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Cochinchine septentrionale typhon et désastres.

Cochinchine Septentrionale LETTRES DES PP. BARTHÉLEMY ET BONNAND Missionnaires apostoliques. Typhon et Désastres. Di-loan, 20 octobre 1897. Deux mots pour vous annoncer le terrible désastre de la région du Dat-do (i). Vendredi dernier, un typhon, comme on n'en a jamais vu, a détruit tout sur son passage, principalement dans la région
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    Cochinchine Septentrionale

    LETTRES DES PP. BARTHÉLEMY ET BONNAND

    Missionnaires apostoliques.

    Typhon et Désastres.

    Di-loan, 20 octobre 1897.

    Deux mots pour vous annoncer le terrible désastre de la région du Dat-do (i).

    Vendredi dernier, un typhon, comme on n'en a jamais vu, a détruit tout sur son passage, principalement dans la région

    (1) Lettres adressées à M. Gros jean, directeur du Séminaire des Missions-Étrangères basse de la terre rouge (i), où un raz de marée a ajouté ses horreurs à celles du typhon.

    Le collège est en tel étai qu'il faut licencier les élèves; les villages sont hachés, dévastés par la tempête; les maisons couchées, enlevées même en grand nombre ; les barques mises en mille pièces ; beaucoup d'hommes noyés. C'est horrible. A Di-loan, le vent s'est peut-être fait sentir plus fort encore et sans parler des dégâts ordinaires que j'ai eu à subir, l'église qui allait être couverte avant trois semaines a été abîmée d'une manière affreuse, dans la plus grande partie de la nef. La travée de la façade, le sanctuaire et une partie du transept n'ont rien. C'est le côté de l'Évangile qui a souffert le plus par la force du vent, et parce que je n'avais pas encore eu le temps d'achever les deux murs. Hélas ! Quinze jours plus tard, probablement, l'accident eût été évité. Le bon Dieu ne l'a pas voulu. Que sa sainte volonté soit faite! Mais où prendre des ressources pour réparer les ruines?

    Mes ornements ont été perdus en grande partie par l'eau, je n'en ai plus un seul blanc qui puisse convenablement servir; ils sont tous teints en rouge par les doublures. C'est pitoyable.

    Je sens qu'avec la grâce du bon Dieu je suis soumis à sa sainte volonté, mais que j'ai souffert, et que je souffre encore, mon bien cher ! Ah! Suppliez Notre-Seigneur de me donner la force de supporter l'épreuve sans murmurer, et aussi les moyens de réparer les ruines. celles de Di-loan et de mes annexes sans parler de celles de la plus grande partie du district.

    28 octobre 1897.

    C'est mon district et toute la plaine depuis la route jusqu'à la mer qui ont été les plus éprouvés. Plus on était près de la mer, et plus le fléau a été terrible.

    La tempête a été terrible. Jamais on n'a vu de pareil typhon et durant si longtemps; le raz de marée a été aussi formidable. Les Annamites les plus âgés disent n'avoir jamais rien vu de semblable.

    (1) Dat-do.

    Aussi .l'état dans lequel tout a été mis est lamentable, les églises, les maisons renversées et mises en pièces; les barques broyées et coulées; et les morts sont nombreux, très nombreux; on en compte officiellement plus de quatre cents dans la province de Quang-Tri.

    Ah ! Mon cher Père, que de ruines! C'est déchirant; et on n'est encore à peine revenu de la stupeur qu'ont produite chez nous cette terrible journée et l'effrayante nuit du 15 octobre.

    Avant le typhon, la misère menaçait déjà, maintenant c'est une misère générale ; bien entendu, il ne reste à peu près rien du riz du dixième mois. C'est donc la disette, et aujourd'hui le riz est à plus de. À ligatures la mesure. Que sera-ce clans un mois, deux mois! Et (lire qu'il faudra attendre jusqu'au cinquième mois pour peut-être voir diminuer un peu ,cette affreuse misère si la moisson est bonne.

    Et puis toutes ces ruines à relever!...

    BARTHÉLEMY,

    Mis. apost.

    Tam-toa, 24 Octobre 1897.

    Dans la douleur, on aime à verser sa plainte dans le cur d'un ami, et vous vous êtes montré si bon pour moi!

    C'est maintenant une grande désolation, un deuil complet dans ce beau Quang-Binh où vous ont amené plusieurs fois vos courses apostoliques. Une tempête, telle qu'on n'en avait jamais vu dans ce pays qui en subit de 'trop fréquentes, a causé des ravages' inénarrables. D'après les autorités civiles, les victimes dans les environs de Dong-hoi dépassent le chiffre de mille. 'Tels villages 'très florissants, de bel aspect, semblant d'immenses bosquets où les tiges minces et élégantes des bambous se mariaient avec les aréquiers aux majestueux panaches et avec les feuilles larges exubérantes des bananiers, ne sont plus que des monceaux de débris sans nom d'où s'exhale parfois une odeur épouvantable. Il n'y a plus que de la boue, où lut la vieille paroisse de Sao-Bùn qui a envoyé au Ciel, par le saint Baptême donné à l'article (le la mort, des centaines et (les centaines d'enfants païens. Mes deux villages de Sao-cat environnés (le verdure qui ,jetaient une note gaie, sur la dule aride, ont perdu presque toutes leurs maisons, et leurs églises ne pourront de longtemps être relevées. La misère est affreuse. La paroisse, ma résidence habituelle qui se rappelle encore votre passage; Tam-Toa, le siège du district du Quanq-Binh sud, bâtie à quelques centaines de mètres de la mer si attirante et si traîtresse; le long Nhut-Sé, majestueux leuve plus large que le Rhône, glus rien n'est reconnaissable. D'énormes vagues ont passé, et à la place de nos maisons, (le nos beaux jardins, il n'y a plus qu'une grève horrible. La Sainte-Enfance et les quelques habitations qui se trouvaient à l'intérieur de cet ancien camp retranché qui devait ,jadis arrêter les bandes venues du Tonkin pour envahir l'Annam, ont été aussi renversées. mais de leurs débris on pourra encore tirer de quoi faire un misérable abri. La belle église élevée avec les aumônes de la charité envoyées aux persécutés de 1886, et. avec l'aide de très nombreuses journées de corvée, a beaucoup souffert à l'intérieur et dans sa toiture qu'il faudra de toute nécessité refaire.

    BONNAND,

    Mis. apost.
    1898/34-37
    34-37
    Vietnam
    1898
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