ma balance chinoise, car ne connaissant pas les monnaies françaises, je désirais les peser.
    Alors tous les marchands se moquaient et riaient de moi. Et bien que j'eusse très chaud au visage, je continuai de peser les pièces, de peur que les marchands, me voyant étranger, ne me trompassent.
    Mais en regardant attentivement, je vis que les marchands français sont vertueux et ne cherchent pas à tromper, car pour une pièce d'or ils me donnaient plus de vingt fois son poids d'argent et chaque fois je me réjouissais.
    Vers la deuxième lune, il y a un mardi qui est une grande fête. Ce our-là, les hommes, les femmes et les enfants parcourent la ville en lançant des fleurs en papier qu'ils puisent dans des sacs placés au bord des chemins. Tout le jour, les hommes et les femmes se lancent des fleurs à la figure, et le sol en est couvert.

    Au centre de la ville, au croisement de douze routes larges comme des fleuves est une grande porte haute de neuf étages 2. Etant arrivé là tous montaient dessus, moi Adjroup Gumbo je suis monté avec eux.
    Etant arrivé en haut, je regardais et vis toute la ville. Je croyais que c'était la Terre du Sud et pensais que, si je mourais, je n'aurais pas de crainte, mais de la joie.
    Tous les Thibétains ne pourraient peupler une si grande ville.
    Quand on est égaré, il est aisé de monter sur cette porte pour reconnaître les hautes églises et les maisons, et ensuite étant descendu, se diriger sur la bonne route.
    J'ai souvent fait ainsi pour retrouver ma maison, bâtie près du fleuve, non loin d'une grande place ornée de statues et de fontaines.

    Dans quatre maisons 3 sont renfermées des images des hommes de tous les temps jusqu'à aujourd'hui, et leurs vêtements et leurs couteaux, leurs arcs, leurs flèches et leurs lances ; des cuirasses, des brides et des selles. Ayant vu ces choses, je sus comment était le monde depuis les Indes jusqu'à la Chine et même au-delà.

    1. Le Louvre ou le Bon Marché.
    2. Le Musée des Invalides.
    3. L'Arc de Triomphe.

    A la quatrième lune, les Français bâtissent une ville de plaisir dans une grande plaine1.
    D'abord, dans une grande maison, un homme et une femme s'enferment avec des lions, des tigres et des panthères et leur apprennent à amuser les spectateurs. Ayant vu cela, j'eus une grande frayeur.
    Dans une autre maison des singes habillés en hommes étaient assis autour d'une table. Un de ces singes ayant mis un chapeau sur sa tête servit à manger aux autres singes, et tous mangeaient comme des hommes. Alors tous les spectateurs riaient de plaisir.
    Il y avait aussi des marchands de toute espèce d'objets et de nourriture.
    Dans toutes ces maisons, on paie, pour entrer, un prix grand ou petit.
    Après un mois, cette ville disparut ; on la reconstruit ailleurs chaque mois.

    LE PAYS DE BEAUVOIR

    Après deux mois passés à Paris, nous sommes allés dans un pays appelé Beauvoir. Dans ce pays, la mère du Tajen et ses soeurs se rencontrèrent.
    Au Thibet, il y aurait 10 jours de route. Mais dans les voitures françaises, on met 3 heures.
    Dans le château de Beauvoir demeure le chef X..., précieux et brillant comme le jour, sage et puissant. Il était bienveillant aux petits, aux moyens et aux grands. Comme nous étions arrivés dans, sa maison, il veilla lui-même à notre logement. La maison a 9 étages. Dans une chambre au sommet, où se trouvent un lit et des couvertures, je dormis pendant la nuit. Si des Thibétains viennent en France, qu'ils se rendent auprès de Monsieur X... Monsieur veut dire chef et X... est son nom.
    Il est le chef de la ville où des centaines d'hommes et de femmes fabriquent des colliers. Les perles de ces colliers sont en porcelaine. La terre est placée sur des tables en fer, et des roues la transforment en perles. Puis les perles ayant été posées sur un feu ardent, se revêtent rapidement de toutes les couleurs.

    1. La foire des Invalides.

    Dans cette ville se trouve un hôpital; des vieillards, des indigents, des malades, des paralytiques, des aveugles y trouvent la nourriture et des vêtements. Il y a un grand médecin qui commande. Ce médecin a une machine pour voir à l'intérieur du corps la forme de tous les os.
    Dans ce pays, un pont de fer est jeté sur un fleuve, et un autre fleuve amené d'un autre pays passe sous ce pont. De sorte que les deux fleuves forment une croix.
    Le Ta-jen a en plus de sa maison de Paris une grande maison à la campagne.
    Après 5 mois passés à Paris, nous sommes partis. Entre les deux maisons, la distance au Thibet serait de 20 jours. Cette maison est grande comme une forteresse et bâtie sur une petite montagne. Mais le Ta-jen n'est pas le chef du pays, car en France ceux qui habitent les palais sont devenus les sujets de leurs fermiers. Les pauvres devenus puissants, étant élus par le peuple, ont laissé leurs biens aux riches. Mais maintenant ils désirent s'en emparer.
    Dans cette maison il y a partout des peintures représentant des arbres, l'eau des lacs et des rivières, des jardins et des champs tels qu'on les voit dans la campagne.
    On n'y voit aucun Dieu ni aucun saint, car ces peintures ne sont pas faites par des prêtres, mais par des hommes habiles. Et les Français se plaisent à, regarder ces peintures dans l'intérieur de leurs maisons.
    Je suis resté cinq mois à la campagne. Le matin et lé soir je tirais au fusil, tuant des lièvres et des oiseaux. Au milieu du jour, je péchais des poissons.
    Pendant trois mois, j'ai beaucoup souffert, étant irrité contre la cuisinière. Cette cuisinière avait des moustaches, elle était sale, méchante et ne craignait pas Dieu. Elle me donnait ma nourriture comme à un chien.
    Après trois mois, le Ta-jen la chassa de sa maison. Une nouvelle cuisinière, bonne, fut amenée, et je me réjouis.
    Parmi les serviteurs, il y avait d'autres femmes méchantes, mais leurs maris étaient bons.

    1910/161-164
    161-164
    France
    1910
    Aucune image