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Bolchevisme et banditisme en chine

Bolchevisme et banditisme en chine On a calculé que depuis 1923, 2 évêques et 22 missionnaires avaient été mis à mort en Chine et que les scènes de massacres se sont produites à travers toute la Chine, depuis la Mongolie du Nord jusqu'à l'île de Hainan, au Sud. Par provinces, les pertes s'établissent comme suit :
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    Bolchevisme et banditisme en chine

    On a calculé que depuis 1923, 2 évêques et 22 missionnaires avaient été mis à mort en Chine et que les scènes de massacres se sont produites à travers toute la Chine, depuis la Mongolie du Nord jusqu'à l'île de Hainan, au Sud.
    Par provinces, les pertes s'établissent comme suit :
    Mongolie : 5 prêtres, Chansi : 1 prêtre, Honan : 1 prêtre, Kiangsu : 2 prêtres, Hupeh : 1 évêque et 4 prêtres, Yunnan : 1 prêtre, Kouitchéou : 1 prêtre, Hunan : 3 prêtres, Kiangsi : 2 prêtres, Kouangtong : 1 évêque et 1 prêtre, Hainan : 1 prêtre.
    Présentement, où en sommes-nous au point de vue de la sécurité de nos missionnaires ? Une dépêche du 22 mars nous apporte une déclaration de Mgr Costantini à ce sujet: « Le délégué apostolique revenant du sacre des évêques chinois du Sutchuen, a exprimé de vives inquiétudes pour l'avenir du christianisme en Chine, la carence gouvernementale laissant les mains libres à des bandes de paysans (ou mieux d'anciens soldats) qui saccagent les Missions et molestent les prêtres ».
    Oui, humainement parlant, mais il ne semble pas que nos missionnaires soient trop affectés par ces peu rassurantes perspectives : ils l'ont prouvé, on s'en souvient, quand mis en demeure par nos consuls de chercher un refuge dans les Concessions ou de renoncer à une protection devenue très aléatoire, ils optèrent, tous comme un seul homme, pour leurs chrétiens, et restèrent à leurs postes. Ils savaient, en effet, de vieille expérience, que Dieu ne meurt pas et que le sang des martyrs, est semence de chrétiens.
    Toujours est-il que, depuis janvier, les actes de banditisme, plus ou moins militarisés, semblent en recrudescence.
    Le 2 janvier, un des nouveaux dignitaires du Sutchuen en était la première victime dans nos Missions du Sutchuen. Mgr Li, Préfet apostolique de Ya-tchéou, accompagné de deux de ses prêtres, descendait en barque de Kiatin à Suifu.
    Tout alla bien le premier jour, mais le deuxième vers midi, un peu au-dessous du marché de Kan-pe-chou, à 140 lis environ en amont de Suifu, des individus armés de revolvers qui se tenaient sur la rive gauche obligeaient leur parquier à accoster. Immédiatement la barque était envahie ; et l'inspection commençait. Mgr Li et ses deux compagnons furent minutieusement fouillés : leurs valises furent ouvertes et encore ré ouvertes ; les cales furent examinées avec soin. Néanmoins, ces indésirables ne se montrèrent pas dénués de bonnes manières, puisque, tout en emportant, qui sur ses épaules, qui à la main, couvertures, manteaux, robes et argent, ils eurent soin, avant de se retirer, de souhaiter bon voyage à Grandeur. Quoi qu'il en soit, le supériorat de Mgr Li semble commencer sous le signe des épines.
    A la date du 15 janvier, une correspondance du Kouichéou nous apprend que Mgr Séguin est plus ou moins bloqué à Tinfou et n'a pu continuer sa tournée de confirmation à cause de l'insécurité des routes.
    Même son de cloche et à la même date à Lanlong où Mgr Carlo, profitant d'un convoi de soldats, est parti pour une tournée pastorale dans le district de Sin-tch'en. Hélas ! Les circonstances entravent son zèle. Dans la campagne de Sin-tch'en, le brigandage fait rage, là peut-être plus qu'ailleurs. Sa Grandeur ne peut aller dans les chrétientés et les confirmands sont obligés de venir en ville recevoir le Sacrement des forts.
    A Canton, dans la nuit du 25 février, Mgr Fourquet fut avisé télégraphiquement par un missionnaire salésien que Mgr Versiglia, un de ses missionnaires et trois religieuses chinoises avaient été enlevés par des pirates. « A l'occasion de la démarche qu'il fit aussitôt auprès du Gouvernement provincial, on assura le Vicaire apostolique de Canton que d'actives mesures étaient prises pour trouver le repaire des brigands. Dans la nuit du 28 février, Mgr reçut le nouveau télégramme suivant envoyé par la Délégation Apostolique : « Prière télégraphier nouvelles meurtre Mgr Versiglia, missionnaire Caravario ». Mgr avait déjà préparé le télégramme qui assurait qu'il y avait eu enlèvement et non pas meurtre, quand, ce matin, 1er mars, un dernier télégramme vint confirmer le massacre. Nous prenons tous part au malheur qui atteint nos voisins de la Mission salésienne de Siouchou. Les victimes de l'horrible crime qui nous plonge tous dans le deuil étaient sans cesse prêtes pour le sacrifice. Leur mort est survenue pendant l'exercice du plus noble des devoirs », en défendant, semble-t-il, les Vierges chinoises contre la brutalité des pirates.
    De Swatow, chez Mgr Rayssac voici quelles étaient les nouvelles au 14 février : Nos voisins, les Pères Dominicains de la Mission de Tingchow (récemment démembrée, en partie, du Vicariat apostolique de Swatow) ont bien essayé de rentrer dans leur Mission, mais ils n'ont pas pu s'y maintenir, car, quoi qu'en disent les communiqués officiels, la tranquillité est loin d'être rétablie dans cette région. Les bandes rouges circulent dans les montagnes et pourvu qu'elles se garent à l'approche de quelque grand général, elles peuvent continuer impunément à piller et à rançonner.
    Chez nous aussi, depuis la fin de l'année chinoise ancien style, il y a grand remue-ménage de la part des Rouges. Chez le P. Becmeur, le marché de Tangkang, voisin de Pehné, a été pillé ; les éléments pillards de toute couleur des environs se sont joints aux Rouges et terrorisent le pays. Au Lukfung, une bande d'un millier a occupé et rançonné une partie de cette vaste sous-préfecture ; le P. Waguette avec les chrétiens de sa station principale, a dû se mettre pour quelques jours en sûreté dans la montagne; heureusement que des soldats sont arrivés et ont refoulé les pillards, mais sans les anéantir. Un peu plus près d'ici, une partie du district du P. Thiollière est sous la coupe des Rouges ; la terreur règne; les habitants des principales chrétientés, comme ceux de beaucoup d'autres villages païens, sont en fuite ; le Père lui-même a dû quitter Ursopole abandonnée par les habitants et s'est retiré en un lieu plus sûr.
    Il faut croire que cette protection des autorités a été inopérante car une dépêche du 29 mars, nous annonce que le P. Waguette a été enlevé, avec 400 de ses chrétiens, par une bande communiste qui exige, pour leur mise en liberté, une rançon de un million. Au 10 mai nous étions encore sans nouvelles sur le sort fait à notre confrère.
    A Longtchéou, province du Kouangsi, Vicariat apostolique de Nanning, un coup de force communiste conduit par des agitateurs venus de Changhai s'est produit dans la nuit du 19 au 20 février. Le Consul de France, M. Cadet Valère, après avoir été menacé de mort et retenu prisonnier, se vit libérer le 20 au matin par les « purs », reconnaissant sans doute qu'ils jouaient trop gros jeu en s'attaquant à un agent diplomatique, à deux journées seulement de la frontière du Tonkin. Ils lui donnèrent même une escorte de 60 hommes armés qui dut, à plusieurs reprises, faire le coup de feu contre des bandes qui infestent en permanence cette région. Un bréviaire fut retrouvé sur la route à 53 kilomètres de Longtchéou. La même dépêche annonçait que le commissaire (français) des douanes chinoises à Long-Thcéou, M.O'Kelly et les PP. Barrière et Maillot, ce dernier de passage, avaient disparu.
    Le 23 un communiqué de Saigon nous rassurait sur leur sort : « Le P. Maillot, un des deux missionnaires français capturés par des brigands chinois, alors qu'en compagnie du commissaire des douanes O'Kelly, ils tentaient de gagner la frontière tonkinoise, à la suite du mouvement extrémiste xénophobe de Long-Tchéou, a été relâché par eux. Il est arrivé dimanche matin avec huit Soeurs indigènes au poste frontière de Binhi (province de Cao bang). Il a apporté de bonnes nouvelles des deux autres prisonniers, du commissaire O'Kelly et du P. Barrière qui sont entre les mains du chef pirate Hoan-Tki-Phu, qui les garde comme otages. Ils sont en bonne santé. Des pourparlers sont engagés avec les pirates pour leur prompte libération ».
    Ce communiqué était suivi d'une dépêche de Hanoi rapportant un incident qui a marqué, le 26 février, la remise au détachement français du poste frontière de Binhi (région de Cao bang, Tonkin), par les pirates chinois, de M. O'Kelly, commissaire des douanes chinoises de Long-Tchéou, et du P. Barrière qu'ils avaient faits prisonniers.
    Les deux groupes venaient à peine de se séparer lorsque brusquement des pirates chinois, au nombre d'une douzaine, ont ouvert le feu sur le groupe français comprenant les prisonniers qui venaient d'être libérés. Ceux-ci purent s'abriter à temps, dans un ravin, pendant que le détachement français, commandé par un lieutenant, ripostait par un feu de salve, tuant ou blessant cinq ou six pirates. Les autres s'enfuirent ; ils laissèrent un cadavre entre nos mains.
    La libération de tous était due à l'intervention énergique des autorités françaises.
    D'après les informations de Hong-Kong, des bandits communistes ont attaqué la Mission française de Taï-Ping-Fou, dans le Kouang-Si, et se sont emparés du P. Crocq, qu'ils ont torturé jusqu'à ce qu'il ait donné les clés des deux immeubles de la Mission. Ils ont alors pillé ces deux immeubles ainsi que l'église et se sont enfuis, emmenant le P. Crocq, le 23 février, à Long-Tchéou, puis le 19 mars, à la frontière tonkinoise dans des conditions physiques lamentables. Il avait subi de graves sévices pendant sa captivité. Il a été aussitôt transporté à l'hôpital de Lang Son dans un état de santé très précaire.
    Toujours aux mêmes dates, un autre missionnaire du Kouangsi, le P. Caysac, de Namong sur le Sikiang (rivière de l'Ouest) fut enlevé par les communistes. On fut quelque temps sans nouvelles, puis on apprit qu'il avait été relâché et qu'il avait courageusement regagné son poste.
    Dans la Mission de Mgr Pénicaud, nos missionnaires sont également sur le qui-vive.
    « Les troupes kouangsinaises hostiles au gouvernement de Nankin, ont occupé la partie occidentale du Kouang-Toung et le port de Pakhoï où réside le vice-consul de France. Les troupes régulières du gouvernement de Canton ont quitté la ville en emportant les fonds publics.
    « La canonnière française Inconstant est envoyée d'urgence à Pakhoï pour protéger le consulat et la colonie européenne ».
    En résumé, anarchie générale, carence par impuissance, banditisme plutôt commercialisé : d'où rançons préférablement aux meurtres. Confiance quand même !

    1930/120-125
    120-125
    Inde
    1930
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