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Aujourd'hui et demain

AUJOURD' HUI ET DEMAIN Encore une année qui disparaît en s'enlisant dans le gouffre du passé ! Et la paix, la douce paix, si désirée, si longtemps attendue, ne reparaît pas sur la terre ! Elle ne répond pas à nos incessants appels, elle est sourde à nos supplications : le Ciel nous la refuse, parce que nous ne l'avons pas encore méritée.
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    AUJOURD' HUI ET DEMAIN

    Encore une année qui disparaît en s'enlisant dans le gouffre du passé ! Et la paix, la douce paix, si désirée, si longtemps attendue, ne reparaît pas sur la terre ! Elle ne répond pas à nos incessants appels, elle est sourde à nos supplications : le Ciel nous la refuse, parce que nous ne l'avons pas encore méritée.
    En Asie comme en Europe, les passions belliqueuses sont déchaînées, des peuples entiers se ruent vers la mort et s'entr'égorgent, les engins de guerre les plus meurtriers sèment la terreur et le carnage, et des torrents de sang humain inondent les villes et les campagnes, rougissent les eaux des fleuves et des océans pendant que s'écroulent sous les bombardements forteresses, maisons, églises et palais. Le travail et l'effort de plusieurs siècles, tout ce que le génie de l'homme e produit de grand et de beau, s'effondrent et ne sont plus que ruines et décombres. Est-ce la fin d'un monde, le châtiment dont le Ciel punit nos égarements ?
    La guerre est un de ces fléaux qui couchent l'humanité dans le deuil, la pauvreté et la misère, malheur sans remède si nous ne reconnaissons pas avec humilité les causes qui l'ont déchaînée, les fautes qui l'ont provoquée. Le spectacle douloureux des destructions, des morts, des blessés, des prisonniers, des misères physiques et morales qui s'étalent sous nos yeux, doit être pour nous un sujet de profondes méditations et, dans le recueillement de notre âme, nous saurons plier notre conduite devant les conclusions qui s'imposent.
    L'aurore de 1942 va se lever. Pour un moment, jetons un voile sur les tristesses de l'année qui s'achève, demandons à Dieu d'unir nos voix à celles des anges dans ce chant de paix qui a retenti lors de la naissance du Sauveur. Redisons avec les esprits célestes : « Gloire à Dieu dans les cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! ». Que cette paix divine apportée par Jésus ici-bas, descende du ciel, par la ferveur de nos prières, et règne de nouveau sur les Etats et sur les familles, qu'elle fasse cesser les discordes et les haines parmi les hommes, en allumant dans leurs coeurs le feu de cet amour qui fit descendre le Fils de Dieu sur la terre et nous mérita de rentrer en possession de l'héritage dont la faute de nos premiers parents nous avait privés !
    S. Jésus nous a rachetés par la souffrance, que cette souffrance qui vivifia le monde soit encore aujourd'hui la rançon de nos égarements et le prix de notre liberté retrouvée ! Que nos prières au pied de la Crèche obtiennent à la France la paix dans la justice, à nos malades la santé, à nos prisonniers le retour au foyer, à nos bienfaiteurs les biens que notre reconnaissance désire pour eux, à tous l'espérance de jours meilleurs !
    Notre confiance dans la protection dé Dieu et son secours reste entière :
    « PROPTEREA NON TIMEBIMUS DUM TURBABITUR TERRA ».

    Léon ROBERT,
    Supérieur Général des Missions Etrangères.

    1941/3-5b
    3-5b
    France
    1941
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