Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Bibliographie

Bibliographie La Bible méditée d'après les Saints Pères. Livres didactiques de l'Ancien Testament par ETIENNE CHARGEBOEUF. 2e volume. Nous n'avons pas à faire ici l'éloge de l'oeuvre entreprise par M. E. Charge buf sur la Bible. La lettre de Son Eminence le Cardinal de Paris, au sujet de son premier volume, a paru dans les Annales, et tous nos lecteurs se rappellent que, d'après les paroles mêmes du vénéré prélat, ce travail vient à son heure « obvier à une lacune et à un véritable danger » dans l'étude des Saintes Ecritures.
Add this
    Bibliographie

    La Bible méditée d'après les Saints Pères. Livres didactiques de l'Ancien Testament par ETIENNE CHARGEBOEUF. 2e volume.

    Nous n'avons pas à faire ici l'éloge de l'oeuvre entreprise par M. E. Charge buf sur la Bible. La lettre de Son Eminence le Cardinal de Paris, au sujet de son premier volume, a paru dans les Annales, et tous nos lecteurs se rappellent que, d'après les paroles mêmes du vénéré prélat, ce travail vient à son heure « obvier à une lacune et à un véritable danger » dans l'étude des Saintes Ecritures.
    Le présent volume comme le précédent sera laissé à moitié prix c'est-à-dire à 2f, 50 (le port en plus) aux missionnaires ou aux autres personnes s'occupant des missions, qui le demanderont directement au Séminaire de Paris.
    Afin de mieux faire connaître à tous la mine précieuse des enseignements renfermés en cet ouvrage, nous avons prié son auteur d'en écrire lui-même un résumé succinct. Ce résumé, nous sommes heureux de l'offrir aujourd'hui à nos lecteurs ; et comme la matière ne semble pas épuisée, nous espérons. bien qu'un second article viendra compléter cet aperçu général, en étudiant plus spécialement l'utilité de la Bible et aussi de cette Bible méditée, au point de vue de la prédication et de l'apostolat.

    ***

    1. MON BUT.

    En toute chose, il faut d'abord considérer la fin, le but qu'on se : propose. In omnibus respice finem, dit le proverbe. La fin, quoique la dernière dans l'exécution est la première dans l'intention, disent les philosophes. Et si la fin couronne l'oeuvre, il n'en est pas moins vrai que c'est cette fin, voulue et entrevue, qui détermine l'ouvrier à la commencer et à la continuer. Quelle est donc la fin que s'est; proposée l'auteur de la Bible méditée?
    Je me hâte de le dire : dans ce second volume sur les livres didactiques ou sapientiaux de l'Ancien Testament, tout comme dans le premier sur les livres historiques, mon but n'est nullement scientifique, critique, exégétique, au sens attaché aujourd'hui à ces mots... Je ne doute pas que cette parole qui vient de m'échapper n'arrête court plus d'un lecteur et ne lui fasse jeter l'ouvrage au rebut ; mais, au beau pays de France, la loyauté est la première des vertus, et rien ne vaut les situations nettes et franches. Donc, c'est une affaire bien entendue entre nous, la Bible méditée n'a pas comme sous-titré : d'après les dernières découvertes de la science et les derniers travaux de la critique et de l'érudition moderne !... Est-ce à dire que science et critique soient choses condamnables ou condamnées par nous ? Non, certes, la vraie science avec ou sans S majuscule, la vraie critique avec un grand C ou un petit c ad libitum, je suis le premier à la vénérer, à la respecter ; je l'avais dit autrefois, je le redis encore aux premières pages de ce second volume ; mais, malgré toutes mes professions de foi, je crains fort que plus d'un ne m'accuse toujours et quand même « d'avoir des préventions quelque peu injustifiées contre l'exégèse moderne ».
    Certes, grande est de nos jours la piperie des mots. Il y a cent ans on exilait, on guillotinait les gens par milliers au cri de : « Liberté ». Avec ce même mot et ce même cri, que ne fait-on pas encore aujourd'hui ? C'est un fait psychologique constaté que quand on a une idole, on trouve tout adorable même ses travers et ses défauts ; et le hideux hibou de la fable ne voyait que qualités dans sa chère couvée. Tout comme le médecin fait prendre les potions les plus amères à son malade, en les mélangeant à un peu de sirop ou de miel, de même, avec les grands mots de : science, érudition, critique, on ne laisse plus aux simples mortels le temps de prier Dieu, de songer à son âme, de se nourrir comme nos pères de la divine. Parole cachée dans le Livre de Dieu ; et pourtant elle est toujours vraie celte sentence du Maître : « Non in solo pane vivit homo, sed in omni verbo quod procedit de ore Dei ». (Mat. 4.)
    S'il doit y avoir des maçons et des architectes pour construire nos églises et nos cathédrales ; s'il est fort légitime de contempler « leurs piliers élancés, leurs colonnettes effilées, leurs nervures arrondies, leurs larges fenêtres, leurs flèches élevées, » on ne peut admettre cependant que la foule des fidèles et des ministres de l'autel passent plus de temps à admirer, à étudier ces côtés extérieurs de nos temples, qu'à prier la divine Majesté qui les habite. Ainsi en est-il de l'étude de la Sainte Ecriture. « La première chose à faire, sans doute, dit le Manuel Biblique de M. Vigouroux, c'est de reconnaître l'autorité des saints Livres, d'en constater l'authenticité, l'intégrité, l'inspiration ;... Néanmoins ce n'est qu'un préliminaire et l'on aurait tort de s'y trop attarder. A quoi servirait d'être en possession d'un trésor, si l'on ne devait pas en faire usage ; d'avoir la clef d'un palais, si l'on ne voulait pas y entrer et en contempler les merveilles ? L'Ecriture est un temple où Dieu rend ses oracles. On ne saurait mettre trop de zèle à défendre l'édifice ; mais si l'on devait toujours rester au dehors pour veiller à sa sûreté, quel avantage tirerait-on des révélations qui se font au dedans ? Ce n'est qu'à l'intérieur qu'on entend la voix de la divine Sagesse ». (Man. Bib. Tom. 3. pag. 83.)
    C'est ce côté intérieur, intime, du Livre de Dieu que je voudrais signaler à l'attention du public, faire étudier, si possible plus fructueusement. Mon but est tout entier dans ces deux vers, fameux au moyen âge :

    Littera gesta docet, quid credas allegoria,
    Moralis quid agas, quò tendas anagogia.

    Ces vers, on les cite encore aujourd'hui dans les Introductions bibliques, mais il faut avouer qu'on n'étudie plus guère que le sens strictement littéral. Les autres sens n'ont plus chez nous la place qu'ils occupaient autrefois dans les écrits des Pères et des Docteurs.
    Si donc quelqu'un désire connaître les hypothèses actuelles de la science et de la critique, (je dis hypothèses, car il n'y a encore que cela, je prie le lecteur de bien le remarquer), sur l'auteur ou les auteurs présumés des Psaumes, leur nombre, le sujet de chacun d'eux, l'époque de leur composition, la division des strophes, la structure de la poésie hébraïque d'après les Pères Zenner, Condamin et autres, la comparaison de notre Vulgate, souvent fort méprisée, avec les textes soi-disant originaux, ainsi que les multiples traductions données par les hébraïsants les plus férus d'Assyriologie, si, dis-je, quelqu'un désire des renseignements sur toutes ces belles choses, je l'avertis charitablement qu'il n'en trouvera pas mot dans nos Méditations sur les Psaumes.
    De même, si le lecteur désire connaître quels sont exactement les Livres Sapientiaux dont Salomon est l'auteur ; s'il veut savoir si le grand roi de Jérusalem a ou n'a pas écrit l'Ecclésiaste, s'il est ou s'il n'est pas l'auteur du Cantique des Cantiques, quelles sont les diverses écoles d'interprétation de ce Cantique, etc, etc, c'est en vain qu'il consultera les Méditations ayant trait à ces livres. Toutes ces questions et autres semblables, je les abandonne à la dispute des hommes, tradidit disputationi eorum ; rien ou à peu près rien n'en est dit dans cet ouvrage.
    Mais alors, direz-vous, de quoi y traite-t-on ? C'est ce que nous allons expliquer brièvement en parcourant d'abord les Méditations sur les Psaumes, puis celles sur les divers Livres de la Sagesse, enfin les considérations sur le Cantique des Cantiques.

    JUILLET-AOUT 1905 N° 46.

    2. LE PSAUTIER

    Les Psaumes constituent la partie principale de la prière liturgique que le prêtre doit faire monter chaque jour vers Dieu au nom de l'Eglise entière. Tout ministre de l'autel ne saurait donc trop les méditer à la suite des apôtres et des saints de tous les âges... Mais pour ce but spécial, les commentaires ordinaires, le plus souvent basés sur l'hébreu, n'ont que peu d'avantages. En quoi serai-je aidé par exemple à bien réciter le premier psaume des Vêpres, Dixit Dominus Domino meo quand j'aurai appris qu'aujourd'hui l'hypothèse la plus probable donne du verset troisième, Tecum prin-cipium in die virtutis tuae, in splendoribus sanctorum, ex utero ante luciferum genui te, la traduction suivante : « Ton peuple accourt au jour de ton appel aux armes, dans une sainte parure ; du sein de l'aurore, comme la rosée, à toi vient la jeunesse... » ?
    De graves théologiens, tels que Franzelin, Hurter, etc, condamnent ces traductions comme contraires au concile de Trente, d'après lequel tous les textes dogmatiques de la Vulgate devaient être conformes aux textes originaux, au moins en substance. Mais, quoi qu'il en soit de cette opinion discutable et discutée, ces traductions ont certainement l'inconvénient de n'être d'aucun secours pour la prière. Voilà pourquoi nous n'avons tenu compte que du latin liturgique. Conformément au but que nous poursuivons, le ego hodie genui te est simplement appliqué à la génération éternelle du Fils de Dieu ; de même que le rex virtutis dilecti dilecti du psaume 67 est traduit tout prosaïquement : « Voici le Roi des armées du peuple bien aimé, c'est-à-dire d'Israël, » et non point avec avec les hébraïsants : « Les rois des nations s'enfuient, s'enfuient ».
    En un mot, nous avons appliqué aux Psaumes les divers sens allégoriques, topologiques, anagogiques, dont nous parlions tout à l'heure. Les premiers sont traités avec plus de détails, pour que le lecteur attentif se fasse peu à peu à ces applications aussi faciles que fécondes. Puis, surtout dans les Psaumes plus longs, nous nous sommes contentés de donner le fil conducteur, la trame du récit.
    Les dix dernières Méditations étudient ces divins cantiques non plus séparément, mais dans leur place liturgique, soit aux diverses heures du Bréviaire, soit dans leur application à l'Eglise, à la Sainte Vierge, aux défunts. Le lecteur sera peut-être étonné de retrouver à Laudes, à Vêpres, à Complies, des actes répétés des trois vertus théologales. Qu'il n'oublie pas cependant que la foi, l'espérance et la charité embrassent facilement toute la vie chrétienne, résument toute l'échelle de la perfection, depuis la vie purgative et, illuminative jusqu'à la vie unitive, et que par conséquent on ne saurait trop demander à Dieu une foi toujours plus forte, plus pratique,... une confiance toujours plus inébranlable et se traduisant par de fréquentes oraisons,... une charité toujours plus vive, plus ardente.
    En terminant, je me permets de signaler spécialement l'étude sur l'interminable Psaume 118. Durant de longues années, et à vrai dire, depuis les beaux jours du Séminaire et du sous-diaconat, (il y a bien longtemps de cela !...) j'ai fouillé avec un intérêt tout particulier ce que les exégètes avaient écrit sur ce Psaume, désirant ardemment un fil conducteur à travers ces longs versets qui, semble-t-il, répètent toujours les mêmes pensées et les mêmes affections... Les Pères ont évidemment sur chaque parole de superbes développements, mais il y manque une ligne géométrique qui réunisse en constellations ces brillantes étoiles, il y manque un lien commun pour former un bouquet de ces fleurs éparses... Les vieux moines du moyen âge, si accoutumés aux Sommes et aux Chaînes, savent bien classer chaque partie en un ordre logique, diriger chaque octavaire vers une intention particulière mais cette intention est complètement étrangère au texte lui-même, et par là satisfait moins l'esprit... Certains commentateurs modernes, surtout Bellarmin, dissèquent assez bien chaque octavaire en particulier ; mais aucun de ceux que j'ai pu avoir sous la main, ne cherche sérieusement à relier entre eux ces membres épars, ni à donner une caractéristique spéciale à chaque heure de l'office.
    Les applications que je propose, fruits de longues méditations, m'ont paru n'être pas sans utilité ; je les communique simplement à mes confrères dans le sacerdoce ; si elles peuvent les aider à mieux réciter leurs Petites Heures, j'en bénirai Dieu ; s'ils préfèrent se construire eux-mêmes un cadre un peu différent, je n'y contredirai nullement ; « le plan donné ici, n'est en effet, qu'un exemple de la façon dont on peut réunir par un lien commun des pensées éparses, et favoriser ainsi l'attention de l'esprit. Un fil conducteur reliant et les Heures et les divers Psaumes de ces Heures, rend plus facile et plus fructueux le grand devoir de la prière vocale. Il est vrai, il faut d'abord faire des efforts persévérants de mémoire et de réflexion ; mais bientôt on s'aperçoit que de suaves fleurs ont poussé, protégées par les épines, sicut lilium inter spinas,... et que l'écorce rugueuse cachait un fruit agréable au goût, descendi in hortum nucum ». (Intro. p. 10.)

    3. LES LIVRES DE LA SAGESSE.

    « Quant aux divers Livres de la Sagesse, j'avais pensé d'abord suivre pas à pas la suite des chapitres ; mais, outre que cela n'est pas sans difficulté pour certains passages des Proverbes ou de l'Ecclésiastique, une telle disposition détruisait l'ordre régulier des matières. Comme le présent volume de la Bible méditée est le seul qui prête à un traité d'ascétique à peu près complet, j'ai préféré ramener les diverses exhortations de l'Écriture à un plan déterminé, et faire passer successivement sous les yeux du lecteur les principaux devoirs envers Dieu, envers le prochain, et envers soi-même. Ainsi arrive-t-il que les principales vérités ascétiques sont traitées dans un ordre convenable ». (Int. p. 11.)
    Assurément ces vérités auraient pu avoir des développements plus considérables, si, par principe, je n'avais voulu m'astreindre aux seuls textes des Livres de la Sagesse ; cependant, quand on creuse patiemment ces recueils de paraboles et de sentences, on s'aperçoit qu'ils contiennent d'inépuisables trésors. Il n'est pas de côté de la vie spirituelle qui ne s'y trouve plus ou moins clairement ; et tout en ne citant que ces livres, je crois avoir suffisamment résumé « tout ce qu'il faut savoir sur ce sujet, et qu'on ne trouve qu'avec difficulté en des ouvrages spéciaux ».
    En dehors des textes inspirés, les livres que j'ai cités le plus fréquemment comme les maîtres autorisés de la perfection chrétienne et sacerdotale sont l'Imitation de Jésus-Christ et la Vie spirituelle de saint Vincent Ferrier1... Le premier est trop connu pour qu'il ait besoin d'une recommandation quelconque ; le second ne l'est pas assez, et je serais heureux de contribuer en quelque chose à le faire connaître aux prêtres et aux missionnaires. S'il n'a pas toujours la douceur de sentiments, l'affectueux laisser-aller de son aîné, il le dépasse par le serré de l'exposition, par le caractère éminemment pratique des conseils, le nombre des détails, la connaissance approfondie des replis de l'âme, la vigueur de la pensée... Saint Vincent Ferrier a laissé une forte empreinte sur son siècle tout entier, et ses oeuvres tiennent encore aujourd'hui une place importante dans la formation morale des religieux de son Ordre.
    Si quelqu'un pouvait être attiré, par les nombreuses citations que j'ai faites de cet auteur, à prendre pour guide de sa vie spirituelle et surtout à suivre généreusement dans la pratique ce petit livre de quelques pages, fait par un saint, il y a cinq siècles, j'ose espérer qu'il serait pour lui ce qu'il a été pour tant d'autres, un gage de salut, un ange tutélaire contre les ruses de Satan et les mille fourberies de l'amour-propre, de la sensualité, de l'amour du bien-être qui sait si bien se cacher dans les profonds replis des âmes les mieux intentionnées.

    1. Ouvrage réimprimé sous diverses formes dans la série de la Bibliothèque ascétique dominicaine. Paris, Lethielleux.

    4. LE CANTIQUE DES CANTIQUES.

    Les dernières Méditations ont pour objet le Cantique des Cantiques. Dans les premières de ce groupe, nos lecteurs trouveront, toujours rangées par ordre et en trois points, les principales applications de ce livre à l'Eglise en général, à la Vierge toute pure, à l'âme juste...
    Dans les suivantes, le Cantique est appliqué jusqu'en ses moindres détails aux principales périodes de l'histoire de l'Eglise, et si certaines applications paraissent moins heureuses, du moins on devra rendre à l'auteur cette justice qu'il a donné là quelque chose d'original, d'inédit, qu'on ne trouverait nulle part ailleurs !...
    L'histoire de l'Epouse du Christ, vue de ces hauteurs et célébrée avec les paroles mêmes de Dieu, nous a paru être le plus bel hymne qu'on puisse rêver pour chanter les bienfaits de cette grande civilisatrice des familles et des nations... L'histoire plus spéciale de notre Eglise de France, ainsi envisagée, devient elle aussi, le facteur le plus puissant du vrai patriotisme, de ce patriotisme des anciens Prophètes et des grandes âmes, qui ne sépare pas les deux mots : Dieu et patrie !... C'est dans la Méditation cent-deuxième, intitulée le Cantique et l'Histoire, qu'il faudra chercher la clef, le motif, la pensée générale des Méditations suivantes.
    Puissent nos prières, basées sur le texte sacré et exprimées avec les paroles inspirées elles-mêmes, attirer plus efficacement sur le monde entier des grâces nombreuses,... rapprocher de plus en plus de Dieu ces foules malheureuses assoiffées de vérité, de justice, de paix et d'amour,... en un mot, contribuer efficacement à établir sur notre pauvre terre ce règne de Dieu et de son Christ si lent à venir !... Instaurare omnia in Christo... Adveniat regnum tuum !...

    5. CONCLUSION.

    Ces quelques pages donnent aux lecteurs des Annales une idée générale de ce qu'ils trouveront dans ce second volume de la Bible méditée. Si cela peut leur donner le désir de contrôler personnellement la portée et la justesse de ces remarques, ou même de faire à l'auteur les observations qu'ils jugeront opportunes, ce dernier sûrement n'y contredira pas. Je sais bien qu'il est fort difficile de contenter tout le monde et son père, comme dit le proverbe ; mais je sais aussi que parfois du choc des idées jaillit la lumière. Si je ne promets pas de suivre toujours tous les conseils qui me seront donnés, du moins je serai heureux de les recevoir et de les peser mûrement devant Dieu.
    « Puisse cette Bible Méditée, et surtout le présent volume qui traite spécialement de tout ce qui regarde la vie spirituelle et l'ascétisme, aider le prêtre à méditer la Parole divine, et par là même à se sanctifier et à sanctifier les autres !.. S'il pouvait en être ainsi, je remercierais Dieu toute ma vie, d'avoir permis que j'apporte une pierre, si petite soit-elle, à la construction du temple spirituel des âmes,... d'avoir permis que je coopère, ne serait-ce que par une misérable motte de terre ou un grain de sable, à arrêter le cours des maux qui envahissent nos cités et nos campagnes,... d'avoir permis que je contribue en quelque chose à l'établissement du règne social du Sacré-cur sur la douce France et sur le monde entier,...dussé-je n'avoir à la bataille finale que la part minime du jeune soldat, qui, perdu dans la mêlée, joint son action encore gauche et imparfaite, aux efforts de ses frères plus habiles au métier des armes, plus rompus à la stratégie des batailles ! » (Intro. p. 14.)
    Domine Deus meus, intende orationi meae, et misericordia tua exaudiat desiderium meum ; quoniam non mihi soli aestuat, sed usui vult esse fraternæ charitati : et vides in corde meo quia sic est... Sint caste deliciæ meae, Scripturæ tuæ; nec fallar in eis, nec fallam ex eis. (Conf. S. Aug. I. XI.)

    ETIENNE CHARGEBOEUF.

    ***

    L'EVANGILE AU JAPON AU XXe SIÈCLE, par MM. LIGNEUL, missionnaire apostolique, Supérieur du séminaire de Tokio, et M. VERRET, Supérieur du petit séminaire de Chartres. Un vol. jésus. POUSSIELGUE, 15, rue Cassette, Paris.

    Voici les premières lignes que nous lisons dans la préface de ce très intéressant volume ; elles en indiqueront l'auteur principal et la manière dont l'ouvrage a été composé :
    « La matière de ce livre a été extraite de la correspondance et des ouvrage d'un de nos maîtres vénérés, à qui il faut en reporter tout le mérite.
    « Nous voulons nommer M. Alfred Ligneul, ancien professeur au Petit-Séminaire de Chartres, prêtre de la Société des Missions Etrangères de Paris, Supérieur du Séminaire de Tokio.
    « M. Ligneul habite Tokio depuis 1880. Comme le faisaient remarquer les Missions Catholiques (10 janvier 1902), la connaissance des hommes et des choses du Japon que, durant ce long séjour, M. Ligneul a acquise, donne une grande autorité à sa parole.
    « C'est de lui qu'un journal influent de Tokio disait, en 1902 : « Comme controversiste, M. Ligneul n'a peut-être pas son égal dans l'Eglise chrétienne au Japon. Parmi les objections lancées contre le christianisme, il en est bien peu auxquelles il n'ait pas répondu avec une grande compétence ».
    « La correspondance fidèle de M. Ligneul va de 1880 à aujourd'hui ».
    Ce volume est divisé en 9 chapitres dont voici les titres :
    Chap. I. Les Etapes de l'Evangile au Japon. Chap. II. En portant l'Evangile au Japon. Chap. III. La vie extérieure au Japon dans ses rapports avec l'Evangile. ― Chap. IV. Les Religions Japonaises et l'Evangile. Chap. V. Les Procédés modernes de l'évangélisation au Japon. Chap. VI. Autour d'un séminaire japonais. ― Chap. VII. Les Conseils évangéliques au Japon. Chap. VIII. La charité de l'Evangile au Japon. Chap. IX. Le Japon contemporain devant l'Évangile.
    Nous recommandons très spécialement cet ouvrage à nos lecteurs, et parce qu'il traite d'une des missions confiées à notre Société, et parce qu'il entre dans le vif de questions intéressantes et importantes et qu'il les traite avec une parfaite connaissance.

    ***

    LE BIENHEUREUX J.-B. VIANNEY, tertiaire de Saint-François, par Alphonse Germain, lauréat de l'Académie Française. Un vol. in-12. Prix : 1 fr. 50. Poussielgue, Paris.

    De tous les récents béatifiés, le curé d'Ars est le plus populaire, on pourrait dire aussi le plus étonnant, le plus original.
    On sait comment ses rares vertus attirèrent des foules dans le pays perdu où il était arrivé comme un missionnaire et qu'il avait complètement régénéré. On sait quel convertisseur fut cet humble qui prêchait en un langage souvent incorrect, mais avec un coeur plein d'amour. On sait quel bien immense fit cet ardent ouvrier du Seigneur. Il appartenait à la race des apôtres, et rien ne put ralentir sa vaillance. Cette vie, qui montre tout ce que peut accomplir un prêtre d'infime paroisse quand il a autant d'énergie que de foi, cette vie plus que jamais utile à méditer, M. Alphonse Germain l'a racontée d'une façon très intéressante, parfois avec humour, parfois avec émotion. Il a étudié la figure de ce saint curé avec beaucoup de soin, en relevant le caractère lyonnais de son énergie et le caractère franciscain de son ascétisme et de sa spiritualité. Il s'est attaché à mettre en relief les nombreux exemples donnés par ce héros du renoncement. Souhaitons à ce livre de piété virile et d'histoire consciencieuse tout le succès qu'il mérite.

    1905/240-247
    240-247
    France
    1905
    Aucune image