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Bonzes taoïstes

En Chine Nos bonzes taoïstes Ce sont des charlatans de premier ordre. Regardons opérer l'un d'entre eux.
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    En Chine

    Nos bonzes taoïstes

    Ce sont des charlatans de premier ordre.
    Regardons opérer l'un d'entre eux.
    Comme le bonze bouddhiste, il porte la robe en forme de kimono, qui est l'habit de l'ancienne Chine. Mais à la différence de son confrère dont la tête est rasée, il laisse pousser ses cheveux qu'il roule en toque sur la tête. Un bâton biscornu dans la main gauche, une marotte dans la droite, le voilà qui commence ses simagrées sur la place déserte. Il étend les bras vers l'Orient, puis vers l'Occident, il lève son bâton, abaisse sa marotte, l'agite et trace des cercles en l'air. Bientôt les badauds affluent : ils sont déjà une dizaine, une vingtaine, une centaine... Le bonhomme vend sa drogue ou bien une amulette qui doit faire éviter la conscription : Les Anciens disent : le temps de la jeunesse est entre 18 et 35 ans (l'âge du service militaire) moi, je dis : au-dessus de 18, c'est l'âge dangereux, et au-dessous de 35, la mort vous attend », et le boniment continue ainsi. La recette n'est pas mauvaise, elle vient des objecteurs de conscience chinois et des mères inquiètes...
    Le voici maintenant dans sa fonction d'exorciste, un jour où on lui a demandé d'écarter de la ville le dragon du fleuve qui la menace. Au bord de la rue se dresse un petit autel surmonté d'une tablette. Cette fois, le bonze a revêtu une espèce de dalmatique rouge, ou plus exactement un vêtement qui ressemble à une chasuble gothique. Sur sa tête, un bonnet carré. Il lit dans un livre crasseux, tourne autour de l'autel à la manière d'un chien autour d'une table. Derrière lui, un jeune enfant tourne aussi, qui se prosterne à terre chaque fois que le bonze passe devant l'autel. La cérémonie n'a pas l'air d'intéresser la foule qui ne la prend guère plus au sérieux que le bonze lui-même. Seul l'enfant a l'attitude profondément recueillie de celui qui se croit en présence des puissances de l'autre monde.
    Tout à l'heure, notre bonze faisait de l'antimilitarisme. Si nous l'observions maintenant quand il prie pour la Chine.
    Dans la ville que j'habite, on voit une pagode taoïste où dernièrement eut lieu une cérémonie religieuse pour commémorer le deuxième anniversaire de l'entrée en guerre des armées chinoises. A cette occasion les idoles ont été soigneusement nettoyées ; sur les murs pendent des tentures de couleur, garnies de caractères ou couvertes de dessins. Plusieurs bonzes sont déjà réunis, en dalmatiques rouges et bonnets carrés ; derrière eux se pressent les curieux, hommes, femmes et surtout enfants, tous attirés par le spectacle. Quelqu'un frappe sur le gong : les officiants se prosternent, la cérémonie commence. Ils chantent sur un ton élevé, aigu parfois, mais avec ensemble ; incontestablement le tout a un caractère religieux qui ne manque pas de poésie, mais c'est un chant ésotérique, réservé aux seuls initiés, le peuple n'y prend aucune part.
    Comme le missionnaire souffre de voir l'Eglise chinoise encore si petite au milieu du paganisme presque général ! Mais un jour viendra, plus ou moins rapproché, où l'idée chrétienne, portée par des ouvriers apostoliques de plus en plus nombreux, aura conquis la terre de Chine.
    Mon Dieu ! Donnez-nous des prêtres !

    Pierre GRASLAND,
    Missionnaire de Suifu (Chine).
    1940/45-49
    45-49
    Chine
    1940
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