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Décret impérial

Décret impérial Rapport fixant les relations entre les autorités locales et le clergé catholique, présenté au Trône par S. A. I. le Prince et LL. EE. Les Ministres du Conseil des Affaires étrangères, le 4e jour de la ne lune de la 25e année Kouang-Siu (le 15 mars 1899). Le même jour, le décret impérial suivant a été rendu : « Que l'on se conforme à ce qui a été décidé ». Respect a ceci!
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    Décret impérial

    Rapport fixant les relations entre les autorités locales et le clergé catholique, présenté au Trône par S. A. I. le Prince et LL. EE. Les Ministres du Conseil des Affaires étrangères, le 4e jour de la ne lune de la 25e année Kouang-Siu (le 15 mars 1899). Le même jour, le décret impérial suivant a été rendu :
    « Que l'on se conforme à ce qui a été décidé ».

    Respect a ceci!

    Des églises de la religion catholique dont la propagation a été autorisée depuis longtemps par le Gouvernement Impérial, étant construites maintenant dans toutes les provinces de la Chine, désirent de voir le peuple et les chrétiens vivre en paix et afin de rendre la protection plus facile, il a été convenu que les Autorités locales échangeront des visites avec les Missionnaires dans les conditions indiquées aux articles ci-dessous :
    1° Dans les différents degrés de la hiérarchie ecclésiastique, les Évêques étant en rang et en dignité les égaux des Vice-rois et des Gouverneurs, il conviendra de les autoriser à -demander à voir les Vice-rois et Gouverneurs.
    Dans le cas où un Évêque serait appelé pour affaires dans son pays, ou s'il venait à mourir, le Prêtre chargé de remplacer l'Évêque, sera autorisé à demander à voir le Vice-roi et le Gouverneur.
    Les Vicaires généraux et les Archiprêtres seront autorisés à demander à voir les Trésoriers et Juges provinciaux, et les Intendants.
    Les autres Prêtres seront autorisés à demander à voir les Préfets de Ire classe et de 2e classe, les Préfets indépendants, les Sous-préfets et les autres fonctionnaires.
    Les Vice-rois, Gouverneurs, Trésoriers et Juges provinciaux, les Intendants, les Préfets de 1re et de 2e classe, les Préfets indépendants, les Sous-préfets et les autres fonctionnaires répondront naturellement, selon leur rang, par les mêmes politesses.
    2° Les Évêques dresseront une liste des Prêtres qu'ils chargeront spécialement de traiter les affaires et d'avoir des relations avec les autorités, en indiquant leur nom et le lieu où se trouve la mission. Ils adresseront cette liste au Vice-roi ou au Gouverneur, qui ordonnera à ses subordonnés de les recevoir conformément à ce règlement.
    (Les Prêtres qui demanderont à voir les Autorités locales ou qui seront spécialement désignés pour traiter les affaires devront être Européens. Cependant, lorsqu'un Prêtre européen ne connaîtra pas suffisamment la langue chinoise, il pourra momentanément inviter un Prêtre chinois à l'accompagner et à lui prêter son concours comme interprète).
    3° Il sera inutile que les Évêques qui résident en dehors des villes, se rendent de loin à la capitale provinciale pour demander à être reçus par le Vice-roi ou le Gouverneur, lorsqu'ils n'auront pas d'affaire.
    Quand un nouveau Vice-roi ou un Gouverneur arrivera à son poste, ou quand un Évêque sera changé et arrivera pour la première fois, ou bien encore à l'occasion des félicitations pour la nouvelle année et les fêtes principales, les Évêques seront autorisés à écrire des lettres privées aux Vice-rois et aux Gouverneurs et à leur envoyer leur carte. Les Vice-rois et Gouverneurs leur répondront par la même politesse.
    Les autres Prêtres qui seront déplacés ou qui arriveront pour la première fois, pourront; selon leur dignité, demander à voir les Trésoriers et Juges provinciaux, les Intendants, Préfets de Ire et de 2e classe, Préfets indépendants, Sous-préfets et les autres fonctionnaires lorsqu'ils seront pourvus d'une lettre de leur Évêque.
    4° Lorsqu'une affaire de mission, grave ou importante, surviendra dans une des provinces quels qu'elle soit, l'Évêque et les Missionnaires du lieu devront demander l'intervention du Ministre ou des Consuls de la puissance à laquelle le Pape a confié le protectorat religieux. Ces derniers régleront et termineront l'affaire soit avec le Tsong-li Yamen, soit avec les autorités locales. Afin d'éviter de nombreuses démarches, l'Évêque et les Missionnaires pourront également s'adresser d'abord aux autorités locales avec qui ils négocieront l'affaire et la termineront.
    Lorsqu'un Évêque ou un Missionnaire viendra voir un Mandarin pour affaire, celui-ci devra la négocier sans retard d'une façon conciliante et rechercher une solution.
    5° Les autorités locales devront avertir en temps opportun les habitants du lieu, et les exhorter vivement à l'union avec les chrétiens ; ils ne doivent pas nourrir de haine et causer de trouble.
    Les Évêques et les Prêtres exhorteront également les chrétiens à s'appliquer à faire le bien afin de maintenir la bonne renommée de la religion catholique, et faire en sorte que le peuple soit content et reconnaissant.
    Lorsqu'un procès aura lieu entre le peuple et les chrétiens, les autorités locales devront le juger et le régler avec équité ; les Missionnaires ne pourront pas s'y immiscer et donner leur protection avec partialité, afin que le peuple et les chrétiens vivent en paix.

    Pour traduction conforme :
    Le 1er Interprète de la Légation de France,

    M. LEDUC.

    Quel sera le résultat de cet acte qui pour plusieurs est très important et pour tous est le témoignage d'une grande bienveillance? Faudrait-il conclure que désormais il n'y aura plus de difficulté? Ce serait excessif, mais il peut s'en élever beaucoup moins, et les difficultés qui naîtront peuvent être aplanies plus vite. Il faut donc remercier la Chine de cet acte, et aussi le gouvernement français « qui, dit l'Écho de Chine, a voulu cette victoire et qui pour l'obtenir a su choisir celui (1) qui était capable de la remporter ».

    (1) Mgr, Favier, vicaire apostolique de Pékin, à qui M. Pichon, notre ministre en Chine, a adressé pour ce succès une lettre bien méritée d'éloges et de renier ciments.

    Mais avant tout il faut en remercier Dieu et c'est ce qu'a fait S. Ém. le Cardinal Archevêque de Paris, par une messe célébrée spécialement à cette intention le 14 juin, à l'église de Notre Dame des Victoires, sur la demande du Conseil central de la Propagation de la Foi, à Paris. Parmi les assistants, au premier rang, près de l'autel de la sainte Vierge et à la première place, du côté de l'Épître, se trouvait le Ministre de Chine à Paris, puis M. Hamel, président, et plusieurs membres du Conseil central de l'OEuvre de la Propagation de la Foi. Au deuxième rang et à la même place, du même côté, était la femme du Ministre de Chine, le secrétaire du Conseil central de l'oeuvre de la Propagation de la Foi, etc. Du côté de l'Évangile, dans le sanctuaire, Mgr Potron, des Franciscains, ancien procureur des Missions franciscaines de Chine. Dans l'assistance étaient encore M. Demimuid, directeur général de la. Sainte Enfance, M. Delpech, supérieur de notre Séminaire, M. Bettembourg, procureur général de Saint-Lazare, le secrétaire du supérieur général de Picpus, un Père Franciscain, et des représentants d'autres Congrégations.
    Après la messe basse, le cardinal en chape et en mitre, et la crosse à la main, a adressé, du palier de l'autel, quelques paroles à l'assistance, avec ce ton simple, pieux et paternel qui l'accompagne toujours. Il a rappelé l'encyclique Proeclara que Léon XIII adressa, le 20 juin 1894, ad principes populos que universos, à l'occasion de son jubilé épiscopal, pour les appeler tous dans le sein de l'Église. Et, dans l'acte accompli par l'empereur de Chine, à l'avantage de l'Église catholique, il 'était heureux de voir un des effets salutaires que doit produire la parole apostolique de l'Église... En terminant, il a rappelé l'acte d'une souveraine importance que vient d'accomplir Léon XIII en consacrant le genre humain au Sacré Coeur de Jésus, acte dont nous devons attendre les plus grands et les plus heureux résultats. A la fin de son allocution, le cardinal a solennellement donné sa bénédiction à toute l'assistance.
    Après la cérémonie, le Ministre de Chine, les membres du Conseil central de la Propagation de la Foi, et les représentants des Congrégations, sont allés à la sacristie pour saluer son Éminence. M. Delpech et M. Bettembourg étaient les derniers, et le Cardinal les a retenus assez longtemps. Ils ont pu constater une fois de plus combien est grande et vive la dévotion de Mgr Richard pour le Pape, pour Léon XIII, combien aussi est inébranlable sa foi dans le triomphe définitif de l'Église, même dans notre France.

    1899/181-183
    181-183
    Chine
    1899
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