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Bibliographie

Bibliographie Le Tonkin de 1872 à 1886. Histoire et politique, par JEAN DUPUIS, explorateur du fleuve Rouge. Librairie Aug. Chalamel, rue Jacob, 17, Paris.
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    Bibliographie

    Le Tonkin de 1872 à 1886. Histoire et politique, par JEAN DUPUIS, explorateur du fleuve Rouge. Librairie Aug. Chalamel, rue Jacob, 17, Paris.
    Le nom de l'auteur garantit l'exactitude, l'importance et l'intérêt de cet ouvrage. Jean Dupuis, aujourd'hui âgé de plus de 80 ans, est cet étonnant Français qui, il y a bientôt un demi-siècle, ouvrit la route commerciale du Yun-nan, nous apprit la valeur du Tonkin, protégea avec quelques Européens et deux ou trois cents Chinois l'expédition Francis Garnier. Il paya alors de sa fortune les services quil rendit à la France. Il eut contre lui le Gouverneur de Cochinchine, les bureaux du ministère, même le Gouvernement français. Son tenace patriotisme vint à bout de toutes les difficultés. M. Dupuis a aujourd'hui regardé de loin et de hauts ces événements de sa vaillante jeunesse, il a compulsé ses notes, étudié les rapports qui lui furent contraires ou favorables et il en a donné un exposé clair, précis et vrai. Il a fait plus et mieux encore : continuant son oeuvre de patriote et d'homme éclairé, il a étudié les diverses phases de l'histoire de notre colonisation au Tonkin et il les a racontées jusqu'en 1886. Son livre est au point ; ses appréciations sont sages ; irréfutables les documents qu'il cite et dont beaucoup sont inédits. Nous missionnaires, qui avons vu M. Dupuis à l'oeuvre ; nous, qui avons plus que bien d'autres souffert des fautes qu'il signale ; nous lui sommes reconnaissants de cet ouvrage qui lui donne de nouveaux droits à l'estime de tout bon français.

    Un livre de M. l'abbé Monteuuis. Librairie Victor LECOFFRE, J. Gabalda et Cie, rue Bonaparte, 90, Paris.
    Il est intitulé : la Jalousie. Il nous reporte à quelques siècles en arrière, au temps où l'on s'intéressait à l'âme humaine et à ses passions, où l'on estimait que l'homme en lui-même est un objet de spectacle plus captivant que tout autre. Et il est écrit comme on l'eût écrit en ces temps lointains ; la langue en est pure, le style très simple et très clair.
    M. Monteuuis est de plus un observateur diligent et avisé. Il a des yeux et des oreilles et il sait s'en servir. Il regarde et il recueille ; il prend tout ce qui peut lui être utile. Il est convaincu que la jalousie est la reine du monde, qu'elle domine les hommes et les femmes, et que les animaux eux-mêmes n'en sont pas exempts. C'est son idée, et les faits qu'il accumule deviennent autant de tableautins pris sur le vif, dessinés en deux coups de crayon.
    Son livre n'est pas une satire. L'auteur veut donner un conseil, non imprimer une morsure, être utile sans blesser. Il dit, vers la dernière page, avec ce sourire détaché auquel se reconnaissent les philosophes : « telle est la vie ; il faut s'y résigner ». Mais la résignation est difficile à un mal qui est vraiment un fléau, dont nul n'est préservé et qui est la source de tant de misères religieuses, sociales, nationales ; M. Denys Cochin craint que l'auteur ne généralise la maladie eu la décrivant trop bien : il dit à l'auteur : « Votre livre, qui est u livre de médecine, pourrait offrir... aux imaginations inquiètes une humanité tout entière en proie au mal de la jalousie, sous des formes plus ou moins bénignes ou perfides ». Heureusement que M. Monteuuis promet de nous donner bientôt la thérapeutique du mal, après en avoir fait la description. Ses lecteurs aujourdhui se croiront peut-être tons atteints du fléau ; le second volume leur donnera l'illusion qu'ils en sont tous guéris.

    1912/42
    42
    France
    1912
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