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Birmanie septentrionale historique des districts 2 (Suite)

Birmanie septentrionale Historique des districts PAR M. J.-D. FAURE Missionnaire apostolique. (Suite1) Chanthaywa. LASSOMPTION. Population chrétienne en 1912 : 636 âmes.
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    Birmanie septentrionale
    Historique des districts
    PAR M. J.-D. FAURE
    Missionnaire apostolique.
    (Suite1)

    Chanthaywa. LASSOMPTION.

    Population chrétienne en 1912 : 636 âmes.

    L'église de l'Assomption, incendiée pendant la guerre de 1885, ainsi que la résidence du missionnaire et le village tout entier, a été reconstruite et ouverte de nouveau au culte en 1894. Un généreux chrétien, le même qui a édifié le presbytère de Nabeck, comme il a été dit plus haut, en a supporté tous les frais de reconstruction et de restauration. Une vingtaine d'années après les désastres de la guerre, les chrétiens de cette paroisse, s'étant de nouveau trouvés dans une aisance relative, se sont cotisés, et avec les matériaux déjà réunis par le missionnaire, ont construit un spacieux presbytère.
    La plupart des missionnaires du royaume d'Ava ont visité le village de Chanthaywa et y ont exercé le ministère. En 1772, le P. Montegazza y fixe sa résidence et y ouvre une école qui devient en peu de temps très prospère.
    En 1787, le P. Louis Grondana a sa résidence à Chanthaywa, et de là, gouverne la mission en l'absence du Vicaire apostolique parti pour Rome. A cette même date, y meurt le P. Claude Buttironi, une année après son arrivée. Sa tombe se voit encore au cimetière.
    Dans une lettre publiée par les Annales de la Propagation de la Foi, Mgr Cao loue les chrétiens qui ont, dit-il, manifesté leur foi et leur zèle en élevant une belle église et un presbytère. Chanthaywa avait alors (1832) 430 chrétiens. La même lettre loue aussi les chétiens de Choungyo, au nombre d'environ 200.

    MISSIONNAIRES.

    1830. MM. Dominique Taroli, P. S2.
    1831. Nicolas Polignani, A.
    1854. Ferdinand Andreino, O. M. I.

    1. A. M.-E., 1917, n° 114, p. 88.
    2. P. S. = Prêtre séculier.
    A. = Augustinien.
    O. M. I. = Oblat de Marie Immaculée.
    P.I. = Prêtre indigène.
    Tous les missionnaires qui n'ont pas d'indication spéciale appartiennent à la Société des Missions Etrangères.

    1880. MM. François Laurent,
    1881. Ferdinand Andreino, O. M. I.
    1882. Joseph Faure,
    1885. Antoine Usse,
    1889. Michel Giraud,
    1890. Joseph Faure,
    1901. Jean-Baptiste Remandet,
    19... Eugène Granié,
    19... Clément Vulliez.

    Choungyo. NOTRE DAME AUXILIATRICE.

    Population chrétienne en 1912 : 193 âmes.

    Le village de Choungyo est situé à environ 8 milles au nord de Chanthaywa et à 5 milles seulement de Monhla. Il a eu rarement un missionnaire en résidence fixe. Le prêtre de Monhla était, pour l'ordinaire, chargé de pourvoir à ses besoins spirituels et temporels.
    Des quatre prêtres sortis du séminaire de Nabeck, André Cou, originaire du village de Choungyo, entra dans la Congrégation des Barnabites et mourut à Rangoon en 1827 ; un autre, Joseph Moung Gyi, originaire de Chanthaywa, n'exerça le saint ministère qu'un petit nombre d'années, et mourut à Monhla en 1810. Ce même village a encore donné à la mission deux excellents prêtres, le P. Moyse, décédé récemment supérieur du petit séminaire de Moulmein, et son frère, le P. Tobias qui, malgré ses 60 ans passés, exerce encore vaillamment le saint ministère dans le district de Shwebo.

    MISSIONNAIRES.

    MM. Charles d'Isola, O. M. I.
    1880. François Laurent,
    ..... Clément Vulliez,
    ..... Eugène Granié,
    ..... François Laurent.

    Monhla. SAINT-MICHEL,

    Population chrétienne en 1912: 243 âmes.

    Par sa position aux bords du Mou, affluent de l'Irawaddy, Monhla paraît avoir été, dès les commencements de la mission d'Ava, un centre de nombreux chrétiens. Les Vicaires apostoliques y ont résidé à différentes époques pendant un temps plus ou moins long. On s'y, rendait d'Ava, la capitale, en descendant le grand fleuve en barque, durant une demi-journée ; puis arrivé à l'embouchure du Mou, on se dirigeait vers le nord, et quoique la distance ne fût pas bien grande, comme le cours de l'affluent est extrêmement tortueux, on n'arrivait à Notabla qu'après cinq ou six jours de voyage. A l'époque des pluies et des brandes eaux, la navigation n'est pas sans danger. C'est ainsi que dans un de ses voyages, Mgr Percoto faillit y perdre la vie.
    En 1765, Jean-Marie Percoto, encore simple prêtre, se trouvait seul missionnaire dans le royaume d'Ava ; tous les autres étaient morts ou avaient été contraints de retourner en Italie. Il établit sa résidence à Monhla, afin de pouvoir plus facilement visiter les chrétiens établis dans une douzaine de villages distants les uns des autres de quatre à cinq journées de marche. La plupart n'avaient pas été visités depuis plus de vingt ans.
    Sacré évêque en 1768, il construisit un séminaire à Monhla, mais les bonzes de l'endroit obtinrent de la cour l'ordre de le démolir, ce qui fut fait sans tarder. L'évêque était absent à ce moment ; apprenant cette nouvelle, il se rendit directement à la capitale, demanda une audience du roi et en revint avec un ordre rétablissant le séminaire sur un emplacement mieux situé que le premier. Le P. Cortenovis fut mis à la tête de ce séminaire qui plus tard fut transporté à Nabeck.
    Le riche chrétien U Myat Kyaw, qui avait construit l'église de Saint Jean Baptiste à Nabeck, où il s'était fixé, éleva aussi à Monhla une église et une résidence pour le missionnaire. L'église fut en 1840 remplacée par une autre en bois de teck, laquelle fit place à une meilleure en 1896. Elle est dédiée à saint Michel.
    Le P. Joseph d'Amato, dont la mémoire est en grande vénération parmi les chrétiens de la Haute Birmanie, après être demeuré à Rangoon jusqu'à la fin de l'année 1785, passa à Monhla, retourna à Rangoon, puis revint à Monhla où il resta jusqu'à la fin de ses jours, en avril 1832.

    MISSIONNAIRES.

    MM. Nicolas Polignani, A.
    .. Charles d'Isola, O. M. I.
    1882. François Laurent,
    1890. Jean Fridolin Herr,
    1891. Louis Legendre,
    1891. François Laurent,

    POSTES FONDÉS DEPUIS LA CONQUÊTE ANGLAISE EN 1885.

    Sous le gouvernement des rois birmans, les missionnaires catholiques avaient pleine liberté de résider au milieu de leurs chrétiens, à peu près tous de race étrangère ; ils prêchaient et exerçaient publiquement les cérémonies du culte. Les rois qui se sont succédé sur le trône, à Ava, A marapoura, Mandalay, tenaient même beaucoup à avoir des missionnaires catholiques résidant dans leur capitale. Leurs gardes du corps, les médecins de la cour, les soldats en charge de l'artillerie étaient généralement des chrétiens, parce qu'ils étaient plus habiles dans les sciences et les arts, et aussi parce qu'ils inspiraient plus de confiance, car ces rois, ainsi que les dignitaires du royaume, savaient parfaitement que plus ces étrangers seraient fidèles aux pratiques de leur religion, plus leur fidélité et leur dévouement aux vrais intérêts du pays et de la dynastie seraient assurés. C'est ainsi que, par politique, ils aimaient que ces étrangers, à leur service, eussent constamment des prêtres au milieu d'eux, pour les maintenir dans la pratique de leurs devoirs religieux. Par contre, ils ne voulaient pas qu'on fît du prosélytisme, et pendant qu'extérieurement liberté pleine et entière était donnée de prêcher le catholicisme, des ordres, donnés sous main, mettaient partout des entraves. Les bonzes en particulier, en conformité avec les désirs secrets du roi, usaient de leur influence, qui était presque sans limite à cette époque, pour susciter des obstacles et empêcher les conversions.
    Quand le gouvernement anglais fut devenu maître du pays, les choses changèrent complètement ; ce fut bien la liberté pleine et entière sans hypocrisie ; même, en beaucoup de cas, le gouvernement fut un appui et un secours. C'est à partir de cette époque que des chrétientés nouvelles ont été fondées, comme on va le voir ci-après :

    Shwebo.

    Population très disséminée, recensement de 1912 : 1100 âmes.

    Shwebo n'était qu'un village appelé Motsobo, quand un petit chef de cette localité, après avoir repoussé l'invasion étrangère, conquis le royaume de Pégu et s'être proclamé roi et empereur sous le nom d'Aloungpara, en fit la capitale de son empire de 1753 à 1760. Durant cette période, les chrétiens qui résidaient près de la cour d'Ava se transportèrent sans doute à la nouvelle capitale, l'ancienne ayant été incendiée et complètement ruinée pendant les opérations de la guerre. C'est probablement à Shwebo que mourut et fut enterré le P. Pio Galizia, dont les restes furent ensuite, selon qu'il en avait témoigné le désir, transportés secrètement à Choungyo et placés auprès de ceux de son compagnon et ami, le P. Sébastien Donati, mort quelques années auparavant.
    PAROISSE SAINT-JOSEPH.

    Le poste actuel de Shwebo a été fondé en 1890, par le P. Louis Legendre. Pendant les pourparlers avec le gouvernement pour l'obtention du terrain, le missionnaire logeait sur des zayats ou dans des kyoungs birmans, jusqu'à ce qu'un magistrat anglais, M. Macnamara lui eût offert l'hospitalité. L'opposition que faisait l'évêque anglican de Rangoon retardait un peu les affaires. Il prétendait que les anglicans étant déjà établis à Shwebo avec école et église, la religion chrétienne y était suffisamment représentée.
    Après la concession du terrain, le P. Legendre construisit une maison qui servait à la fois de chapelle et de résidence pour le missionnaire. En 1891, la communauté chrétienne s'étant accrue, une chapelle fut commencée par le P. Legendre et terminée par le P. Herr. Maison et chapelle furent consumées par un incendie en 1892, pendant l'absence du missionnaire qui y perdit à peu près tout ce qu'il possédait. Une souscription fut aussitôt ouverte parmi les habitants de toutes races et de toutes croyances, et, grâce à leur générosité, une chapelle en bambou, avec une chambre pour le prêtre, fut élevée en peu de temps. Ce n'était que du provisoire. Il fallait songer à construire avec des matériaux moins inflammables. La municipalité de Shwebo permit d'extraire des briques des vieilles fortifications élevées par Aloungpara. Avec ces briques, une maison fut construite. Depuis, elle a été agrandie aux deux extrémités, et un étage a été ajouté.
    En 1893, un bienfaiteur de la mission laissait par testament une somme de 5000 roupies pour la construction d'une église. Mgr Simon alloua cette somme au poste de Shwebo. L'église fut achevée en 1894 ; elle coûta 7000 roupies, et la bénédiction en fut faite le 31 mai de cette même année, par Mgr Usse, évêque élu. Elle peut contenir de 400 à 500 personnes.

    SAINT-SÉBASTIEN. SAINT-ANTOINE.

    En plus de l'église Saint-Joseph, il y a encore, à 2 milles de Shwebo, l'église de Saint-Sébastien pour les soldats catholiques de la garnison ; le prêtre de Shwebo en est l'aumônier ; une autre, l'église Saint-Antoine, est fréquentée par les Tamouls au service de la garnison. Cette dernière église, élevée par souscription, sert aussi d'école.

    MISSIONNAIRES.

    CURÉS. VICAIRES.

    1890. MM. Louis Legendre, 1892. MM. Pierre Antoine Bérard,
    1891. Fridolin Herr, 1892. Eugène Granié,
    1905. Louis Lafon, 1895. Jean Bapt. Remandet,
    1906. Fridolin Herr, 1897. Auguste Darne,
    1897. Charles Gilhodes,
    1909. Noël Léonce Ghier,

    Payan. SAINTE MARIE MADELEINE.

    En 1895, deux postes furent fondés en même temps, l'un à 8 milles, l'autre à 6 milles, à l'ouest de Shwebo, et appelés Tabougon et Payan. Le P. Remandet, aidé par le P. Herr, fut mis en charge des deux villages. Après trois ou quatre ans, Tabougon, ne donnant pas d'espérance, fut abandonné ; Payan, au contraire, non seulement se maintint dans ses bonnes dispositions premières, mais progressa au point de devenir la meilleure des chrétientés de fondation récente.
    La plupart des habitants de Payan sont des descendants des Shans. Leur caractère est différent de celui des Birmans. Plus simples et plus dociles, ils s'attachent davantage à la religion. La maison chapelle en bambou, construite en 1895, fut renversée par un ouragan quatre ans après. Elle fut remplacée par une autre plus solide, élevée par le P. Bemandet qui construisit un presbytère. Quelques années après, le P. Louis Lafon, remplaça les cloisons de l'église, qui étaient en bambous, par des cloisons en planches, et le toit en chaume par un toit en zinc. Le P. Ghier, qui succéda au P. Lafon, couvrit aussi en zinc le presbytère.

    MISSIONNAIRES.

    1895. MM. Jean-Baptiste Remandet,
    1901. Louis Lafon,
    1909. Noël Léonce Ghier,
    1910. Eugène Granié,

    Kawdaw. SAINT PIERRE ET SAINT-PAUL.

    En 1896, revint de la basse Birmanie un chrétien, Moung Kyauk Long, originaire de Kawdaw, village situé à 20 milles au sud de Shwebo. Il se fit apôtre auprès de ses parents et amis lin certain nombre de familles s'étant déclarées prêtes à embrasser la religion catholique, ce même chrétien invita le P. Herr à venir les voir et à sonder leurs dispositions. Afin de soustraire les catéchumènes à l'influence des païens, un terrain fut choisi à l'ouest du village, les maisons transportées, et une église construite. On s'aperçut bientôt que là distance n'était pas suffisante pour le but qu'on avait eu en vue, et le petit village fut installé un mille plus loin. Quelques familles chrétiennes ne voulurent pas se déplacer, mais d'autres familles païennes se joignirent aux chrétiens.
    En 1898, le P. Gilhodes fut mis en charge et le village devint assez florissant ; mais après son départ, et par suite de sécheresses continuelles, ces nouveaux chrétiens émigrèrent les uns dans la basse Birmanie où les pluies étant plus régulières la récolte annuelle était assurée, d'autres partirent pour Mandalay.

    MISSIONNAIRES.

    1898. MM. Charles Gilhodes,
    1901. Tobias,
    1906. Louis Lafon,
    1909. Fridolin Herr,

    Halingyi-Médawgon. NOTRE DAME DE LOURDES.

    En 1897, arriva de Halingyi à Shwebo, un païen nommé Saya Lin, qui avait entendu parler de notre sainte religion. Il se déclarait prêt à l'embrasser, ainsi que plusieurs familles. Une place, à très peu de distance du village de Halingyi, fut choisie pour établir ces quelques familles de catéchumènes. Le P. Gilhodes en fut chargé, en même temps qu'il donnait tous ses soins aux catéchumènes de Kawdaw. La distance qui sépare les deux villages est à peu près de 10 milles anglais. Il y construisit église et presbytère. Malheureusement, l'endroit choisi était fiévreux, les catholiques moururent en assez grand nombre, et ceux qui auraient désiré venir s'y établir n'osèrent le faire, de peur de la fièvre et de la mort.
    En 1909, il ne restait plus que Saya Lin et deux autres familles qui se transportèrent alors à 3 milles plus au nord, où se trouvent de vastes terrains propres à la culture du riz et du sésame. Le nouveau village, qui s'est accru de quelques nouvelles familles, s'appelle Médawgon.

    MISSIONNAIRES.

    1898. MM. Charles Gilhodes,
    1901. Tobias, P. I.
    1906. Louis Lafon,
    1909. Fridolin Herr,

    Tanoungwon. SAINT FRANÇOIS XAVIER.

    Cette petite chrétienté fut établie en 1897, tout près de Shwebo. Peu à peu elle augmenta et eut, à un certain moment, jusqu'à 20 familles ; mais n'étant pour ainsi dire qu'un prolongement du village birman qui fournissait la plupart des catéchumènes, les sollicitations de la parenté qui restait attachée à la religion birmane furent trop fortes pour nos néophytes et beaucoup ne persévérèrent pas.
    La première chapelle, qui était en bambous, fut remplacée en 1906 par une autre construite en bois, ayant une chambre pour le prêtre.

    MISSIONNAIRES

    1906. MM. Fridolin Herr,
    1909. Tobias, P. I.

    Mégon. NOTRE DAME DE LA NATIVITÉ.

    Fondée en 1897, cette chrétienté est située dans une île, au milieu d'un étang royal, vaste réservoir qui arrose les champs de riz qui l'entourent et alimente d'eau les fossés autour de la ville de Shwebo. Du temps des rois birmans, il y avait un jardin royal à l'endroit où se trouvent actuellement la chapelle et la maison du prêtre. Le village est agréablement situé. Les Eurasiens de Shwebo s'y rendent souvent en promenade.
    Jusqu'en 1906, l'habitation du missionnaire servait aussi de chapelle. Depuis, une chapelle en planches a été élevée. Bien que suffisante en temps ordinaire, elle est, les jours de fête patronale, bien loin de contenir les nombreux pèlerins qui, s'y rendent de Shwebo et d'ailleurs.

    MISSIONNAIRES

    1897. MM. Fridolin Herr
    Tobias P. I.

    Tegyigon. SAINT-LAURENT.

    Le P. Granié avait fondé un village, aux bords de l'Irawaddy, à un endroit appelé Shwehintha. Les villageois vivaient du produit du bois de chauffage qu'ils extrayaient de la forêt ; ils le vendaient aux steamers qui naviguent sur l'Irawaddy entre Mandalay et Bhamo. Lorsque le P. Granié fut appelé à Mandalay, il ne se trouva personne pour le remplacer, et d'un autre côté, l'endroit était trop éloigné pour être desservi par les prêtres de Shwebo. Il fallait se rapprocher. On choisit l'emplacement d'un ancien village appelé Tegyigon, à 5 milles au nord de Shwebo. Le nouveau village est situé sur une petite élévation et entouré de terrains propres à la culture. Malheureusement, l'endroit ressemble un peu au mont Gelboé « nec ros, nec pluvian ». Les habitants vivent surtout du produit du bois de chauffage qu'ils viennent vendre à Shwebo. En 1909, la chapelle provisoire en bambous a été remplacée par une autre toute en bois qui possède un petit clocher.

    MISSIONNAIRES.

    1900. MM. Fridolin Herr.
    Tobias, P. I.

    Mariagon. NOTRE DAME DE L'ANNONCIATION.

    Cette petite chrétienté se trouve à 80 milles au nord de Shwebo, près de la ligne du chemin de fer. L'endroit s'appelait jadis Kiongôn. Eu 1902, des néophytes de Shwebo s'y rendirent pour faire du commerce ; ils parlèrent aux païens de la religion catholique. Quelques familles manifestèrent le désir de l'embrasser. Ayant appris cette bonne nouvelle, le P. Herr alla les visiter. On résolut de chercher un terrain pour le nouveau village ; ce fut assez difficile, car le pays est plat et couvert par les eaux pendant la saison des pluies. Il s'en trouvait un près de la gare, déjà occupé par cinq ou six familles païennes ; on se décida à se joindre à. ces premiers occupants, dans l'espoir de les convertir avec le temps.
    Le village augmenta peu à peu ; actuellement, c'est le plus grand, de formation récente, dans le district de Shwebo. Les païens qui l'habitaient au commencement l'ont quitté en partie ; les autres étudient la religion. L'endroit s'appelle maintenant Mariagon. Il a été baptisé de ce nom, en même temps que la chapelle construite toute en bois, et qui a été bénite en 1912 par Mgr Foulquier.

    MISSIONNAIRE.

    1902. M. Fridolin Herr.

    Kanbalu. SAINT-VINCENT-DE-PAUL.

    Kanbalu est à 50 milles au nord de Shwebo, sur la voie ferrée ; c'est un quartier général pour les employés de chemin de fer, parmi lesquels se trouvent toujours un bon nombre de catholiques. Une chapelle fut construite en 1896, par souscriptions. Depuis 3 ou 4 ans, quelques familles de catéchumènes sont venues s'établir près de l'église. La plupart ont été baptisées.

    MISSIONNAIRE.

    1896. M. Fridolin Herr.

    Katha. SAINTE CÉCILE.

    Katha est le chef-lieu du district du même nom ; c'est aussi le terminus du chemin de fer de ce côté. La population catholique se compose en grande partie d'employés du gouvernement et de la Compagnie du chemin de fer, ainsi que de serviteurs tamouls. Ce poste a été visité en 1894 par le P. Bérard. Une maison fut achetée par les chrétiens et transformée en chapelle ; il fallut bientôt en construire une nouvelle. A ce moment, le gouvernement ayant besoin du terrain qu'occupait l'ancienne, offrit en échange un terrain près de la gare. Une chapelle, en matériaux plus durables que le bambou et le chaume, y fut élevée et bénite en 1909, par Mgr Foulquier.

    MISSIONNAIRE.

    1896. M. Fridolin Herr.

    Myitkyina. SAINT FRANÇOIS DE SALES.

    Myitkyina est le terminus du chemin de fer au nord de la Birmanie ; il se trouve à 724 milles de Rangoon. C'est une station militaire, avec garnison, pour surveiller la frontière du côté de la Chine. La population catholique se compose, comme celle de Katha, d'employés du gouvernement, d'employés du chemin de fer, etc.
    Une chapelle fut construite par souscription et bénite au mois de janvier 1901 par le P. Laurent, assisté de plusieurs confrères.
    NOTA. Les postes ci dessus sont desservis par le P. Herr dont la principale résidence est Shwebo. Il est aidé par les PP. Granié et Tobias.

    DISTRICT DE KYANKSÉ

    Dans le district de Kyanksé, il y a actuellement sept stations catholiques. En dehors du chef-lieu, la ville même de Kyanksé, dont la communauté catholique comprend quelques Anglais, employés du gouvernement, un certain nombre d'Eurasiens, des Tamouls, des Birmans et même quelques Chinois ; les six autres postes sont composés exclusivement de Birmans récemment convertis.

    Kyanksé. SAINT FRANÇOIS-XAVIER.

    Bien que depuis l'occupation anglaise de la Birmanie, il y ait toujours eu un certain nombre de catholiques dans la ville de Kyanksé, ce n'est pourtant que depuis ces dernières années que la mission y possède une chapelle et un lieu de résidence pour le prêtre. Jusqu'alors, un missionnaire du district y allait seulement de temps à autre remplir les fonctions du saint ministère, selon que le réclamaient les besoins du poste et que les occasions le permettaient. Enfin, en 1910, le P. Renolleau, après avoir fait l'acquisition d'un magnifique emplacement, y bâtissait une maison chapelle. Puis tout récemment (1912), grâce à un généreux bienfaiteur, le P. Bazin put remplacer la chambre oratoire par une véritable chapelle, digne du nom et suffisante pour les besoins de la Communauté.

    MISSIONNAIRES.

    1888-1908. Divers.
    1908. MM. Victor Renolleau,
    1910. Joseph Bazin.

    Chanthagon. NOTRE DAME DU SAINT ROSAIRE.

    Chanthagon est en date le premier poste du district, voire même de toute la Birmanie septentrionale, le premier centre catholique composé spécialement de Birmans convertis du bouddhisme. Sous le régime birman, l'évangélisation proprement dite des païens était rendue absolument impossible par la mauvaise volonté du gouvernement. Aussitôt l'annexion du pays par l'Angleterre, la liberté religieuse enfin obtenue, les missionnaires se mirent à l'oeuvre.
    En 1888, Mgr Simon chargea le P. Tobias de tenter au milieu des païens la fondation d une station exclusivement catholique. Mais l'expérience montra bientôt que l'élément bouddhiste, Masse énorme à côté du petit noyau de fidèles qu'on avait tant de peine a former, ne pouvait manquer d'étouffer celui-ci dans son germe. Il s'agissait donc de fonder de petits villages entièrement nouveaux, complètement séparés de tout élément païen et devant devenir exclusivement catholiques. Après plusieurs essais infructueux, le P. Tobias parvint, avec l'aide de quelques familles chrétiennes de bonne volonté, à fonder le premier village de nouveaux chrétiens dans cette mission : Chanthagon « Colline du bonheur ».
    Quelques années après, le P. Wehinger, grâce à la générosité d'un riche Birman, chrétien de Mandalay, bâtit la petite église qui existe toujours. Le P. Pelletier vint ensuite, qui, avec l'aide de plusieurs confrères tout dévoués, put arriver à organiser cette Communauté chrétienne sur le pied où elle est aujourd'hui.
    Le poste de Chanthagon possède en outre un des plus importants orphelinats de garçons de la mission. De plus, l'église du Rosaire est depuis bien des années un centre très important de pèlerinage à la sainte Vierge, lequel attire chaque année plusieurs milliers de pèlerins, et que la construction récente d'une magnifique grotte de Lourdes ne peut que faire augmenter de plus en plus, car la Bonne Mère se plaît à y accorder des grâces signalées.

    MISSIONNAIRES.

    1888-1896. MM. Tobias, P. I.
    1890-1892. Jean Wehinger,
    1892. Emile Pelletier,
    1895. Joseph Bazin.

    Kinlat. SAINT PIERRE ET SAINT-PAUL.

    L'histoire des cinq stations qui restent à énumérer peut se résumer en un seul mot Pauperes evangelisantur, ce qui doit vraiment laisser entendre quelles lourdes charges matérielles entraînent toujours ces diverses fondations, occasionnées bien souvent par quelque fait très insignifiant en soi, ou pour mieux dire insensiblement préparées par la main invincible du bon Dieu.

    MISSIONNAIRES.

    1893-1899. MM. Emile Pelletier,
    1896-1899. Tobias, P. I.
    1899-1901. Eugène Granié,
    1901. Joseph Bazin.

    Myaukaïng. SAINT JOACHIM.

    Fondation en 1895, après de grands débats avec les païens. Jolie petite église en briques.

    MISSIONNAIRES.

    1895-1903. MM. Emile Pelletier,
    1903-1908. Clément Vulliez,
    1908. oseph Bazin.

    Magyidaw. SAINTE-ANNE.

    Fondation en 1902, toujours dans les mêmes conditions. Prise de possession par le catholicisme dans la partie sud da district.

    MISSIONNAIRES.

    1902-1907. MM. Emile Pelletier et Joseph Bazin,
    1907-1910. Victor Renolleau,
    1911. Aloysius, P. I.

    Zafigyé. SAINT-VINCENT-DE-PAUL.

    Commencé en 1905, ce poste, par sa position très avantageuse à out point de vue, promet de devenir un centre de chrétiens des plus stables et des plus consolants. Chapelle en briques en construction.

    MISSIONNAIRE.

    1905. M. Emile Pelletier.

    Sinbyou. SAINTE-ANNE.

    Fondation dernière eue date, 1910, oeuvre du P. Renolleau quelques mois avant sa mort. Station pleine de promesses pour l'avenir, si on peut s'en occuper.

    MISSIONNAIRES.

    1910. MM. Victor Renolleau,
    1911. Aloysius.

    Yamethin. SAINT-JOSEPH.

    Yamethin, chef-lieu du district du même nom, est sur la ligne du chemin de fer à 112 milles au sud de Mandalay. La congrégation catholique se compose surtout d'employés du chemin de fer. Il y a aussi quelques familles birmanes et un certain nombre d'indiens. Pendant plusieurs années, la mission y possédait une école assez florissante. Pour la maintenir dans cet état de prospérité, il aurait fallu que le missionnaire y fût en résidence continuelle ; mais il avait d'autres postes à desservir, et l'école alla en déclinant, puis elle devint la proie des flammes, et la mission se trouvant trop pauvre, elle ne fut pas relevée de ses ruines. La première église était en bois. Après avoir servi une vingtaine d'années, elle demandait à être réparée. Le P. Hudry consacra à cette oeuvre tout son avoir et ce qui lui restait de forces et de santé, mais il n'eut pas la consolation de la voir complètement terminée. La nouvelle église, toute en briques, située sur un terrain près de la gare, s'élève jolie et coquette, selon les plans et la direction du P. Hudry, qui voulait en faire un bijou et qui y réussit.

    MISSIONNAIRES.

    1887. MM. Octave Huysman,
    1894. Louis Legendre,
    1895. Joseph Ruppin,
    1905. René Bouffanais,
    1906. Joseph Ruppin,
    1910. Gustave Hudry,
    1912. Victorin Accarion,

    Pyinmana.

    Pyinmana se trouve aussi sur la ligne du chemin de fer à 49 milles au sud de Yamethin. C'était autrefois le chef-lieu d'un district, qui depuis a été réuni au district voisin. Le P. Accarion y construisit une église en planches, couverte en zinc, qui dure encore. Mgr Simon y établit le séminaire, qui fut ensuite transféré à Mandalay par Mgr Usse. Aux environs de Pyinmana, plusieurs petites chrétientés avaient été fondées. Le missionnaire espérait qu'après avoir aidé ces nouveaux chrétiens pendant plusieurs années, ils arriveraient à se suffire à eux-mêmes. Plusieurs par suite de circonstances diverses, d'autres par manque d'amour du travail, n'y parvenant pas, et les ressources du missionnaire étant épuisées, et en outre, le missionnaire ne pouvant pas rester en permanence au milieu d'eux, ils se sont dispersés peu à peu pour aller chercher fortune ailleurs.

    MISSIONNAIRES.

    1887. MM. Octave Huysman,
    1887. Eugène Foulquier,
    1887. Victorin Accarion.
    1887. Octave Huysman,
    1887. Joseph Ruppin,
    1887. Louis Lafon,
    1887. Louis Legendre,
    1887. Joseph Ruppin,
    1910. Gustave Hudry,
    1912. Victorin Accarion,

    Meiktila. SAINT PATRICK.

    En même temps que chef-lieu de district, Meiktila est encore la résidence d'une nombreuse garnison militaire. Le gouvernement a construit et entretient une église pouvant contenir 3 à 400 personnes, pour les soldats catholiques dont le missionnaire résidant est l'aumônier, mais elle sert aussi aux autres catholiques de l'endroit.
    Le P. Jarre a construit le presbytère qui a été amélioré par le P. Accarion. Résidence et église sont agréablement situées aux bords d'un lac qui a reçu de la ville le nom qu'il porte et lui donne en retour la fraîcheur et la salubrité. C'est à Meiktila qu'est mort le P. Louis Legendre en 1894. Atteint du choléra, mais ne croyant qu'à une légère indisposition, il se sentit tout à coup poussé à aller visiter son confrère voisin. C'était sans doute son bon ange qui lui ménageait une sainte morte, avec tous les secours de la religion, entre les bras du P. Jarre.

    MISSIONNAIRES.

    1889. MM. Octave Huysman,
    1894. Maurice Jarre,
    1899. Eugène Granié,
    1908. Victorin Accarion.

    Myingyan. IMMACULÉE CONCEPTION.

    Myingyan et autres postes sur la rivière de l'Irawaddy.
    Population : 900 âmes environ.

    Située sur l'Irawaddy non loin de l'embouchure du Chyindwin, Myingyan est un centre important de commerce. Les Chinois y étaient déjà nombreux, même au temps des rois Birmans. Le P. Lyet tenta de s'y établir et de fonder une chrétienté en 1875. Un chrétien de Nabeck loua une maison avec contrat en due forme. Mais lorsque le gouverneur et les bonzes Birmans apprirent à quel usage elle était destinée, ils forcèrent le maître de la maison à en refuser l'entrée au locataire.

    MAI JUIN 1917, N° 115.

    Durant la guerre avec la Birmanie, de nombreuses troupes anglaises et indiennes stationnèrent à Myingyan, d'où elles se portaient vers différentes directions, selon les besoins. Le P. Usse et le P. Huysman suivaient les troupes, comme aumôniers militaires, dans ces différentes expéditions. Quand la pacification fut faite, ils se trouvèrent par là mieux à même de fonder des chrétientés et d'élever des églises temporaires dans les différents endroits où ils avaient déjà exercé le saint ministère : Yamethin, Meiktila, Myingyan, etc.

    MISSIONNAIRES.

    1887. MM. Octave Huysman,
    1889. Xavier Boulanger,
    1890. Antoine Usse,
    1891. Eugène Foulquier,
    1892. Antoine Bérard,
    1804. Achille Duhand,
    A partir de 1895 il n'y eut plus de missionnaire résidant ; le poste est desservi par le prêtre de Nabeck,

    Sagaing. SAINT-RAPHAËL.

    Sagaing est situé sur la rive droite de l'Irawaddy, au sommet d'un triangle dont les deux autres angles sont, sur la rive opposée, les villes d'Ava et d'Amarapoura. C'est une ville fort ancienne. Longtemps avant la fondation de ces deux dernières villes, elle existait déjà et elle était la capitale d'un petit état indépendant. Elle est agréablement située à l'extrémité d'une longue chaîne de collines couvertes de pagodes, et habitées par des ermites bouddhistes. Les steamers qui trafiquent sur le grand fleuve y abordent plusieurs fois par jour. C'est aussi le point de départ de deux lignes de chemin de fer, l'une vers le nord, jusqu'à Myitkina, l'autre allant à l'ouest à Monyoua, aux bords du Chyindwin.
    Les chrétiens de Sagaing sont surtout des employés du gouvernement et des employés du chemin de fer. Le P. Herr y construisit, vers 1894, une grande maison qui servait à la fois de chapelle et de résidence pour le prêtre. Depuis, une jolie église y a été élevée avec le produit des collections faites d'abord par le P. Louis Lafon et ensuite par le P. Léon Lafon.

    MISSIONNAIRES.

    189.. MM. Fridolin Herr,
    189.. Louis Lafon,
    19... Léon Lafon,

    Monyoua. SAINT-JOSEPH.

    Monyoua est situé au bord du Chyindwin à 65 milles de Sagaing et à 13 milles seulement de Choungou. Le missionnaire résidant en cette chrétienté s'occupa d'abord des quelques chrétiens de Monyoua. Leur nombre grandissant, une chapelle et une résidence pour le prêtre furent construits. Un jeune missionnaire, le P. Verstraeten y résidait en 1892 et y apprenait les langues. Il y mourut la même année du choléra. Depuis, un autre terrain mieux situé a été obtenu. Un chrétien de l'endroit, M. Francis, employé des travaux publics, a consacré tout ce qu'il économise sur sa paie qui n'est pas forte, à élever d'abord un presbytère, puis à la place de la vieille église en bois, une jolie chapelle en briques.

    MISSIONNAIRES.

    1890. MM. Michel Giraud,
    1892. Louis Verstraeten,
    1898. Jean Wehinger,
    1899. Michel Giraud,
    1906. Jean-Baptiste Remandet,
    (A suivre).

    1917/133-147
    133-147
    Birmanie
    1917
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