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Avis aux amis des missions

Avis aux amis des missions A l'automne 1931 s'ouvrira à Beaupréau, près du Petit Séminaire du diocèse d'Angers, un « Petit Séminaire des Missions Etrangères » qui portera le nom d' « Ecole Théophane-Vénard » et préparera immédiatement les jeunes postulants Missionnaires à leur entrée au Séminaire des Missions Etrangères à Paris. C'est l'occasion de rappeler que les caractéristiques de la Société des Missions Etrangères sont les suivantes :
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    Avis aux amis des missions
    A l'automne 1931 s'ouvrira à Beaupréau, près du Petit Séminaire du diocèse d'Angers, un « Petit Séminaire des Missions Etrangères » qui portera le nom d' « Ecole Théophane-Vénard » et préparera immédiatement les jeunes postulants Missionnaires à leur entrée au Séminaire des Missions Etrangères à Paris.
    C'est l'occasion de rappeler que les caractéristiques de la Société des Missions Etrangères sont les suivantes :
    1° Fondée en 1660, elle est la plus ancienne des Sociétés spécifiquement Missionnaires. Avant elle, les Missionnaires étaient tous des religieux envoyés pur leurs Supérieurs dans les Missions de leur Ordre : il y avait donc des Missionnaires, mais pas de Société Missionnaire.
    2o Elle est la plus simplement ecclésiastique, visant à fonder dans chaque pays l'Eglise indigène selon les articles1, 2 et 3 de ses Constitutions et ne voulant pour ses membres que le statut de prêtres séculiers, afin de les maintenir comme font les Sulpiciens sur le même pied que les clergés qu'ils forment et d'unir les uns et les autres sous une même et unique autorité, celle de l'Evêque.
    3o Elle est la plus exclusivement Missionnaire, car tous ses membres, sans exception, sont envoyés dans les Missions. En outre, si l'on excepte 20 % des païens qu'elle évangélise, elle à en face d'elle non pas des populations soumises au domaine colonial des Blancs, mais le paganisme maître chez lui et donc tout-puissant comme en Chine, au Japon, en Corée, au Siam, au Thibet.
    4° Elle est la plus française d'origine et de mentalité, car sa tradition est la tradition ecclésiastique française du XVIIe siècle, sa fondation est due aux initiatives clairvoyantes de l'épiscopat et du clergé français au temps de Louis XIV et son Règlement (Art. 101) stipule qu'on n'admettra pas les sujets « dont la langue maternelle n'est pas le français ». Elle n'a donc pas de recrutement hors de France, et à l'heure actuelle 99 % de ses membres sont Français de langue et de nationalité.
    5° Elle est la plus chargée de responsabilités, car sur le milliard de païens qui existent encore sur le globe, elle en évangélise 250 millions, c'est-à-dire le quart, chiffre très supérieur à celui des autres Congrégations Missionnaires dont beaucoup, même parmi les principales, ont à peine 10, 20 ou 30 millions d'infidèles à convertir. Ajoutons que les populations qui lui sont confiées appartiennent presque toutes à la puissante race jaune dont la formidable vitalité soulève le plus grave, peut-être, des problèmes de l'avenir.
    Pour ces raisons, la Société des Missions Etrangères qui depuis la guerre recueille en moyenne 40 vocations chaque année, désire vivement accroître ce recrutement qui ne répond pas aux possibilités de ses Missions, aujourd'hui en plein épanouissement. Fidèle à sa tradition, elle n'a ni école apostolique, ni alumnat et ne reçoit que les jeunes gens ayant achevé au moins leur rhétorique dans les collèges ou petits séminaires. Mais elle est heureuse d'admettre comme « Postulants » les enfants qu'on veut bien, dans les diocèses de France, lui signaler comme ayant un désir initial d'être missionnaires ; et elle les place jusqu'à la fin des études classiques dans l'un ou l'autre des 10 ou 12 établissements diocésains avec lesquels elle est en relation.
    A partir de l'automne 1931, le petit séminaire ou « Ecole Théophane Vénard », à Beaupréau (Maine-et-Loire), recevra ceux de ces postulants qui seraient en état de commencer leurs humanités.
    Nous demandons aux prêtres français, dont un si grand nombre est enrôlé dans l'Union Missionnaire du Clergé de se rendre compte des motifs, ceux même que l'on vient d'indiquer dont s'autorise le Séminaire des Missions Etrangères pour solliciter d'eux un renouveau d'intérêt et de sympathie. Lorsque l'un d'eux distingue chez un enfant une vocation à tendance missionnaire, une facile correspondance avec le Supérieur des Missions Etrangères suffirait à orienter cette vocation éventuelle dans une direction éminemment profitable, non pas seulement aux Missions Etrangères, mais aux intérêts supérieurs de l'Église, on pourrait ajouter : et à l'honneur de l'Eglise de France.
    Une légende répandue depuis peu d'années donne à penser que dans les Missions de la Société des Missions Etrangères, le Missionnaire vit isolée. C'est le contraire qui est vrai. A cause de la densité de la population en pays de race jaune, du nombre déjà important des convertis et de l'effectif considérable des clergés indigènes aussi cultivés que ceux d'Europe, titille part au monde le Missionnaire n'est moins isolé que dans les pays à la charge du Séminaire des Missions Etrangères.
    Une autre erreur consiste à supposer que le Missionnaire des Missions Etrangères restant prêtre séculier est moins en état de se sanctifier que le Missionnaire Moine ou Religieux. Il n'y a pas deux manières d'être Missionnaire. On l'est ou on ne l'est pas. La vie apostolique n'est pas une vie de communauté elle n'est pas compatible avec les observances monastiques ni avec la vie de couvent. Elle est ce qu'elle est et Dieu y attache des grâces propres par lesquelles le Missionnaire se sanctifie indépendamment de tout emprunt à une vocation qui n'est pas la sienne. Les idées que l'on répand dans un autre sens sont tendancieuses. L'histoire des Missions Etrangères est là avec ses 270 ans d'expérience ; c'est le Saint Siège qui a demandé à ses premiers fondateurs de prendre et de garder la forme qu'ils ont adoptée celle d' « Association de prêtres séculiers ». C'est dans la fidélité à ces constitutions restées les mêmes depuis l'origine que se sont sanctifiés tant d'apôtres dignes d'être proposés en modèle aux Missionnaires modernes.
    C'est pourquoi la Société des Missions Etrangères fait appel à votre zèle apostolique pour lui indiquer selon le processus indiqué plus haut, les enfants susceptibles d'être reçus par elle en qualité de postulants et dirigés, après une préparation convenable vers le nouveau petit séminaire des Missions Etrangères.
    Plutôt que de confier à des recruteurs le soin de chercher eux-mêmes des vocations dans les paroisses de France, elle aime mieux s'en remettre à la sagesse et au zèle des prêtres français. Pour ceux surtout qui font partie de l'Union Missionnaire du Clergé il y a là un moyen, entre tous efficace, de travailler selon l'esprit de cette grande croisade sacerdotale née des plus ardents désirs de derniers Papes.

    + J. DE GUÉBRIANT,
    Archevêque de Marcianopolis
    Sup. Gén des M. E. P.

    1931/50-52
    50-52
    France
    1931
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