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Départs de missionnaires

oeuvre DES PARTANTS SOMMAIRE DÉPARTS DE MISSIONNAIRES. CHRONIQUE DE L'OUVRE : RÉUNION DU 13 NOVEMBRE. COTISATIONS PERPÉTUELLES. LETTREDE MGR DEMANGE. DONS. AVIS POUR LES MESSES. RECOMMANDATIONS. NOS MORTS. Départs de missionnaires SONT PARTIS DU SÉMINAIRE DES MISSIONS ÉTRANGÈRES Le 18 novembre 1911. MM.DIOCÈSES.MISSIONS. CHEVALIER, Jean,Le Puy.Mandchourie septenle. CHABOT Edmond,Luçon.Séoul. SOUBITEZ, Jean-Baptiste,Arras.Tôkyô.
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    oeuvre DES PARTANTS

    SOMMAIRE

    DÉPARTS DE MISSIONNAIRES. CHRONIQUE DE L'OUVRE : RÉUNION DU 13 NOVEMBRE. COTISATIONS PERPÉTUELLES. LETTREDE MGR DEMANGE. DONS. AVIS POUR LES MESSES. RECOMMANDATIONS. NOS MORTS.

    Départs de missionnaires

    SONT PARTIS DU SÉMINAIRE DES MISSIONS ÉTRANGÈRES

    Le 18 novembre 1911.

    MM. DIOCÈSES. MISSIONS.

    CHEVALIER, Jean, Le Puy. Mandchourie septenle.
    CHABOT Edmond, Luçon. Séoul.
    SOUBITEZ, Jean-Baptiste, Arras. Tôkyô.
    BERTHIER, Eugène, Chambéry. Mandchourie septenle.
    WASSEREAU, Eugène, Metz. Tôkyô.
    BRASER, Eugène, Strasbourg. Mandchourie septenle.

    Le 29 novembre 1911.

    MM. DIOCÈSES. MISSIONS.

    BOXBERGER Xavier. Versailles. Cochinchine accident.
    PUECH, Louis, Albi. Kouy-tcheou.
    BERGOUGNOUX, Alexis, Cahors. Yun-nan.
    GAVAN DUFFY, Thomas, Nice. Pondichéry.
    BOCAT, Henri, Dijon. Kien-tchang.
    VELLY, Pierre, Quimper, Tonkin méridional.
    ÇORFMAT, Pierre, Vannes Se-tchoan méridional.
    VIENNE, Jules, Cambrai. Kumbakônam
    MAURAND, Marcelin, Albi. Kouang-si.
    LANTER, Basile, Metz. Haut Tonkin.
    BALOCHE, Paul, Séez Malacca.
    GAUTHIER, Louis, Rennes. Tonkin méridional.
    HERMANN, Eugène, Metz. Kouang-tong.
    LABORIER, Emile, Autun. Cochinchine orientale.
    GRATON, Auguste, Luçon Thibet.
    CHATENET, Georges, Bourges. Laos.
    DESSALLE, Henri, Montpellier. Birmanie méridionale.
    ARGAUT, Jean-Baptiste, Bayonne. Maïssour.

    CHRONIQUE DE L'OEUVRE

    RÉUNION DU 13 NOVEMBRE

    A la réunion du 13 novembre la sainte messe a été célébrée par un missionnaire de Pondichéry, M. Loubière, qui a entretenu nos Associées des oeuvres d'éducation dans la paroisse de Cuddalore. Nous sommes heureux de reproduire son discours.

    MESDAMES,

    Il y a 14 ans, à peu près à pareille époque, assisté par le P. Fleury, votre vénéré Directeur, je célébrais ma première messe, à l'oratoire de Nazareth, en présence des Dames de l'oeuvre des Partants, et je me souviens encore, avec bonheur, du moment où, élevant l'Hostie Sainte, je demandais à Notre Seigneur de bénir nos bienfaitrices.
    C'est pourquoi, il m'est très agréable de me trouver, aujourd'hui au milieu de vous, et de vous parler, un instant, de Cuddalore, où je travaille depuis mon arrivée dans l'Inde.
    Cuddalore connu dans notre histoire coloniale sous le nom de Goudelour ou Gondeloure est demeuré, non par le nombre de ses chrétiens mais par ses oeuvres d'éducation, le centre le plus important de la Mission de Pondichéry. Dans cette ville de 60.000 habitants, chef-lieu administratif du district anglais d'Arcot Sud, nous avons une chrétienté florissante, une école paroissiale prospère, 2 écoles de filles dirigées par nos religieuses indiennes du Saint Cur de Marie, une école normale catholique d'institutrices indigènes, un couvent de soeurs européennes de Saint-Joseph de Cluny vouées au soin des malades dans l'hôpital municipal, et un établissement catholique d'instruction secondaire avec son école annexe que fréquentent environ 1150 élèves, parmi lesquels plus de 200 enfants, appartenant aux meilleures familles catholiques des diocèses de Pondichéry et de Kumbakonam, résident, dans notre internat. Cet établissement d'instruction secondaire, appelé Institution Saint-Joseph, est dirigé par cinq prêtres des Missions Etrangères, et c'est là que le Bon Dieu m'a placé depuis mon départ de France.
    Je sais, Mesdames, que vous aimez nos chers enfants indiens auxquels nous apprenons à prier pour leurs bienfaitrices ; j'espère donc vous faire plaisir, en vous donnant un exemple de la formation chrétienne que ces enfants reçoivent par nos soins, et en vous disant comment le « petit Xavier », entré tout jeune dans notre internat, nous a quittés pour le ciel, à l'âge de 14 ans.
    Xavier et Mariadas, son frère aîné, avaient profité d'une « sortie », pour faire, en compagnie de leur père, un pèlerinage à Notre Dame de Vailankanni, dans le sud de l'Inde.
    Ils étaient rentrés au collège, le 15 septembre, au soir, tout joyeux d'avoir prié dans ce sanctuaire ; et comme j'étais leur père spirituel, ils m'avaient aussitôt fait part du secret de leur pèlerinage.
    Mariadas, notre plus brillant élève chrétien, avait demandé à la Sainte Vierge la grâce de passer avec succès, son dernier examen d'Université ; Xavier, la vocation au sacerdoce ; et tous deux, le bonheur du ciel pour leur mère, morte depuis peu de temps.
    Leur père, après me les avoir spécialement recommandés, leur dit adieu et partit pour Madras.
    Les deux frères se rendirent à la salle d'étude. Mais, au bout de quelques instants, le petit Xavier pria son acné de le conduire à l'infirmerie : il ressentait, disait-il, une fatigue extrême, et un malaise étrange comme s'il allait défaillir.
    Le frère infirmier, pris d'inquiétude, fit appeler le médecin indigène.
    Il était alors 8 heures, et nous venions de prendre notre repas, lorsque le frère s'approcha précipitamment du Principal et lui, parla à voix basse.
    Deux mots que nous entendîmes, en passant, suffirent pour interrompre notre conversation. Ces deux mots étaient : « Xavier » et « idou ».
    « Idou » signifie « ceci », et c'est ainsi qu'est désigné « le choléra », cette terrible maladie qui effraie les plus intrépides parmi les Indiens, à tel point qu'ils n'osent même pas en prononcer le nom.

    Nous venions donc d'apprendre que Xavier avait rapporté de son pèlerinage les germes du fléau ; et cette nouvelle si inattendue nous causait, à bon droit, une grande frayeur. Le redoutable mal qui nous visitait pour la première fois n'allait-il pas se propager et faire parmi nos enfants de nombreuses victimes ?...
    Le Père supérieur se tournant vers moi :
    « Vous êtes le père spirituel de Xavier, me dit-il, cet enfant est en danger de mort ».
    Et pendant qu'il donnait ses ordres au frère infirmier, je descendis vivement impressionné... Etait-ce possible qu'à l'infirmerie fut à l'agonie mon petit Xavier, lui que j'avais quitté, quelques moments auparavant, plein de santé et de vie ?....
    Je le trouvai étendu sûr sa natte, les yeux brillants et inquiets
    En me voyant arriver Mariadas me dit :
    « Mon petit frère est bien mal, il a vomi plusieurs fois ; il souffre beaucoup ». Il ne soupçonnait pourtant pas là triste réalité.
    Je lui répondis :
    Le Docteur anglais va venir ; en attendant, tu peux te retirer, je resterai près de ton frère.
    Père, murmura alors Xavier d'une voix que j'eus peine à reconnaître tant elle était affaiblie, Père, je veux me confesser.
    C'est bien, mon enfant, comme cela tu pourras recevoir Jésus, demain matin.
    Et me penchant, pour mieux l'entendre, j'écoutai sa confession que je sentais devoir être la dernière,
    Quand il eut fini, je lui dis :
    « Mon cher enfant, demande encore pardon au Bon Dieu, de tous les péchés de ta vie passée ». Il le fit avec une contrition profonde, mais je remarquai que ses yeux s'étaient subitement remplis de larmes, comme si mes paroles lui avaient révélé sa fin prochaine.
    Dans l'intervalle, le médecin anglais était arrivé. Il examina Xavier et branla la tête. Puis, après avoir fait une prescription il sortit, l'air préoccupé. Je le suivis :
    Eh bien ! Docteur ?
    Il n'y a aucun espoir.
    Il ajouta :
    « Cependant pour soulager le malade, frictionnez-lui les bras et les jambes ». Et il prit congé avec ces mots : « Lorsque les crampes surviendront, ce sera le signe de la fin ».

    Je revins m'agenouiller près de Xavier. Mariadas pleurait : il avait deviné que Dieu lui demandait le sacrifice de son frère.
    J'essayai de le consoler :
    « Mon enfant, il faut être fort et donner le bon exemple au petit Xavier.
    Oui, Père, je serai courageux, mais je ne puis retenir mes larmes. Que la volonté de Dieu soit faite ! »
    Xavier souriait au milieu de sa souffrance et murmurait : « Courage, frère, prions ensemble ».
    Je fis prendre à Xavier quelques gouttes de potion anticholérique et me mis, à frictionner ses membres déjà presque glacés. Le pauvre Mariadas m'aida de son mieux. Au bout d'environ une heure, nous n'en pouvions plus ni l'un ni l'antre, mais il nous sembla qu'un peu de chaleur commençait à revenir.
    « Allons, frictionnons encore, lui dis-je, nous disputons ton frère à la mort. Si nous pouvions le réchauffer complètement, il serait guéri ! » Je m'étais, en effet, remis à espérer.
    Merci, frère, merci, Père », murmurait de temps à autre Xavier, en fixant sur nous ses grands yeux noirs tout pleins d'affection.
    Tout en continuant à frotter, aussi vigoureusement que je le pouvais, ses mains et ses pieds raidis, je lui suggérais de pieuses invocations. Il les répétait avec la foi la plus ardente:

    Il était maintenant près de minuit. « Tout à coup, Xavier poussa un cri de douleur : les crampes annoncées venaient de tirailler son pauvre corps épuisé.
    « Mon enfant, sois calme, lui dis-je aussitôt, ne crie pas ainsi, Jésus ne serait pas content ». J'avais peur que ses cris n'effrayassent nos autres enfants qui dormaient au dortoir.
    Xavier, avec effort, étouffa sa douleur, afin de m'obéir, mais il murmura : « Oh ! Père, je souffre tant ! »
    Offre ta souffrance à la Divine Mère, pour ta chère maman.
    Oui, Père, bien volontiers.
    A ce moment, je m'aperçus qu'en dépit des frictions, le froid envahissait de nouveau ses jambes. Et je compris qu'il était plus que temps de lui donner l'Extrême-Onction.
    « Petit Xavier, dis-je doucement, prépare-toi, je vais t'administrer le dernier sacrement».
    Père, je suis prêt.
    Assisté par Mariadas, je me hâtai donc de faire les saintes onctions, et mes yeux se mouillaient de larmes, pendant que le cher enfant, malgré les douteurs atroces occasionnés par les crampes, répondait lui-même aux prières avec une angélique piétée. Quand j'eus fini, Xavier sourit à Mariadas éploré et lui dit affectueusement :
    « Frère, courage, je prierai pour toi et pour notre père ».
    Après avoir reçu l'indulgence plénière in articulo mortis, il ajouta :
    « Père, je suis content, » et il ferma les yeux pour mieux se recueillir.

    Cependant sa respiration devenait de plus en plus lente et difficile. Le dernier moment était proche. Je me penchai sur le visage de l'enfant et prononçai quelques invocations. Les lèvres de Xavier remuèrent pour les répéter.
    Deux heures allaient sonner. Xavier, ne pouvant plus maîtriser sa violente douleur, se mit soudain à crier avec une force surprenante et d'une voix où semblait passer comme un intense désir :
    « Je veux m'en aller ! Je veux m'en aller ! »
    Où veux-tu aller, cher enfant ? Demandai-je tremblant d'émotion.
    Au Ciel, Père.
    Encore cinq minutes, mon enfant, et tu y seras.
    Oh ! Que vous êtes bon, Père, murmura-t-il en levant sur moi ses yeux presque éteints ; je vais revoir notre mère ; frère, au re-voir au Ciel !
    Et en disant ces mots, il ferma doucement les yeux pour ne plus les rouvrir ici-bas.
    Son âme venait de s'envoler au ciel. Il était deux heures exactement.

    Je récitai à haute voix le De Profundis avec Mariadas, dont l'admirable courage faisait mon édification ; puis tous deux nous revêtîmes le cher enfant de ses beaux habits de première communion.
    Après avoir placé le corps sur un lit en rotin recouvert d'un drap blanc, j'allai avertir le Père supérieur qui télégraphia aussitôt la triste nouvelle au père de Xavier.
    Il fut alors décidé que, dans l'intérêt de nos autres enfants, il fallait nous résoudre à ne pas laisser au Collège, jusqu'au matin, la dépouille mortelle de Xavier.
    C'est pourquoi, les deux plus jeunes Pères prenant dans leurs bras le précieux fardeau, le transportèrent près de l'église paroissiale, dans une salle isolée, qui servait, à loccasion, de chambre mortuaire.
    Mon Dieu, comme le souvenir de cette silencieuse marche funèbre, à travers la nuit, m'impressionne encore !...
    Pendant ce temps, les autres Pères, craignant d'avoir recours à l'aide des domestiques, désinfectèrent eux-mêmes l'infirmerie visitée par le choléra.
    Et après le lever, lorsque nos enfants furent réunis à la chapelle, pour la prière, je leur annonçai avec beaucoup de précautions, comment dans la nuit Xavier nous avait quittés et, grâce à Dieu, loin de s'effrayer à cette nouvelle inattendue, ils se mirent aussitôt à invoquer leur « petit frère du ciel ».

    Le Père de Xavier revenu en toute hâte de Madras, arriva trop tard pour contempler une dernière fois le visage aimé de son enfant qu'il avait laissé, la veille, si bien portant et si joyeux. Il nous donna le spectacle d'une parfaite résignation chrétienne et se montra, en vérité, le digne père d'un fils si pieux.
    ... Et maintenant, quand nos enfants « à la promenade » passent près du cimetière où s'élève la tombe de Xavier, ils gardent le silence et chacun d'eux, en se signant, demandé à Dieu la grâce de bien mourir « comme le petit Xavier ».

    II

    Mesdames, je vous ai dit que nous avons, à Cuddalore, un couvent de Soeurs Européennes de Saint-Joseph de Cluny vouées au soin des malades.
    Le gouvernement de Madras m'ayant nommé conseiller municipal, une de mes premières démarches fut d'obtenir son approbation officielle pour confier la direction de l'hôpital de la ville à des religieuses catholiques. Ces religieuses, sur ma demande, vinrent de l'hôpital Pasteur de Paris, il y a 4 ans. C'était la première fois que les services de nos Soeurs étaient acceptés officiellement dans un hôpital municipal de l'Inde Anglaise. Comme vous le devinez, Mesdames, mon premier but était de sauver des âmes par le moyen des Soeurs ; et j'ai réussi, grâce à Dieu. Mais j'avais aussi espéré, en faisant connaître à Cuddalore nos Soeurs hospitalières, pouvoir aider à introduire les religieuses catholiques dans les autres hôpitaux municipaux de la présidence de Madras. Et, en effet, plusieurs grandes villes ont, depuis lors, confié leur hôpital municipal à des Soeurs françaises. Pour vous prouver combien le dénouement de nos Soeurs à Cuddalore a été apprécié, vous me permettrez, Mesdames, de vous citer les nobles paroles prononcées, à ce sujet, au mois de février dernier, par Son Excellence Sir Arthur Lawley, gouverneur de Madras, en présence de l'élite de la ville, et des sommités anglaises et indiennes du district d'Arcot Sud :
    « Je tiens à exprimer les sentiments de très haute estime et de profonde gratitude que j'éprouve à l'égard de ces femmes de cur, qui sont venues de France dans ce pays pour se vouer au service de leurs pauvres soeurs indiennes et au soulagement de toutes les souffrances et de toutes les misères. En vérité, elles mettent ainsi en pratique, de la façon la plus noble qui soit, les enseignements du Christ notre Maître. Ce n'est ni l'espoir des louanges, ni l'appât d'un salaire terrestre ou d'une récompense humaine qui les a amenées, mais le seul et unique désir de faire du bien à leur prochain. Je suis très heureux que l'occasion me soit offerte de les remercier, au nom de mon Gouvernement et du peuple de celte Présidence, pour le travail admirable qu'elles accomplissent, et je prie Dieu d'exaucer mes voeux et de les bénir elles et leurs oeuvres.
    Ce touchant hommage officiel rendu à nos Soeurs par le gouvernement britannique, m'a grandement encouragé, et j'ai résolu de donner à leur dévouement apostolique un nouveau champ d'action, en créant, près de l'hôpital municipal, un hospice pour y recueillir les malheureux païens et païennes arrivés au terme de leur vie et qui meurent abandonnés de tous à leurs derniers moments. Le Conseil général du district d'Argot Sud mettant à ma disposition pour cet hospice, deux bâtiments spacieux, j'espère, avec le secours de personnes généreuses et prises de pitié pour les malheureux vieillards indiens, pouvoir fonder rapidement un certain nombre de lits.
    L'entretien d'un lit coûtera environ 8 francs par mois.
    Déjà nous avons recueilli une pauvre vieille, Marié Ammal, dont l'histoire est lamentable.
    Volée, quand elle était toute petite fille, par des Mahométans qui enlevèrent, en même temps, son jeune frère, elle fut, après avoir été dépouillée de ses bijoux d'enfant, abandonnée dans une forêt de Cochin. Ayant été trouvée, par hasard, par un païen qui était venu ramasser du bois mort, elle fut employée par lui comme servante jusqu'au jour où, devenue subitement folle, elle s'enfuit vers la côte de Coromandel. Après de cruelles souffrances, elle s'arrêta, épuisée à Cuddalore. Un matin, les Soeurs la trouvèrent couchée en travers de la porte de leur couvent, et dans un état pitoyable. Elle a peu à peu recouvrer l'usage de sa raison, et a été ainsi amenée à l'amour du Bon Dieu et de la Sainte Vierge dont elle a reçu le nom.
    Un seul souvenir la fait pleurer souvent encore : celui de son frère enlevé avec elle et dont elle n'a plus jamais entendu parler.
    Je lui ai recommandé de prier pour obtenir que la Vierge Immaculée me fournisse bien vite les moyens d'accueillir tous les pauvres païens et païennes qui viendront, au déclin de leur vie, chercher le chemin du ciel à l'hospice Sainte-Marie de Cuddalore.
    Mesdames, dans quelques mois je serai de retour dans l'Inde, et je vous promets de faire prier, encore plus, la pieuse « Marie Ammal », afin que le Bon Dieu vous comble toutes de ses bénédictions.

    Cotisations Perpétuelles

    Mmo Amédée TALLON.
    Mlle Thérèse MOSSER.
    ANONYME.

    LETTRE DE Mgr DEMANGE

    Vicaire apostolique de Taikou

    AUX DAMES DE L'OEUVRE DES PARTANTS

    4 août 1911.

    Non, je n'ai pas oublié l'OEuvre des Partants ni les généreuses chrétiennes, qui, par amour pour Dieu et les âmes veulent bien devenir les auxiliaires des missionnaires, leur gardant cette sollicitude particulière aux coeurs maternels, dont l'ambition est de voir leurs enfants aussi bien pourvus que possible pour l'âme et pour le corps. C'est pour cela que, coopératrices des apôtres, vous les aidez de vos prières et vous travaillez pour eux.
    Quand, il y a déjà près de deux mois, je donnais, nouveau pontife, ma première bénédiction, je demandais à Dieu de la porter au delà des mers à ceux qui me sort chers, aux bienfaiteurs des missions, spécialement donc à votre belle OEuvre des Partants. Aujourd'hui, je la renouvelle à toutes les associées de l'ouvroir de Nazareth, cette fois, en plus avec l'expression de ma spéciale reconnaissance, je demande au « Maître des Apôtres » de vous bénir, et je prie la vénérée ouvrière du bon Dieu qui a brodé le rochet envoyé au nouvel évêque de croire à son souvenir au saint Autel.
    Dès que j'aurai reçu cet envoi, je vous le ferai savoir. Je prendrai du reste la liberté de m'adresser il vous, prochainement je l'espère, pour vous demander quelques renseignements sur la grotte de Notre Daine de Lourdes qui se trouve dans le jardin de votre oratoire de la rue de Babylone. Vous me faciliterez si vous voulez bien me les donner, l'exécution d'un voeu que, dès le premier dimanche de mon arrivée ici, j'ai fait à la bonne Mère.
    Sans attendre jusque-là, connaissant la dévotion spéciale des associées de l'OEuvre des Partants envers Notre Dame de Lourdes, je me laisse aller à vous communiquer les sentiments qui m'ont inspiré ce vu ; j'ose espérer que vous voudrez bien avoir près d'Elle une prière pour aider à sa réalisation.

    Le travail du premier évêque d'une mission nouvelle est toujours difficile ; il l'est spécialement pour moi, eu égard à la pauvreté qui a toujours été le lot de la Corée et qui devient encore plus particulièrement celui de la nouvelle mission de Taikou où aucun des établissements généraux n'existe.
    Il n'y a ni habitation pour l'évêque, (je suis en location dans une petite maison coréenne basse où je n'abuse pas de l'air ni de la lumière), ni maison pour la procure, ni maison pour réunir les missionnaires à la retraite ; ameublement, vaisselle, tout est à trouver.
    L'église dédiée à Notre Dame de Lourdes, qui était suffisante pour les 800 chrétiens qui composaient la paroisse, au moment de la construction, est deux fois trop petite maintenant que 2000 chrétiens y peuvent venir régulièrement, et elle le sera de plus en plus puisque, grâce à Dieu les conversions se multiplient. C'est, en fait, une chapelle au choeur très exigu, où l'on a eu bien du mal de trouver une place pour le petit tabouret qui est le siège de l'évêque ; on ne peut guère y organiser de cérémonies pontificales et les missionnaires n'y auront pas de place aux retraites.
    Mais ce qui me préoccupe le plus, est l'absence de séminaire ; la nouvelle mission ne compte au séminaire de Ryong-san, où Mgr Mute veut hien les garder jusqu'à ce que je puisse les reprendre, que 7 élèves dont le plus âgé ne sera prêtre, s'il arrive au sacerdoce, que dans 8 ans. Cette rareté des vocations dans les provinces qui forment le nouveau Vicariat est due surtout à l'éloignement de Ryong-san, et nos missionnaires m'assurent que, lorsque nous aurons ici un séminaire, les sujets ne manqueront pas. Dès ma nomination j'ai insisté auprès d'eux pour obtenir des parents l'envoi à Ryong-san, d'enfants qui bientôt reviendront ici, et au mois de septembre nous aurons une vingtaine de séminaristes au séminaire de la mission de Séoul: Je désirerais voir cesser ce provisoire le plus tôt possible, afin de pouvoir poursuivre plus efficacement la formation du clergé indigène, qui est l'oeuvre par excellence de notre Société, et que les conditions de la France rendent plus urgentes que jamais. Ayant passé la plus grande partie de ma vie de missionnaire dans la carrière de professeur au séminaire, je sens plus que n'importe qui cette nécessité.
    En présence de ces difficultés, d'ordre tout matériel, et à la vue de la moisson blanche qui réclame tous mes soucis et mes travaux, j'ai craint que ces préoccupations d'argent ne vinssent attrister mon âme, distraire mon zèle et resserrer ma confiance.
    C'est pourquoi, j'ai eu l'inspiration de nommer Notre Dame de Lourdes économe de notre mission que je lui ai spécialement consacrée. Un miracle de plus n'est pas pour l'embarrasser, et bien qu'il en faille un pour nous faire envoyer de France, à une époque comme la nôtre, les secours qui nous sont nécessaires, je ne doute pas qu'Elle le fasse.
    J'ai fait le voeu d'édifier, au plus bel endroit du terrain destiné à l'évêché, une grotte aussi semblable que possible à celle de Lourdes, et d'user de toutes mes forces pour amener nos chrétiens à y venir en pèlerinage, « si elle nous procure les moyens d'édifier à cet endroit une maison pour l'évêque et les missionnaires, de construire un séminaire, et de faire à l'église de Notre Dame de Lourdes qui devient quasi cathédrale, les agrandissements nécessaires, sans toucher au modeste capital qui constitue actuellement les fonds de la nouvelle mission, nous permettant ainsi d'en employer les revenus aux oeuvres d'apostolat ». Ce voeu rédigé en trois exemplaires, signé de l'évêque, des missionnaires présents, des catéchistes et notables de la chrétienté, a été traduit et promulgué à l'église, et nos chrétiens prient pour sa réalisation. Des trois exemplaires, un a été déposé à l'église, au pied de la statue de Notre Dame de Lourdes, un a été envoyé, pour y être conservé, au sanctuaire de Lourdes, en France, l'autre est aux archives de la mission.
    Bien que je ne puisse prévoir d'où Elle nous enverra le secours, j'ai grande confiance que la Sainte Vierge ne laissera pas cette partie de la terre de Corée arrosée de tant de sang tomber aux mains de l'hérésie, malgré la générosité des Américains qui étonne et scandalise presque nos chrétiens. Non, pour une question de' quelques dizaines de milliers de piastres la bonne Mère des miracles ne laissera pas triompher les ennemis de notre foi. J'espère donc pouvoir bientôt remplir mon voeu. Déjà la bonne Mère nous a entendus, le terrain désiré m'a été donné par la chrétienté, c'est tout ce que je puis en attendre, mais c'est beaucoup, car il a une valeur d'au moins 25.000 francs, et il suffit pour nos bâtisses ; plusieurs de mes missionnaires ont voulu prélever sur leur modeste viatique qui 10, qui 20 francs pour une pierre à la grotte ; de France, j'attends le reste.

    Cette lettre lue à Pouvoir de Nazareth a inspiré à deux personnes le désir d'aider Mgr Démange.

    Pour la construction du fac-similé de la grotte de Lourdes que désire Mgr Demange.
    Madame la Marquise de Laubespin . . . . . .100 fr.
    Anonyme . . . . . . . . . 10 »

    AVIS POUR LES MESSES

    Les associés de l'OEuvre des Partants ou d'autres personnes nous demandent assez souvent des messes, en nous priant de les célébrer le plus tôt possible ou de les faire célébrer par nos confrères qui sont en mission ou dans les Etablissements communs : procures et sanatoriums. Nous sommes heureux d'unir les plus ferventes de nos prières aux leurs pour des âmes qui leur sont chères ou pour des intentions qui leur tiennent au coeur.
    Toutes les messes que l'on nous demande de célébrer en France le sont immédiatement et aux jours indiqués ; celles qui sont envoyées en mission ne peuvent être dites qu'un peu plus tard.
    La raison de ce délai se comprend aisément, si l'on réfléchit à l'éloignement de nos confrères et aux lenteurs des communications qui existent en certaines régions, où ils exercent leur apostolat. C'est sur ces motifs que Rome s'est appuyé pour nous accorder un indult autorisant ces retards. D'ailleurs ces retards, qui sont de quelques semaines pour les missions les plus proches, n'excèdent pas quatre mois pour les plus lointaines.
    Quant aux honoraires, ils sont ordinairement de 2 francs, excepté pour les Trentains ou les Neuvaines, qui exigent des honoraires plus élevés, par suite des difficultés qu'offre la continuité des messes à célébrer, puisque ni le Trentain, ni la neuvaine ne peuvent être interrompus. Il y a aussi une exception, mais en sens inverse, pour les honoraires des messes envoyées en mission ; à cause des délais qu'éprouve la célébration, les honoraires peuvent être inférieurs à 2 francs. Cependant, surtout quand on ne demande que quelques messes, ils ne sauraient être de 1 franc. On en saisira facilement les motifs. L'envoi de ces honoraires dans les pays de missions nécessite des frais de correspondance et d'expédition, parfois même il implique un change avec perte. Dans ces conditions, l'honoraire de 1 franc arrive véritablement trop diminué aux mains du destinataire. Ces remarques ne s'appliquent pas cependant aux honoraires des messes qui sont demandées en grand nombre, par exemple plusieurs centaines, parce que, dans ce cas, les frais, étant payés en une seule fois sont moins importants, et comme ils sont prélevés sur, une somme relativement forte, ils peuvent être plus facilement supportés.
    En dehors de ces raisons, il en est d'autres plus élevées, que tout chrétien comprendra : les honoraires ne sont pas le prix du Saint Sacrifice, ils sont une aumône offerte au prêtre pour ses besoins ou pour ses oeuvres ; en offrant davantage, le chrétien non seulement fait une charité bien placée, mais il participe aux mérites des bonnes oeuvres qu'il aidera le prêtre à accomplir.
    Ajoutons encore brièvement ces considérations touchantes et vraies : Le mérite de ces aumônes ne retombe-t-il pas en totalité ou en partie sur les âmes pour lesquelles on prie ? Combien de ces âmes ont été, pendant leur vie, oublieuses du devoir de l'aumône ? Combien ne l'ont pas faite selon leurs moyens. En pratiquant l'aumône en leur nom, à leur intention, on les met dans un état plus apte à recueillir les fruits du Saint Sacrifice célébré pour elles, c'est-à-dire que l'on diminue la peine dont elles sont frappées, et qu'on travaille à leur faire ouvrir plus vite par le Dieu de toute justice mais aussi de toute miséricorde, les portes du séjour de la paix et du bonheur éternels.

    RECOMMANDATIONS

    Nous recommandons aux prières de nos associés : la France le Souverain Pontife, la Société des Missions Etrangères, nos Séminaristes soldats.
    Une vocation. Quatre mariages. une école libre. L'union dans une famille. Cinq malades. Deux conversions. Un procès. Une mère de famille très malade. Un enfant malade. Un étudiant. Une communauté religieuse. Plusieurs défunts et défuntes. Une grâce importante.

    1912/43-54
    43-54
    France
    1912
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