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Birmanie septentrionale : Une tournée en pays Shan

Birmanie septentrionale : Une tournée en pays Shan
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    Birmanie septentrionale : Une tournée en pays Shan
    L'auteur de la courte relation qu'on va lire, le Père P. Erdo-zainci-Etchart, des PP. du Sacré Coeur de Bétharram, était arrivé dans la Mission du Yunnan vers 1921-1922. Il y a environ 1 an et demi, la Mission de Tali confiée à ce pieux Institut, fut détachée du Vicariat de Yunnanfu et érigée en Préfecture apostolique, ayant désormais sa vie propre, indépendante de la vie de la Mission mère. Le P. Etchart venait d'en être nommé le premier Supérieur. Or, nous écrit-on de Yunnansen, « le 13 avril dernier, un télégramme de Tali nous apprenait sa mort ! La Mission fit immédiatement célébrer trente messes pour le regretté défunt qui, pendant tant d'années, avait été pour nous un vrai confrère, et tant aimé. Le 22 avril, une lettre d'un de ses missionnaires, datée du 12, nous fit savoir que le P. Etchart, le 10 au soir, sentit les premières atteintes du mal et qu'après des douleurs atroces, le 12 à 10 h. 20 du matin, le cher Père rendait sa belle âme à Dieu ».
    Ame éminemment apostolique : nos lecteurs en jugeront par la lettre suivante que de Talifu, 26/3/1931, dix-sept jours avant sa mort le P. Etchart écrivait à Mgr Falière, Vicaire apostolique de la Birmanie septentrionale.

    ***

    Monseigneur,

    Depuis trois semaines je suis de retour à Tali. Je suis revenu enchanté de ma tournée en pays Shan, en compagnie du P. Roche.
    Nanhlaing étant exclusivement chrétien, j'avais exprimé au Père le désir de visiter quelques villages autour de Meinkat. Je voulais voir de près quels étaient les sentiments des païens à l'égard du missionnaire. Et ce que j'ai vu m'a agréablement surpris. Il y à chez ces braves païens plus que de la sympathie, ils désirent ardemment que le Père s'établisse au milieu d'eux. Et ce désir était exprimé par les notables du pays. Le P. Roche me disait que dans toute la plaine, il en est de même. Le travail d'approche est fait, le terrain est préparé. J'en ai emporté l'impression que les Shans de cette région sont prêts à se convertir en masse.
    Comme Votre Grandeur le comprendra facilement, je n'étais pas sans quelques appréhensions au sujet des Shans de la partie chinoise. Est-ce que l'action du P. Roche y serait assez connue pour avoir disposé les esprits à désirer notre arrivée ? Je n'ai pas tardé à être pleinement rassuré. Le Père de Nanhlaing ou de Meinhat est connu partout dans la plaine du Taping (affluent de l'Iraouaddy). Partout nous avons reçu un accueil plus que cordial, et nombreux sont les villages qui nous ont demandé de nous y installer au plus tôt. Les sawbwa (roitelets) nous ont très bien reçus, surtout ceux de Mauwin et de Santa. Ce dernier avait déjà rencontré un missionnaire et connaît un peu notre religion. Il nous a dit que le moment est favorable pour évangéliser les Shans qui passent actuellement par une crise religieuse.
    A l'occasion du 1er de l'an chinois, le sawbwa de Mauvvin a tenu à ses sujets un petit discours. Il leur a dit que nous lui avions promis d'aller les évangéliser et que nous tiendrions notre promesse, et que tous devaient embrasser la religion du Père de Nanhlaing qui est la seule vraie.
    Nous n'aurions jamais osé espérer trouver de pareilles dispositions chez des gens qui n'avaient jamais été travaillés directement. C'est donc plein d'espérances que je suis revenu de ma tournée, et convaincu que le bon Dieu nous demande de faire tout notre possible pour cultiver ces dispositions.
    Livrés à nos seules forces, le travail eût été long et difficile. Grâce à l'aide que Votre Grandeur m'a promise et le dévouement sans bornes du P. Roché pour les Shans, les débuts de l'apostolat seront facilités dans de grandes proportions.
    Mon plan actuel est d'envoyer, à la fin de l'année, les premiers missionnaires apprendre la langue et s'initier à la vie apostolique auprès des vôtres. Nous n'avons pu guère approcher les Katchins, il nous manquait le saint et regretté P. Collard, du district de Bhamo. Mais je crois que là aussi nous pourrons faire du bien. Pour cela il serait à désirer que nos braves gouvernements chinois ne nous mettent pas trop d'obstacles.
    Je remercie Votre Grandeur de l'accueil vraiment fraternel que j'ai reçu partout, auprès de vous, Monseigneur, et auprès de tous vos missionnaires. Partout j'ai eu l'impression que j'étais comme de la famille, et cela m'a fait du bien. Je suis revenu édifié de l'union qui règne parmi vos missionnaires et du zèle qui les anime. Cette union et ce zèle sont une garantie de bénédictions pour leurs travaux. J'espère que désormais nos deux Missions seront vraiment soeurs, mettant en commun prières et sacrifices pour que l'oeuvre commune à laquelle nous travaillons tous, soit de plus en plus belle, de plus en plus digne de Dieu ».

    1931/168-171
    168-171
    Birmanie
    1931
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