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Apostolat et martyrologe contemporains 1

APOSTOLAT ET MARTYROLOGE CONTEMPORAINS Nos précédents « Echos » étaient sous presse lorsque se célébrait à Notre Dame de Paris, le 11 janvier, une cérémonie missionnaire hautement significative.
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    APOSTOLAT ET MARTYROLOGE CONTEMPORAINS



    Nos précédents « Echos » étaient sous presse lorsque se célébrait à Notre Dame de Paris, le 11 janvier, une cérémonie missionnaire hautement significative.

    C'était la fête de la solennité de l'Épiphanie, premier appel des Gentils à la lumière ; la Direction de l'OEuvre de la Propagation de la Foi en profita pour mettre en relief une double pensée : rendre grâces à Dieu pour l'insigne faveur faite à la France d'une large part dans l'apostolat lointain et, clans la phalange des pionniers de l'Evangile, magnifier spécialement ceux qui, du témoignage irrécusable du sang, ont scellé leur prédication.

    Aussi nul doute que cette pieuse assemblée n'ait été l'objet d'un regard particulièrement bienveillant de Notre Dame, se complaisant gracieusement dans ce spectacle vraiment catholique par ses perspectives dans le temps et l'espace.

    Deux moments de cette cérémonie semblent devoir être soulignés : le sermon et la Procession des reliques de missionnaires martyrs.

    Le sermon d'abord.

    Au banc d'oeuvre, le Cardinal Archevêque de Paris qu'entouraient NN. SS. Dreyer, Chaptal, Beaussart, les Supérieurs Généraux et les représentants de toutes les Congrégations missionnaires.

    En chaire, en cette illustre chaire de Notre Dame, Mgr Chappoulie, l'ardent et très aimé président des OEuvres missionnaires, brossa de l'action missionnaire aux XIXe et XXe siècles un tableau émouvant, dont nous ne pouvons ici qu'esquisser l'armature.

    La France, dit en substance l'orateur, a tracé depuis cent ans une page grandiose de l'histoire de l'apostolat lointain en pays infidèle, grandiose par le nombre croissant et l'héroïsme de ses prédicateurs, grandiose par l'augmentation progressive des ressources matérielles, grandiose par le dynamisme rayonnant d'un esprit désintéressé.

    Et en effet, que voit-on dès de début du siècle achevé? Un élan nouveau vers l'apostolat anime soudain les anciens groupements missionnaires aux noms illustres bien connus, tandis que de jeunes instituts jaillissent pour ainsi dire spontanément du sol français dans le coeur ardent d'humbles apôtres.

    La seule année 1816 enregistre les statuts initiaux des Oblats de Marie Immaculée de Mgr de Mazenod et des Maristes de Colin.

    1827 voit les Picpuciens de Coudrin s'installer aux îles Havaï, puis à Tahiti.

    Paris abrite en 1836 les débuts des « Résurrectionnistes » de Ganski, dont l'activité missionnaire ne commencera qu'en 1863.

    La S. C. de la Propagande confie en 1845 Vizagapatam, puis Nagpour aux récents missionnaires de Saint François de Sales d'Annecy de Mermier (1838).

    A partir de 1848, les Prêtres du Saint Esprit et les Fils de Libermann ne font plus qu'un seul corps, dont l'activité s'amplifie vers les îles et le continent africain.

    Mgr de Marion Brésillac, ancien Vicaire apostolique du Coimbatour, fonde en 1856 les Missions Africaines de Lyon.

    Dès 1869, les Pères Blancs de Mgr Lavigerie, bravant l'opposition sanguinaire des Touaregs, pénètrent au coeur du centre africain.

    Haïti voit arriver à Port de Paix, en 1871, les Montfortains du Bx Grignon de Montfort (1705-1825).

    Aux Antilles anglaises, en 1872, débarquent les Fils de la Bienheureuse Vierge Immaculée de Baizé (Chavagnes-en-Paillers, 1841).

    Saint-Quentin voit naître, en 1878, les Prêtres du S. C. de Dehon, dont 144 travaillent en mission en 1934.

    Au Canada, dans la région des Grands Lacs, débute, en 1880, le zèle des Marianistes de Chaminade (1817), zèle qui s'étend ensuite aux îles Hawaï, à Tripoli, au Japon.

    Rabaul, capitale de la Nouvelle-Bretagne, objet actuel de nouvelles convoitises, voit arriver en 1882 les missionnaires du S. C. d'Issoudun, de Chevalier (1854).

    Les Oblats de saint François de Sales, de Brisson (Troyes, 1873), commencent à déployer leur activité missionnaire, en 1884, dans les territoires du Fleuve Orange et du grand Manaqualand.

    Le golfe du Saint-Laurent est évangélisé depuis 1894 par les Eudistes, regroupés, après l'éclipse révolutionnaire, à Rennes, en 1826.



    Les Bétharramites du Bx Michel Garicoïts (1832) ont des missions en Amérique et, depuis 1930, une en Chine.

    Au Brésil, en 1910, ont débuté les missionnaires de la Sainte Famille de Berthier (Grave, 1895).

    Deux missions dans le Vicariat apostolique d'Antsirabé sont administrées par les Missionnaires de N.-D. de la Saiette de Mgr de Bruillard (1852).

    Nobles cadets de l'apostolat lointain, les Assomptionnistes exercent leur zèle, depuis 1929, en Afrique, dans la Vicariat apostolique de Stanley-Falls, et en Mandchourie depuis 1938.

    Et on pourrait ajouter les Clercs de Saint Viateur de l'abbé Querbes (Vourles, 1831), lesquels depuis 1930 collaborent avec l'Institut de Pont Viau dans le Vicariat apostolique de Szepingkai, en Mandchourie.

    Ainsi donc si, à cette aride et incomplète énumération d'une vingtaine de familles missionnaires fondées en France au XIXe siècle, on joint naturellement la radieuse phalange bien vivante des anciens groupements, nos lèvres rediront pieusement avec le prédicateur de Notre-Dame. « Emplissons nos yeux et notre coeur de cette vision splendide et émouvante : quelques milliers de Français épars à travers le inonde ravagé par la haine et la guerre et qui, placés en sentinelles aux avant-postes, s'obstinent à clamer l'Evangile ».



    (A suivre).

    AUGUSTIN BIBOLLET,

    Délégué des OEuvres missionnaires


    1942/47-49
    47-49
    France
    1942
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