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Consécration épiscopale de Monseigneur Bouchut

Consécration épiscopale de Monseigneur Bouchut Notre précédent numéro annonçait la consécration de Mgr Bouchut, évêque de Panemotichus, Vicaire apostolique du Cambodge. La cérémonie a eu lieu au jour indiqué, le dimanche 21 septembre. Le consécrateur était Mgr Chatagnon, vicaire apostolique du Su-tchuen méridional ; le premier assistant, Mgr Christiaens, de l'ordre de Saint-François, ancien vicaire apostolique au Hou-pé septentrional ; et le second assistant, Mgr Le Roy, supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit.
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    Consécration épiscopale de Monseigneur Bouchut
    Notre précédent numéro annonçait la consécration de Mgr Bouchut, évêque de Panemotichus, Vicaire apostolique du Cambodge. La cérémonie a eu lieu au jour indiqué, le dimanche 21 septembre. Le consécrateur était Mgr Chatagnon, vicaire apostolique du Su-tchuen méridional ; le premier assistant, Mgr Christiaens, de l'ordre de Saint-François, ancien vicaire apostolique au Hou-pé septentrional ; et le second assistant, Mgr Le Roy, supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit.
    A 8 heures et demie, les trois évêques et les directeurs du Séminaire se trouvaient réunis à la salle du conseil, en habit de chur ; Mgr Bouchut est alors arrivé en soutane et manteletta violettes et, après avoir salué les prélats et ses confrères, il s'est mis à genoux sur le prie-Dieu préparé à cet effet ; il a lu, à haute voix, la profession de foi de Pie IV et prêté le serment prescrit. Du salon, on s'est rendu à la sacristie, le consécrateur marchant le premier entre ses deux chapelains, MM. Fleury et Barillon, puis Mgr Bouchut, entre les deux évêques assistants, et enfin les directeurs avec l'oncle du nouvel évêque, M. l'abbé Granotier, curé à Saint-Étienne, et qui a été placé au premier rang.
    L'entrée à l'église s'est faite dans le même ordre.
    On avait réservé, pour les prêtres de notre Société et pour les prêtres étrangers, toute la rangée supérieure des bancs du choeur, du côté de l'épître et de l'évangile. Du côté de l'épître, les trois premières places étaient occupées par l'oncle de Mgr Bouchut, par le supérieur général de Saint-Sulpice, par le directeur général de la Sainte-Enfance.
    Les président, vice-président et trésorier du conseil central de la Propagation de la Foi avaient leurs places réservées à la première tribune. Il en était de même pour les membres de la famille de Mgr Bouchut.
    L'église était absolument comble, toutefois le calme et le silence n'ont pas cessé de régner. Il va sens dire que notre communauté de l'Immaculée Conception (Bièvres) était venue au grand complet pour prendre part à la fête.
    La cérémonie s'est accomplie avec beaucoup d'ordre et de régularité et a été, par le fait même, très belle et imposante. La messe a été basse, comme cela se pratique quand le consécrateur n'est pas dans son diocèse. Mais il y a eu chant des litanies et de quelques autres morceaux prévus par les règles de l'Église. La consécration épiscopale commencée à 9 heures a pris fin à 11 heures.
    On s'est alors réuni à la salle du conseil et, quelques minutes avant le dîner, Mgr Bouchut, accompagné du supérieur et de quelques directeurs du Séminaire, s'est rendu à la salle des exercices, où l'attendaient, pour recevoir sa bénédiction, nos deux communautés réunies de Bièvres et de Paris. Le prélat leur a dit quelques bonnes paroles, simples et touchantes, leur demandant de l'aider à remercier Dieu et leur promettant de les aider à le remercier dimanche prochain, après leur ordination.
    A la fin du dîner, Mgr Bouchut, dans un langage calme, modeste et assuré, a adressé à l'assistance ses remerciements dans les termes suivants :

    MESSEIGNEURS, MESSIEURS,

    Qu'il me soit permis de profiter de cette occasion unique qui m'est offerte de dire ici à tous ma profonde gratitude.
    J'ai eu ce matin le bonheur et l'honneur de voir réunis autour de moi, m'aidant de leurs ardentes prières, presque tous ceux à qui mon coeur doit du respect, de l'affection, de la reconnaissance. Le bon Dieu a voulu que, pour me préparer aux sacrifices de l'avenir, j'aie aujourd'hui toutes les joies que mon coeur pouvait désirer.
    Avant tout, merci au divin Maître, qui en ce jour a couvert ma faiblesse de sa puissance et m'a enrichi de ses dons les plus précieux.
    Merci à vous, bien aimé Seigneur, de m'avoir donné l'onction sainte. Ce nie sera plus tard un doux souvenir et un encouragement au milieu des difficultés de mon ministère, de me rappeler votre affectueuse bonté, votre calme patience, votre charité douce et simple. Ce me sera un encouragement, dis-je, de penser que, du fond de la Chine, vous lèverez encore les mains sur votre jeune frère pour ressusciter en la grâce de sa consécration.
    Merci à vous, vénérés Seigneurs, vous n'avez pas hésité à passer par-dessus de grandes occupations, à faire un long voyage, pour me donner la preuve de votre grande bienveillance et le secours précieux de votre patronage.
    Merci à Monsieur le président du conseil central de la Propagation de la Foi, à ses dignes et si dévoués collaborateurs et à Monseigneur le directeur de l'OEuvre de la Sainte-Enfance. C'est par votre concours que le missionnaire peut faire le bien et vous avez montré, en daignant répondre à notre invitation, que le Vicaire apostolique du Cambodge était bien vôtre et que vous l'acceptiez pour vôtre.
    Et vous, bien cher oncle, qui avez été mon ange gardien dans mes premiers pas vers le sacerdoce, que j'ai toujours trouvé à côté de moi dans les circonstances difficiles, qui n'avez jamais hésité à faire taire votre affection pour m'aider à réaliser les sacrifices les plus pénibles demandés par Dieu, daignez agréer la nouvelle assurance de ma vive et profonde gratitude.
    Afin qu'aujourd'hui rien ne manquât à ma joie, la Providence a permis que ma nouvelle famille, ma chère famille du Cambodge se trouvât, elle aussi, représentée au milieu de nous. Vous direz aux absents, cher Père Gazignol, vous leur écrirez, n'est-ce pas, que j'ai pensé à eux au jour où le bon Dieu nous associait à nouveau, à la vie, à la mort, dans la même oeuvre, sur le même champ de bataille.
    Merci à tous ceux qui m'ont honoré aujourd'hui de leur sympathie et de leur affection.
    Je garde mes derniers remerciements pour mes bien aimés confrères, Messieurs les Directeurs. Plusieurs ont été des pères pour moi avant d'être des frères. Tous m'ont prêté l'aide fraternel le plus doux et le plus précieux.
    Je termine en offrant ma reconnaissance la plus filiale à notre vénéré Père Supérieur ; je termine par lui parce qu'il résume pour moi toutes les bontés et toutes les affections. Il est mon Père, il est chez nous le Père des évêques et des missionnaires. Que Dieu le garde longtemps, au Séminaire et à la Société, qu'il écarte de nous les angoisses que nous sentons étreindre notre coeur à l'annonce du moindre accroissement dans ses souffrances, tant nous craignons de perdre notre Père, tant nous comprenons le prix de le garder.
    A lui de tout coeur je dirai et je répèterai dans mes prières : Ad mulots an nos.

    Notre vénéré supérieur a répondu au nouvel évêque, associant ses remerciements à ceux que Mgr Bouchut venait d'adresser à l'assistance, le remerciant des paroles pleines d'affection qu'il avait adressées aux confrères et à lui-même, le félicitant au nom des directeurs et des missionnaires présents, au nom des missionnaires du Cambodge et aussi au nom de nos aspirants. Par une touchante et délicate pensée, il a eu un affectueux souvenir pour la mère du prélat, cette vénérable et courageuse chrétienne qui a donné deux de ses fils aux Missions Étrangères ; et il a terminé en appelant la bénédiction de Dieu sur le pieux évêque et sur son ministère.

    1902/313-316
    313-316
    France
    1902
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