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Clergé Indigène

Le Clergé Indigène Il nous est assez fréquemment demandé ce que devient le clergé indigène en ces temps troublés, et on ajoute quelquefois : « Commencez-vous enfin à avoir des prêtres indigènes plus nombreux, depuis que le Saint Père volis a fait un devoir, comme à tous les missionnaires, de travailler à leur formation ? »
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    Le Clergé Indigène



    Il nous est assez fréquemment demandé ce que devient le clergé indigène en ces temps troublés, et on ajoute quelquefois : « Commencez-vous enfin à avoir des prêtres indigènes plus nombreux, depuis que le Saint Père volis a fait un devoir, comme à tous les missionnaires, de travailler à leur formation ? »

    Nous ne voulons pas faire aux amis et bienfaiteurs que sont tous les lecteurs des Echos Missionnaires, l'injure de croire qu'ils ignorent comment, depuis toujours, les missionnaires des Missions Etrangères de Paris ont cherché à créer, puis à développer un clergé local dans les missions qui leur ont été confiées par la Sacrée Congrégation de la Propagande. Le but de cette brève étude est seulement de leur donner quelques précisions, afin qu'à l'occasion ils puissent parler de la question en connaissance de cause.

    L'article 2 du règlement général de la Société des M. E. P., en vigueur depuis le XVIIe siècle, donc depuis les débuts de notre Société, dit explicitement : « Tous les ouvriers évangéliques qui appartiennent à la Société des Missions Etrangères doivent comprendre que leur principale fin, leur principale obligation est de s'appliquer à la formation du clergé indigène ». Nos fondateurs, Mgr Pallu et Mgr Lambert de la Motte, étaient à peine rendus à leurs postes de mission qu'ils fondaient un Collège Général, ce que nous appellerions aujourd'hui un Séminaire régional, pour les missions d'Extrême-Orient. D'abord installé près de Juthia, alors capitale du Siam, il connut bien des vicissitudes, émigra ensuite en divers lieux, et c'est de Pondichéry qu'il vint s'établir enfin en 1808 dans l'île de Penang près de la côte malaise, où il est encore de nos jours.

    Le Siam, l'Indochine, la Birmanie, le Japon, la Corée, la Chine profitèrent de la formation donnée aux séminaristes dans ce Collège Général, plus de 500 de ses élèves furent élevés au sacerdoce pour la gloire de Notre Seigneur dans ces vastes régions d'Asie, et une cinquantaine d'entre eux eurent l'honneur de confesser la foi et de répandre leur sang pour le divin Sauveur : nommons seulement les Bienheureux Philippe Minh, Paul Lac, Pierre Qui, Jean Hoan et Pierre Luu que l'Eglise a déjà placés sur les autels (1).

    Dès que la persécution eut diminué d'intensité dans les diverses nations où elle sévissait, les évêques se préoccupèrent de créer sur place des séminaires pour chacune des missions dont ils étaient chargés, et de ces séminaires sortirent de nombreux prêtres, comme on a pu le constater en lisant le fascicule de juillet dernier, page 89. Bref, en automne 1940, dernière époque où la poste internationale put nous apporter les compte rendus du travail annuel de nos confrères, il y avait, dans les 37 Missions de la Société, 77 séminaires peuplés de 3.522 séminaristes.



    1. Cf. une étude de 150 pages sur Le Collège Général de la Société des M.-E. P. (1665-1932), par le P. Destombes ; on peut se la procurer au Séminaire des Missions Etrangères, 128, rue du Bac, Paris (7e).



    Partout, en pays de mission, on avait compris depuis longtemps l'importance de cette oeuvre primordiale du clergé indigène. Si quelques Sociétés missionnaires s'y sont mises plus lentement que d'autres, ce retard ne peut être attribué qu'à des circonstances spéciales, au premier rang desquelles faut placer le fait que ces Sociétés étaient chargées de convertir des populations plus primitives, moins évoluées que rie sont généralement les peuples d'Extrême Orient ; d'ailleurs, depuis une dizaine d'années, elles enregistrent elles aussi un notable développement de leur clergé local.

    Les statistiques générales, qui sont à notre disposition ne sont pas des plus récentes. La dernière en date, publiée à Rome, est de 1933. C'est celle, mise en graphique, que nous reproduisons ci-dessous pour l'instruction de tous ceux qu'intéressent les progrès de l'évangélisation en pays de mission. A dessein on n'y a fait figurer que les noms des Sociétés religieuses qui ont parmi leurs membres des sujets français.



    LE CLERGÉ INDIGÈNE

    (1933)

    Dans les différentes Sociétés missionnaires



    Chacun des carrés représente 5 prêtres indigènes

    Actuellement ces chiffres seraient à majorer pour la plupart, ainsi les Missions Etrangères de Paris ont en 1942 environ 1600 prêtres indigènes, non compris ceux relevant des év indigènes.



    En comptant tous les prêtres sortis des divers séminaires fondés par nos confrères, donc également ceux qui ne sont plus sous la juridiction d'évêques de la Société des Missions Etrangères de Paris, c'est approximativement 2.000 prêtres indigènes qu'il faudrait inscrire comme se dévouant aujourd'hui sur les territoires qui nous étaient encore dévolus vers 1920.

    Parmi eux plusieurs sont devenus évêques. Ils administrent des missions créées depuis lors, ou des diocèses et vicariats apostoliques dont des missionnaires européens étaient chargés avant eux, et tout leur clergé est indigène. Citons seulement pour mémoire : Kumbakonam et Coimbatore aux Indes ; Phatdiem et Bùichu au Tonkin ; Vinhlong en Cochinchine ; Kiating, Shunking, Wanhsien, Nankin et Chaotung en Chine ; Tokio, Nagasaki et Sendai au Japon ; Zenshu en Corée (1).

    Ailleurs nos missionnaires sont restés sous la juridiction d'administrateurs et d'évêques indigènes nommés par Rome, ils collaborent avec eux pour la plus grande gloire de Dieu. C'est ce qui se passe actuellement dans les diocèses de Yokohama, Fukuoka et Osaka au Japon, ainsi que dans les vicariats apostoliques de Séoul et de Taikou en Corée, et le même mode d'administration vient d'être établi clans le diocèse de Bangalore aux Indes.

    L'essentiel est que le règne de Notre Seigneur arrive : les missionnaires n'ont pas voulu autre chose quand ils sont partis en mission, et les jeunes qui se préparent à faire la relève n'ont, eux aussi, pas d'autre ambition. Les moyens d'évangélisation peuvent différer selon les époques, le but reste le même, sauver le plus grand nombre d'âmes possible et en peupler le Paradis.



    Joseph CUENOT,

    Missionnaire apostolique



    1. On sait que S. S. Pie XI avait voulu sacrer lui-même plusieurs évêques indigènes créés par lui. La plupart ayant parlé dans quelques cathédrales de France après leur sacre, nos lecteurs seront certainement heureux de savoir ce qu'ils sont devenus :

    Des six évêques chinois nommés en 1926, trois sont morts, ce sont NN. SS. Tchen, Tchao et Tcheng, et un quatrième, Mgr Suen, démissionnaire une dizaine d'années après son sacre, s'est retiré, parce que lazariste lui-même, dans une communauté lazariste de Chine. Tous les quatre ont des successeurs chinois. Les deux autres, Mgr Tsu et Mgr Hou, sont toujours à la tête de leurs vicariats apostoliques respectifs, Haimen et Taichow.

    Le premier évêque japonais, Mgr Hayasaka, sacré en novembre 1927, a démissionné en 1937 pour raison de santé et s'est retiré dans sa famille ; son frère vient d'être nommé administrateur apostolique de la Mission de Taikou en Corée.

    Des cinq prélats sacrés à Rome en juin 1933, quatre sont encore en charge ; Mgr Li est décédé en 1936 ; le premier évêque annamite, Mgr Tong, administre Phatdiem où il a un coadjuteur tonkinois ; Mgr Fan est évêque à Tsining et Mgr Tsoei à Yungnien en Chine ; quant à l'archevêque indien, Mgr Attipetty, il occupait toujours, avant la guerre, le siège de Vérapoly dans l'Inde anglaise






    1942/165-168
    165-168
    1942
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