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Birmanie septentrionale historique des districts 1

Birmanie septentrionale historique des districts PAR M. J.-D. FAURE Missionnaire apostolique. ORIGINE DE LA MISSION DAVA ET DE PEGU
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    Birmanie septentrionale historique des districts
    PAR M. J.-D. FAURE
    Missionnaire apostolique.
    ORIGINE DE LA MISSION DAVA ET DE PEGU
    En 1703, le Pape Clément XI sadresse à la Congrégation des Clers réguliers de Saint-Paul, appelés Barnabites, de leur église de Saint Barnabé, à Milan, siège de leur Société. A l'appel du Pape, plus de 40 religieux soffrent pour la grande entreprise d'aller porter l'Evangile à la Chine et autres pays de l'Extrême-Orient. Cinq seulement sont choisis. Ils arrivent à Canton le 23 août 1720, et là ils attendent l'arrivée du Légat du Pape, Mgr Mezzabarba, parti de Lisbonne, avec sa suite. Le Légat apostolique assigne à chacun des cinq missionnaires les pays qu'ils doivent évangéliser. Le royaume d'Ava et de Pégu fut la part faite au P. Sigismond Maria Calchi, auquel le Légat avait joint l'abbé Joseph Vittoni, de Turin. C'est le P. Calchi, homme de grand savoir et de grande vertu, à qui revient le titre et l'honneur de fondateur de la Mission d'Ava et de Pégu.

    Ava.

    La ville d'Ava est située sur la rive gauche de l'Irawaddy, à environ cinq milles au sud-ouest d'Amarapoura, et à treize milles au sud de Mandalay. Elle fut fondée en l'année 1364, et, à l'exception de divers intervalles de temps pendant lesquels la capitale du royaume fut transportée à Shwebo et à Amarapoura, elle continua à être la résidence des rois birmans. Elle devint si célèbre que le royaume birman, dont elle était la capitale, fut généralement désigné sous le nom de royaume d'Ava.
    En 1721 l'Abbé Joseph Vittoni retourne en Italie, chargé par le roi d'Ava d'une lettre et de présents pour le Souverain Pontife.
    Le P. Calchi se fixe à Ava, et, avec les secours en argent, fournis par la Communauté arménienne et par le roi lui-même, il élève une église et une maison pour les missionnaires.
    Pendant sept ans, il travaille, avec un zèle infatigable, à la conversion des infidèles. Les prêtres portugais, venus depuis longtemps dans le pays, à la suite des marchands et autres gens de leur nationalité, ne s'occupaient aucunement de la conversion des païens, réservant leurs soins spirituels aux seuls individus de leur race et à leurs descendants. Par une miséricordieuse disposition de la Providence, le P. Calchi est assisté par Don Giorgio Rossetti, protonotaire apostolique missionnaire de la Propagande, dont l'arrivée tout à fait inattendue le console à son lit de mort. Il rend son âme à Dieu le 6 mars 1728.
    En envoyant le P. Rossetti, la Propagande avait réglé que l'évangélisation du royaume d'Ava serait faite par des prêtres missionnaires envoyés par elle, et elle assignait les royaumes de Pégu et de Martaban aux religieux Barnabites.
    A cette époque les Péguans se révoltent contre les Birmans, et la guerre éclate entre les deux peuples.
    En 1741, le Pape Benoît XIV confie de nouveau l'évangélisation du royaume d'Ava aux religieux Barnabites, qui envoient des missionnaires pour cette mission. Le P. Pio Gallizia est sacré évêque d'Elisma et nommé Vicaire apostolique. On lui adjoint les PP. Paul Maria Nerini, Alexandro Mondelli, Giovani del Conte et le frère Capello, habile médecin. Partis d'Italie en 1741, ils abordent à Syriam en juin 1743. Aucun d'eux ne peut entrer dans le royaume d'Ava, à cause de la guerre entre les Birmans et les Péguans.
    Pendant ces temps troublés, la vie des ouvriers apostoliques est en continuel danger. Le Vicaire apostolique Mgr Pio Callizia est tué dans les bois aux environs de la ville de Pégu, en mars 1745, à l'âge de 44 ans.

    MARS AVRIL 1917. N° 114.

    Le P. Paolo Maria Nerini, échappé au massacre en 1745, est nommé Vicaire apostolique en 1754, mais les bulles ayant été perdues, il ne peut pas être consacré. Il meurt, pour la défense de la chasteté des femmes chrétiennes réfugiées dans son église, en l'année 1756, à l'âge de 46 ans.
    Peu après arrivaient à Rangoon les PP. Sebastiano Donati et Pio Gallizia, neveu du Vicaire apostolique du même nom. Ce dernier reste à Rangoon, tandis que le premier se rend à Ava où, la guerre étant terminée, il peut remplir les fonctions de son ministère. Il meurt lé 20 janvier 1761, peu de temps après son arrivée. Sur la demande expresse du roi, le P. Pio Gallizia, demeuré à Rangoon, vient occuper le poste et consoler les chrétiens restés sans pasteur.
    Mgr Giovani Maria Percoto reçoit à Rangoon, le 31 janvier 1768, la consécration épiscopale des mains de Mgr Brigot, évêque de Tabraca, Vicaire apostolique du Siam. Il meurt dans la ville d'Ava, le 12 décembre 1776, âgé de 47 ans.
    Mgr Gherardo Cortenovis est sacré évêque de Sozopolis à Mylapore (Indes) en 1780. Revenant dans sa mission, il aborde aux îles Nicobar, tombe malade et meurt à l'âge de 50 ans.
    Le P. Gaetano Montegazza, élu évêque coadjuteur, et qui, depuis la mort du Vicaire apostolique Mgr Cortenovis, gouvernait la mission, crut que le moment était venu de recevoir la consécration épiscopale ; pensant aussi au grand bien qui en résulterait pour sa mission, si lui-même allait en exposer les besoins à la Sacrée Congrégation et aux supérieurs de son Ordre, il résolut de se rendre à Rome (1783). Avant de partir, il régla ainsi les affaires de sa mission : les PP. d'Amato et Sangermano furent chargés de Nabeck et du Séminaire ; le P. Marcello Cortenovis, frère de l'évêque, fut placé à Amarapoura, devenue la capitale du royaume ; au P. Filippo Re, on confia Rangoon et Chanthaywa, et le P. Luigi Grondona fut député au gouvernement de la Mission tout le temps de son absence. Il partit alors pour l'Italie, suivi d'un talapoin converti, âgé de 60 ans, et d'un jeune Birman.
    En 1788, il est sacré évêque à Vercelli (Italie) et repart pour sa mission, avec les PP. Allessandro Azimonti et Claudio Buttironi. Ce dernier meurt à Chanthaywa un an environ après son arrivée.
    Mgr Montegazza meurt à. Amarapoura le 4 août 1794, âgé de 49 ans.
    En 1802 mourait à Rangoon le P. Marcello Cortenovis quelque temps avant l'arrivée des Bulles le nommant Evêque et Vicaire apostolique. Les cinq premières années de sa carrière de missionnaire, il les avait passées à Monhla où il eut beaucoup à souffrir pour la défense des droits de sa mission ; ensuite, il avait été chargé de la direction du Séminaire de Nabeck, jusqu'à l'arrivée des PP. d'Amato et Sangermano.
    Le P. Luigi Grondona mourut â Ava en 1823, à l'âge de 77 ans, après 46 ans de travaux apostoliques. En l'absence du Vicaire apostolique, il gouverna la mission pendant de longues années, dans des temps de guerre étrangère et intestine, au milieu de dangers de toutes sortes. Son grand savoir et ses éminentes vertus lui valurent le respect et la vénération de tous les chrétiens et même des païens. Le roi l'avait en grande estime et, à sa mort, lui fit à ses frais de dignes funérailles. La reine se rendit avec sa suite aux offices funèbres, qui pendant trois jours furent célébrés autour de ses restes mortels. Par une permission spéciale du roi, il fut enterré dans l'église.
    Les religieux Barnabites, dont l'Institut avait beaucoup souffert, pendant les guerres napoléoniennes, et avait enfin été supprimé, demandèrent à la Sacrée Congrégation d'être déchargés de la mission des royaumes d'Ava et de Pégu, à cause de l'impossibilité où ils se trouvaient d'envoyer de nouveaux missionnaires pour combler les vides laissés par la mort des ouvriers apostoliques. La Propagande accueillit leur demande, et en juin 1830, le Pape Pie VIII nomma Evêque de Lansa et Vicaire apostolique, le P. Frederico Cao, des Ecoles pies. Le nouvel Evêque arrive dans sa mission en 1831. De Pegu, il envoie à Ava les deux missionnaires qu'il avait amenés avec lui, Don Domenico Taroli, prêtre séculier, et le P. Antonio Ricca, religieux Augustinien. Arrivés à Ava ils apprennent qu'un ancien missionnaire, le P. d'Amato, est encore en vie ; ils s'empressent de se rendre auprès de lui à Monhla, puis le P. Taroli va occuper le poste de Chanthaywa tandis que le P. Ricca prend l'administration des chrétientés d'Ava, de Nabeck et de Chang-ou.
    En janvier 1832 arrive à Rangoon un vaillant ouvrier apostolique, le P. Nicolas Polignani, religieux Augustinien qui, parti de Rome, avec un autre missionnaire et deux prêtres chinois, élèves du collège chinois dé Naples, avait sa destination pour la Chine et était désigné pour devenir le coadjuteur du Vicaire apostolique de Pékin. Il ne lui fut pas possible d'entrer dans sa mission à cause des obstacles suscités par les prêtres portugais de Macao. Alors sa destination fut changée, au grand profit de la mission d'Ava et de Pégu. Arrivé â Rangoon sans ressources, et le Vicaire apostolique Mgr Cao n'en ayant pas davantage, le bon Evêque se dépouilla de son anneau épiscopal, dont le prix servit à couvrir les frais de voyage du nouveau venu qui se rendit à Ava, où il remplaça le P. Ricca. L'année suivante, le P. Taroli ayant été appelé à Moulmein, le P. Polignani se trouva chargé de toutes les chrétientés du royaume d'Ava.
    Dans les premiers jours du mois d'avril de la même année, décédait pieusement à Monhla, le vieux P. Joseph d'Amato, â l'âge d'environ 76 ans. Le P. Taroli l'assista à ses derniers moments. Son corps repose au cimetière de Monhla, entre celui de Joseph Moung Gyi, natif de Chanthaywa, ordonné prêtre par Mgr Montegazza et décédé dans le même village en 1810, et celui du P. Joseph Enrici, Oblat de la Vierge Marie, mort en 1841 (Annales de la Propagation de la Foi, vol. VII, pag. 344, éloge du P. Joseph d'Amato, par le Major Burney, résident anglais à la cour du roi birman).

    Amarapoura. SAINT-PIERRE.

    La coutume des rois birmans, lorsqu'ils changeaient de place leur capitale, était de forcer à les suivre, dans la nouvelle ville qu'ils fondaient, la population de celle qu'ils abandonnaient ; tout ce qui ne pouvait pis être transporté était voué à la destruction. La communauté chrétienne d'Amarapoura n'est donc autre que celle d'Ava, comme celle de Mandalay, quand cette dernière ville deviendra la capitale, sera la même que celle d'Amara poura.
    La ville d'Amarapoura « la Cité immortelle » est située sur la rive gauche de l'Irawaddy, à environ cinq milles au nord-est d'Ava. Elle fut fondée en 1786 par Bodauphra, qui régna de 1781 à 1819. Elle resta la capitale du royaume jusqu'en l'année 1823, époque où le roi Bogyidauphra reporta le siège de son gouvernement à Ava. De nouveau, Amarapoura devint capitale en 1837, durant le règne de Pagan-min, jusqu'en 1860 où elle fut définitivement abandonnée, Mandalay étant devenue la nouvelle capitale.
    La mission fut en 1842 confiée aux Oblats de Marie, Société religieuse fondée en Piémont par le vénérable prêtre D. Pio Brunone Lanteri, et approuvée en 1826, par Léon XII. En cette même année, partent de Turin deux prêtres de cette Société, le P. Paul Abbona et le P. Vincent Bruno. Le P. Abbona se rend directement à Amarapoura, pour prendre la charge de la chrétienté de cette ville devenue de nouveau la capitale du royaume. Il y construit une belle église en briques, dédiée à saint Pierre, laquelle fut pillée en 1852, et les ornements sacrés furent profanés dans les rues.
    Le P. Giovani Domenico Ceretti, Oblat de la Vierge Marie Immaculée, est sacré évêque d'Antinopolis par le Cardinal Préfet de la. Propagande, à Rome, le 31 juillet 1846. De Moulmein, alors le chef-lieu de la mission, le nouveau Vicaire apostolique d'Ava et Pégu visite les différents postes de la mission ; mais contraint par Page et les maladies de mettre fin à ses courses apostoliques, il retourne en Italie en 1847.
    Mgr Giovani Balma, Oblat de Marie, est sacré évêque de Ptolémaïde, à Calcutta, par Mgr Cao, Vicaire apostolique du Bengale, le 25 avril 1849. Accablé d'infirmités, il est obligé en 1856 de retourner dans sa patrie.


    PRÊTRES AYANT ÉTÉ CHARGÉS DE L'ÉGLISE D'AMARAPOURA.

    MM. Nicolas Polignani. . . . 1833 Joseph Enrici . . 1840 sept.
    Ignace Storck . . . . 1836 Paul Abbona . . 1840
    Nicolas Polignani . . . 1837 Vincent Gabutti . 1845
    Ignace Storck . . . . 1840 janv. Ferd. Andreino . 1853

    Mandalay. SAINT-PIERRE.

    La ville de Mandalay est de date récente. Elle fut fondée en 1857 par Ming don Ming, qu'une révolution avait placé sur le trône. Selon la coutume de beaucoup de rois birmans : « nouveau règne, nouvelle capitale », le nouveau roi songea à fonder une cité nouvelle, qu'il nomma Mandalay, du nom d'une colline voisine. Pendant les constructions qui durèrent trois ans, le roi habitait un palais temporaire et donnait ses ordres pour les travaux. En 1860, la cour tout entière, les officiers du gouvernement et ce qui restait de la population, reçut l'ordre de quitter l'ancienne capitale et de s'établir dans la nouvelle. La chrétienté d'Amarapoura dut obéir à cet ordre. Le P. Abbona obtint du roi un terrain bien situé pour l'église, la résidence du missionnaire, etc., et un autre, séparé seulement par la rue, pour l'habitation des chrétiens. L'église fut dédiée à saint Pierre, comme celle d'Amarapoura qu'elle remplaçait. Construite en bois de teck et bien décorée à l'intérieur, elle servit jusqu'en 1891. A cette époque, une nouvelle église en briques, plus digne de faire figure de cathédrale, ayant été ouverte au culte, l'ancienne fut démolie et transportée â un autre endroit de la ville, où agrandie, elle est devenue l'église Saint François-Xavier, pour les chrétiens tamouls.

    VICAIRES APOSTOLIQUES.

    1873-1887. Mgr Charles A. Bourdon.
    1888-1893. » Adrien Pierre-Ferdinand Simon.
    1894-1899. » Antoine Ussé.
    1906. » Eugène Charles Foulquier.

    MISSIONNAIRES.

    CURES. VICAIRES.

    1860. Paul Abbona, O. M. I1.
    » » Aug. Lecomte.
    1874. Aug. Lecomte,
    1875. Achille Duhand,
    Joannes-Baptista, P. I
    1878. Joannes Baptista, P. I.
    1883. Ferdinand Simon,
    1884. Tobias, P. I.
    1885. Emile Fercot,
    1886. Antoine Usse,
    1887. Adrien Simon,
    1888. Achille Duhand,
    1894. Octave Huysman,
    » » Paul P. I.
    1899. Eugène Foulquier, »
    1906. Auguste Darne, »

    Mandalay. SAINT-MICHEL.

    En 1911 ; une nouvelle paroisse est fondée, la paroisse Saint Michel, où se font les offices pour la communauté birmane, séparée de la communauté eurasienne qui continue à avoir ses offices à la cathédrale ; le P. Paul en est chargée.

    1. O. M. I. = Oblat de Marie Immaculée.
    P. I. = Prêtre indigène.
    Tous les missionnaires qui n'ont pas d'indication spéciale appartiennent à la Société des Missions Étrangères.

    Mandalay. SAINT-JOSEPH (DES CHINOIS).

    Avant 1886, le P. Simon avait fondé une mission pour les Chinois à Mandalay. Il avait eu quelques conversions ; mais en 1893, il ne restait pour ainsi dire rien de cette mission, les nouveaux convertis étant, soit retournés en Chine, soit morts, soit dispersés de ci, de là, Le P. Lafon étant venu de Pinang en 1894, Mgr Usse le chargea de recommencer cette mission chinoise. La mission de Saint-Joseph des Chinois à Mandalay, telle qu'elle est maintenant, est l'oeuvre du P. Léon Lafon. Il a établi un orphelinat et une école considérable pour enfants chinois. Cet établissement a actuellement, en 1913, plus de 100 enfants. Tout à côté, le P. Lafon a ouvert il y a trois ans un orphelinat de filles confié aux Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie.


    LÉPROSERIE SAINT-JEAN

    Elle fut fondée en 1891 par le P. Wehinger,

    DIRECTEURS.

    P. Wehinger. . . . 1891-1903 P. Bouffanais . . . . . 1906-1913
    P. Lafon . . . . . 1903-1906 P. L. Allard . . . . . . 1912

    Près de 300 lépreux y sont hospitalisés en ce moment, et soignés par 22 Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie.

    COUVENT DES SOEURS DE SAINT-JOSEPH DE L'APPARITION SUR LA PAROISSE
    DE LA CATHÉDRALE.

    Les Soeurs de Saint-Joseph vinrent à Mandalay en 1864. Elles commencèrent par établir un petit orphelinat de filles birmanes. Depuis lors, leurs oeuvres se sont considérablement développées. Elles ont une école pour les Européennes et les Eurasiennes avec 280 élèves, dont 98 pensionnaires ; un orphelinat avec 130 orphelines ; un refuge avec 25 vieilles femmes. Le nombre de Soeurs pour ces trois oeuvres â Mandalay est de 14 seulement.
    En 1908, elles ouvrirent à Maymyo un autre couvent et une école pour les Européennes et les Eurasiennes. Il compte actuellement une centaine d'élèves, dont 40 pensionnaires qui fréquentent l'école, et 9 Soeurs sont occupées dans cet établissement.

    ECOLE SUPÉRIEURE SAINT-PAUL.

    Les Frères des Ecoles Chrétiennes furent appelés à Mandalay en 1896. Ils ouvrirent l'école avec 80 élèves et 5 Frères. Leur établissement s'est développé d'une manière très considérable et compte aujourd'hui 750 élèves, dont un peu plus de 200 pensionnaires et 11 Frères.

    Mandalay. SAINT FRANÇOIS-XAVIER.

    La mission tamoule fut commencée en 1888 par le P. Boulanger. Elle passa entre les mains du P. Richard, en 1890. Les offices se faisaient alors dans la vieille cathédrale.

    Le P. Richard ayant quitté, le P. Boulanger fut de nouveau mis à la tète de la paroisse en 1893, et entreprit la construction de l'église Saint François-Xavier. Elle fut presque complètement construite avec les matériaux de la vieille cathédrale en bois, lesquels matériaux avaient déjà en grande partie été tirés de l'ancienne église d'Amarapoura, transportée à Mandalay.
    Le P. Boulanger fut remplacé en juin 1895 par le P. Moysan qui y resta jusqu'en 1897, et eut pour successeurs :

    MM. Darne 1897-1900.
    Delort 1900-1902.
    Hervy 1902.

    En 1899, il y avait dans cette paroisse 1200 chrétiens tamouls ; il n'y en a plus aujourd'hui que 750 environ. La plupart des autres ont émigré à Maymyo, lorsque les troupes européennes y ont été transférées en 1903.
    Pendant la longue période qui s'est écoulée de 1721 à 1913, en même temps que les chrétientés, d'Ava, d'Amarapoura, de Mandalay, dont il a été uniquement question jusqu'ici, d'autres communautés chrétiennes, plus ou moins nombreuses, existaient dans les villages suivants : Nabeck, Choung-ou, Chanthaywa, Choung-yo, Monhla, etc. Pour se maintenir et se développer, elles auraient eu besoin de la résidence d'un prêtre. Par suite du manque de missionnaire, elles étaient forcément laissées a elles-mêmes pendant de longs mois, et la visite du missionnaire, une ou deux fois par an, ne suffisait pas à empêcher le relâchement et même des défections. C'est ainsi que plusieurs chrétientés sont retournées au paganisme, et lorsqu'on a voulu les relever, il s'est trouvé que leur conversion était impossible, un apostat étant, pour l'ordinaire, plus difficile à ramener qu'un païen à convertir.

    Nabeck. SAINT JEAN-BAPTISTE.

    Nabeck est actuellement une chrétienté de 340 âmes. Elle a une belle église commencée et continuée pendant plusieurs années, par le P. Couillaud, et terminée par le P. Ruppin. Le presbytère a été élevé par un chrétien du village, en témoignage de reconnaissance et de vénération pour le P. Lecomte qui lui avait donné une bonne éducation en birman et en anglais, et l'avait mis sur le chemin de la fortune.
    Les premiers chrétiens de Nabeck, comme d'ailleurs ceux des quatre autres villages dont il sera parlé ci-après, n'étaient pas des Birmans convertis, mais des descendants d'Européens, surtout de Portugais.
    Vers 1777, le séminaire de la mission qui se trouvait à Monhla, afin de se mettre à l'abri des vexations continuelles des bonzes et des païens de cette localité, fut transporté à Nabeck. A cette époque, vivait à Nabeck où il était venu se fixer, un riche chrétien, U Myat Kyaw, originaire de Rangoon. Il avait déjà construit l'église du village ; il, aida encore à l'établissement et à l'entretien du séminaire.

    MISSIONNAIRES

    1839. Joseph Enrici, O. M. I.
    1841. Vincent Bruno, »
    1841. François Bertelli, » 1844. Vincent Gabutti, » 1849. Charles Pacchiotti » 1849. Charles d'Isola, »
    1850. Esprit Fornelli, »
    1852. Vincent Gabutti, »
    1854. Ferdinand Andreino, »
    1861. Auguste Lecomte, »
    1871. Pakin, P. I.
    1873. Louis Biet. »
    1874. Joseph Guillermard. »
    1877. Auguste Lecomte. »
    1878. François Laurent. »
    1880. Auguste Lecomte. »
    1892. Eugène Foulquier. »
    1899. Joseph Couillaud. »
    1909. Joseph Ruppin. »

    Choung-ou. L'ASSOMPTION.

    Choung-ou est une chrétienté de 350 âmes. L'église, construite en bois de teck par le P. Duhand en 1881, demande â être remplacée ; la maison du missionnaire est en briques. Un chrétien de l'endroit en a fait à peu près tous les frais, et la construction s'est élevée sous l'habile direction du regretté P. Giraud. Cette chrétienté, comme la précédente et celles qui vont suivre, a eu des périodes de ferveur et de relâchement. Comme perdue au milieu d'un des plus grands villages de la Birmanie, elle a subi l'influence païenne de la nombreuse population birmane qui l'enserre. Sous les rois birmans, elle ne comptait qu'une centaine de personnes. Depuis la conquête anglaise, nombre de chrétiens, qui résidaient à Mandalay, sont revenus à leur lieu d'origine ; et ainsi subitement accrue, la communauté chrétienne trouve en elle-même et dans la résidence habituelle du prêtre, plus de force pour résister aux entraînements de la vie païenne. Aussi, c'est une période de ferveur qui a commencé depuis plusieurs années et qui va progressant chaque jour.

    MISSIONNAIRES.

    1841. Joseph Enrici. O. M. I.
    1841. François Bertelli. »
    1844. Paul Abbona. »
    1844. Vincent Gabutti. »
    1845. François Bertelli. »
    1846. Charles Pacchiotti. »
    1848. Esprit Fornelli. »
    1851. Charles d'Isola. »
    1853. Ferdinand Andreino. »
    1859. Auguste Lecomte.
    1862. Dominique Tessio. O. M. I.
    1869. Pakin. P. I.
    1869. Louis Biet.
    1874. Antoine Labaume
    1875. Joseph Faure.
    1876. Marie Jean-Joseph Lyet.
    1877. Achille Duhand.
    1888 Antoine Usse.
    1890. Michel Giraud.
    1894. Maurice Jarre.
    1894. Michel Giraud.
    1906. Jean-Baptiste Remandet.
    (A suivre).

    1917/89-97
    89-97
    Birmanie
    1917
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