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Cochinchine septentrionale, questions de statistique

Cochinchine septentrionale, questions de statistique PAR M. CADIÈRE Missionnaire Apostolique.
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    Cochinchine septentrionale, questions de statistique

    PAR M. CADIÈRE

    Missionnaire Apostolique.

    Le sujet paraît aride, je l'avoue. Mais que le titre ne vous décourage pas, ami lecteur. Il s'agit d'une question qui ne manque pas d'importance. Nos chrétiens, je veux dire les chrétiens d'Annam, augmentent-ils, dans quelles proportions augment-ils, et de quelle manière augmentent-ils ? C'est même une question capitale pour le missionnaire, et ceux qui s'intéressent à ses travaux ne peuvent qu'être heureux de connaître quelques chiffres, à ce sujet. Deux chiffres, placés en regard l'un de l'autre, tantôt inondent l'âme d'une joie bien douce, tantôt amèneraient le découragement, si l'ouvrier apostolique et ceux qui soutiennent ses efforts, pouvaient se décourager. D'ailleurs, dans cette étude, je supprimerai tous les considérants, les longues colonnes de chiffres qui m'ont servi de base : je ne retiendrai que les conclusions. Il y aura bien quelques chiffres, mais le moins possible, tout juste assez pour faire voir s'il y a progrès ou recul dans la population chrétienne de quelques provinces de l'Annam.
    Nos chrétiens augmentent de deux manières. Ou par la conversion de païens au christianisme, ou par le développement normal et naturel de la population chrétienne déjà existante. Je ne m'occuperai pas de là première manière. Chaque année les comptes rendus des travaux de la Société des Missions Etrangères mettent sous les yeux de leurs lecteurs des documents suffisants pour qu'on puisse se faire sur ce sujet une idée exacte. Que le bon Dieu accorde à tous mes confrères les grâces nécessaires pour que le chiffre qu'ils mettent dans la colonne des conversions de païens grossisse chaque année davantage ! Je ne m'occuperai donc que du développement normal de la population chrétienne déjà existante.
    Le sujet présente des difficultés. Les questions de démographie ne sont pas faciles à résoudre dans nos pays d'Extrême Orient. L'individu n'est pas une unité cataloguée, étiquetée, estampillée par l'État depuis sa naissance jusqu'à sa mort, et même après. L'enfant naît, l'homme meurt sans que l'État s'en inquiète. Les mandarins s'occupent de l'homme en tant que corvéable et sujet de l'impôt. La femme et l'enfant n'existent pas à leurs yeux. Les listes officielles des corvéables, fictives presque toujours, indiquent à peine la quinzième ou la dixième partie de la population globale, tout au plus, le cinquième ou le quart. On conçoit que cet état de choses rende impossible l'évaluation même approximative du chiffre et de la population en Annam, et impossible aussi tout travail ayant pour objet le mouvement et la composition de cette population. Le gouvernement annamite n'a jamais eu le moindre désir de s'occuper de ces questions. Le gouvernement français voudrait bien les résoudre, il ne l'as pas fait encore au moment où nous écrivons.
    Mais ici, comme en nos pays d'Occident, l'Eglise a devancé l'État. Pour l'Eglise, chaque individu aune âme, une âme immortelle, à laquelle le baptême assure le bonheur éternel. L'Eglise s'intéresse à chaque âme, depuis le moment où l'eau du sacrement la fait naître à la vraie vie, jusqu'au moment où sa carrière est finie ici-bas, et où elle entre dans la vie parfaite par la mort. L'Eglise oblige ses ministres à dresser l'état de chaque âme, à avoir un registre où sont inscrits les grands événements de sa vie spirituelle, baptême, confirmation, mariage et passage à l'autre vie. Les registres des baptêmes et des morts que tout bon missionnaires doit avoir à coeur de tenir à jour, seront de précieux documents pour résoudre quelques unes des questions que je signalais plus haut.
    Chaque année le missionnaire fait ses comptes. Ses gains rie sont pas de ce monde. Que le succès couronne ou non ses efforts, il sait que celui pour lequel il travaille récompense la banne volonté, et non les résultats apparents. Il n'en est pas moins très heureux lorsque les baptêmes sont nombreux, et il s'attriste lorsque son troupeau diminue. Les comptes qu'il livre à nos évêques sont encore des documents qui permettront de se faire une idée des mouvements de la population chrétienne.
    Mais ici encore nous avons de nouvelles difficultés. Nos chrétiens sont noyés, la plupart du temps, au milieu des villages païens. Il y a des infiltrations : des païens se font chrétiens ; des chrétiens, hélas ! Retournent au paganisme. Si donc la population d'une communauté chrétienne augmente ou diminue, comment savoir d'où vient cette augmentation ou cette diminution ? Est-ce naturellement que s'est produit le changement, ou par conversions ou apostasies ? Les colonnes qui indiquent les conversions et les apostasies, peuvent nous renseigner un peu, mais il resterait encore trop de vague et d'imprécision. Il faut donc choisir, comme base de tout travail sérieux concernant le mouvement naturel de la population chrétienne, des groupes fermés, c'est-à-dire formant une masse compacte et circonscrite, augmentant ou diminuant par les principes qu'ils ont en eux-mêmes, et admettant fort peu d'éléments étrangers. Malgré ce souci que j'ai eu, il y a désaccord parfois dans les chiffres. C'est qu'il n'est pas de groupe si fermé qui n'admette des infiltrations, provenant soit de conversions ou d'apostasies individuelles, d'expatriation, de mariage, ou d'autres causes. C'est, en second lieu, que les comptes annuels, bien que faits avec conscience, renferment des erreurs. Mais je ne pense pas que ces diverses causes d'inexactitude dans l'établissement des moyennes vicient les calculs d'une manière considérable. Il suffit, pour corriger ces imperfections, de donner une certaine élasticité aux moyennes obtenues.
    Abordons le problème. Pour donner à mes calculs une base assez large, j'ai pris une période de 15 années, s'étendant de 1890 à 1904, et cette période a été divisée, pour la facilité des calculs, en deux périodes : Une période décennale 1890-1899, et une période quinquennale 1900-1904. Pendant ces deux périodes, j'ai suivi 23 groupes plus ou moins nombreux, indiquant pour chaque année, le chiffre total de la population, le nombre des naissances, le nombre des morts d'enfants au dessous de 6 ans, et des morts d'adultes. Mais nos chrétiens habitent des régions fort différentes au point de vue de la salubrité. Il faut tenir grand compte de cette circonstance pour l'établissement des moyennes. Il est clair en effet que la natalité et la mortalité ne seront pas les mêmes dans un pays salubre et dans une région malsaine.
    Sur ces 23 groupes, if y a 8 groupes composant la série malsaine. En 1890 la population de ces groupes était de 3328 personnes. En 1904, elle n'était plus que de 3158 personnes. Il y a eu diminution, mais la diminution aurait été plus sensible encore si des éléments étrangers n'étaient venus combler les vides que devait produire l'excédent de la mortalité sur la natalité. Nous avons en effet, pour la période décennale 1890-99, 1029 naissances contre 1747 morts. La population moyenne annuelle de l'ensemble de ce groupe étant de 3301 personnes, nous avons donc pour cent habitants et par année une moyenne de 3,117 naissances, contre 5,291 morts, soit un excédent de la mortalité sur la natalité, de 2,174 personnes. En d'autres termes, pour 100 naissances, on a enregistré plus de 169 morts, dont 67 d'enfants au-dessous de 6 ans. C'est-à-dire que plus de la moitié des enfants meurent avant d'avoir atteint l'âge de six ans. Ces chiffres ne peuvent qu'attrister le coeur d'un missionnaire. Pour les comprendre, il faut dire que ces groupes habitent tous dans des régions malsaines ; que l'un deux, dont la population atteint un chiffre important, a été plus que décimé, pendant plusieurs années, par la fièvre paludéenne ; enfin que la période 1890-99 a été signalée par le typhon de 1897, suivi d'une famine en 1898. Ces deux fléaux ont fait un grand nombre de victimes et ont fait baisser considérablement le chiffre des naissances partout, mais particulièrement dans une population affaiblie déjà par les conditions climatériques de son habitat.
    Pour la période quinquennale 1900-1904, nous avons un relèvement très sensible, et là natalité est supérieure, pour l'ensemble des groupes, à la mortalité. On enregistre 544 naissances et seulement 507 morts, dont 182 d'enfants au-dessous de 6 ans. Ce qui donne, pour cent personnes et par an, 3,428 naissances et 3,194 morts, soit un excédent à la natalité de 0,234. Ou, en se basant sur d'autres termes, pour 100 naissances, on a seulement 93 morts, dont 33 d'enfants au-dessous de 6 ans.
    Malgré ce relèvement pendant la période quinquennale, nous avons, pour l'ensemble des deux périodes, 1890-1904, un excédent sensible de la mortalité. On a en moyenne, pour une population de cent personnes et par an 3,215 naissances contre 4,608 morts, soit un excédent de la mortalité de 1,393 personnes. Ou encore pour 100 naissances, on a enregistré 143 morts, dont 55 d'enfants au-dessous de 6 ans.
    Quinze autres groupes composent une série saine. La population de ces groupes de 4,423 personnes en 1890, est de 5,272 en 1904. Il y a eu augmentation continue pendant les 15 années, même pendant la période décennale, où la population a été éprouvée, comme celle des groupes malsains, mais moins fortement. L'ensemble de ces groupes nous donne, pour la période décennale 1890-99 2,074 naissances contre 1,879 morts, soit, pour une population de cent personnes, une moyenne annuelle de 4,172 naissances contre 3,780 morts. Excédent de la natalité sur la mortalité : 0,392 personnes pour cent habitants et par an. Pour 100 naissances, on enregistre 90 morts, dont 37 d'enfants au dessous de 6 ans.
    Pour la période quinquennale, 1900-1904, natalité est notablement supérieure à la mortalité. Nous avons en effet 1,054 naissances contre 661 morts, dont 343 d'enfants au-dessous naissances 6 ans. Pour cent habitants et par an, on a donc 4,089 contre 2,565 morts, soit un excédent par an et cent personnes, de 1,524 personnes. Pour 100 naissances on a 62 morts, dont 32 d'enfants au-dessous de 6 ans.
    Ces moyennes seraient satisfaisantes, mais elles sont abaissées si l'on prend l'ensemble des deux périodes, 1890-1904. On a en effet 3,128 naissances contre 2,540 morts. Ce qui donne, pour cent personnes et par an, une moyenne de 4,143 naissances contre 3,364 morts, soit un excédent de la natalité de 0,779 seulement. En un an, une population de 100 personnes ne s'accroît pas même d'une unité, et il faudrait à ces 100 personnes pour doubler leur nombre, une période de 125 ans, si son les laissait à leur développement régulier. Quant à la population des groupes malsains, étudiée plus haut, elle devrait disparaître peu à peu.
    Prenons maintenant l'ensemble des 23 groupes pendant les deux périodes, 1890-1904. Cette population nous a donné 4,701 naissances, contre 4,794 morts, dont 2,004 d'enfants au-dessous de 6 ans. Pour 100 personnes nous avons donc par an 3,780 naissances et 3,855 morts, soit un, excédent de la mortalité de 0,125. La population de ces groupes semblerait donc condamnée à disparaître.
    En réalité elle a augmenté : de 7,751 elle est montée à 8,430 en 1904 ; c'est du moins les chiffres que portent les comptes annuels ; soit une augmentation de 679 personnes. D'où provient ce désaccord entre les chiffres donnés d'une pari et les causes probables : Infiltrations du, dehors parles conversions de païens ; erreurs dans les recensements. Entrer dans le détail serait un travail trop ardu.
    Faut-il conclure que la population chrétienne en Annam et les conclusions seraient applicables à la population païenne tend naturellement à diminuer ? Je ne le pense pas. On a vu que je me suis basé sur deux séries de groupe : Les groupes malsains, au nombre de 8, formant une population de 3,328 3,158 personnes, et les groupes sains, au nombre de 13, formant une population de 4,423 5,272 personnes total variant, suivant que l'on prend l'année 1890 ou l'année 1904). La nécessité m'a obligé de prendre cette proportion entre la population à habitat sain et la' population à habitat malsain. Mais, si l'on voulait avoir une moyenne générale, il me semble que l'on devrait augmenter le nombre des groupes de la population à habitat sain, car les régions saines sont plus étendues et plus habitées que les régions malsaines. On aurait de ce chef une augmentation de la moyenne de la natalité et une diminution de la moyenne de la mortalité.
    J'ai pris également, comme base de mes calculs, une période qui s'étend de 1890 à 1904. Cette période, que j'ai partagée en deux pour la facilité des calculs, serait plus logiquement divisée en trois périodes quinquennales, et l'on remarque que la première et la troisième de ces périodes, soit 1890-1894, 1900-1904, sont presque semblables entre elles, soit pour les groupes sains, soit pour les groupes malsains, et que la natalité est toujours supérieure, plus ou moins, suivant les groupes, à la mortalité. Quant à la seconde période, 1895-1899, elle est désastreuse. Cette proportion d'une période désastreuse contre deux périodes normales, est-elle exacte ? Sans doute il y a en IndoChine des famines et (les typhons, trop fréquents, hélas ! Mais il pourrait se faire que, pour avoir une moyenne normale, il fût nécessaire d'étendre la base des calculs, de prendre une période plus longue, où, par exemple on n'aura plus qu'une période quinquennale désastreuse contre quatre ou même cinq périodes quinquennales normales. De ce chef encore, on aurait un relèvement de la moyenne de la natalité et un abaissement de la moyenne de la mortalité.
    Comme on le voit, je ne prétends pas avoir tranché la question, et je serais heureux que quelques-uns de mes confrères, reprenant le problème sur d'autres bases, apportant d'autres documents, viennent corriger les conclusions que j'ai obtenues.
    Pour plus de clarté, je dirai ce qui me paraît probable. On a vu que les groupes malsains offraient, pour la période 19001904, un excédent de natalité de 0,234 personnes par cent habitants et par an (93 morts contre 100 naissances). Par ailleurs, les groupes sains donnent pour la période 1890-1899, un excédent de natalité de 0,392 personnes pour cent habitants et par an (90 morts pour 100 naissances). Les moyennes concordent assez, de part et d'autre. Je crois que ces chiffres ne s'écartent guère de la moyenne normale. Ils signifient que la population annamite chrétienne ou païenne, les conclusions s'appliquent aux deux s'accroît naturellement, mais d'une manière très lente. Une population de 100 personnes, en prenant les chiffres les plus favorables, doublerait en 255 ans environ (1).

    1 Comme confirmation, on peut citer l'exemple' du district du Bo-chinh (Tonkin Méridional). Les Missionnaires possèdent l'état détaillé des chrétientés de ce district en 1820: Il y avait 20,000 chrétiens environ. Aujourd'hui, après un peu moins d'un siècle, et malgré des conversions assez nombreuses, on atteint à peine le chiffre de 30,000. Cependant la population de cette région paraît beaucoup plus prolifique que celles que j'ai étudiées. L'étude de la composition de la population, les statistiques concernant les familles, confirment aussi ces conclusions un peu pessimistes. J'ai étudié plu- sieurs groupes et partout le chiffre des enfants n'est pas aussi élevé qu'on l'aurait attendu d'après les idées courantes sur la prolificité du peuple annamite. Un groupe de 139 familles comprend 544 personnes, soit une moyenne de 3,913 personnes par famille ; et 261 enfants, soit une moyenne de 1,871 enfants par famille, les moyennes sont notablement au-dessous des moyennes normales, à cause de l'insalubrité de la région. La population fut très éprouvée par les fièvres paludéennes pendant plusieurs années, et nombre de familles furent désorganisées. Un groupe de 58 familles, habitant une localité plus saine, comprend 244 personnes et 160 enfants, soit une moyenne de 4.206 personnes et 2,758 enfants par famille. Un troisième groupe, habitant une région salubre, comprend 70 familles, 310 personnes et 210 enfants, soit une moyenne de 4,428 personnes et 3 enfants par famille. Ces derniers chiffres me paraissent se rapprocher des moyennes normales. En France, d'après le Dictionnaire de Dupiney de Vorepierre (1875), on compte 85 décès pour 100 naissances, ce qui donne une moyenne supérieure à la moyenne des populations étudiées ici. Il sera bon de donner aussi les chiffres comparés de la population des groupes étudiés ici, en 1890 et en 1904, série salubre : 1er groupe : 664-704 habitants ; 2e groupe : 206-198 habitants ; 3e groupe : 135-235 habitants ; 4e groupe : 74-158 habitants , 5e groupe : 244-409 habitants ; 6e groupe : 515-609 habitants ; 7e groupe : 246-295 habitants 8e groupe : 309-328 habitants ; 9e groupe 187-249 habitants ; 10e groupe ; 198-226 habitants ; 11e groupe : 241-290 habitants. Série malsaine : 1er groupe : 55-59 habitants ; 2e groupe : 811-77,7 habitants ; 3e groupe : 920987 habitants ; 4e groupe : 223-161 habitants ; 5e groupe : 967-118 habitants ; 6e groupe : 166-261 habitants ; 7e groupe : 815-554 (la diminution n'étant pas uniquement imputable à la dépopulation) ; 8e groupe : 242-241.

    Chaque fable a sa morale ; les chiffres ont aussi .la leur. Puisque la population chrétienne annamite, laissée à elle-même, croit si lentement, et diminue même en certaines localités, le missionnaire doit faire tous ses efforts pour amener dans le bercail du Bon Pasteur les brebis qui sont au dehors. Ce n'est que par des conversions nombreuses que le chiffre des chrétiens augmentera rapidement. Il est inutile d'insister sur ce point. C'est le souci constant du missionnaire.
    Mais le missionnaire doit aussi s'efforcer d'enrayer la mortalité énorme qui règne parmi ses chrétiens. Les maladies qui emportent les adultes ne sont pas compliquées en général. Un purgatif administré dès les débuts du mal, puis quelques doses de quinine sauveraient beaucoup de malades. Les Annamites comprennent de plus en plus l'efficacité de ce remède. Mais c'est surtout des enfants qu'il faut s'occuper. Les chiffres donnés plus haut accusent une mortalité effrayante chez ces petits êtres. En certains endroits et pendant une certaine période, plus de la moitié des enfants n'ont pas atteint l'âge de 6 ans. Dans les bonnes années et pour les localités privilégiées, on compte toujours le tiers d'enfants qui n'atteignent pas 6 ans. Les vieux règlements des chrétientés annamites prescrivaient aux parents qui ont des enfants en bas âge, aux mères enceintes, des règles d'hygiène, qui sont aussi des lois naturelles. Une mère ne doit pas coucher avec son enfant en bas âge ; une femme enceinte ne doit pas se livrer à des travaux ou à des plaisirs immodérés. Les règlements particuliers aux médecins et aux accoucheuses sont plus explicites. Ces règles sont bonnes à rappeler de temps en temps. Il faut rappeler aux parents qu'ils doivent prendre soin de leurs enfants, qu'ils ne doivent pas les laisser courir dans les chemins par tous les temps, que leur corps souffre autant que leur âme de l'abandon déplorable où ils sont laissés la plupart du temps. Mais ici également les médecines européennes ont une grande efficacité pour conjurer le mal. La santonine, le bromure, des purgations légères, peuvent sauver beaucoup d'enfants. C'est ainsi que le missionnaire accomplira son action bienfaisante, à l'exemple du Divin Maître qui, venu pour sauver les âmes, ne négligeait pas la santé des corps.

    1907/151-159
    151-159
    Vietnam
    1907
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