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Contes Lolos

VARIÉTÉS Contes Lolos1 Traduction de M. P. VIAL Missionnaire apostolique au Yun-nan. LE RỀVE J'ai fait un drôle de rêve, Drôle! J’étais en pays chinois, En pays chinois, Lèlou, Lèlou, le mari, pilait du riz, Lèlou, la femme, vannait le riz. Vannait les petits grains. Les petits grains nourrissaient un poulet, Le poulet jaunissait du bec, Le poulet devenait coq, Le coq becquetait le sarrasin, Becquetant, s'engraissait. On le changeait pour un porc,
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    VARIÉTÉS

    Contes Lolos1

    Traduction de M. P. VIAL

    Missionnaire apostolique au Yun-nan.

    LE RỀVE

    J'ai fait un drôle de rêve,
    Drôle! J’étais en pays chinois,
    En pays chinois, Lèlou,
    Lèlou, le mari, pilait du riz,
    Lèlou, la femme, vannait le riz.
    Vannait les petits grains.
    Les petits grains nourrissaient un poulet,
    Le poulet jaunissait du bec,
    Le poulet devenait coq,
    Le coq becquetait le sarrasin,
    Becquetant, s'engraissait.
    On le changeait pour un porc,
    Le porc était engraissé,
    Puis vendu à Gnileang.
    Quand je monterai à la capitale,
    J'achèterai une pelote de franges,
    Une pelote pour ma petite Apou.
    Apou est florissante,
    Apou est reluisante.
    Apou va chercher de l'eau
    Et ne parvient pas à l'atteindre,
    Elle n'attrape qu'un vers !
    La maman ne veut pas de l'eau,
    Le papa détourne les yeux,
    Son petit coeur en est tout triste.

    1. M. Vial a eu l'extrême bonté de nous adresser le texte lolo de ces contes avec la traduction littérale et des remarques philologiques, comme il l'avait fait pour le premier travail que nous avons publié page 129, dans notre numéro de mai juin 1904.
    Malheureusement l'espace dont nous disposons ne nous permet pas aujourd'hui la reproduction entière de ce savant travail.

    LES PLAINTES D'UNE MÈRE

    SUR LA MORT DE SON FILS

    Précédé par l'aurore,
    Le soleil a relui :
    Il roule dans l'espace, et tombe dans la nuit
    Pour revenir encore.
    Et ton fils, pauvre mère,
    Meurt et ne revient pas !
    Son éternel adieu suit son premier trépas.
    Oh! Douleur plus qu'amère!

    La lune en son quinzième,
    Arrondit sa blancheur.
    Puis, chaque jour efface un peu de sa pâleur
    Pour renaître de même.
    Et ton fils, pauvre Mère,
    Meurt et ne revient pas !
    Son éternel adieu suit son premier trépas.
    Oh ! Douleur plus qu'amère !

    La fleur de la montagne
    Se colore au printemps,
    Et se meurt en hiver, puis revient tous les ans
    Retrouver sa compagne.
    Et ton fils, pauvre Mère,
    Meurt et ne revient pas!
    Oh ! Douleur plus qu'amère !

    Au sein de la prairie,
    Jaunit le bouton d'or.
    Il éclate, il s'éteint, et puise dans la mort
    Une nouvelle vie.
    Et ton fils, pauvre mère,
    Meurt et ne revient pas !
    Son éternel adieu suit son premier trépas.
    Ta douleur trop amère
    Consume ton amour et te ronge le coeur.
    Non ! Tout n'est pas fini, car sa vive tendresse,
    Comme dans sa jeunesse,
    Là-bas fait son bonheur.

    1904/375-377
    375-377
    Chine
    1904
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