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Bibliographie

Bibliographie Vie du Bienheureux Jean-Charles Cornay, martyr du Tonkin, par ses petits-neveux. H. Oudin, éditeur, 9, rue Soufflot, Paris, 1905. Prix : 3 fr. 50. Ce volume, précédé d'une intéressante lettre préface de Mgr Fulbert-Petit, archevêque de Besançon, et revêtu de l'approbation de NN. SS. les évêques de Poitiers et de la Rochelle, est orné de 4 gravures et de la reproduction d'un cantique en l'honneur du Bienheureux.
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    Bibliographie

    Vie du Bienheureux Jean-Charles Cornay, martyr du Tonkin, par ses petits-neveux. H. Oudin, éditeur, 9, rue Soufflot, Paris, 1905. Prix : 3 fr. 50.

    Ce volume, précédé d'une intéressante lettre préface de Mgr Fulbert-Petit, archevêque de Besançon, et revêtu de l'approbation de NN. SS. les évêques de Poitiers et de la Rochelle, est orné de 4 gravures et de la reproduction d'un cantique en l'honneur du Bienheureux.
    C'est le récit de la vie et de la mort de J.-C. Cornay, martyrisé au Tonkin en 1837, à l'âge de 28 ans. On y suit pas à pas, à travers les documents du temps, le plus souvent les lettres mêmes écrites par le missionnaire à sa famille ou à ses amis, son enfance à Loudun, Montmorillon et Poitiers, les progrès de sa vocation aux Missions Etrangères, son apostolat héroïque au Tonkin, sa captivité dans une cage de bambous, les tortures qu'il subit, son martyre, sa béatification de 1900, l'exposé des miracles dus à son intercession.
    En publiant cet ouvrage, les petits-neveux du saint missionnaire ont obéi à une inspiration des plus heureuses. Rien de plus réconfortant que les détails de cette vie toute apostolique couronnée par une fin sublime, par une mort héroïque, digne des martyrs des premiers siècles.
    Quel spectacle, en effet, que celui de ce jeune homme, à qui l'avenir promettait toutes ses faveurs, et qui, par amour pour Dieu et pour les âmes, n'hésite pas à sacrifier ces choses si douces au cur de l'homme : la famille, la maison paternelle, les amis, la patrie !
    Avec quel intérêt on le suit sur cette terre lointaine où la Providence l'a conduit ! Avec quelle émotion on se le représente vivant au milieu des peuples sauvages, mangeant le pain de l'exil, luttant chaque jour, et contre un climat meurtrier, et contre la faim, les privations, les périls de toutes sortes.
    Enfin, comme les yeux se remplissent de larmes quand, en dernier lieu, on voit le Tout-puissant ne trouver rien de mieux, pour reconnaître la générosité de son apôtre, que de lui accorder la seule récompense rêvée par son cur, la joie de mourir en répandant son sang pour son Dieu !
    Ajoutons, que les gravures sont très belles et le récit très exact, très bien coordonné, en un mot, ce petit volume est un type du genre.
    La Société des Missions Etrangères est heureuse et reconnaissante de voir que l'on a pris un soin si noble et si touchant de perpétuer le souvenir d'un de ses Martyrs.

    Dictionnaire Français-Japonais, par le P. RAGUET.

    Faire un dictionnaire est chose relativement aisée quand il s'agit dépasser de l'une à l'autre de nos langues d'Europe. Etant toutes plus ou moins un produit de la même culture gréco-latine, la correspondance des idées et des expressions est remarquable et le travail d'un dictionnaire français-anglais par exemple se réduit le plus souvent à un simple échange de mots. Dans le japonais, au contraire, non seulement les mots, mais les idées et la manière de concevoir les choses diffèrent entièrement des nôtres et leur ordre est complètement renversé, d'où une immense difficulté.
    Il y a même une différence notable à faire entre un dictionnaire européen japonais et un autre japonais européen. Nos langues en effet possèdent suffisamment de ressources pour rendre ou expliquer tout ce que peut se dire en japonais. Il n'en est pas de même quand on veut obliger le japonais à rendre tout ce qui se pense et se dit en français. Il manque d'étoffe pour habiller notre pensée, ce qui rend exceptionnellement difficile le travail dont nous parlons. Aussi compte-t-on déjà plusieurs magnifiques dictionnaires japonais européens, comme ceux de Hepburn, et de Brineley, et tout dernièrement le dictionnaire, japonais français du P. Lemaréchal, appelé à rendre de grands services, et si favorablement accueilli dès son apparition. Les Japonais aussi ont des dictionnaires européens japonais, mais en caractères chinois et pour la langue écrite, tandis que, hormis celui du P. Rague, il n'existe pas encore, pour les étrangers, de dictionnaire européen japonais vraiment satisfaisant.
    La langue japonaise proprement dite, étant une langue concrète et imagée, très pauvre en termes abstraits, il faut souvent recourir aux termes chinois japonisés (Kango) ; les conversations, même ordinaires, en sont forcément émaillées. Mais pour être employés judicieusement et sans prétention, ces mots demandent beaucoup de tact, de science et d'expérience de la langue. De plus ce beau langage, d'une précision et d'une concision merveilleuses, étant, avant tout, écrit, c'est-à-dire répondant à des caractères parlant aux yeux comme une sorte de dessin, on a beau en entendre le son, en lire même la transcription phonétique, ceux-ci étant identiques pour nombre de caractères de sens tout différents; si on ne voit les caractères eux-mêmes le sens reste indécis, de là la nécessité de leur insertion même dans un livre qui enseigne à parler et non à écrire : surcroît de peine et de travail, mais qui donne à l'ouvrage une plus-value considérable.
    Pour venir à bout d'une pareille tâche il fallait unir, à une longue pratique de la langue japonaise, une énergie de volonté infatigable et une puissance de travail extraordinaire que nous nous plaisons à reconnaître à l'auteur. Avec une constance étonnante il a renfermé dans son livre et ouvert à tous, les trésors de connaissances amassés durant vingt-cinq années de résidence au Japon.
    Ce serait toutefois un miracle que dans un ouvrage d'aussi longue haleine on ne trouvât absolument rien à reprendre. Peut-être quelques-uns se plaindront-ils de sa longueur même. En effet, plusieurs retranchements eussent été possibles sans nuire à l'ouvrage, surtout s'ils avaient porté sur les néologismes, les mots rares, et particulièrement sures certaines expressions imagées et pittoresques en français qui ne passent pas aisément en japonais. Mais beaucoup d'autres sans doute, préféreront, se réjouiront de trouver ces expressions toutes traduites, et jugeront que c'est le cas d'appliquer l'adage : l'abondance ne nuit point.
    Après cela que pourrait-on reprocher encore ? Des signes abréviatifs un peu nouveaux et quelque peu compliqués? En réalité le nombre n'en est pas plus grand que dans d'autres dictionnaires très appréciés. Quant à leur nouveauté elle était requise par la nouveauté de la matière, et puis ils évitent tant de répétitions fastidieuses, ils donnent la clef de tant de constructions alternatives, qu'ils paraissent indispensables, et, d'ailleurs, on s'y habitue vite, l'expérience le prouve, tant ils sont naturels.
    Des inélégances de français? Peut-être. Mais c'est à enseigner le japonais que le livre est destiné et on soupçonne vite que l'élégance a dû être sacrifiée pour faciliter les rapprochements et pour introduire dans le dictionnaire une foule d'expressions japonaises courantes qui n'ont pas de correspondant exact en français. Quant au japonais il ne doit rien laisser à désirer étant dû à la patiente et dévouée collaboration d'un lettré compétent, Monsieur Ono Tôta, professeur au Lycée supérieur de Kagoshima.
    Terminons en signalant une qualité qui a son prix, au Japon surtout. Les fautes dimpression, les coquilles sont si rares quon peut presque les dire introuvables. Les caractères sont nets et bien lisibles. Enfin la forme est soignée comme le fond.
    A peu près toutes les conditions désirables sont donc réunies pour que ce monument élevé aux langues français et japonaise reçoive du public intelligent un accueil favorable, ou plutôt, ceux qui on pu déjà mettre a profit ce bel ouvrage nen doutent pas, partout oÓ il sera connu il sera accueilli comme il le mérite.

    (Extrait de L'ECHO DE CHINE, du 27 février 1905).

    1905/371-374
    371-374
    France
    1905
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