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Biographiques sur madame la vicomtesse de Saint-Jean

Notes Biographiques sur madame la vicomtesse de Saint-Jean Marie Adrienne Louise de Lentilhac, Vicomtesse de Saint-Jean, appartenait à une vieille famille du Quercy, des environs de Figeac. Elle naquit à Paris le 5 mai 1833. Elle fit son éducation au couvent des Oiseaux où se trouvait Alix dé la Villeboisnet, devenue plus tard la Baronne de Gargan. Elle épousa en l'église Saint-Thomas d'Aquin, à Paris, au moïs de novembre 1855, M. le Vicomte de Saint-Jean, qui mourut le 4 mai 1862, emporté par une courte et violente maladie.
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    Notes Biographiques sur madame la vicomtesse de Saint-Jean

    Marie Adrienne Louise de Lentilhac, Vicomtesse de Saint-Jean, appartenait à une vieille famille du Quercy, des environs de Figeac.
    Elle naquit à Paris le 5 mai 1833.
    Elle fit son éducation au couvent des Oiseaux où se trouvait Alix dé la Villeboisnet, devenue plus tard la Baronne de Gargan.
    Elle épousa en l'église Saint-Thomas d'Aquin, à Paris, au moïs de novembre 1855, M. le Vicomte de Saint-Jean, qui mourut le 4 mai 1862, emporté par une courte et violente maladie.
    Demeurée veuve avec trois enfants : une fille, Marie-Thérèse qui devait épouser M. le comte d'Antin de Vaillac. Henri mort il y a quelques années et Gaston qui mourut encore enfant, elle habita tantôt le château de Lavalade, près de Montastruc (Haute-Garonne), tantôt Toulouse et dépensa sa vie dans les oeuvres de charité et de zèle. On se rappelle encore l'apostolat de la sainte châtelaine parmi les ouvriers qui perçaient le tunnel du chemin de fer près de Montastruc, et comment elle les conduisit pour la fête de Noël, à la messe de minuit marchant à leur tête une lanterne de mineur à la main. A Toulouse on n'a pas oublié les actes de dévouement que prodigua Madame de Saint-Jean, lorsqu'en 1875 une inondation de la Garonne détruisit tout un quartier de cette ville.
    Venue s'établir à Paris, elle se consacra tout entière à la Société des Missions Étrangères ; elle est morte le 1er février 1907, en son domicile, qui était le siège de l'OEuvre des Partants, 26, rue de Babylone.
    Dans un livre dont elle se servait fréquemment, elle avait écrit immédiatement après la liste de ses plus chers morts cette prière :
    « Bienheureux au Ciel, priez pour moi. Cette dernière montée vers la patrie me semble si dure, maïs je veux bien travailler et souffrir encore pour les âmes qui sont autour de moï.

    « Ave Maria! »

    HOMMAGES A MADAME DE SAINT-JEAN

    Nous avons reçu de très nombreuses lettres de nos Associées nous disant la part qu'elles prennent à la perte qu'éprouve notre oeuvre par la mort de Mme la Vicomtesse de Saint-Jean, l'estime et l'affection qu'elles avaient pour celle grande et sainte âme, l'espoir fondé qu'elles ont que son intercession près de Dieu affermira notre oeuvre ; nous nous faisons un devoir de les publier comme un hommage de respect et de reconnaissance, comme une promesse de prières et de souvenir.

    Paray-le Monial, 4 février 1907.

    La dépêche nous annonçant la mort de notre sainte amie nous est parvenue ce matin. Nous avons immédiatement fait célébrer la messe de communauté pour le repos de son âme. Mais, il nous semble que cette vraie servante de Dieu n'aura pas eu longtemps à attendre le bonheur du Ciel, après une vie comme la sienne, vie si grande et si humble ! Quelle perte pour votre OEuvre ! Nous comprenons la douleur de votre Séminaire.... Mais de Là-Haut la vénérable défunte ne cessera pas de lui être dévouée. Elle qui aimait tant se tenir aux pieds de ses chers missionnaires, elle va obtenir un magnifique surcroît de gloire de la puissance de leurs mains, puisque tous offriront pour elle la Divine Victime.

    Limoges, 6 février.

    Qui ne pourra jamais remplacer cette Présidente si dévouée pour les Missions ! Qui pourra s'occuper de l'OEuvre avec le même coeur, avec une sainteté aussi grande. Du Ciel elle veillera sur l'OEuvre qu'elle a fondée. Pour moi je vous assure que je pleure une mère et une amie comme on en trouve peu ; mais il faut songer au bonheur que Dieu lui a accordé. Comme elle doit être heureuse près de la sainte Vierge qu'elle aimait tant !

    Quercia Viterbo, 9 février.

    Je ne doute pas que la mort de la fondatrice de l'OEuvre des Partants n'ait été très précieuse devant Dieu, et que la Bienheureuse Vierge Marie n'ait assisté à ce moment d'une manière toute spéciale cette âme qui l'a tant aimée dans tout le cours de sa sainte vie. Je comprends très bien l'immensité de votre douleur et je la partage. Nous ne pouvons qu'adorer les desseins de Dieu, qui a rappelé à lui cette belle âme au moment où elle paraissait devoir être le plus utile.

    Amiens, 12 février.

    Quelle âme d'élite, quelle vie pleine de bonnes oeuvres agréables à Dieu. Nous remplissons un devoir de reconnaissance en priant pour cette bienfaitrice des missionnaires, mais il me semble aussi que nous pouvons l'invoquer comme leur protectrice et la nôtre.

    Toulouse, 13 février.

    Comment douter qu'une mort si édifiante n'ait pas été suivie de l'entrée en Paradis dun si sainte âme. Je continuerai à travailler ici sous son impulsion et avec sa protection. J'ai l'intention de faire célébrer une messe, à laquelle j'inviterai toutes les associées, nous prierons de tout coeur. Et nous avons la conviction qu'elle priera pour nous et nous aidera à travailler à son exemple pour nos chers missionnaires, et par eux pour la conversion des pauvres païens.

    Agen, 13 février.

    Quelle perte ! Quelle belle âme, et combien sa place là haut doit être glorieuse. Je l'invoque avec confiance tout en priant pour elle. La dernière fois que je l'ai vue, elle m'avait exprimé son désir de la mort dans des termes qui m'avaient confondu d'admiration.

    Lorient, l4 février.

    J'étais bien loin de m'attendre à cette triste nouvelle. Il y a si peu de temps, je recevais de notre Présidente un mot si bon, si affectueux. Ce départ pour le Ciel me fait un grand vide, elle savait si bien partager mes joies et mes peines. Quelle amie dévouée elle était pour tous.

    Roubaix, 15 février.

    Chaque fois que j'aie eu l'occasion de voir Mme de Saint-Jean, elle était si bonne et si affectueuse non seulement pour moi, mais pour tous les miens, que je la considérais comme une amie, et je la quittais toujours à regret, avec la conviction que je venais de converser avec une sainte, et jamais elle ne manquait de me conduire à Jésus Hostie qu'elle était si heureuse d'avoir près d'elle, dans sa chère petite chapelle de Nazareth.

    Havrincourt, 15 février.

    Je ne puis vous dire combien je compatis à la douleur des Missions qui, au milieu de la persécution menaçante, perdent la vénérée fondatrice de l'OEuvre des Partants. Il me semble que martyre en quelque sorte des épreuves actuelles, dont l'appréhension a hâté sa fin, elle doit être là-haut une puissante protectrice. Elle ne laissera pas périr son oeuvre : elle nous inspirera un bon choix pour la remplacer et nous redoublerons de zèle pour l'imiter et vous consoler.

    Châlons-sur-Saône, 16 février.

    J'ai été atterrée en apprenant la mort de notre vénérée Présidente. Il me semblait qu'une personne si dévouée, si utile ne devait pas mourir, et pourtant elle avait si bien mérité le bonheur de voir Dieu. C'était une sainte, malgré cela, je me suis fait un devoir de prier et de faire la sainte communion pour elle.

    Troyes, 16 février.

    Quelle perte pour votre cher Séminaire auquel elle avait consacré sa vie de sainte veuve, pour notre lOEuvre des Partants, pour tous ceux qui l'ont connue. Nous avons une amie de moins sur la terre et une de plus au Ciel. Que de grâces elle obtiendra à tous ceux qu'elle a aimés ici-bas et qu'elle aime encore mieux Là-Haut.

    Lourdes, 16 février 1907.

    Notre vénérée Prieure perd en Mme de Saint-Jean une sainte amie, et moi une vraie mère. Depuis 14 ans à pareil jour, l'Immaculée de Lourdes daigna jeter les yeux sur mon indignité et me guérir d'un mal incurable qui me retenait malgré moi dans le monde. Ce jour-là, la Sainte Vierge me confia à elle, qui ne m'a plus quittée pour ainsi dire, puisque c'est elle qui m'a conduite aux pieds des saints autels, le jour de ma prise d'habit. Vous comprendrez mieux que personne mes larmes, vous qui fûtes le Père de cette âme si sainte, si grande et si humble.

    Pont-à-Mousson, 18 février.

    J'apprends la perte irréparable pour l'OEuvre des Partants, que nous faisons tous en la personne de Mme de Saint-Jean. Je me suis empressée de prier avec vous et de faire la sainte communion pour notre vénérée Présidente qui devient au Ciel notre protectrice ; elle ne nous abandonnera pas, elle nous l'a promis. Notre Seigneur a couronné ses vertus et ses travaux ; elle est délivrée, elle est heureuse.

    1907/122-126
    122-126
    France
    1907
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