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Conférence de Hongkong écoles et oeuvres de presse en Chine

Conférence de Hongkong écoles et oeuvres de presse en Chine Le lundi 12 janvier 1914, à trois heures de l'après-midi, les membres de la première Conférence ayant pour but l'Etude des questions d'enseignement donné par les Missions Catholiques en Chine, se trouvent réunis à l'Evêché de Hongkong. Sont présents : Sa Grandeur Mgr D. Pozzoni, Vicaire Apostolique de Hongkong ; les RR. PP. Caledonio Arranz, de la mission du Fo-kien méridional, et Severiano Alonso, de la mission du Fo-kien septentrional, délégués de leurs Vicaires Apostoliques respectifs.
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    Conférence de Hongkong écoles et oeuvres de presse en Chine

    Le lundi 12 janvier 1914, à trois heures de l'après-midi, les membres de la première Conférence ayant pour but l'Etude des questions d'enseignement donné par les Missions Catholiques en Chine, se trouvent réunis à l'Evêché de Hongkong. Sont présents : Sa Grandeur Mgr D. Pozzoni, Vicaire Apostolique de Hongkong ; les RR. PP. Caledonio Arranz, de la mission du Fo-kien méridional, et Severiano Alonso, de la mission du Fo-kien septentrional, délégués de leurs Vicaires Apostoliques respectifs.
    MM. de Maria, Pro Vicaire Apostolique de la mission de Hongkong ; Brambilla, de la mission du Ho-nan septentrional ; Robert, Procureur général de la Société des Missions Etrangères de Paris, délégué par les Vicaires Apostoliques du Yunnan, du Kien-tchang et du Kouy-tcheou ; Four guet, Pro Préfet de la mission du Kouang-tong, délégué du Préfet Apostolique du Kouang-tong. M. F. Ligneul, ancien missionnaire du Japon et bien au courant des questions d'éducation dans ce pays, avait été prié de vouloir bien se joindre à eux, et il avait gracieusement accepté.
    L'examen des lettres de délégation ayant été fait, il a été constaté que la Conférence était munie des pouvoirs, voulus pour délibérer au nom des missions du Sud de la Chine.
    Les invitations avaient été faites par M. l'abbé Schmidlin, du diocèse de Strasbourg, que la Commission internationale pour les Ecoles de Mission, créée à Vienne lors des Congrès Eucharistique et Pédagogique, avait chargé de cette mission. Sa lettre d'invitation, datée de Hongkong le 1er décembre 1913, et adressée à tous les Supérieurs de Mission en Chine, donne des vues d'ensemble sur le sujet à traiter et propose en même temps un Questionnaire comme devant servir de base aux délibérations. M. l'abbé Schmidlin est présent à la Conférence.

    ***

    La séance est ouverte à 3 heures, sous la présidence de Sa Grandeur Mgr D. Pozzoni, évêque de Tavia, et Vicaire Apostolique de Hongkong, et commence, par les prières d'usage. Mgr D. Pozzoni demande alors de procéder à l'élection d'un Secrétaire. M. Fourquet est élu, à mains levées, à l'unanimité. Sa Grandeur déclare ensuite qu'elle ne peut pas accepter la présidence effective de la Conférence, et propose qu'on procède à l'élection d'un président. Un vote au scrutin secret a lieu, donnant comme résultat : 3 voix à Mgr Pozzoni, et 5 voix à M. Robert, déclaré élu. Il prend place à côté de Mgr Pozzoni resté président honoraire.
    Lecture est faite de 23 lettres émanant des Evêques, Supérieurs de Mission en Chine. Toutes ces lettres, à l'exception d'une seule, qui fait quelques réserves, approuvent en termes aussi élogieux qu'enthousiastes le vaste projet de M. l'abbé Schmidlin.
    Sur l'invitation de M. le Président, M. l'abbé Schmidlin fait un exposé succinct de son projet. « Lé but, dit-il, de la Commission internationale pour l'Enseignement en Chine, est analogue à celui des Ecoles d'Orient Par l'enseignement, on augmentera l'influence des Missions Catholiques, on élèvera chrétiennement la Jeunesse catholique, on attirera à la religion les payens. L'évangélisation proprement dite ne doit pas souffrir de cette oeuvre nouvelle. Celle-ci doit donc se procurer des ressources propres et un personnel particulier ». M. l'abbé Schmidlin ajoute qu'il a reçu de nombreux encouragements en Europe ; en Chine, ses projets sont également très bien accueillis. Malgré la difficulté de l'entreprise, il garde donc l'espoir de la voir réussir.
    La Conférence étudie le Questionnaire présenté par M. l'abbé Schmidlin, dans la séance du 12 janvier 1914 et dans celles du 13 et du 14 janvier. Les séances ont lieu de 9 heures à 11 heures du matin, et de 3 heures à 5 heures du soir.
    Le R. P. F. Novai, Procureur Général des Dominicains, assiste aux séances du 13 janvier. M Sarmento, délégué de Sa Grandeur Mgr d'Azevedo y Castro, évêque de Macao, assiste aux séances du 14, et la Conférence prie M. Monnier, Directeur de l'Imprimerie de Nazareth (Hongkong), de vouloir bien prendre part aux deux séances du 14, afin de lui prêter son concours pour la discussion des Oeuvres de presse.

    ***

    La Conférence ne prétend pas épuiser l'étude d'un si vaste programme : te temps lui manque pour cela, et, sur bien des points, elle ne croit pas avoir la compétence voulue pour prendre une décision ou même exprimer une opinion.
    Le Questionnaire, dans les cinq séances tenues par la Conférence de HongKong, a été entièrement discuté avec la plus grande liberté d'ex-pression de vue par les membres représentant les Missions ; mais, comme certaines questions se retrouvent à plusieurs reprises dans le programme, il a paru nécessaire, pour plus de méthode et de clarté, de condenser le résumé des séances en neuf paragraphes.
    Avant de se séparer, la Conférence a adopté la résolution suivante : « La Conférence décide de ne pas communiquer ses résolutions avant la fin des travaux des Conférences des Groupes du Centre et du Nord de la Chine, cela, dans le but de laisser une absolue liberté de délibération aux Membres de ces Conférences, et par respect et déférence pour leurs vues respectives.
    « Elle demande par ailleurs que, après la clôture de la dernière des séances ci-dessus décrites, un exemplaire de son compte-rendu soit envoyé à chaque Supérieur de Mission en Chine et à chacun des membres présents à la Conférence de Hongkong et aux Conférences pour les Groupes du Centre et du Nord ».
    La motion du Père de Maria, proposant que la Conférence suspende ses travaux sans se dissoudre, est acceptée de tous. Le Président et le Secrétaire sont priés de continuer leurs fonctions et de se tenir en relation avec les membres des autres Conférences pour toutes les questions concernant l'objet de la présente étude.
    La Conférence, avant de se séparer, écoute les remarques de M. Four-quet. Celui-ci fait observer que les Supérieurs des Missions de Chine ont parfaitement saisi l'importance de la question de l'Enseignement, comme il est aisé de s'en rendre compte en parcourant les Synodes tenus en Chine. Ils viennent d'en donner une nouvelle preuve par l'empressement même avec lequel ils ont répondu à la demande de M. l'abbé Schmidlin.
    L'obstacle principal à la réalisation de leurs désirs sur ce point capital, est encore plus le manque de ressources que le manque de personnel enseignant, et, si M. l'abbé Schmidlin peut donner une solution heureuse à la question financière, il aura mérité toute notre reconnaissance, laquelle est acquise à tous ceux qui coopéreront à cette Ouvre.

    Résumé sommaire des cinq séances de la Conférence de Hongkong.

    I. PRÉLIMINAIRES.

    Sur l'importance des Écoles et des oeuvres de Presse en Chine, on ne discute pas. S'en occuper, les organiser, les développer, est une nécessité qui s'impose, et devant laquelle il est impossible désormais de reculer. La difficulté est de savoir par quels moyens. La Conférence émet le voeu de voir le futur Synode Général de Chine l'inscrire dans son programme.

    II. LES ÉCOLES.

    D'abord, quelles Écoles fonder ?
    La loi, pour l'organisation du nouvel enseignement en Chine, distingue six sortes d'Écoles : 1° Écoles maternelles ; 2° et 3° Ecoles primaires du premier et du second degré ; 4° et 5° Ecoles secondaires du premier et du second degré ; 6° enfin, l'Université. Il est question aussi d'Écoles spéciales de Médecine, d'Arts et Métiers, et de Commerce.
    Les Ecoles maternelles sont les plus aisées à établir, et il est désirable qu'elles soient créées dans chaque Chrétienté de quelque importance. Là où la chose est possible, il serait à souhaiter qu'il y eût au moins une Ecole primaire du premier degré par Discrict ; une Ecole primaire du second degré par section ; une Ecole secondaire du premier et du second degré dans chaque Mission ; enfin, lorsque le temps sera venu, des Universités catholiques, suivant les besoins des Missions et du pays.
    Faut-il songer à fonder des Ecoles spéciales de Médecine, d'Arts et Métiers, et de Commerce? La réponse sur le choix de ces Ecoles spéciales dépend des besoins qui s'en font sentir, il serait grandement souhaitable que chaque Mission eût une Ecole Normale, ou quelque chose qui y ressemble, pour la bonne formation de ses Catéchistes et de ses Instituteurs.
    En attendant que les Missions aient leurs Ecoles particulières, afin de ne pas priver les jeunes gens catholiques du bienfait de l'enseignement supérieur, et de les préserver autant que possible du danger de se pervertir en fréquentant les Ecoles du Gouvernement, il serait bon d'établir, dans le voisinage des Universités ou des autres Ecoles publiques, des Hôtels ou maisons de famille, où les Etudiants catholiques (et autres ?) seraient logés, dirigés, instruits plus à fond de la Religion, formés à la controverse, etc. Moyennant quelques industries et beaucoup de travail, peut-être serait-il possible d'y attirer aussi quelques étudiants du dehors, et d'exercer sur eux une salutaire influence.
    La Conférence estime qu'il y a lieu de créer des OEuvres catholiques tendant à grouper les étudiants dans le but de les instruire et de les distraire. Elle exprime ses sympathies au mouvement existant parmi les Etudiants catholiques d'Europe et d'Amérique en faveur des Missions. Elle émet le voeu de le voir s'étendre tous les jours davantage, et désire que des relations s'établissent entre les deux OEuvres.

    III. LES PROGRAMMES.

    Quelles sont les matières à enseigner dans ces Ecoles ?
    Dans chaque Ecole, et pour chaque année, les matières de l'enseignement sont déterminées par les programmes du Gouvernement, il n'y a quà suivre ces programmes. L'essentiel est que l'enseignement soit donné dans un esprit vraiment chrétien, et non athée ou matérialiste ; avec plus de soin, si on le peut, que dans les autres Ecoles, et que cet enseignement soit pratique, c'est à-dire, donné en vue d'une carrière ou d'une profession déterminée, afin d'éviter le déclassement, échec inévitable quand un jeune homme a étudié sans but et sort de l'Ecole sans être préparé spécialement à aucun emploi.
    Les langues étrangères enseignées seront, ou celles fixées par les programmes, ou celles demandées par les particuliers. Elles seront pratiquement imposées par les circonstances, les besoins du pays, et aussi par le personnel existant des Missions.
    Quelle place faire, dans cet Enseignement, à l'Instruction religieuse ? La partie de la Religion qui relève de la raison se rattache naturellement à la morale, et doit être enseignée à tous indistinctement. La partie strictement surnaturelle sera obligatoire pour les élèves catholiques, et facultatifs pour les autres. Peut-être serait-il désirable d'exiger pour ces derniers l'autorisation de leurs parents, avant de les admettre aux catéchismes.
    Quelle est la situation des écoles libres vis-à-vis de la Législation chinoise ?
    Ce point n'est pas encore expressément défini. Selon toute probabilité, le Gouvernement chinois ne cherchera pas de sitôt à monopoliser l'enseignement, faute de maîtres compétents et d'argent. A l'heure présente, il lui faut des hommes « nouveaux » pour toutes les carrières en même temps. Les premiers préparés seront les premiers placés. L'important est d'en présenter au plus vite, le plus grand nombre possible, qui puissent subir avec succès les examens.

    V. Le PERSONNEL.

    Pour assurer le succès d'une Ecole, le choix ou recrutement du personnel est le plus grand souci. Maintenant que la langue scientifique de l'Europe est traduite à peu près intégralement en chinois, la plupart des matières peuvent être enseignées avantageusement par des Chinois. S'ils étaient catholiques et capables, ce serait le mieux. Du moins, qu'ils soient sérieux, honorables et qualifiés pour enseigner : le bon renom de l'Ecole doit être mis au-dessus de tout. Pour l'enseignement des langues étrangères et pour l'enseignement supérieur des sciences, des maîtres étrangers sont nécessaires. Puisque les Missionnaires disponibles n'y suffisent pas, force est de faire appel à des Religieux enseignants, spécialement fondés pour les Missions, ou du moins, ayant l'expérience des Missions. Si les Congrégations existantes ne suffisent pas, il serait opportun d'en créer une spécialement vouée à l'enseignement dans les Missions de Chine. Des docteurs laïques pourraient-ils aussi être engagés ? Pour le moment la question ne se pose pas. Si cependant quelque docteur médecin bon catholique, tout en exerçant son art au-dehors, voulait se dévouer à seconder l'apostolat des Missionnaires, il rendrait de très utiles services.
    Serait-il bon d'envoyer, en Europe ou en Amérique, quelques jeunes maîtres chinois, pour qu'ils y achèvent de s'instruire ou de se former à l'enseignement ? Oui, pourvu qu'on sache où on les envoie, dans une pension ou une famille catholique sûres, où leur foi et leurs moeurs soient bien préservées. A leur retour, s'ils prennent une antre carrière, pourvu qu'ils restent bons catholiques, ils augmenteront d'autant l'influence chrétienne.
    Les Internats, adjoints aux Ecoles, là du moins où l'on trouve utile d'en avoir, demandent, pour la discipline, la bonne tenue des élèves, et l'ordre de la maison, un personnel spécial dont le choix n'est guère moins important que celui des maîtres. Ces Internats pourraient recevoir des élèves païens, lesquels sont d'ailleurs toujours admis dans les écoles dirigées actuellement par les Missions.

    VI. LES DÉPENSES NÉCESSAIRES.

    Combien coûte un maître chinois, ou une maîtresse, vraiment capable? Il faut voir ce que le Gouvernement donne dans ses Ecoles, On ne peut pas compter donner moins, si on veut compter sur le dévouement des maîtres pour le succès de l'Ecole.
    Un maître étranger, s'il est Missionnaire; en sait ce qu'il coûte 660 fr, par an. Pour un laïque, c'est quinze mille francs, s'il n'est pas marié... Un religieux ? Environ cinq fois moins.
    Combien coûte à établir une Ecole primaire ? La réponse dépend de l'importance que l'on veut donner à cette Ecole. En tout cas, à côté des palais scolaires construits par l'Etat, elle ne doit pas être trop misérable.
    Pour une Ecole secondaire, premier et second degré, d'après les documents déjà fournis par l'expérience, il faut en moyenne soixante mille dollars. Et pour une Université de plein exercice, constructions et aménagement, le prix d'un million de dollars paraît être celui qu'il faut retenir. Les dépenses annuelles s'élèvent à environ cent mille dollars, et il n'est pas douteux que les contributions des Elèves soient très insuffisantes pour couvrir dès dépenses si élevées, tout au moins pendant les dix premières années.

    VII. Où TROUVER LES RESSOURCES INDISPENSABLES ?

    D'abord, quelle somme peut-on exiger chaque mois des Elèves qui fréquentent ces Ecoles ? Evidemment le chiffre n'en peut pas être fixé d'une manière générale et uniforme. Ce qui importe, c'est que tous payent quelque chose, même les pauvres, selon leurs moyens, et que l'Ecole arrive au plus tôt à se suffire par elle-même, pour les traitements de ses maîtres ét l'entretien de ses bâtiments. Pour obtenir plus vite ce résultat, le moyen le plus sûr est de tenir le plus élevé possible dans l'Ecole le niveau des Etudes, de la moralité et de la politesse, dût-on n'avoir d'abord qu'un petit nombre d'élèves. Etre sévère pour l'admission : que les rebuts des autres Ecoles soient écartés ; que les pauvres, par leur tenue négligée ou trop vulgaire, ne nuisent pas à l'Ecole, en écartant les jeunes gens de meilleure condition.
    Pour les fondations, et en attendant que les Ecoles se suffisent à elles-mêmes, comme ressources il y a : a) les fonds des Missions, si elles en ont de disponibles à cet effet ; b) les Missionnaires, inutile de le dire, ne négligeront rien pour obtenir des chrétiens indigènes, des payens intelligents, et des autorités chinoises, tous les secours qu'ils pourront, afin d'alléger ainsi l'effort de l'Europe et de l'Amérique dans l'oeuvre de l'Enseignement en Chine ; c) une quête annuelle ne pourrait-elle pas être commandée par le Souverain Pontife dans toutes les églises du monde catholique? La Conférence remet cette question au jugement des Supérieurs de Mission pour les mesures à prendre auprès de Borne à la fin d'intéresser le monde catholique à cette oeuvre ; d) une « Ligue » ou Association Internationale, en faveur des Ecoles de Chine, analogue à l'oeuvre des Ecoles d'Orient, pourrait être formée : un commencement d'association de ce genre existe déjà dans plusieurs villes parmi les étudiants catholiques ; e) serait-il opportun de s'adresser aussi aux OEuvres de la Propagation de la Foi et de la Sainte Enfance ? Sur cette dernière question si délicate, la Conférence est d'avis que les Evêques ont seuls la compétence voulue pour donner une réponse, et émet le voeu de leur laisser prendre une décision sur ce point, lors du prochain Synode Général.

    VIII. LA PRESSE.

    L'OEuvre de la Presse n'est guère moins utile, ou plutôt n'est pas moins nécessaire que celle des Ecoles ; car, comme tout le monde le comprend l'une est l'accompagnement de l'autre et son complément. C'est par la Presse, en effet, que les idées propagées d'abord dans les Ecoles, se répandent ensuite dans tout le peuple.
    Sur ce terrain aussi le travail qui se présente à faire est immense.
    1° Le plus urgent pour le moment, serait d'examiner les livres classiques mis entre les mains des enfants et des jeunes gens des Ecoles publiques ou protestantes : livres de lecture courante, d'histoire et de philosophie. Toutes les erreurs du Protestantisme et celles de la Libre Pensée y sont exprimés ou insinuées sous toutes les formes. Il faudrait les analyser, les réfuter, et si la chose était possible, en composer d'autres conformes au programme des classes, gradués, instructifs, intéressants, et « selon la vérité ». Ce premier travail mettrait naturellement sur la voie de composer les livres de Doctrine, d'Apologétique, de Polémique, qui seraient jugés nécessaires. La forme de ces publications dépendra du sujet traité dans chacune, et du but que l'auteur se proposera.
    2° Pour informer les Missionnaires des événements plus ou moins graves dont la connaissance peut leur être utile, spécialement dans l'état actuel de la Chine, il a paru qu'une Revue publiée en français, peu volumineuse, mensuelle, nettement rédigée, rendrait service. Cette Revue serait d'ailleurs sans prétention d'aucune sorte, simple exposé « des idées et des choses » qui, de près ou de loin, intéressent la religion en Chine.
    3° A l'usage des chrétiens chinois, ne pourrait-on pas publier aussi une (ou plusieurs) Revue populaire, donnant les nouvelles de l'Eglise catholique en Chine et dans les autres pays, avec des anecdotes bien choisies, des traits édifiants, des entretiens sur la doctrine et sur les erreurs en circulation dans la contrée ?
    Pour remplir ce programme, le mieux serait la formation d'un (ou de plusieurs) Comité, composé de Missionnaires et de Lettrés chinois, pris dans les différents groupes de Missions, et vivant ensemble ; de cette manière, ils pourraient plus facilement se partager le travail, mettre leurs connaissances en commun, et chacun, profiter des lumières de tous. Si réunir ce Comité dans un même lieu, d'une manière permanente, est impossible, au moins ceux qui le composeraient feraient-ils bien de dresser ensemble un programme détaillé de ce qu'ils auraient à faire, afin d'éviter, autant que possible, une perte considérable de leur temps et de leurs forces, ainsi que des répétitions inutiles, faute de se concerter avant d'agir.

    CONCLUSION

    Ecoles ou Presse, entreprise difficile, oeuvre d'abnégation et de dévouement, mais dont les conséquences sont extrêmes. Ce sont les idées qui mènent les hommes. « Est maître d'un peuple, qui est maître de son intelligence ». L'avenir de la Chine, comme de toute autre nation, est dans ses Ecoles, et dans l'usage qu'elle fera de la Presse. L'avenir de la religion en Chine, également. Quelles que soient les difficultés, il faut cependant reconnaître que ne pas les aborder de front n'est pas les supprimer pour autant ; et en rechercher la solution pratique, c'est déjà vouloir commencer les OEuvres qui s'imposent.

    Le Secrétaire, Le Président de la Conférence,
    A. FOURQUET. L. ROBERT.

    1914/139-145
    139-145
    Chine
    1914
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