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Consécration épiscopale de Monseigneur martial Jannin

Consécration épiscopale de Monseigneur martial Jannin 1er Vicaire Apastolique de Kontum (Annam) Le vendredi 23 juin 1833, fête du Sacré Coeur de Jésus, avait été choisi pour le sacre du premier Vicaire apostolique de la nouvelle Mission de Kontum.
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    Consécration épiscopale de Monseigneur martial Jannin

    1er Vicaire Apastolique de Kontum (Annam)

    Le vendredi 23 juin 1833, fête du Sacré Coeur de Jésus, avait été choisi pour le sacre du premier Vicaire apostolique de la nouvelle Mission de Kontum.
    Le 22 au soir, tous les chrétiens déjà arrivés tinrent à présenter leurs hommages à NN. SS. Les Evêques dans un chant de circonstance et en un discours français, fort bien tourné, débité par l'un de nos prêtres bahnars. Sur l'estrade, entourant S. Exc. Mgr Dreyer, Délégué apostolique, le Consécrateur de demain, avaient pris place les deux prélats assistants, NN. SS. Hergott, de Phnom Penh, et Tardieu, de Quinhon, ainsi que Mgr. Du mortier, de Saigon, et Mgr Chabanon, de Hué ; les deux vice provinciaux des Franciscains et des Rédemptoristes, et tous les prêtres présents, français, annamites et bahnars.
    Dans un langage délicatement nuancé, où passa tout son coeur, S. E. Monseigneur le Délégué apostolique sut trouver les mots voulus, que le P. Chau résuma à la foule.
    Le soir, Oratoire en plein air devant la Vierge illuminée, et invocations à nos Bx Martyrs. Cet oratoire se fait, du reste, chaque samedi et les veilles de grande fête, tout comme à la rue du Bac.
    Le 23 juin, la Cathédrale de l'Immaculée Conception de Kontum vécut une journée glorieuse, dont le souvenir restera ineffaçable dans l'esprit de nos chrétiens venus de partout. Jamais elle ne fut si bien parée. Murs et voûtes disparaissaient sous les guirlandes de verdure, bannières, fleurs de toutes sortes, boules panoramiques, lanternes vénitiennes, etc...., tandis qu'au fond du choeur, la Vierge de la Médaille miraculeuse, imitation parfaite de celle des Filles de la Charité, laissait tomber de ses mains bénissantes, en pluie de pierreries, des grâces de choix sur le nouvel évêque.
    Dans le saint lieu, le moindre recoin, d'où l'on pouvait avoir une chance de voir quelque chose des cérémonies qui se déroulaient au choeur, était occupé. Dès six heures du matin, la cathédrale était assiégée ; pendant une heure ce fut un défilé ininterrompu de gens, venus des quatre coins de la nouvelle mission et aussi de Quinhon. De fait, tous les confrères français et annamites de la mission mère qui avaient pu venir, depuis le Père Provicaire Labiausse jusqu'à l'enfant apostolique, le P. Valour, tous étaient là. Et pour que la fête fut complète, les Soeurs de Saint-Paul de Chartres, les Franciscaines Missionnaires de Marie, les Religieuses Amantes de la Croix, les Fils de St Jean Baptiste de la Salle, les Petits Frères de St Joseph, avaient tenu à venir aussi en grand nombre s'unir à Mgr Jannin. C'était ainsi une façon d'offrir leurs services à Son Excellence pour un avenir que nous souhaitons prochain. Chez les Bahnars, enfin, le printemps va fleurir !
    Les autorités civiles étaient aussi présentes au complet. Au premier rang, M. le Résident de France à Kontum, représentant officiellement M. le Gouverneur Général de l'Indochine, ainsi que MM. les Résidents de France à Pleiku et à Banmethuôt, deux provinces de ce vicariat ; les deux préfets annamites de Pleiku et de Kontum. Je ne nommerai pas tous nos compatriotes qui ont tenu à honorer de leur présence la cérémonie par crainte d'en oublier quelques-uns. Qu'il me suffise de dire qu'ils sont venus nombreux, témoignant ainsi en quelle estime ils tiennent Mgr Jannin.
    A sept heures, le cortège, parti de l'école St Joseph, arrive à la cathédrale. Les scouts des deux paroisses de la ville, vêtus de couleurs gaies, ouvraient et fermaient la marche de la procession. Les élèves du Collège Cuenot, en uniforme propret, étaient tout à la joie. Les chefs Moys, drapés dans leurs couvertures des grands jours, avaient l'allure des Romains de jadis. Les catéchistes bahnars des divers districts, cent cinquante environ, marchaient fièrement, conscients d'avoir été les élèves et les dirigés du bon Père Jannin. Venaient ensuite les dignitaires annamites, en habits bleu de ciel des grandes cérémonies aux larges manches tombantes, puis les enfants des paroisses, vêtus de blanc, couronnés de roses et tenant en main un bouquet de fleurs. Plus de 60 prêtres en habit de choeur et enfin NN. SS. Les Evêques, dont nos pauvres chrétiens ne cessaient d'épier les moindres gestes et d'admirer l'apparat des vêtements sacrés.
    C'est au chant du Benedictus, admirablement exécuté par les élèves du Collège Cuenot, que la procession fit son entrée dans la cathédrale.
    Puis la cérémonie commença. Après la présentation de l'élu à son consécrateur, le P. Bresson, l'aimable secrétaire de S. E. Mgr Dreyer, lut les lettres apostoliques qui permettent de procéder à la consécration. Tout se déroula dans un silence extraordinaire, eu égard à la foule qui se pressait dans l'église, silence coupé seulement par le chant du Gloria et du Credo, les interrogations et réponses de Leurs Excellences.
    Quand, avant le dernier évangile, le consécrateur, ayant remis au nouveau consacré la mitre et les gants, l'invita à s'asseoir sur le trône épiscopal, l'assistance ne put contenir son émotion et plus d'une larme coula. Aussi avec quel coeur le Te Deum fut-il enlevé, tandis qu'accompagné de ses parrains, Monseigneur Jannin, très ému, parcourait la cathédrale pour bénir l'assistance.
    La sortie se fit aux accents d'un chant triomphal en langue bahnar, magistralement exécuté par la chorale.
    A l'issue de la cérémonie un vin d'honneur fut offert à nos compatriotes. Puis, après que notre nouvel évêque eut fait part de ses sentiments et de ses émotions à ses chers confrères et leur eut donné sa première bénédiction, successivement ses chers enfants du Collège, les catéchiste de la mission, les députations des paroisses annamites, vinrent saluer leur nouveau pasteur par des compliments fleuris à qui mieux mieux. Malgré la fatigue de la journée, Monseigneur sut trouver le mot juste pour chaque groupe qui se retira joyeux. Et chacun alla faire honneur au grand festin annamite organisé par les PP. Thiet et Dé.
    A midi, dans la salle d'étude du Collège magnifiquement décorée, ayant comme fond tous les blasons des évêques présents, un banquet, présidé par le représentant du Saint Père, réunit tous les prélats, les principales autorités civiles et tous les confrères.
    J'en arrive aux discours, passant sous silence le menu qui fut assaisonné de la plus franche gaîté.
    S. E. Mgr le Délégué apostolique, avec son amabilité souriante devenue proverbiale, développa l'idée suivante « Monseigneur Jannin était le seul ne désirant pas la séparation, parce que, disait-il, personne n'accepterait ce lourd fardeau, il oubliait.... que Sa Grandeur était seule digne de le porter ».
    S. E. Mgr Tardieu parle de la foi à transporter les montagnes et de la charité embrassant jusqu'aux sauvages les plus arriérés de Mgr de Gadara. De tout coeur l'évêque de Vada adressa au premier. Vicaire Apostolique de Kontum, troisième fille de la vieille mission de Quinhon, ses voeux les plus ardents.
    Puis ce fut le tour du P. Cadière. Son discours jette une si vive lumière sur l'oeuvre accomplie par nos confrères chez les « Sauvages Bahnars » que nous nous excusons de le résumer.

    « ......Je veux rappeler aujourd'hui votre oeuvre scientifique. Et lorsque je dis : votre, ce n'est pas un pluriel de majesté que j'emploie, c'est un vrai pluriel numérique. Je parle de tous les confrères qui ont travaillé ici depuis la fondation de cette Mission.
    En me plaçant donc à un point de vue purement laïque, je vois que vous avez découvert un pays et ses habitants. C'est là un titre de gloire qui compte. Sans remonter à Christophe Colomb, ni même aux Livingstone, aux Stanley, aux Baker, dont les récits ont enthousiasmé notre jeunesse, pensons aux Garnier, aux Pavie, aux Odend'hal, aux Maître. Leurs noms sont cités partout : toute bibliothèque qui se respecte possède la relation de leurs voyages, tous les libraires détiennent leurs ouvrages, la plupart même ont une statue, ici ou là, un nom de rue. Je crois bien que si, passant à Quinhon, je voulais acheter le livre qu'écrivit le fondateur de cette Mission, je ne le trouverais pas en vente. Peut-être même ne pourrais-je pas me le procurer ici même. Nous négligeons nos gloires !
    Non seulement vous avez découvert un peuple, mais vous l'avez civilisé.
    Vous ne leur avez pas seulement appris à lire une page imprimée, vous ne vous êtes pas contenté d'introduire des idées nouvelles dans leur esprit, mais, surtout, vous leur avez appris à penser, vous leur avez indiqué les règles morales absolument nécessaires pour utiliser sans danger pour soi ni pour les autres, les richesses passablement dangereuses de notre civilisation.
    Il m'est arrivé bien des fois, lorsque je voulais renseigner un chargé de mission parcourant en coup de vent la Colonie, ou simplement révéler ce que nous arrivons à faire, nous, missionnaires, à tant de nos compatriotes qui passent leur vie en Indochine sans se rendre compte de ce qui s'y fait, il m'est arrivé bien des fois de citer votre nom, le nom de votre mission, votre Collège Cuenot, votre petite revue pour les catéchistes. Un collège, une revue pour les tribus indonésiennes de la Chaîne annamitique ! Oui, voilà ce que les missionnaires ont pu faire. En se plaçant au point de vue purement laïque, c'est admirable. Car, les langues de ces tribus, c'est vous qui les avez débrouillées, c'est vous qui en avez fixé les éléments dans des dictionnaires et des grammaires, c'est vous qui en avez noté les sons dans un système de transcription qui s'est avéré excellent.
    Et ce n'était pas là le plus difficile. Vous vous êtes insinué dans la mentalité de ces tribus, vous avez étudié le dédale de leur pensée, leurs alliances entre eux et avec les divers êtres de la nature et du monde surnaturel, leurs rites, leurs songes mêmes.
    Evidemment, l'oeuvre n'est pas finie : la mort est venue enlever tel ouvrier en plein travail ; d'autres amassent des trésors depuis des années, polissent et remanient ce qu'ils ont fait, sans se décider à rien publier, comme s'ils avaient uniquement l'ambition de travailler pour les fourmis blanches. Mais, telle qu'elle est, votre oeuvre scientifique est digne d'admiration. Et j'ai tenu à le dire au vieil ami que vous êtes pour moi, Excellence. Et j'ai cru que cela était bon à rappeler devant tous vos amis, vos amis personnels et les amis de la mission.
    Excellence, vous êtes l'aboutissement, le couronnement d'une longue suite d'efforts. Je ne dis pas d'efforts religieux, j'écarte délibérément ce point de vue, mais d'efforts au point de vue scientifique, au point de vue social, humain...... ».

    Notre vénéré doyen, le cher P. Irigoyen, retenu au logis par un mal bien fâcheux, avait mis toute son âme d'apôtre dans un discours qu'un autre dut prononcer. Rappelant les débuts de la mission et retraçant les grandes lignes de la vie de Mgr Jannin, il nous montra en lui, pendant 17 ans, le missionnaire convertisseur, marchant sur les obstacles jusqu'à friser la témérité, prêt à tout souffrir pour Dieu et les âmes. Le nombre des villages convertis, les paroisses organisées, les églises bâties, en disent plus long que tout discours. C'est ensuite la construction, l'organisation du Collège Cuenot et la formation des élèves pris dans toutes les tribus des pays moys. Assujettir ces enfants de la forêt à une règle commune, développer en leur âme les vertus qui en feront des hommes, quelle oeuvre ! Mgr Jannin a pleinement réussi ; ses élèves, tant annamites que bahnars, qui sont aujourd'hui prêtres, peuvent en témoigner.
    M. le Résident de Kontum, au nom du Gouverneur Général de l'Indochine et du Résident supérieur de l'Annam, dit combien il est heureux d'avoir ainsi été choisi pour dire au nouvel évêque la joie et les compliments de tous ; cette réunion prouve l'entente cordiale qui règne ici. Il termine en adressant à Son Excellence toutes ses félicitations au nom des Européens de Kontum, de Banmethuôt et de Pleiku.
    Enfin Mgr Jannin se leva à son tour et, après avoir dit sa confusion de tout ce qu'il venait d'entendre, il ajouta :

    « ......Au milieu de cette brillante assemblée, je suis un peu comme le paysan du Danube ; ayant vécu plus de 40 ans avec mes chers sauvages, je ne possède guère les secrets de l'art oratoire. Aussi, ce que j'ai à vous dire, je vais vous le dire en toute simplicité. Et pour cela, je n'ai qu'à ouvrir devant vous mon coeur, qui déborde de reconnaissance envers vous tous.
    Je me tourne tout d'abord vers vous, mes bien-aimés confrères de la mission, chers Pères Français, Annamites et Bahnars.
    Croyez-le bien, chers amis, sous ma pauvre croix pectorale bat un coeur qui vous aime bien tous. Vos joies seront mes joies, vos peines seront mes peines.
    Et maintenant, à l'oeuvre, vaillants confrères ! Le champ à travailler, des confins de Dalat aux portes de Hué, paraît immense : la partie cultivée est bien petite par rapport au reste ; mais ne nous effrayons pas, ensemble travaillons courageusement, défrichons, piochons, semons à pleines mains ! Peu importe si ce sont d'autres qui récolteront. Le Père de famille, de sa main libérale, récompensera autant les semeurs que les moissonneurs.
    Et puis, rappelons-nous qu'il n'y a guère de missions où les premiers défricheurs eurent tant à souffrir qu'ici. C'est l'obstination au travail de nos glorieux devanciers qui a amené le succès ; là-bas, leurs tombes sont les pierres fondamentales du Vicariat ! Gloire à ces pionniers, aux vaillants PP. Combes, Dourisboure, Vialleton, Guerlach, Kemlin, et tous les autres. N'avez-vous pas comme la sensation qu'ils sont ici avec nous ?.... Cette journée de la Consécration du premier évêque de Kontum n'est-elle pas leur journée à eux ?...
    ......Merci à vous tous, chers confrères, qui sur un simple mot de ma part êtes accourus du Tonkin, de Hué, de Saigon, nous apporter, en ce Kontum perdu, vos encouragements et l'appui de votre précieuse sympathie !
    O vous, chers confrères, fils comme moi de notre si aimée famille des Missions Etrangères, vous montrez ainsi combien est fort ce sentiment intime d'union fraternelle qui relie ensemble tous les Membres de notre Société. Votre vieux frère d'armes des Bahnars vous bénit d'être venus ainsi si nombreux. Que le Divin Coeur vous récompense de votre charité !
    Quant à vous, nos bons confrères de Quinhon, jusqu'ici, dans l'immense armée du Seigneur, nous ne formions qu'un seul corps d'armée sous un unique chef, l'évêque de Quinhon.
    Nous voilà donc séparés, oui, séparés administrativement, c'est entendu, mais restant aussi unis par le coeur et par l'esprit que dans le passé. Votre si nombreuse et si aimable présence parmi nous en ce jour est le témoignage qu'il en sera ainsi toujours. Côte à côte, nous aidant mutuellement lorsque l'occasion s'en présentera continuons les bons combats à la vie à la mort ! Vive Quinhon ! Vive Kontum !
    Messeigneurs, encore une fois, je vous remercie avec effusion de votre présence, qui est pour moi, comme l'assurance que tous vous ne cesserez de me prodiguer avec vos précieux conseils, l'aide morale, la cordialité réconfortante et l'assistance charitable dont le pauvre évêque des Moys aura si souvent besoin.
    ...Que S. E. Mgr le Délégué Apostolique daigne me pardonner, si, comme à la procession de ce matin, j'ai fait passer tout le monde avant lui dans mes remerciements ! La raison en est que le bienfait reçu de lui ce matin étant le summum des bienfaits, je voudrais que mon merci soit aussi le summum des mercis.
    Me voilà donc votre fils spirituel par la Consécration épiscopale. Cette paternité crée pour moi le devoir d'être un fils reconnaissant et empressé, d'accepter vos directives. Cela, je vous le promets.
    Mais par ailleurs, en face des charges si lourdes de l'épiscopat, je me sens réconforté par la pensée que cette paternité vous oblige d'être désormais mon appui, mon secours, mon conseil.
    ..... Je ne puis terminer sans dire encore combien est grande notre gratitude, la mienne, comme celle de tous mes confrères, d'abord envers M. le Gouverneur Général, qui a daigné se faire représenter officiellement par M. le Résident de France à Kontum, et envers vous, Messieurs les Résidents, qui avez daigné honorer de votre présence cette fête des missions.
    Votre présence ici, Messieurs, n'est-ce pas comme le sourire de notre chère France au premier évêque français de ces pays moys ?....
    Ah ! Je voudrais que tous nos bienfaiteurs, connus et inconnus, que tous les Associés des magnifiques OEuvres pontificales de la Propagation de la Foi, de la Sainte Enfance et de Saint Pierre, sachent combien est grande notre gratitude à leur égard et combien nous demandons au bon Dieu de les récompenser lui-même. Ce matin, une de mes premières bénédictions d'évêque a été pour eux tous ».

    Le soir au salut solennel du T. S. Sacrement, Mgr Jannin, faisant écho à l'appel du bon Maître, lui consacra la nouvelle Mission.
    A la nuit, les chrétiens annamites de la paroisse de la cathédrale représentèrent la Passion de N. S avec tant de piété et si simplement que de l'avis de tous les assistants, tous les rôles, spécialement ceux de jésus et de Marie, furent rendus aussi parfaitement que possible.
    Le lendemain, samedi, au matin, réunion du clergé et des fidèles à la Grotte de Lourdes, en face de la cathédrale. Mgr de Gadara, désireux de mettre son épiscopat sous la protection de la Bonne Mère, y célébra sa première messe d'évêque.
    Daigne Marie avoir accepté les supplications de notre père et celles de ses enfants, et donner à l'un force et courage ; aux autres, d'être des missionnaires marchant sur les traces de leur nouvel évêque !
    1933/213-220
    213-220
    Vietnam
    1933
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