Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Canton : Dévouement d'un Chinois.

Canton LETTRE DE M. GENTIL, Missionnaire apostolique. Dévouement d'un Chinois.
Add this
    Canton

    LETTRE DE M. GENTIL,

    Missionnaire apostolique.

    Dévouement d'un Chinois.

    C'est presque un revenant qui vous écrit... Le 22 septembre, j'ai failli me noyer et aller rejoindre, d'une manière beaucoup moins glorieuse, mes deux frères morts pour la France. Tombé dans un vaste gouffre avec mou cheval emballé, je perdis l'étrier et coulai en quelques secondes. Un vieux catéchiste, qui avait voulu me tendre la .perche du salut, est étalement tombé à l'eau. Ne sachant nager ni l'un ni l'autre, nous avons cru notre dernière heure arrivée. Mon domestique qui nous suivait à quelque distance ne s'aperçut de la chose qu'en voyant mon chapeau filer à la dérive, et mon cheval tout seul de l'autre côté de la rivière. A ce moment je remontais à la surface pour la deuxième fois, n'ayant presque plus conscience de moi-même. Sans hésiter, ce brave jeune homme se jette à l'eau tout habillée. Mais j'avais coulé de nouveau et mon sauveteur a dû me chercher au fond du gouffre. Combien de temps ? Je l'ignore, car j'avais perdu connaissance, et c'est sur la rive opposée, après un long moment, que je suis revenu à moi. Le vieux catéchiste a été trouvé dans les mêmes conditions, et l'eau si involontairement absorbée étant expulsée, j'en ai été quitte pour quelques jours de fatigue. Monseigneur en tournée de confirmation avait appris la chose, et arrivant chez moi trois semaines après, il se faisait présenter le brave jeune homme auquel il devait un missionnaire, le félicitait et lui donnait 50 fr. comme gage de sa satisfaction, en ajoutant que moi aussi je devais le récompenser.
    Ce brave jeune homme a 20 ans, il est fils de païen, orphelin recueilli par moi en 1912, à mon service depuis ce temps, sans gages bien entendu, mai bon chrétien et aussi dévoué qu'un fils le serait pour son vrai père cette année, en février, je lui ai donné une compagne, charmante orpheline. Ils ont quelques champs, mais pas encore de maison, et j'attends de la charité de faire émerger celle-ci du sol.
    Monseigneur a passé quatre jours chez moi, y donnant 363 confirmations ; c'est le plus gros chiffre atteint cette année dans les deux tiers de la mission déjà visitée. Monseigneur m'a encouragé à augmenter le nombre de mes orphelins ; mais il a oublié de me dire où l'on trouvait l'argent nécessaire pour cette belle œuvre.

    1918/537
    537
    Chine
    1918
    Aucune image