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Conversion de Monica.

CORÉE LETTRE DU P. WILHELM Missionnaire apostolique Conversion de Monica. Je faisais l'administration des néophytes de Sa-ri-ouen. Alors s'est présentée à moi une femme d'une trentaine d'années, qui a montré une rare persévérance dans la recherche de la vérité.
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    CORÉE

    LETTRE DU P. WILHELM

    Missionnaire apostolique

    Conversion de Monica.

    Je faisais l'administration des néophytes de Sa-ri-ouen. Alors s'est présentée à moi une femme d'une trentaine d'années, qui a montré une rare persévérance dans la recherche de la vérité.
    Elle demeure à Tang-hpo, grand marché près du fleuve. Son mari, Kim-tjyong-him, est en ce moment chef du village où les protestants comptent sept ou huit adeptes. Ceux-ci pensaient avoir fait une bonne recrue dans une catéchumène qui montrait une intelligence et un zèle très grands à lire les livres de la secte. Mais en les entendant, Monica (donnons-lui ce nom) sentait quelque chose de vide et de faux qui la tourmentait. Elle apprend par hasard qu'à Hpyeng-yang il y a le catholicisme, plus ancien que le protestantisme. Avec cette seule indication, la voilà qui se met en route pour Hpyeng-yang, accompagnée de sa fillette âgée de 12 ans ; c'est une distance de 19 lieues. Tout le long du chemin, elle répétait des prières au Ciel pour le supplier de l'éclairer, de la diriger. Entre Hoang-tjyou et Hpyeng-yang, elle fit route avec deux femmes païennes, mais à cause de la petite fille, Monica ne put les suivre longtemps et dut s'arrêter dans une auberge. Les deux autres continuent leur chemin, sont arrêtées et dévalisées par les voleurs. Elles reviennent sur leurs pas et racontent leur mésaventure à leur compagne de route qui, pleine de foi, s'écrie :
    Oh! Cela va bien, le Ciel me voit et m'aide déjà, je suis sûre d'arriver au but.
    Près du fleuve, elle s'arrête fatiguée et hésitante sur le bord de la route, ne sachant à qui ni comment demander son chemin. A la fin, elle avise un passant et lui demande où il va. Même question de la part de celui-ci :
    Je ne sais où je vais, répondit-elle, je cherche où sont les chrétiens.
    Or, celui qu'elle avait interpellé était justement un chrétien qui l'amène droit à la Mission. Instruite, elle comprend très bien, écrit à son mari que s'il ne lui promet pas de la laisser libre, elle ne reviendra pas. Le mari alarmé arrive, s'engage solennellement à laisser sa femme pratiquer le catholicisme, et tous cieux s'en retournent ensemble.
    Ayant appris qu'un Père demeurait à Mai-hoa-tong, Monica vient me trouver et demande en grâce de pouvoir assister une fois à la messe, avant son baptême. Pendant qu'on lui explique la doctrine et les prières, elle se tient à genoux ; et comme les chrétiens l'invitaient à prendre une posture plus commode :
    Oh non! dit-elle, pour une pécheresse comme moi, c'est ainsi qu'il convient d'écouter la doctrine du Maître du Ciel.
    Et elle entendit dans cette attitude toutes les explications qu'on lui donna.
    Enfin les voeux de Monica vont être comblés, son mari étudie avec elle ; il est venu m'annoncer qu'il quittait son village et s'installait à Mai-hoa. Le baptême simultané des deux époux permettra de faire l'interpellation à une première femme et de régler une situation qui seule retardait bien malgré elle le baptême de Monica. N'est-il pas admirable de voir des âmes de bonne volonté rechercher avec constance la vérité dont elles n'ont entrevu qu'une lueur et suivre cette simple lueur jusqu'à la pleine lumière? Grâce à Dieu, ces âmes ne sont pas rares en Corée, et c'est pour en montrer un exemple que j'ai cru devoir donner avec quelques détails l'histoire de ma catéchumène.
    P.-S. Monica a été baptisée avec son mari, la veille de l'Ascension.

    1899/248-249
    248-249
    Corée du Sud
    1899
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