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Compte rendu de l'œuvre

Œuvre des partants SOMMAIRE COMPTE RENDU DE L'ŒUVRE. — PAIN DE SAINT ANTOINE. —RECOMMANDATIONS. —NOS MORTS. Compte rendu de l'œuvre pour l'année 1899 Le 10 avril dernier a eu lieu la réunion annuelle des Associées. Avant le salut du Saint-Sacrement, notre Directeur a exposé dans le rapport suivant la situation de l' Œuvre. Mesdames,
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    Œuvre des partants

    SOMMAIRE
    COMPTE RENDU DE L'ŒUVRE. — PAIN DE SAINT ANTOINE. —RECOMMANDATIONS. —NOS MORTS.
    Compte rendu de l'œuvre
    pour l'année 1899
    Le 10 avril dernier a eu lieu la réunion annuelle des Associées. Avant le salut du Saint-Sacrement, notre Directeur a exposé dans le rapport suivant la situation de l' Œuvre.

    Mesdames,
    « Si vous racontez en détail dans les Annales toutes les nouvelles de l'Œuvre des Partants, qu'aurez-vous à dire, mon Père, dans votre compte rendu, au mois de mars prochain? » Telle était l'observation très sage qui m'était adressée sous forme de question, il y a quelques semaines, par une de nos associées. A peu près le même jour, je recevais une autre lettre dans laquelle on me disait : « Nous sommes très heureuses de voir dans votre chronique les nouvelles de notre Œuvre : donnez-nous-en autant qu'il vous sera possible ».
    La remarque de la première associée était très juste et le désir de la seconde fort légitime ; mais le moyen de les concilier! J'ai essayé, ce qui ne veut pas dire que j'ai réussi.
    Les Annales ont annoncé la fondation de l'ouvroir de Pagny-sur-Moselle, elles ont cité plusieurs lettres où le piquant de l'esprit rehausse la saveur de la piété, elles ont redit avec mes remerciements, l'accueil aimable, beaucoup trop aimable, fait au Directeur de notre Œuvre à Rennes, à Saint-Pierre-sur-Dives, à Lisieux, à Bétange. Celles d'entre vous qui désirent des nouvelles ont dû être satisfaites. Mais la visite que j’ai faite à Toulouse et à Limoges n’a été que très incomplètement racontée, et voilà les partisans de la discrétion enchantés, du moins je le suppose, ce qui est toujours très agréable.
    Si vous le voulez bien, parlons un peu de ce dernier voyage.
    Par les soins de M. I'abbé Marceau qui a été pour moi prodigue des plus délicates attentions, nos associées de Toulouse se réunirent à la chapelle de la Visitation, où fut donné, rehaussé de chants très beaux, le salut du Saint-Sacrement ; elles vinrent ensuite à la salle de Travail, où l’on causa avec entrain de nos missions et de nos Partants. Assurément si cette maladie, si douce de nom et de fait si désagréable, l'influenza, n'avait retenu chez elles beaucoup de nos associées, notre réunion eût été plus nombreuse : pour s'en consoler, faut-il dire avec Mlle de la Tour-Landorthe, notre présidente à Toulouse, « que la qualité a remplacé la quantité? » ou bien que la prochaine fois nous aurons la qualité et la quantité, deux choses qui, parmi nos associées — soyons modestes — ne sauraient se séparer, puisque la première y est toujours.
    Toulouse ne possède pas seulement de fidèles et actives associées, elle n’a pas seulement une toute dévouée présidente et une secrétaire de très aimable activité, elle a aussi de petites amies habitant l'orphelinat de la Sagesse, dont M. l'abbé Marceau est l'aumônier, et que dirigent des religieuses dont l'éloge est sur toutes les lèvres. A ces enfants, à ces jeunes tilles sérieusement, pratiquement et chrétiennement élevées, on a appris à aimer les missionnaires et à travailler pour eux ; aussi M. l'abbé Marceau écrivait-il récemment : « Nos enfants demandent encore du travail et montrent par leurs ouvrages que leurs cœurs y ont eu autant de part que leurs doigts. Les travaux confiés aux plus grandes ont excité une sainte jalousie, et nos petites orphelines sollicitent de pouvoir ourler des mouchoirs et faire quelque tricot. Elles veulent être missionnaires. »
    De Toulouse à Limoges, il n’y a qu’un pas, — en chemin de fer, — et dans cette dernière ville l'influenza ayant bien voulu être plus bénigne, notre réunion fut nombreuse. Un fait m’y a causé une vraie joie en m’édifiant beaucoup : c’est que toutes les personnes présentes ont communié à la sainte messe que je célébrai pour elles, pour vous, pour notre Œuvre. Ne vous semble-t-il pas, Mesdames, que ces réunions dont Jésus-Hostie est le lien, dont nos Partants, c'est-à-dire les apôtres de Jésus, sont le but, ont un charme particulier, singulièrement pénétrant et qu'elles doivent attirer sur notre Œuvre les bénédictions d’En-Haut. Partout où deux ou trois seront réunis en mon nom, a dit Notre-Seigneur, je serai au milieu d'eux (1). Et vraiment ne sentons-nous pas, par une ferveur plus grande, par un bonheur plus intime, l'exactitude de cette parole ; oui, en vérité, Jésus est parmi nous.
    De Limoges, de nos ouvrières généreuses et vaillantes qui consacrent leurs longs ou rares loisirs à nos Partants, de la famille Lamy de la Chapelle et de la famille Pénicaud, de cette visite rapide je garderai le plus durable souvenir, comme de toutes celles que j'ai eu le plaisir de faire précédemment à d'autres ouvroirs.
    Mais notre Œuvre ne vit pas de voyages, pour agréables qu'ils soient, elle puise ailleurs la sève qui l'anime, qui la revêt de fleurs et lui fait porter des fruits, et c'est dans le dévouement et la générosité de nos associés qu'il faut aller l'étudier. Encore ce dévouement a-t-il besoin, pour se bien comprendre et se mieux admirer, de se présenter sous la forme concrète des faits.
    Racontons-en donc quelques-uns. Oh! Très peu ; d'abord parce que j'en ignore beaucoup, et aussi, mais est-ce que cette première raison n'est pas suffisante? J’ajoute cependant et parce qu'ils offrent tous de grandes analogies. Il est vrai que le moissonneur qui recueille des épis ne s'inquiète pas de savoir s'ils sont semblables, il lui suffit qu'ils soient beaux et remplis de blanche farine. Mais on est convenu que les rapports sont plus exigeants.
    (1) Matt., XVIII, 19-20.
    Je ne citerai pas de noms très connus et qui chaque armée reviennent sous ma plume, parce que nous les avons toujours dans le cœur : je veux cependant dire toute notre reconnaissance, à Mme Voix qui à Troyes est admirablement secondée par Mlles. Baudin; à Mme Verny qui a définitivement fondé notre Œuvre à Pont d’Aubenass, et nous demande de lui envoyer une grande quantité de cette toile excellente, connue à Bétange sous le nom de Cretonne des missionnaires : à Mme Stupffel, de Nancy, qui à elle seule confectionne une soixantaine de paires de chaussettes, et tout près, à Pagny-sur-Moselle, à Mme Jourier : «Cette dernière, à la suite d'un accident qui la prive momentanément de sa main droite, nous écrit Mlle Bastien, accomplit le tour de force de faire de la main gauche une tapisserie aux petits points, afin de ne pas interrompre ses chères habitudes en faveur des missionnaires ».
    Un dévouement encore inconnu, et dont nous avons pu, cette année, constater la fidélité s’affirmant par un travail assidu, est celui de Mme Dupont, de Bois-Colombes, qui a su attirer à l'Œuvre de nombreuses associées, et nous envoyer, grâce à leur activité et à la sienne, cinquante paires de chaussettes et six gilets admirablement tricotés, m’a dit notre vénérée Présidente, maîtresse ès arts en ces matières.
    Dans le précédent rapport, je vous citais l’exemple d’une artiste chrétienne, qui chaque mois avait versé dix francs entre les mains d'une religieuse, et à la fin de l’année était venue nous apporter sa cotisation perpétuelle, en nous promettant de nous offrir ensuite celle de son père, économisée par le même moyen. La promesse a été tenue, les 120 francs versés, et maintenant, Mademoiselle, que Dieu vous récompense, et qu’il garde à nos saintes cérémonies de Nazareth une voix qui donne à notre âme plus d'élan dans ses prières et plus de ferveur dans ses adorations.
    Il y a les cotisations des vieillards et celle aussi des nouveau-nés ; n’est-ce pas, petit André Lamasse, que vos jolis doigts roses nous ont envoyé vos cinq francs, et que près de vous, en chantant une berceuse ou en récitant une prière, votre mère rêve de l’avenir et se demande si vous n’irez pas un jour rejoindre votre oncle, le missionnaire des plaines glacées de la Mandchourie.
    Parfois, certaines de nos associées ont pour nous offrir leur cotisation des inspirations d'ingénieuse et touchante délicatesse : telle cette bienfaitrice qui, pendant l'octave de Noël, a déposé sur la poitrine de l'Enfant Jésus son offrande destinée à vêtir nos Partants.
    Un autre fait, charmant aussi : une jeune fille dont je dois taire le nom, nous a envoyé, avant d'entrer au couvent, toutes ses économies : 200 francs. Est-ce que cela ne vous fait pas songer aux amis qui, à la veille d'un départ, envoient un souvenir pour rappeler leur affection, de près ou de loin, toujours présente.
    Quelques associés ont trouvé des moyens nouveaux pour augmenter les recettes. On a même été, dans un pays que je ne nommerai pas, jusqu'à faire une petite fête. N'y aurait-il pas eu cependant quelque mécompte? Mais il parait que l'année prochaine l'habile stratège, qui commande là-bas, prendra de telles dispositions que la victoire sera plus brillante, je veux dire plus rémunératrice. Je m'arrête, les secrets de la guerre sont inviolables, et puis... je ne les sais pas.
    Je cite très peu de noms, vous le voyez, Mesdames : hélas! Je voudrais faire autrement, car certains noms sont des exemples; mais on me force à les taire ; je dois même passer certains actes sous silence. Quelques-unes de nos associées veulent absolument que leur générosité ne soit connue que de Dieu seul, témoin cette excellente chrétienne, qui dernièrement a pris des ciseaux pour couper, dans une des pages de nos Annales, le passage qui faisait allusion à son dévouement. Elle coupera peut-être encore celui-ci... Allons chère et bonne Madame, laissez-le, et nous vous promettons très sincèrement de vous oublier à tout jamais... excepté dans notre reconnaissance et dans nos prières.

    Cependant un de nos associés permet que nous disions son nom très haut ; ce n'est pas qu'il nous offre une cotisation régulière, il est beaucoup plus généreux ; vous le con- naissez toutes; plus d'une parmi vous lui a de grandes obligations. Nommons-le tout de suite, pour ne pas exciter les impatiences, c'est saint Antoine de Padoue, ce saint si bon, si serviable, qui fait retrouver les objets égarés par l'inattention et donne du pain aux malheureux. Depuis longtemps nous parlons de lui dans nos Annales, mais notre compte rendu l'oubliait, tort grave puisqu'il envoie du pain à nos séminaristes, nos futurs Partants.
    Pour me faire pardonner mon long silence à son égard, permettez-moi de transcrire, la lettre suivante que m'écrit une de nos associées de Poligny :
    « Une de mes parentes souffrait horriblement d'un genou depuis quelques jours, au point de ne pouvoir faire un mouvement, et sa position allait toujours s'aggravant. Dans ma détresse, j'eus la pensée de la recommander à saint Antoine de Padoue, protecteur des Partants, et de lui promettre une offrande de 3 francs pour le pain des Apôtres, si dans trois jours, la malade était guérie! Le troisième jour se trouvait justement le 11 février, fête de Notre Dame de Lourdes, Reine de Nazareth. La date me semblait bien choisie. Cependant, je dois avouer que je comptais faiblement sur la réussite de ma prière, car, faut-il le dire tout bas, pour ne pas scandaliser les dévots de saint Antoine de Padoue, jamais je n'obtiens rien, absolument rien de tout ce que je demande à ce bon saint. Mais, me disais-je, en l'appelant à mon secours sous le titre de saint Antoine des Partants, peut-être en serait-il touché, et, par égard pour ses chers protégés, plus accessible que d'ordinaire,
    « Toutefois je me gardais bien d'en faire part à la malade pour ne pas lui occasionner de déception. Qu'arriva-t-il?... Le 12 au matin, elle déclarait avoir passé une excellente nuit et ne plus rien ressentir de douloureux. « C'est singulier, me dit-elle, le bien-être que j'éprouve ; on croirait que quelqu'un m'a enlevé mon mal comme en y passant la main. »
    Faut-il conclure comme un de mes amis le disait en souriant: « Allons, jusqu'à présent on ne connaissait que saint Antoine de Padoue, et maintenant il y aura saint Antoine des Partants. Hum! N’est-ce pas un peu hardi et ne craignez-vous pas que la concurrence ne vous soit fatale? Saint Antoine de Padoue doit être le plus fort »
    Mais, Mesdames, il me parait bien que je m'arrête à cueillir des fleurs; sans doute c'est joli les fleurs, c'est parfumé, c'est enchanteur, on dit même que les respirer est fortifiant, mais les fruits ne sont-ils pas plus agréables? Je l'accorde ; pourtant il fallait parler des unes avant de vous présenter les autres, les fruits ne sont que les fleurs transformées. Eh bien, voici la transformation en espèces sonnantes de votre dévouement, de votre générosité, de vos labeurs :
    L'année dernière, je m'étais permis de vous adresser un appel pour les cotisations ordinaires. Je vous avais cité les paroles du regretté Père Péan, le premier directeur de notre Œuvre. Cet appel n'a pas été fait en vain : je ne saurais assez vous en remercier: les cotisations se sont élevées à 34.834 francs au lieu de 33.505 francs ; d'autre part, la vente de charité qui fut si merveilleuse, que les pessimistes prétendent ne plus jamais revoir d'aussi beaux jours, a dépassé de 3.000 francs celle de 1898: enfin il y a eu 37 souscriptions perpétuelles.
    Le total des recettes, y compris l'excédent de l'exercice précédent, est de 72.428 francs au lieu de 69.650 francs.
    En vérité je crois,' Mesdames, que cette fois nous sommes en pleine révélation de secrets jusqu'alors bien gardés, et dont les Annales n'ont pas eu la primeur. Soyez patientes, elles l'auront... après vous.
    Examinons maintenant nos dépenses : assurément vous seriez désolées qu'il n'y en eût pas, puisque les économies concorderaient avec une diminution dans le nombre des vocations apostoliques et par conséquent dans le bien général de nos missions et la prospérité de notre Société. Vous nous donnez beaucoup, afin que nous dépensions pour beaucoup, ce qui veut dire le moins possible pour chacun.
    Or l'année dernière, notre Séminaire a envoyé 74 Partants et cette année 62 seulement. Priez, Mesdames, nous vous en conjurons, pour que l'Esprit-Saint souffle au cœur de la jeunesse française le désir des durs et féconds labeurs pour le Christ sur les terres étrangères, et nos dépenses, qui cette année se sont élevées à 62.203 francs, dépasseront cent mille, parce qu'alors plus de cent nouveaux apôtres auront pris la route de l'Extrême-Orient.
    Grâce à l'augmentation toujours désirable des recettes, et à la diminution, que nous regrettons un peu, des dépenses, nous avons en ce moment en caisse 11.225 francs, somme que nous gardons précieusement, car l'année prochaine nos Partants seront plus nombreux; et puis, ne faut-il pas préparer l'avenir, qui est d'avoir des ressources suffisantes pour payer leur voyage non seulement jusqu'à Marseille, comme nous le faisons maintenant, mais jusque dans leurs missions?
    Après vous avoir remercié de ces résultats, Mesdames, et en avoir béni Dieu, laissez-moi vous dire quelques mots d'une joie très vive et d'un très grand honneur que la Providence vient d'accorder à la famille des Missions-Étrangères. Je veux parler de la béatification de nos martyrs. Parmi eux, nous comptons deux évêques, sept missionnaires et dix-huit prêtres indigènes, vingt-deux chrétiens annamites et chinois.
    Ces évêques et ces missionnaires n'ont pas été les protégés, je devrais dire les fils de l'Œuvre des Partants, mais ils sont les frères aînés de ses fils; vous voyez que la parenté n'est pas éloignée, et que vous avez le droit de vous réjouir, en admirant comment cet acte, qui nous honore, répond bien à l'état des choses, des esprits et des cœurs.
    L'Église, dit-on, a, de par son rôle providentiel, le sens des réalités, et ses actes sont en harmonie parfaite avec les aspirations ou les besoins du moment.
    Combien ces affirmations sont vraies! Examinez : A cette heure, sur la France comme sur l'Europe, passe un grand souffle colonisateur. On part sur les terres lointaines, on y sème nos idées, on y répand notre civilisation ; dans cette voie les missionnaires furent des précurseurs. Naguère on critiquait aisément leur dévouement, on le qualifiait d'imprudence quand on ne se servait pas de termes plus expressifs; actuellement la bienveillance pour leur vocation, la juste appréciation de leur rôle, l'estime pour leur caractère, et très souvent l'affection pour leur personne ont remplacé le dénigrement d'autrefois. Et c'est au moment du réveil des entreprises coloniales, et des sympathies pour les ouvriers apostoliques, quand le monde proclame les missionnaires français de bons patriotes, que l'Église vient dire : Ils furent aussi des saints. Cette année on élèvera sur la plus belle place de la capitale de notre Indo-Chine la statue de Mgr Pigneau de Béhaine, et Rome dressera des autels à ceux qui furent les fils et les frères du grand évêque colonisateur.
    Que d'autres harmonies encore! Les distances disparaissent, l'Extrême-Orient est à la porte de l'Europe, le monde s'unifie, les préjugés de race et de couleur s'effacent, et l'Église, qui la première a enseigné l'égalité des hommes, la redit solennellement, en unissant dans ses hymnes, le nom des enfants de la France, des fils de l'Annam et de la Chine.
    Et ces pays encore païens, n'y aurait-il pour eux aucune coïncidence heureuse dans cette circonstance? ah! bien au contraire ; ils sont à un tournant de leur histoire, ils essaient de prendre rang parmi les nations de civilisation chrétienne, et escomptant l'avenir qu'elle voudrait prochain, l'Église ne les y place-t-elle pas déjà, en offrant leurs fils à la vénération de l'humanité entière?
    Tournons nos regards vers une sphère différente : Vit-on jamais plus belle efflorescence d'œuvres apostoliques, de plus nombreux bataillons allant à la conquête des âmes sur la terre étrangère? Que prouve cet élan, sinon l'amour de la sainte vocation de missionnaire ; eh bien, cette disposition que nous admirons, l'Église, qui l'a consacrée, l'encourage de nouveau, par la glorification des apôtres les plus héroïques.
    Mais laissons ces généralités, faisons un retour sur nous-mêmes, et en nous rapprochant de nos Bienheureux, songeons à l'enseignement direct que nous offre leur béatification.
    Le fondateur de l'Église fut le plus grand des martyrs, le premier saint inscrit dans ses annales est un martyr, les premiers saints qui vont prendre rang dans les dyptiques des Églises de Chine et d'Indo-Chine sont des martyrs, et cette continuité d'honneurs rendue au sacrifice contribue à nous redire que le dévouement est la base de toute grandeur, le ciment de tout édifice, des œuvres modestes et des plus importantes.
    Rappelons-nous aussi, Mesdames, la communication mutuelle des bonnes œuvres entre les membres de l'Église triomphante, militante et souffrante, c'est-à-dire la communion des saints, et disons-nous, pleins d'espérance, que nos missionnaires, nos martyrs peuvent reverser sur nous, sur nos défunts, une partie des trésors qu'ils ont acquis par leurs mérites; qu'ils peuvent rendre nos joies plus douces, nos douleurs moins amères, qu'ils sont désormais nos protecteurs officiels, que nous avons le droit et le devoir de les prier et de les vénérer, et qu'à l'honneur donné à la Société des Missions-Étrangères s'ajoutent pour elle et pour nous, les moyens d'obtenir des grâces nouvelles.
    Enfin, Mesdames, et c'est par là que je termine, remercions pour tant de bienfaits la Vierge Immaculée, et réjouissons-nous de voir le nom de nos Bienheureux, des Bienheureux de la Société des Missions-Étrangères et de leurs compagnons, attachés comme autant de joyaux à sa couronne de Reine des Martyrs.

    Dons en nature ou objets confectionnés reçus
    par l'Œuvre en 1899

    Calices 4 Aubes 26
    Nappes d’autel 20 Bas d’aube 7
    Garnitures de nappes 50 Cordon d’aube 69
    Devants d’autel 16 Manuterges 262
    Croix de chasubles 12 Signets 60
    Purificatoires 361 Chapelets 187
    Corporaux 117 Serviettes 13 douz. 1/2
    Pavillons 61 Mouchoirs 36 douz.
    Conopées 2 Bas et chaussettes 1.194 paires
    Pales 108 Gilets de laine 61
    Etoles 26 Gilets et chemises
    Tours d’étole 26 de flanelle 56
    Bourses 17 Cache-nez 33
    Voile huméral 1 Chemises 69 douz
    Petites bourses pr viatique. 51 Pochettes 49
    Amicts 153 Divers 12
    1900/146-156
    146-156
    France
    1900
    Aucune image