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Aux Âmes charitables appel d'un missionnaire

Aux Âmes charitables appel d'un missionnaire Le 14 janvier 1915, alors que j'étais absent depuis le 11, roulant, en compagnie du R. P. Kemlin, notre supérieur, sur la route de Qui-Nhon (à 200 kil.) où nous étions convoqués par l'autorité militaire pour passer la révision, un formidable incendie détruisait mon église centrale de Kon-Monei, mon orphelinat et mon presbytère, avec plus de 30 maisons du village. Je n'appris ce grand malheur que le lundi suivant, et j'en fus consterné.
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    Aux Âmes charitables

    appel d'un missionnaire

    Le 14 janvier 1915, alors que j'étais absent depuis le 11, roulant, en compagnie du R. P. Kemlin, notre supérieur, sur la route de Qui-Nhon (à 200 kil.) où nous étions convoqués par l'autorité militaire pour passer la révision, un formidable incendie détruisait mon église centrale de Kon-Monei, mon orphelinat et mon presbytère, avec plus de 30 maisons du village. Je n'appris ce grand malheur que le lundi suivant, et j'en fus consterné.
    Le 9 avril suivant, j'entrai dans une cabane provisoire d'où je ne devais sortir que huit mois après, et où je pris très probablement les germes de la maladie qui nécessita mon retour en France.
    Mon grand souci, une fois ma ruine si tristement consommée, fut de me procurer les ressources dont j'avais besoin pour relever mes ruines, la Mission ne pouvant pas, ou du moins si peu m'aider. Je commençai par faire des tuiles, puis je fis abattre des bois en forêt; je les amenai à pied d'oeuvre, ce qui ne fut pas toujours facile dans nos pays où il n'y a que de tout petits sentiers. Il me fallut ensuite trouver des ouvriers annamites qui commencèrent à travailler le 24 avril 1918, en l'Octave du Patronage de saint Joseph.
    Le 11 novembre 1918, mon église s'élevait et, le 25 décembre 1919, j'avais la joie d'y célébrer la première grandmesse au milieu de 700 chrétiens.
    Le 23 février 1920, j'en partais le coeur bien gros, pour aller sur l'ordre de mes Supérieurs, consulter à Qui-Nhon la Faculté, qui après beaucoup de soins inutiles demandait mon retour en France.
    Guéri, et à la veille de repartir pour ma chère Mission, je serais tout à la joie de revoir mes confrères et mes ouailles, si le P. Louison qui me remplace à Kon-Monei n'avait à la fin d'une de ses dernières lettres ajouté ce douloureux post-scriptum
    P.-S. « Vos comptes de Procure accusent un passif de 500 piastres, avis ».
    Si parmi les lectrices et les lecteurs des Annales des Missions Etrangères et de l'oeuvre des Partants se trouvaient quelques personnes généreuses, qui eussent la grande charité de m'aider à payer mes dettes... Oh ! De quel coeur je les remercierais!

    L. ASSERAY,
    Missionnaire apostolique à Kontum, par Qui-Nhon (Annam).
    1922/26
    26
    Vietnam
    1922
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