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Annamites catholiques à lourdes

Annamites catholiques à lourdes Parmi les Annamites catholiques venus en France à l'occasion de la guerre, un certain nombre sont allés en pèlerinage à Lourdes. Les derniers qui s'y sont rendus ont été témoins d'un miracle : la guérison d'un paralytique. Aussitôt, l'un d'eux, l'adjudant Khanh, a écrit à un missionnaire la lettre suivante. Les formes du style annamite que le traducteur a conservées lui donnent une couleur un peu exotique, qui n'est pas pour déplaire à nos lecteurs.
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    Annamites catholiques à lourdes

    Parmi les Annamites catholiques venus en France à l'occasion de la guerre, un certain nombre sont allés en pèlerinage à Lourdes. Les derniers qui s'y sont rendus ont été témoins d'un miracle : la guérison d'un paralytique. Aussitôt, l'un d'eux, l'adjudant Khanh, a écrit à un missionnaire la lettre suivante.
    Les formes du style annamite que le traducteur a conservées lui donnent une couleur un peu exotique, qui n'est pas pour déplaire à nos lecteurs.

    LETTRE DE L'ADJUDANT DO VAN KHANH, DE LA COMPAGNIE DES TRAVAILLEURS COLONIAUX DE L'ARSENAL DE TOULOUSE, AU P. LA BONTÉ 1.

    Salut, Père, dix mille salutations.
    Le fils a l'audace d'écrire cette lettre qui remplacera le fils auprès du Père, car elle ira trouver le Père pour le saluer et lui demander de vouloir bien prier pour le fils et pour tous les frères du fils. Depuis longtemps, le fils a reçu une image du Sacré Coeur que le Père a daigné envoyer au fils, ce qui a comblé le fils de joie. Malheureusement le fils était trop occupé, ce qui a empêché d'adresser au Père des paroles convenables de remerciement ; que le Père veuille bien pardonner au fils. Pour ce qui concerne les frères du fils, ils jouissent tous d'une paix égale.

    1. Traduction du nom annamite du missionnaire.

    O Père, l'autre jour vos fils étant allés à Lourdes, beaucoup d'entre eux ont pu voir un miracle de la Très Sainte Vierge qui a guéri un paralytique malade depuis trois ans.
    Vraiment, ce sont les yeux du fils qui ont vu ce miracle.
    Ce jour-là, on célébrait la fête de la Nativité de la Très Sainte Vierge ; c'était donc le 8 septembre, à 4 heures 30 ; on achevait la procession du Saint-Sacrement ; des hommes amenèrent la voiturette d'un malade afin que ce dernier entrât à la piscine. A peine avait-il fini de se baigner qu'il se leva et put marcher.
    O Père, vos fils ont été trop heureux du bonheur qu'ils ont eu de voir de leurs yeux un miracle, d'entendre tous les assistants acclamer la Très Sainte Vierge.
    Mais ce qui a rendu vos fils plus heureux encore, c'est que ce jour-la il y avait quelques païens venus à Lourdes en même temps que vos fils, et ces païens ont pu voir le miracle.
    Ensuite les fils rendent grâce au Père dix mille et dix mille fois, parce que les fils ont pu voir les quelques caractères de l'inscription que les fils avaient prié le Père de faire graver pour eux. Les ouvriers ont habilement exécuté ce travail et l'ont ensuite placé dans l'église du milieu où se trouve la statue de saint Pierre et du côté de la main gauche. Vos fils en ont ressenti une grande joie. Pendant qu'ils regardaient cette inscription, une émotion s'est emparé de leur coeur au souvenir du Père, émotion telle qu'elle ne peut se traduire par des paroles. Chacun disait : « Au moins, si cette fois, au milieu de nous, nous possédions le P. la Bonté, quelle joie pour nous ! » Vos fils ont dès leur arrivée allumée des cierges et suivie la procession avec les autres chrétiens. Tout était joyeux ; une seule chose était attristante, l'absence du Père. A part mon frère La Grandeur, qui a dû revenir à Marseille pour raison de santé, vos fils se portent bien, et la plupart des chrétiens ont obtenu des récompenses pour leur assiduité et leur habileté au travail.
    Ce sont-là les paroles très courtes de votre fils; peut-être s'y glisset-il quelque impolitesse ; dans ce cas pardon, Père, pour votre fils. Priez pour votre fils, et si le, Père apprenait quelque chose de nouveau, qu'il veuille bien en avertir ses fils.

    DOMINIQUE DO VAN KHANH,

    1918/640-641
    640-641
    France
    1918
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