Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Chez les musulmans du Kan-Sou.

Chez les musulmans du Kan-Sou.
Add this
    Chez les musulmans du Kan-Sou.

    C'est à deux jours et demi de marche de la capitale du Kansou, Lan-tchéou fou, que se trouve la ville de Ho-tchao, le grand centre musulman du Kansou. Le voyage se fait dans des chemins de montagne et la beauté des paysages le rend très intéressant. Le premier jour on laisse derrière soi la vallée ou est construite la ville de Lan-tchéou fou et l'on fait l'ascension du Tsien-shan ou « Montagne Pointue », l'un des plus hauts sommets entourant la capitale de la province. Sur l'autre versant, on descend par une côte très à pic dans une seconde vallée où l'on parvient bientôt au bord du fleuve appelé Tao. Voyageurs et muletiers, chevaux et mulets doivent traverser le Tao en barque, et, arrivés sur l'autre rive, une hôtellerie sur les bords de la route offre l'abri, le repos et la nourriture nécessaire ; c'est la fin de la première étape.
    Le second jour, il faut partir de bon matin pour monter les pentes très raides du Niou-hsing-shan ou « Montagne aux Dents de Scie ». Du sommet de cette montagne, le regard plonge dans une belle vallée où au milieu des arbres et de nombreux villages coule une rivière aux ondes rapides. Mais la route reste accrochée aux sommets de la montagne, circulant ainsi pendant une trentaine de kilomètres parmi quantité de hameaux et de villages habités par des musulmans qui présentent un certain intérêt. Ils forment le groupement connu sous le nom de « Tong-hsiang-houi-houi » ou Musulmans des pays de l'Est. Ces individus sont d'origine tartare et bien que beaucoup d'entre eux comprennent un peu le chinois, ils parlent surtout un dialecte de la langue tartare. Le pays qu'ils habitent s'étend sur environ 5.000 kilomètres carrés, là se trouvent réunis très probablement 200.000 musulmans.
    Lorsqu'on quitte ces sommets pour regagner la vallée, on arrive en vue de la ville de Ho-tchao, l'une des plus belles cités du Kansou. Placée comme un nid entre les collines, Ho-tchao avec son arrière plan formé par les montagnes thibétaines aux neiges éternelles, offre aux voyageur un panorama des plus pittoresques. La ville elle-même est agrémentée par le feuillage de nombreux arbres, et bien pourvue de bonne eau. On a ici toute facilité de faire une étude comparée de la vie des Chinois proprement dits et de celle des musulmans, car tandis que l'intérieur de la cité est habité par les Chinois, les musulmans remplissent les faubourgs. La population musulmane peut atteindre le chiffre de 30.000 personnes et elle occupe la partie la plus commerçante et la plus populeuse de Ho-tchao : c'est là que se rencontrent les boutiques les mieux achalandées et que se font les marchés régionaux.
    Dans le faubourg méridional, quatorze mosquées dressent, au dessers des maisons, leurs étroits minarets d'où le muezzin invite les musulmans à invoquer Allah, chaque jour, matin et soir. Le musulman est facilement reconnaissable, car il porte le turban, et plusieurs, parmi leurs femmes, gardent le voile dans la rue.
    En dehors du faubourg, se trouve le cimetière où reposent les anciens musulmans entourés d'une réputation de sainteté. C'est là un lieu très cher aux musulmans qui l'appellent « Gongboh » reproduisant ainsi l'appellation perse « Gou-tou-bah ».

    Traduit du North China Daily News
    1920/410
    410
    Chine
    1920
    Aucune image