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Comment en Chine on acquiert l'expérience des voyages

KIEN-TCHANG Comment en Chine on acquiert l'expérience des voyages. Un jeune missionnaire du Kien-tchang, le P. Le Mercier, a eu pendant son voyage quelques aventures désagréables qui, heureusement, ne se sont pas trop mal terminées,
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    KIEN-TCHANG

    Comment en Chine on acquiert l'expérience des voyages.

    Un jeune missionnaire du Kien-tchang, le P. Le Mercier, a eu pendant son voyage quelques aventures désagréables qui, heureusement, ne se sont pas trop mal terminées,
    Le lundi de la semaine de Quasimodo, il quittait Yun-nan-sen, et prenait le chemin de sa mission. Comme il restait encore quelques formalités à remplir, un vieux missionnaire, le P. Burnichon qui l'accompagnait, s'attarda au vice-consulat, puis il se hâta pour rattraper sur la grande route le P. Le Mercier et ceux qui étaient avec lui.
    Or, le P. Le Mercier s'était engagé sur la petite route.
    Après quatre ou cinq heures de marche, à l'entrée d'un petit plateau, il avait rencontré un individu qui lui assena à l'improviste un coup de crosse. Manquant son but, le malandrin atteignit le cheval qui partit au galop. Les compagnons de voyage du Père, porteur et lettré, s'éclipsent au plus vite. Mais un autre bandit, baïonnette au canon, tient le débouché ; et, contraignant le Père à s'arrêter, il le frappe de plusieurs coups de crosse, dont le dernier, à la hanche, faillit le renverser. Sept ou huit brigands l'entourent alors, le jettent à bas de son cheval et lui adressent un discours immédiatement suivi d'une fouille minutieuse : poches, sacoche, tout fut expertisé et vidé ; ces Messieurs cependant eurent l'obligeance de rendre à leur victime son ordo et sa pipe ; après quoi, les mains liées derrière le dos, le Père est hissé sur son cheval et... en route pour la montagne.
    Vint à passer un Chinois à la tête de 3 ou 4 chevaux de bât. Bonne aubaine ! En un tour de main il est ligoté et dévalisé. Tandis que les bandits sont affairés autour de lui, notre jeune confrère a I'heureuse inspiration de répéter les deux seuls mots chinois qu'il connaisse : « Chen-fou, chen-fou ». Aussitôt les brigands se concertent, hésitent un instant, puis leur chef tranche les liens du Père, qui se hâte de profiter de la permission et de reprendre son voyage, si fâcheusement interrompu. Conduit par la Providence, après deux heures d'anxiété, il retrouvait la caravane, puis, à l'étape suivante, le P. Burni-chon, qui l'attendait.
    Enfin, le 11 mai, il arrivait à Ning-yuen, où la chaude réception de son évêque et de ses confrères lui fit oublier tous les ennuis de voyage ; il ne lui en restera qu'une connaissance prématurée de la Chine et de ses agréments.

    1922/181-182
    181-182
    Chine
    1922
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