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Chronique de l'oeuvre des partants

Chronique de L'oeuvre des Partants LETTRE DE MADAME LA PRÉSIDENTE DE L'OEUVRE Mon Père,
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    Chronique de L'oeuvre des Partants

    LETTRE DE MADAME LA PRÉSIDENTE DE L'OEUVRE

    Mon Père,

    Vous m'avez souvent témoigné le désir d'avoir des détails sur les travaux de nos associés de Paris ou de la province. Je l'ai fait jusqu'ici en vous disant combien est grand leur dévouement et vive leur affection pour notre oeuvre; mais les choses plus précises, les actes particuliers, les petits faits de charité que l'on accomplit en souriant, pendant que tombe une gouttelette de sang du cur, n'est-ce pas assez que les anges du bon Dieu les connaissent et les portent aux pieds de notre Mère immaculée !

    Vous m'avez dit que cette publicité céleste ne suffisait pas, eh bien tenez, voici une petite lettre par laquelle une de nos zélatrices annonce l'envoi des cotisations qu'elle a eu la joie de recueillir, plus une souscription perpétuelle de la part d'une de ses associées qui l'avait promise, si son fils réussissait dans ses examens. Elle fait remarquer que c'est la seconde souscription versée ainsi par cette dame. « C'est bien dommage qu'elle n'ait plus de fils à présenter aux examens! »

    Voici une lettre (l'Amiens. Elle prévient qu'on a expédié une caisse contenant des objets devant servir à former les trousseaux des Partants. Je vous transcris ces charmantes lignes : « Puissions-nous avoir souvent de semblables caisses à envoyer! C'est tout mon désir, car je ne vois aucune oeuvre qui puisse surpasser la nôtre. En aidant les missionnaires, ne coopérons-nous pas à étendre le règne de Jésus-Christ? »

    Vous rappelez-vous les élèves des Ursulines de Montbard, elles viennent d'écrire de nouveau; écoutez : « Malgré notre long silence, nous n'oublions pas nos chers Partants, et pro litant de conseils de nos bonnes maîtresses, nous travaillons pour eux. Nos moments de loisir étant trop courts, nous ne pouvons faire tout ce que nous voudrions; mais, nous l'espérons, Dieu saura nous tenir compte de notre bonne volonté. Chaque jour, dans nos prières, nous pensons à ces chers missionnaires, anges de charité et de paix qui abandonnent leur patrie, leurs familles pour aller faire connaître et aimer Jésus, à des limes encore dans les ténèbres et qui ignorent les douces consolations de la religion.

    « Nous lisons avec bonheur le Bulletin, et cette lecture nous excite à faire de petits sacrifices, en voyant tant de saints apôtres en faire de si grands.

    « Nous vous envoyons donc un petit colis, trop petit, hélas! Mais nous avons la confiance qu'il sera quand même le bienvenu, et que les chers Partants prieront beaucoup pour nos bonnes maîtresses et pour nous. »

    J'ai sur ma table beaucoup d'autres lettres. Elles apprennent : celle-ci, que l'ouvre sera bientôt établie sur un très bon pied à Joinville ; celle-là, que les associées de Lisieux ont fondé parmi elles un ouvroir et qu'elles expédient le premier résultat de leurs travaux; cette troisième, qu'à Limoges, nos ouvrières se sont surpassées. De fait, il y a dans leur envoi, des objets ravissants. Faut-il vous dire encore que plusieurs associées, en rentrant à Paris, ont apporté quantité de très jolis articles en vue de notre Vente de charité?...

    Je finis sur ce mot qui me fait jeter un regard d'espérance vers l'avenir, vers le travail aussi, et je m'arrête non sans avoir recommandé aux prières de nos chers Partants.

    La servante des Apôtres,

    MARIE DE SAINT-JEAN.

    A cette lettre si bien faite pour réjouir le cur de nos associés et leur montrer combien leur dévouement est apprécié, nous nous permettrons d'ajouter un mot sur le discours qui, au départ du 17 novembre, a été prononcé par Mg' Morel, l'habile et sympathique directeur des Missions catholiques.

    Tout d'abord nous devons remercier le vénérable prélat d'avoir bien voulu venir de Lyon pour la circonstance, car sa chaude parole a dit raviver en nos associés alors présents la résolution de se dévouer à une oeuvre qui les fait participer aux mérites des hommes apostoliques. Comme on reconnaissait bien dans l'éloquence communicative de l'orateur, le prêtre qui depuis long temps, par l'organe des Missions catholiques, s'est consacré à faire connaître, apprécier et goûter les travaux, les peines et les joies des missionnaires!

    Il a parlé pendant près d'une demi-heure, commentant la scène du départ de saint Paul à Milet :

    « Et maintenant voilà que lié par le Saint-Esprit, je m'en vais à Jérusalem, sans que je sache ce qui doit m'y arriver; sinon que dans toutes les villes par où je passe, le Saint-Esprit me fait connaître que des chaînes et des afflictions m'y sont préparées.

    «Mais je ne crains rien de toutes ces choses, et ma vie n'est pas plus précieuse que moi-même ; il me suffit que j'achève ma course et que j'accomplisse le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus, qui est de prêcher l'Évangile de la grâce de Dieu. »

    Cette scène ne se renouvelle-t-elle pas aujourd'hui ; car depuis lors l'apostolat a continué sa marche à travers le monde. Dans les premiers siècles, par les disciples de Jésus et par leurs successeurs : au moyen âge, par les ordres de Saint-François, de Saint Dominique, plus tard par celui de Saint Ignace, au dix-septième siècle par les fils de saint Vincent de Paul, par les prêtres de la Société des Missions-Étrangères ; et depuis la grande révolution, quel développement merveilleux de toutes les Sociétés apostoliques ; pour ne parler que de cette seule maison, qui porte le nom même de l'apostolat, n'a-t-elle pas envoyé cette année soixante-dix missionnaires.

    Notre siècle se distingue par d'étonnantes conquêtes faites sur la nature ; mais combien plus haute est la conquête des âmes, combien. Plus belle est cette oeuvre de la Propagation de la Foi dont l'idée primitive est partie du Séminaire des Missions Etrangères.

    Hélas! Ce n'est là qu'une analyse, sèche, pâle, trop faible pour rendre la vie, le mouvement, la physionomie saisissante de ce discours qui touchait les fibres les plus sensibles et les plus profondes du cur... Et quelle émotion plus vive encore lorsque l'orateur saluant les Partants debout au pied de l'autel, leur montrait les souffrances, la mort sanglante de leurs aînés, souffrances et mort si fécondes, puisque sur cette terre d'Annam en particulier où sont tombés tant d'apôtres et de chrétiens, les conversions se comptent annuellement par dix et quinze mille; la France est là-bas, elle aussi, près de nos missionnaires, puisse-t-elle les protéger toujours, les aider dans leur oeuvre chrétienne et civilisatrice, au sein de l'Extrême Asie, continuer d'ajouter cette splendeur aux beautés de son histoire. En face de ce spectacle, quel ardent courage et quelle vraie confiance ne doivent pas pénétrer le cur de l'apôtre aux même heures les plus sombres!

    Telle a été la dernière pensée développée par l'orateur ; pourquoi des occupations multipliées et pressantes l'ont-ils empêché de nous donner le texte de ses vibrantes paroles; qu'il veuille nous laisser espérer qu'une autre fois nos lecteurs et nous serons plus heureux.

    PAIN DE SAINT ANTOINE

    PAIN DES APOTRES

    Le bon saint Antoine nous a exaucés eu inspirant à plusieurs de ses dévots de nous raconter le motif de leurs offrandes.

    Voici plusieurs extraits des lettres que nous avons reçues, et dont quelques-uns sont fort intéressants :

    Avec ma cotisation et celle de ma mère, je vous envoie Io francs provenant des économies de mes deux plus jeunes fillettes qui les envoient à saint Antoine en remerciement de leur guérison. Au plus fort de la maladie d'une de nies fillettes âgée de quatre ans, ne sachant plus que faire et redoutant une complication, je priais avec larmes saint Antoine d'intercéder pour nous et d'obtenir de Dieu la conservation de ma chère petite, quand l'enfant elle-même entre deux gémissements me demande la petite statue de saint Antoine et lui promet dans son langage enfantin de lui donner tous ses sous s'il la guérit avec sa petite sur souffrante aussi, mais non en danger. A partir de cet instant, tout danger a été conjuré, l'enfant s'est endormie paisiblement, sa petite tête reposant confiante à côté de saint Antoine; la nuit s'est passée comme passent les nuits des enfants en bon sommeil, plus de toux, plus de sifflements dans les bronches, plus de fièvre; quelques jours après, elle reprenait la vie commune. Elle s'est souvenue (le sa promesse, niais elle était fort inquiète, elle retournait la statue de saint Antoine dans tous les sens, puis se tournant vers moi : « Je ne peux pas lui donner mes sous, il n'a pas de poche. » Je lui ai dit que votre grand saint Antoine en avait de grandes, et nous avons ouvert la petite tirelire qui contenait les 10 francs que vous voudrez bien remettre à saint Antoine de la part de Marie-Louise L... en le priant de la conserver toujours innocente et pieuse elle et ses trois petites surs.

    ***

    J'ai demandé à saint Antoine de m'accorder une position pour mon fils, et il m'a accordé deux grandes grâces au delà de mes désirs; une belle position et un mariage très pieux. J'ai donné 5 francs le jour où je lui ai. Demandé cette grâce et promis 5 francs si elle m'était accordée. J'ai tout obtenu. Merci bon saint Antoine !

    Voilà les 5 francs que je vous ai promis.

    ***

    Cinq francs ce jour et 5 francs le mois prochain.

    ***

    Voici 5 francs, le reste de ce que je vous dois, bon saint Antoine, intercédez je vous prie, pour mes deux défunts, et obtenez pour eux le repos éternel non en considérant leurs fautes, mais tout le bien qu'ils ont fait sans qu'on le sache.

    ***

    Un franc vingt-cinq pour avoir retrouvé un petit objet perdu.

    ***

    Ci-joint 100 francs pour le pain des Apôtres. Remerciement à saint Antoine, d'une sur bien anxieuse, à laquelle il vient d'obtenir des nouvelles rassurantes de son frère missionnaire.

    ***

    Je vous envoie un mandat de 14 francs pour le saint Antoine des Partants. Sur le Bulletin, vous paraissez désirer qu'on vous explique la nature des actions de grâces. Ici c'est vraiment touchant. La bonne et la nourrice de mes petites filles avaient, sans me le dire, promis quelque chose à saint Antoine si leur maître, le lieutenant L..., revenait à la santé, et passait ses examens pour être capitaine : c'est ce qui a eu lieu.

    La bonne m'a remis 3 francs promis en deux fois;

    La nourrice qui a tant besoin de son argent pour l'envoyer en Italie, 20 centimes.

    Le reste est de nous deux, mon fils et moi, pour des ennuis évités, objets retrouvés, etc.

    RECOMMANDATIONS

    Nous recommandons aux prières de nos associés l'Eglise, la France, le Souverain Pontife, les familles de nos Partants, nos séminaristes soldats, la Société des Missions Etrangères.

    Une mère de famille. Deux grands chagrins. Trois vocations. Deux jeunes filles dont une malade. Deux petits garçons. Plusieurs mariages. Une opération grave. Un aveugle incrédule. Trois jeunes militaires. Un voyage. Un examen. Une absente. Plusieurs travaux spéciaux.
    1898/7-11
    7-11
    France
    1898
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