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Cochinchine septentrionale le chrétien Thich

Cochinchine septentrionale le chrétien Thich LETTRE DE Mgr ALLYS,
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    Cochinchine septentrionale le chrétien Thich
    LETTRE DE Mgr ALLYS,
    « Fils d'un haut fonctionnaire annamite, Thich étudia pendant plusieurs années à l'école Pellerin, dont la direction, à cette époque était confiée au bon et sympathique Frère Aglibert. Il y fit de très grands progrès à tous les points de vue, et il pouvait être donné en exemple à tous ses camarades. Inutile de dire qu'il était estimé et aimé de tous ses maîtres, qui désiraient vivement le voir devenir chrétien. Ce voeu, que les bons Frères exprimaient entre eux et qu'ils se faisaient un devoir de déposer aux pieds de Notre Seigneur, finit par se réaliser. Mais ce ne fut pas sans difficulté. Les parents de Thich avaient moins que de la sympathie pour la religion catholique. Voyant là conduite édifiante que menait leur fils depuis qu'il étudiait à l'école Pellerin, ils ne tardèrent pas à craindre que, s'il restait plus longtemps en rapport avec les Frères, il ne finît par embrasser le christianisme, et ils obtinrent qu'il fut envoyé comme professeur à Nha trang, dans la province de Khanhhoa, dont son père était préfet. Tous étaient persuadés que cet éloignement de Hué changerait les idées du jeune homme, et lui enlèverait pour toujours la pensée de se faire chrétien.
    « Ce fut le contraire qui arriva. Conseillé et instruit par un missionnaire, Thich manifesta de plus en plus sa volonté d'embrasser le catholicisme. Mais, comme on était sûr que jamais son père n'approuverait une pareille démarche, il fut décidé qu'il recevrait le baptême à l'insu de sa famille, qui ne connut que par une indiscrétion, et longtemps après, que Thich était chrétien.
    « Je n'essaierai pas de dépeindre la fureur de toute la famille, ni de répéter les menaces qui furent proférées par le Préfet contre la religion et contre son fils qui l'avait embrassée. Qu'il me suffise de dire que ce mandarin, voyant l'inutilité de ses objurgations et de ses menaces, fit donner par les soldats du prétoire une rude bastonnade à son fils, lui enjoignant, sous peine de châtiments encore plus cruels, de fouler aux pieds la croix et d'abandonner la religion. La constance du jeune confesseur de la Foi ne fut nullement ébranlée par ces indignes traitements.
    « Vaincu, le père dénaturé et impie, espérait qu'il serait plus heureux en usant du prestige et de l'autorité des plus hauts mandarins de la cour de Hué. Donc à l'occasion d'un voyage que le père et le fils firent dans la capitale, ce dernier dut se présenter devant tous les ministres du roi Duytan, lesquels n'épargnèrent aucun moyen d'intimidation pour l'amener à apostasier.
    « Mais, soutenu par la grâce, Thich triompha de cet assaut, qui d'ailleurs était beaucoup moins terrible que celui qu'il devait journellement subir de la part de sa mère. Cette dernière, furieuse de la conversion de son fils, voulait absolument le décider à abandonner la religion. Pour arriver à ses fins, elle mit tout en oeuvre : flatteries, pleurs, caresses, menaces, voire même la menace de se donner la mort, si son fils ne revenait pas sur sa détermination.
    « Tout en souffrant beaucoup de se voir persécuté par ses parents qu'il aimait de tout son coeur, et dont il désirait ardemment d'être aimé, Thich demeura inébranlablement fidèle aux promesses de son baptême, et, pendant de longs mois, pour ne pas dire pendant plusieurs années, il vécut, pour ainsi dire seul, au milieu de sa famille païenne, en butte à des reproches continuels et à des ennuis qu'il faut avoir subis pour pouvoir s'en faire une idée.
    « Pendant cette longue et si rude épreuve, le courageux néophyte n'eut pour se soutenir que la prière, la fréquentation des sacrements, et les encouragements qui lui étaient donnés par quelques personnes, au courant de sa pénible situation.
    « Enfin Notre Seigneur eut pitié de son fidèle serviteur. Vaincus par la douceur et la fermeté de leur fils, le père et la mère finirent par le laisser tranquille, et, depuis longtemps déjà, il peut, librement et sans subir de tracasseries, observer ses devoirs de fervent chrétien. Il communie tous les jours. Mais ses fonctions de professeur dans une école publique de Hué ne lui permettant pas d'assister à la messe chaque matin, il a demandé la permission de communier en dehors du saint sacrifice. Cette faveur lui a été accordée avec d'autant plus de facilité que sa vie recueillie est une continuelle préparation à la sainte communion et une perpétuelle action de grâces. Que n'avons-nous des milliers de néophytes aussi fervents et aussi bons que le professeur Thich !

    1917/151-152
    151-152
    Vietnam
    1917
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