Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Aspirant au Séminaire des Missions Étrangères

M. ROBERT DE THY Aspirant au Séminaire des Missions Étrangères. Le 16 novembre, était célébré à notre Séminaire, à Bièvres, un service solennel à la mémoire de l'abbé Robert de Thy rappelé tragiquement à Dieu le 11 juillet 1921.
Add this
    M. ROBERT DE THY

    Aspirant au Séminaire des Missions Étrangères.

    Le 16 novembre, était célébré à notre Séminaire, à Bièvres, un service solennel à la mémoire de l'abbé Robert de Thy rappelé tragiquement à Dieu le 11 juillet 1921.
    Robert Louis-Marie de Thy était né à Autun le 20 juin 1898, au sein d'une noble famille de Bourgogne que Dieu se plut à bénir en la multipliant. Entouré d'une belle couronne de quinze frères et soeurs, notre cher confrère dut apprendre très jeune, nous aimons à nous l'imaginer, à la forte et chrétienne discipline du foyer familial, l'amour du devoir fidèlement accompli pour Dieu, qui fut le trait dominant de son beau caractère.
    Il arriva au Séminaire des Missions Étrangères, à Bièvres, le 10 février 1920, au lendemain de sa libération du service militaire, et se mit aussitôt à l'oeuvre. La brusque transition de la caserne au Séminaire, et l'arrivée dans une classe déjà entraînée aux spéculations philosophiques par un semestre de bon travail, furent pour lui cette épreuve que le bon Maître ménage toujours aux âmes qu'Il se plaît à former. Robert de Thy le comprit ainsi. Patiemment, avec son généreux abandon à la volonté de Dieu, il vainquit les premiers obstacles. Aussi est-ce avec la sereine tranquillité des âmes sûres de l'appel divin qu'il toucha le seuil d'une nouvelle année scolaire, celle de 1920-1921.
    Elle commença sous de bien doux auspices. M. le Supérieur venait de lui confier le soin de notre cher Oratoire de Bethléem. C'est là que les Aspirants aiment à venir, chaque samedi soir, s'agenouiller aux pieds de leur bonne Mère du Ciel et lui chanter les pieux cantiques qui traduisent leur filial amour. Le rôle de notre cher confrère consistait à présider ces réunions, après en avoir organisé et le cadre et le programme. Rien ne pouvait mieux convenir à ce dévot de Marie que cette belle fonction qui l'instituait plus complètement son serviteur. Tous le remarquèrent bientôt.
    Notre Oratoire que la guerre avait fait négliger était dans un bien triste état. Robert de Thy voulut lui rendre sa beauté. Dès le 15 août, à peine en possession de sa charge, il organisa une fête avec tombola, dans la petite communauté qui passait ses vacances à Bièvres. Il sut, par une amabilité jamais lassée, et dont ses amis garderont le souvenir, éveiller des sympathies pour son oeuvre ; les fonds nécessaires aux premiers travaux furent trouvés. Sous ses doigts habiles tout se métamorphosa: les statues furent repeintes et l'Oratoire reprit son air de fête. Entre temps, il se faisait jardinier et parait les entours de fleurs.
    Sous les yeux de Celle dont il chante maintenant les louanges, il passait ainsi la dernière année de son pèlerinage terrestre. Ses moments de liberté furent pour Elle ; toute l'ingéniosité de son esprit lui fut consacrée, et c'est là, sans nul doute, dans ce cadre qu'il aimait, qu'il Lui confiait ses projets d'avenir.
    Le Maître de la vie en avait disposé autrement.
    M. de Thy nous quitta le 29 juin pour aller se reposer dans sa chère famille des fatigues d'une année particulièrement laborieuse. Le 9 juillet, il nous écrivait sa joie d'être parmi les siens, mais nous demandait vite des nouvelles du cher Séminaire. Quand nous reçûmes sa lettre, il était déjà au Ciel. Une congestion occasionnée par le soleil le frappa pendant qu'il prenait un bain dans un petit étang situé près du château. La mort fut instantanée. Il était allé rejoindre ses deux frères fauchés par la guerre.
    Ce malheur nous causa une douleur bien vive; nous l'aimions tant cet aimable confrère ! Mais nous le pleurons comme ceux qui gardent l'espérance de le revoir, et la certitude que là-haut, près de nos Bienheureux Martyrs qu'il priait si souvent, il sera pour nous, pour notre Séminaire, pour tous ceux qu'il a chéris sur la terre un protecteur puissant.

    1922/37-38
    37-38
    France
    1922
    Aucune image