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Birmanie septentrionale à l'orphelinat Saint-Joseph.

Birmanie septentrionale à l'orphelinat Saint-Joseph. Lettre de M. Léon Lafon, Missionnaire apostolique. 11 janvier 1923. Après Noël, le 27 décembre, j'emmenai à Sagaing toute ma grande famille d'orphelins: 160 garçons. Nous y restâmes jusqu'au 2 janvier ; c'était nos vacances du premier de l'an. Puis, nous revînmes à Mandalay reprendre nos classes et nos travaux ordinaires.
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    Birmanie septentrionale à l'orphelinat Saint-Joseph.

    Lettre de M. Léon Lafon,

    Missionnaire apostolique.

    11 janvier 1923.

    Après Noël, le 27 décembre, j'emmenai à Sagaing toute ma grande famille d'orphelins: 160 garçons. Nous y restâmes jusqu'au 2 janvier ; c'était nos vacances du premier de l'an. Puis, nous revînmes à Mandalay reprendre nos classes et nos travaux ordinaires.

    En ce moment, j'instruis 25 adultes que je compte baptiser bientôt, sans doute le 19 mars, fête de saint Joseph. Je recommande ces catéchumènes à vos bonnes prières.

    Hier m'est arrivé de Pinang mon cher Bonaventure, un orphelin de 1904-1905 qui vient de finir sa théologie. Je suis content de le revoir après dix ans d'absence. Ce cher enfant (il a déjà 34 ans) n'est pas un génie, mais il a de la piété et de la persévérance et il pourra nous rendre de grands services. Il porte la soutane, quoiqu'il n'ait pas encore reçu les ordres mineurs. Il faut qu'il subisse encore une épreuve d'une année à Pinang, où il retournera en 1924.

    Alors il sera ordonné.

    Mgr Foulquier, notre cher évêque, m'a dit que, dans quelques jours, il l'enverrait dans les montagnes Kachins avec le P. Gilhodes, près de la frontière chinoise à 250 milles d'ici, pour son année de probation. Je resterai donc encore sans assistant, mais le bon Dieu pourvoira bien à l'Orphelinat chinois de Saint-Joseph.

    Je dois aujourd'hui aller voir le Deputy Commissionner (Préfet de la ville et du district de Mandalay) pour une affaire assez importante. Il y a dans ta ville et les environs un essaim de petits vauriens qui se sont enfuis de leurs maisons, ou n'ont pas de domicile. Ils courent les bazars et gagnent leur pain en valant par-ci par-là, très adroitement du reste, sur les étalages du marché. La police en arrête de temps en temps, mais comment envoyer à la prison des enfants de 8 à 12 ans?

    Le Gouvernement voudrait que je les prenne pour tâcher de les réformer ; je ne peux pas les accepter dans mon orphelinat qui n'a pas de clôture, du reste, il y aurait du danger au contact de ces petits voleurs précoces pour les enfants de mon orphelinat, mais le Gouvernement propose que je les prenne dans ma nouvelle mission d'Amarapura où j'ai d'assez vastes terrains.

    On construirait là une école spéciale où le travail manuel serait combiné avec quelques études élémentaires.

    Je ne refuse pas d'entreprendre cette nouvelle oeuvre, malgré le surcroît de responsabilité et de tracas qu'elle va nécessairement me donner, à condition que le Gouvernement pourvoie à toutes les dépenses de construction et de nourriture, et c'est ce que je vais dire au Deputy Commissionner cette après midi.

    Le 18 janvier nous aurons une conférence à ce sujet avec les sommités de la ville pour organiser l'Institution.

    P.-S. Hier le courrier de France m'a apporté une lettre de ma soeur Louise qui m'écrit : (N'allez pas la publier. Je vous promets... le contraire).

    « Notre bonne mère se porte bien. (Elle aura 96 ans accomplis le 3 février 1923). C'est une petite sainte et aussi une jolie vieille ; elle a conservé toutes roses les pommettes de ses joues ; elle trottine dans la maison comme un oiseau ; elle est proprette ; elle est cependant devenue très petite. Chaque année je suis obligée de raccourcir ses jupes ».

    Voilà ce que m'écrit ma soeur, et mon coeur en a tressailli d'aise.

    Quel joli tableau!




    1923/51-52
    51-52
    Birmanie
    1923
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