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Choléra et guerre au Setchoan

En Chine Choléra et guerre au Setchoan Quelle tragique réalité que celle de l'heure présente dans notre chère Mission l au fléau de la guerre est venu s'ajouter le choléra.
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    En Chine

    Choléra et guerre au Setchoan

    Quelle tragique réalité que celle de l'heure présente dans notre chère Mission l au fléau de la guerre est venu s'ajouter le choléra.
    Cette terrible maladie est donc let, fauchant, foudroyant les individus, convulsionnant les membres de ceux qui en sont atteints, provoquant sur les malades, au teint verdâtre, une forte dépression physique et morale, des tiraillements d'entrailles, une fièvre intérieure et un froid glacial engourdissant. Les cercueils sortent de la ville par centaines ; quelquefois même, auprès d'une fosse creusée hâtivement au flanc d'une colline, un des porteurs tombe à son tour terrassé sur place... Les bonzes, à grand renfort de gongs et de tambourins, passent les veillées funèbres auprès des cadavres, buvant et mangeant, pour servir d'intermède à leurs incantations, en compagnie de leur troupe d'orchestre, puis ils vont se coucher à l'aube avec la satisfaction d'avoir soulagé le défunt et conjuré le mal... Partout les lampions allumés sont censés éclairer la fuite du démon que le peuple épouvanté tient pour responsable du fléau et qu'il poursuit de ses imprécations, et défense lui est faite de s'en prendre aux familles dont le seuil des maisons a été saupoudré de quelques pincées de chaux...
    Et voilà que tout à coup, comme pour ajouter une note encore plus macabre à ce qui se passe, les sirènes annoncent l'arrivée des avions de bombardement japonais. Alors c'est la fuite affolée des vivants et, l'alerte passée, ils reviennent avec la volonté de continuer à vivre...
    Quant au missionnaire, il va sang dire qu'il ne chôme pas. Ses nuits sont courtes, on l'appelle, on le rappelle, il prie, il console, il fortifie, il bénit, heureux et récompensé quand quelques païens ont accepté l'eau sainte du baptême avant de mourir, ou quand il a pu inspirer au coeur des pauvres cholériques et de tous ses chers moribonds les sentiments de confiance qu'il leur est si facile d'avoir à l'égard du Dieu de miséricorde.
    A PESTE, FAME ET BELLO, LIBERA NOS DOMINE !

    Suifu (Chine), le 28 août 1939.
    P. COUVET,
    Missionnaire Apostolique.
    1940/22-23
    22-23
    Chine
    1940
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