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Cochinchine Septentrionale. Confesseurs de la foi de 1848 à 1862. 6 (Suite)

Cochinchine Septentrionale Confesseurs de la foi de 1848 à 1862 Par M. Bernard Missionnaire apostolique. III. Chrétienté de Da Mon. (Suite.)1
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    Cochinchine Septentrionale

    Confesseurs de la foi de 1848 à 1862

    Par M. Bernard

    Missionnaire apostolique.

    III. Chrétienté de Da Mon. (Suite.)1

    3. Le soldat Paul Tuyen, âgé de 40 ans, au service depuis 20 années, fut arrêté, et, sur son refus d'apostasier, détenu six mois à la préfecture de sa province. A la cangue continuellement, battu quatre à cinq fois de 40 coups de rotin chaque fois, rien ne put vaincre sa constance. On le chargea donc d'une chaîne, eu plus de la cangue, et on l'envoya en exil dans la province de Hung Hoa. Après un peu plus de deux ans de dur cachot, le mandarin du lieu l'ayant transféré dans la prison de Than Hao où l'air est mauvais, il y mourut de maladie, 5 mois après son arrivée. Son corps y fut enterré convenablement.

    4. Le soldat Soan, parent du prêtre Oai, fut pris à son occasion et amené à la capitale devant le tribunal des supplices. Il répondit prudemment aux questions relatives à ce Père, et, malgré la rigueur des tortures, refusa l'apostasie qu'on exigeait en plus. On le mit en prison avec la cangue ; il n'en sortit que pour aller en exil, la chaîne au cou, dans la province de Hung Hoa, comme le portait sa sentence (5° mois, an 10 de Tu Duc). De là, il fut expédié à Bao Phong Tho, où il tomba malade, le 6e mois, an 12 du même roi. Près de mourir, on l'entendit maintes fois implorer la miséricorde de Dieu par de ferventes prières. Les confesseurs, ses compagnons, l'entouraient, le préparant à la mort et récitant les prières des agonisants. Il fut enterré près de Bao Phong Tho (6e mois, an 12 de Tu Duc).

    1. Voir Ann. M.-E., numéros 120, 121, 122, 123, 124.

    5. Le chrétien Jean-Baptiste Thiet, âgé de 17 ans, non marié, fut pris à l'occasion du prêtre Oai dont il était parent, la 10e année de Tu Duc. Il demeura fidèle à Dieu ; pour cela, après 6 mois de détention à la préfecture de la province, à la cangue et aux ceps, il reçut la chaîne et dut partir pour l'exil à Hung Hoa. Depuis, il fut transféré à Thu Bao, où il tomba bientôt malade, mourut et fut enterré (9e mois, an 12 de Tu Duc). A sa mort, il avait à peu près perdu depuis trois jours ses facultés intellectuelles ; les autres chrétiens l'exhortèrent à bien mourir et prièrent autour de lui jusqu'à son dernier soupir.

    6. Le soldat Joseph Uyen, autre parent du prêtre Oai, âgé de 35 ans, fut aussi pris à son occasion et détenu à la préfecture six mois durant. Sans jamais quitter la cangue, il fut rotiné quatre ou cinq fois, de 20 coups chaque fois. Toujours intrépide et ferme, il fut condamné à la chaîne et à l'exil dans la province de Tuyen Quang. Un peu plus d'un an s'était écoulé, quand il tomba malade et mourut dans sa prison. On ne sait rien touchant le lieu de sa sépulture.

    7. Le bourgeois Thoan ou Si, père de famille âgé d'un peu plus de 30 ans, fut pris l'an 9 de Tu Duc, à l'occasion du prêtre Oai. Amené à la capitale devant le Ministre des supplices, les plus cruelles tortures ne purent lui arracher d'aveu compromettant ; ensuite, sommé d'apostasier, il répondit : « Jamais ! » Jeté en prison, on l'en tira un jour pour l'inviter de nouveau à renoncer à sa foi ; on n'obtint de lui que la même réponse : « Jamais ! » Il fut condamné à la chaîne et à l'exil à Hung Hoa (5° mois, an 10 de Tu Duc). Arrivé à Hung Hoa, on renvoya à Bao Phong Tho (13e mois, an 10) où il est mort de maladie (5e mois, an 12). Les autres exilés chrétiens l'assistèrent pieusement à ses derniers moments, et prirent soin de l'enterrer.

    8. Le jeune Thoan, fils du précédent, suivit son père afin de le soulager dans ses besoins. Quand il l'eut perdu, ne sachant où aller, il resta volontairement en prison avec les autres confesseurs qu'il entourait de soins. Malade du même mal que son père, il en mourut le 7e mois de l'an 12 de Tu Duc. Près d'entrer en agonie. Il dit aux chrétiens qui l'entouraient : « Mes frères, je mourrai cette nuit, vous le ferez savoir à ma famille, afin qu'elle prie pour mon âme et qu'elle s'occupe de mon corps comme elle le jugera à propos ». Les confesseurs le lui promirent tous, le préparèrent de leur mieux et, au milieu de la nuit, il rendit l'esprit. Son corps est resté enterré au lieu de sa mort. Il était très aimé, aussi ses funérailles furent relativement pompeuses.

    9. Le chrétien Simon Quan, àge de 19 ans, arrêté pour la foi, détenu six mois à la préfecture de sa province, à la cangue nuit et jour, rotiné 5 fois sans vouloir abandonner sa religion, fut ensuite mis à la chaîne et condamné a l'exil dans la province de Lang Son, où il est mort de maladie, après un peu plus d'un an de souffrances. Son corps a été rapporté à Da Mon par sa femme qui l'avait suivi.

    (A suivre.)

    1919/33-34
    33-34
    Vietnam
    1919
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