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Confesseurs de la foi de 1848 à 1862. 4 (Suite)

COCHINCHINE SEPTENTRIONALE Confesseurs de la foi de 1848 à 1862 PAR M. BERNARD, Missionnaire apostolique. (SUITE1.) PROVINCE DE QUANG TRI PREMIER DISTRICT (DINH CAT) I. — Chrétienté de Nhu Ly.
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    COCHINCHINE SEPTENTRIONALE

    Confesseurs de la foi de 1848 à 1862

    PAR M. BERNARD,
    Missionnaire apostolique.

    (SUITE1.)

    PROVINCE DE QUANG TRI

    PREMIER DISTRICT (DINH CAT)

    I. — Chrétienté de Nhu Ly.

    1. Dans la province de Quang Tri sous-préfecture de Dang Xuong, canton de Dien Cu, village et chrétienté de Nhu Ly, les soldats Nhiem, Lanh, Hien (j'ignore les noms de baptême), ayant généreusement refusé tous trois d'abandonner leur religion, furent pour ce fait, à deux reprises différentes, d'abord détenus trois mois à la préfecture de la capitale en attendant leur sentence. Ayant été condamnés à l'exil dans la province de Bac Ninh, on les mit à la chaîne aussitôt leur sentence rendue. L'année suivante ils arrivèrent, après bien des opprobres et des fatigues, au lieu de leur déportation. Là, on les mit au cachot, sans avoir jamais permission de sortir ; jour et nuit, ils gardaient leur lourde chaîne ; ils ne recevaient d'aliments qu'une fois le jour, de sorte que la faim les tourmentait cruellement. L'année 1862, ils furent mis aux entraves le jour et la nuit ; de plus, on les tint étendus sur le sol humide, par une traverse en bambou qui leur pressait la poitrine, fixée qu'elle était solidement à deux autres bambous plantés de chaque côté des patients. Leurs mains et leurs pieds furent encore serrés avec plus de barbarie qu'auparavant, Dès cette époque, on ne leur donnait plus rien à boire; ils n'avaient qu'une fois le jour un tout petit bol de riz, Cela dura près de 2 mois, Le 4e jour du 10e mois, on les délivra des entraves et des liens. C'était trop tard ; épuisé de faim et de souffrances, ils tombèrent tous trois malades de la même maladie, et moururent ensemble de la même sainte morte. On les trouva, leur traverse encore sur la poitrine, les pieds près des ceps, étendus sur leur mauvaise natte, sans aucune espèce de vêtements. On sait le mois, mais non le jour de leur mort. Les soldats chrétiens enterrèrent leurs corps, on ignore en quel lieu.

    1. Voir Ann. M,-E. n 120, 121, 1 22.

    2. Le catéchiste Sam souffrit pour la foi trente coups de rotin, sans vouloir apostasier à aucun prix, Il fut jeté en prison et attaché continuellement à un pieu. C'est là qu'il est mort, après quelques jours de souffrance, fortifié par les sacrements de l'Eglise,

    3. Le bourgeois Quon, la dame Can, le chrétien Tuy et le chrétien Sac, détenus en prison pour avoir vaillamment confessé leur foi, y sont morts tous les quatre, ayant reçu les derniers sacrements avec une grand piété.
    NOTA. — La chrétienté de Nhu Ly s'est de tout temps distinguée par sa ferveur, son dévouement, et une dévotion particulière à la très sainte Vierge.

    II. — Chrétienté de Bo Lieu.

    1. Le dernier mois de la 12e année de Tu Duc, tous les notables de cette chrétienté furent arrêtés en haine de la religion, envoyés au prétoire de la capitale, mis à la cangue, jetés en prison, puis, plus tard, confiés pour la plupart à la surveillance des villages païens du voisinages. Parmi eux, un seul est mort en prison, c'est le bourgeois Thuong.

    2. Les chrétiens Nhuan et Le, les chrétiennes Quyen, Hoa et Tuu, exilés et emprisonnés pour la foi, sont tous les cinq morts de maladie à la maison de détention, après avoir reçu les derniers sacrements.

    3. La jeune fille Mat, ne voulant pas apostasier, reçut 30 coups de rotin ; elle mourut en prison quelques jours après, par suite de ce barbare traitement.

    4. Le catéchiste Que, pris, ratiné et détenu pour la foi, était tellement souffrant, que par pitié on le renvoya de la prison chez lui. Il y est mort quelques jours après.

    5. Le bourgois Luong, emprisonné pour avoir généreusement confessé sa religion, fut de plus chargé de la cangue et mis aux entraves, le tout treize jours et treize nuits durant, Au bout de ce temps, il est mort d'épuisement et de douleurs dans la prison.

    III. — Chrétienne de Co Vuu,

    1. Le lettré Luong fut d'abord détenu, pour cause de religion, sept mois à la préfecture du Quang Tri, à la cangue et aux entraves. Sa sentence rendue, il reçut la chaîne et dut partir pour l'exil dans la province de Bac Ninh, Durant les vingt premiers mois de sa détention il ne quitta jamais son cachot ; pendant la nuit, il avait les pieds aux ceps. Quelque chose de plus pénible l'attendait ensuite. Pendant 28 jours, couché sur le dos entre deux pieux qui lui serraient les côtés et servaient à fixer un bambou passant sur la poitrine én forme de traverse, les pieds aux entraves et les mains liées fortement, on ne lui donna à manger qu'une pincée de riz chaque jour. Plus tard, on lui délia les mains, mais on lui laissa sa traverse et sa chaîne ; il put avoir du riz en suffisante quantité, mais pas autre chose à manger. Quand parut l'édit d'amnistie, il était malade ; son corps était tout enflé. Malgré cela, il se mit en route pour regagner sa patrie. Arrivé à Nghe An, Il mourut (an 15 de Tu Duc). Peu de jours auparavant, il s'était confessé et avait reçu l'extrême-onction à Ha Noi. On put lui procurer un cercueil, et on l'enterra au lieu de sa mort.

    2. Le soldat Guong, fils du bourgeois Ninh et de sa femme Sang, refusa d'abandonner sa religion. Après dix mois de détention à la préfecture de la capitale, avec la cangue sur les épaules, il fut condamné à l'exil pour quatre ans, dans la province de Hung Yen. Il partit après avoir reçu une lourde chaîne, et arriva épuisé de fatigue. Là, sommé de nouveau d'apostasier, il refusa et fut décapité.

    IV. — Chrétienté de An Long.

    1. Le lettré Hoc et le soldat Dung, arrêtés à cause de leur religion, la confessèrent vaillamment (1859). Ils furent d'abord détenus à la cangue pendant sept mois, à la préfecture de leur province. Leur entente arriva : c'était la chaîne et l'exil pour deux ans, dans la province de Hung Yen. Après une prison continuelle et affreuse, le 2e mois de l'année 1862, ils furent de nouveau sommés de renoncer à leur religion, s'ils ne voulaient pas mourir. Ils choisirent la mort et furent décapités sur-le-champ. On n'a pu savoir où les corps de ces martyrs ont été enterrés.

    2. Le lettré De, refusa d'apostasier, l'an 13 de Tu Duc ; il d'ut en conséquence porter la cangue et rester en prison six mois, en attendant sa sentence ; ce fuient la chaîne et l'exil, dans la province de Tuyen Quang. Il y arriva malade et épuisé. Les horreurs du cachot l'achevèrent bientôt. C'est ainsi qu'il est mort exilé et prisonnier pour Jésus-Christ.

    3. Le soldat Muu, fut, après sa glorieuse confession, détenu un an dans les prisons de la préfecture de la capitale, la cangue sur les épaules sans interruption. Il est mort ainsi, quelques jours après la sentence qui le condamnait à l'exil avec la chaîne.

    4. Le soldat Nhien ou Nhieu, après la détention et la cangue pendant quelques mois, fut condamné, en punition de son attachement à sa foi, à la chaîne et à l'exil, dans la province de Hung Hoa. Il en revint, mais mourut de suite après son retour, d'une maladie contractée en exil.

    5. Le soldat De, confesseur de la foi, et pour cela soumis à une longue prison préventive, condamné à l'exil avec la chaîné dans la province de Son Tay; y est mort au cachot, de maladie et de privations.

    6. Le lettré Sam, d'abord détenu un an avec la cangue, pour cause dè religion, dans les prisons de la préfecture de la capitale, fut depuis condamné à l'exil avec la chaîne, dans la province de Thanh Hoa. Il y est mort en prison.

    V. — Chrétienté de Duong Loc

    1. Le premier catéchiste de cette chrétienté, nommé Can, fut détenu en cette qualité à la préfecture du Quang Tri, à la cangue et aux entraves pendant un an et trois mois. Ensuite, placé sous la surveillance d'un village païen du voisinage, il y est mort de maladie et de

    2. Le second catéchiste de la même chrétienté, nommé Hoang, reçut, en punition de sa fidélité à la religion chrétienne, 60 coups de rotin. Il est mort quelques jours après, dans sa prison, par suite de ce cruel traitement.

    VI. — Chrétienté de Dai Loc.

    1. Les soldats Duc et Thanh, arrêtés pour leur religion et détenus à la cangue durant un grand mois, dans les prisons de la préfecture de la capitale, puis condamnés à l'exil avec la chaîne dans la province de Thanh Hoa, y sont morts au cachot de maladies et d'afflictions.

    2. Le médecin Khue, ayant reçu sans s'émouvoir près de deux cents coups de rotin, un moment vaincu par la douleur, apostasia : il se repentit et se rétracta de suite. On le renvoya mourir chez lui, et en effet, à peine était-il entré dans sa maison qu'il expira.

    VII. — Chrétienté de Dong Giam.

    1. Le lettré Nhuong, homme très considéré, était scribe depuis la 9e année de Tu Duc. Il remplissait cet office à la capitale qu'il dut quitter, perdant sa place à cause de sa qualité de chrétien, la douzième année du même roi. Il refusa une première fois d'apostasier devant ses supérieurs, et une seconde fois devant le ministre des supplices qui ne lui épargna point les plus cruelles tortures. Il dut quitter les pénibles travaux de curage et terrassement, auxquels on l'avait d'abord employé, pour la cangue à clous de 1er et une prison préventive à la préfecture; cela dura l'espace de seize mois. Sa sentence portait la chaîne et l'exil dans la province de Tuyen Quang. En route, il eut le bonheur de pouvoir se confesser deux fois. Arrivé le 8e mois, 13e année de Tu Duc, au lieu de son exil, on le mit au cachot. Bientôt victime du choléra, il mourut le 4 du 12e mois, la même année, dans l'après-midi. Avant d'expirer, il témoigna le désir de se confesser, ce qui fut impossible, faute de prêtre. Le lendemain, les chrétiens ses compatriotes, et les autres compagnons de son exil, l'enterrèrent solennellement. Son corps a la tête tournée du côté du village de Xa Tai, les pieds vers Tan An ; à gauche se trouve le tombeau de Doi Loc et à droite le tombeau de Ong Tu.

    2. Lé nommé Day, aussi lettré, déjà bien faible, put cependant recevoir 20 coups de rotin sans s'émouvoir. Renvoyé en prison, à cause de cette noble persistance dans la foi, il y est mort d'épuisement, avant que sa sentence d'exil ait été portée.

    VIII. — Chrétienté de Phan Xa.

    La vierge chrétienne Nuong, ayant reçu généreusement 55 coups de rotin pour Jésus-Christ, mourut des suites de ces coups dans la maison de détention où elle était prisonnière.

    IX. — Chrétienté de Duong Le.

    1. Le lettré Lan, détenu au ministère pendant trois mois pour cause de religion, fut transféré ensuite à la grande prison de la capitale, où neuf mois après, il mourut de maladie, la chaîne au cou et les pieds aux ceps.

    2. Le soldat Kim, détenu au ministère pendant trois mois, comme le précédent, sans vouloir apostasier, fut ensuite mis a la chaîne et conduit dans la même prison que lui. Il y est mort de maladie environ un an après. Son corps est enterré dans la chrétienté de Phu Cam.

    3. Le bourgeois Boi est mort en prison pour la foi, avant toutefois d'avoir confessé Jésus-Christ, mais bien décidé à le faire aussitôt qu'on l'appellerait pour l'interroger.

    X. Chrétienté de An Dôn.

    Le soldat Antoine Ky, sur son refus d'apostasier, fut détenu pendant deux mois, la cangue sur les épaules, à la prison de la préfecture de la capitale, en attendant sa sentence. Il fut condamné à la chaîne et à l'exil, dans la province de Hung Yen, pour quatre ans. Là, sommé par le préfet de fouler la croix, il refusa net, et fut aussitôt décapité.

    Le district de Dinh Cat est celui de tout le Vicariat qui renferme le plus de chrétiens ; les défections, de même que les morts, y ont été rares, mais les vexations n'ont pas manqué. Sans y comprendre les quelques lâches qui ont apostasié, les chrétiens de ce district ont reçu, en masse, l'énorme chiffre de 13400 coups de rotin pour leur foi ; j'en ai fait le dénombrement, et le total est rigoureusement exact.

    DEUXIÈME DISTRICT (DI LOAN)

    I. — Chrétienté de Di Loan.

    1. Le catéchiste Pierre Thuan, âgé de 60 ans, chef de la chrétienté, fut pris plusieurs fois et refusa toujours d'apostasier ; aussi à la fin fut-il détenu à la préfecture de sa province, à la cangue sans relâche pendant 10 mois et 10 jours. Etant alors tombé gravement malade, on le délivra de sa cangue, ce qui néanmoins ne put l'empêcher de mourir d'épuisement un mois après. Il reçut les derniers sacrements avec une grande piété. Son corps est enterré à Bon Quoan. Son épouse, intrépide comme lui, souffrit de même sans apostasier ; elle vit encore. Leurs enfants se sont aussi tous montrés dignes de tels parents.

    2. Le catéchiste Pierre Thanh, âgé d'environ 30 ans, soldat de la marine royale, confessa intrépidement sa foi, disent ses chefs, l'an II de Tu Duc. Livré en conséquence au ministère des supplices, il refusa d'apostasier ce qui lui valut d'être condamne à la chaîne et à l'exil, dans la province de Hung Hoa. En attendant le départ, il fut un mois aux entraves et au cachot à la capitale. Le 6e mois; il partit du port sur une barque jusqu'à Nam Dinh ; de là, par les provinces de Ha Noi et Son Tay, il arriva enfin à Hung Hoa. Comme les autres confesseurs exilés en ce lieu, il put obtenir à prix d'argent de n'être point séparé complètement de tout autre chrétien. On l'envoya donc en compagnie de beaucoup d'autres à Bao Phong Tho, où ses souffrances diminuèrent, grâce aux bonnes dispositions du mandarin local, Néanmoins, il tomba malade et perdit la raison. Il est Mort depuis, le 9 du 9e mois, an 14 de Tu Duc, entouré des autres chrétiens qui priaient pour lui ; il ne recouvra cependant point ses facultés. Son corps est enterré non loin du lieu de sa mort.

    3. Le catéchiste Dominique Nguyen, second Chef de la chrétienté, âgé de 51 ans, fut arrêté en cette qualité et envoyé à Ha Thuong. Il n'eut à souffrir ni la cangue, ni la chaîne, ni le rotin, en considération de son grand âge ; mais faible, et rigoureusement gardé à vue, il ne put chercher sa nourriture, de sorte qu'il mourut bientôt de faim. Son corps est enterré convenablement à Ha Tuong. Il laissait femme et enfants qui sont maintenant encore vivants.

    4. Le soldat Tu, de la marine impériale, refusa d'apostasier devant le mandarin, la 11e année de Tu Duc. Pour ce refus, il fut condamné à l'exil dans la province de Thai Nguyen (5e mois, même année). Mis à la chaîne, il fut détenu un mois au cachot dans la province royale, en attendant le départ qui eut lieu le 20 du 6e mois, même année, sur une barque du port de la capitale. Débarqué dans la province de Thanh Hoa, notre soldat fit le reste de la route à pied jusqu'à Thai Nguyen, où il parvint le 17 du 7e mois, même année. Après 15 jours de cachot en ce lieu, il fut renvoyé dans une autre prison, à trois jours de distance ; il portait continuellement une lourde chaîne ; la nuit, il était aux ceps, et souvent, il n'eut pas de quoi manger. Le 8e mois de la 14e année du roi; on le rappela au chef-lieu de la province, où il fut incarcéré dix mois, en dehors des murs de la citadelle; ensuite dans la citadelle même, parce qu'on craignait qu'il ne s'adjoignit aux rebelles qui approchaient. Quelques jours après, on l'envoya parmi les soldats de la garde des forts. Il est mort la même seizaine, tué d'un coup de lance par les rebelles, dans une attaque qu'ils firent contre la citadelle. Son corps n'a pu être retrouvé.

    5. Le nommé Dominique So, païen converti âgé de 46 ans, exilé à Phan Xa en haine de là religion, fut quatre fois battu de verges, et reçut 120 coups de rotin, sans jamais consentir à renoncer à sa foi. Depuis, il fut mis à la cangue et aux entraves bien longtemps, jusqu'à ce que la maladie forçât de l'en délivrer. Ayant souffert le rotin encore une fois avec la même constance, malgré ses douteurs, il ne put survivre que 25 jouis. Il est mort saintement et encore couvert de blessures. Son corps fut enterré honorablement à Phan Xa. Deux de ses enfants, encore en bas âge, furent comme lui cruellement frappés et refusèrent constamment d'apostasier.

    6. Le sergent Simon Bang, âgé de 55 ans, soldat depuis vingt ans, fut pris et sommé d'apostasier, ce qu'il refusa courageusement à trois reprises différentes, Au bout de 15 jours d'attente dans la prison de la préfecture, à la cangue et aux ceps sans discontinuer, il reçut sa sentence : c'était la chaîne et l'exil dans la province de Lang Son. En attendant le départ, il était au cachot, déjà en possession de sa chaîne. Il tomba malade de la dysenterie, au lieu de son exil, au bout d'un an, sept mois, dix jours ; la fièvre ne l'avait point quitté non plus depuis le commencement de son séjour ; il est mort ainsi, la 12e année de Tu Duc. Très pieux, il demandait sans cesse à recevoir les derniers sacrements, et il eut ce bonheur un mois avant de mourir. Sur le point d'expirer, il dit aux confesseurs, ses compagnons de prison, qui priaient autour de lui et lui prodiguaient leurs suprêmes consolations : « Cette fois, mes frères, c'en est fait de moi, priez pour mon âme et enterrez mon corps ». Jamais on n'avait entendu aucune plainte sortir de sa bouche, quelles qu'aient été ses souffrances. Son corps, enterré le 22 du 12e mois, 12e année de Tu Duc, au lieu de son décès, a été depuis rapporté et inhumé à Diloan (20 du 3e mois, an 16). Sa femme, encore vivante, a montré le même courage pendant la persécution.

    7. Le soldat Pierre Du, âgé de 37 ans, était au service depuis six années, à la capitale même. Il fut obligé d'en sortir, en sa qualité de chrétien (an 12 de Tu Duc), pour être employé à l'extérieur aux plus rudes travaux, comme terrassements, curage des canaux, etc. Le dernier mois de cette même année, il refusa d'apostasier devant ses supérieurs et fut pour cela livré au ministère des supplices, où il refusa une seconde fois, avec la même intrépidité. Il portait la cangue et avait les ceps aux pieds depuis sa première confession. Quand fut rendue la sentence qui le condamnait à l'exil dans la province de Tuyen Quang, il reçut la chaîne et fut mis au cachot, en attendant le départ qui eut lieu quatre mois après. On arriva péniblement au lieu désigné ; là, Pierre Du fut atteint du choléra, au bout de dix jours, et en mourut, Il est enterré au lieu de sa bienheureuse mort ; son épouse encore vivante, a de même fièrement confessé sa foi.

    8. Le soldat Dominique Ngu Truong Huy, âgé de 36 ans, était au service depuis huit ans ; la 12e année de Tu Duc, il refusa trois fois d'apostasier ; la dernière fois devant le ministre des supplices. Avant la sentence qui le condamna à l'exil dans la province de Lang Son, il avait été 15 jours dans les prisons de la préfecture de la capitale, à la cangue et aux entraves. Sa sentence rendue, il fut au cachot et à la chaîne l'espace de quatre mois ; alors arriva le moment du départ pour Lang Son, Dominique y parvint très affaibli, fut continuellement malade pendant deux ans au bout desquels il y est mort de la manière la phis édifiante. Pendant sa dernière maladie, il désirait ardemment recevoir les derniers sacrements ; il put au moins se confesser, ce qu'il parut faire avec les meilleures dispositions. On ne pouvait l'empêcher de réciter sans cesse des prières qui le devaient sans doute affaiblir de plus en plus ; il implorait ainsi la miséricorde de Dieu pour ses fautes passées, avec une persistance admirable. Sur le point d'expirer, il dit aux chrétiens, ses compagnons d'exil, qui l'entouraient priant et l'aidant à bien mourir : « Mes frères, je me recommande à vos prières, je remets tout ce que je suis entre les mains de Dieu, soit que je vive encore ou que je doive mourir je bénis sa volonté sainte ; j'ai un peu d'argent, vous le prendrez pour m'enterrer et faire dire des messes pour mon âme ». Il mourut immédiatement après (27 du 12e mois, an 13) ; son corps, d'abord enterré au lieu de son décès, a été depuis rapporté et inhumé à Diloan (20 du 3e mois, an 16) ; sa femme, encore de ce monde, a également montré beaucoup de fermeté dans la persécution.
    (A suivre).

    1918/574-581
    574-581
    Vietnam
    1918
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